LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
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REPONSE DU PRESIDENT DU PORT
AUTONOME DE MARSEILLE
Les extraits du rapport
communiqué constituent pour lessentiel des pistes dévolution et de progrès
tout à fait intéressantes qui ne peuvent que favoriser soit lapplication de
règles de saine gestion parfois négligées, soit la mise en uvre de dispositions
nouvelles qui aideront à une meilleure compétitivité des ports français en général,
et du premier port de France en particulier.
Ce rapport public se place en
effet dans un contexte de concurrence portuaire exacerbé qui dépasse très largement les
limites de notre territoire pour se placer dans lensemble européen avec la
concurrence ancienne, mais toujours très prégnante des ports du nord, et la concurrence
nouvelle et particulièrement féroce de nombreux ports du bassin méditerranéen. Dans
cet environnement où les règles de commerce laissent souvent la place à des calculs
strictement financiers, le port autonome de Marseille sefforce de remplir la mission
de service public qui est la sienne et de participer à la création de richesse nationale
en favorisant le commerce dans les espaces portuaires placés sous sa responsabilité et
lindustrialisation de la zone de Fos.
Certaines critiques du rapport
peuvent donner à penser que le port na pas parfaitement réussi, ou pour le moins,
quil doit encore progresser. Mes prédécesseurs se sont attelés à donner de la
place portuaire marseillaise une image qui séloigne des clichés habituels. Je
mattacherai pour ma part à poursuivre dans le sens dun service public rendu
par des professionnels performants et organisés. Cette démarche nest pas facile
dans un espace géographique plus gravement touché que dautres par les difficultés
économiques. Les handicaps attachés à des structures de production dépassées ne
manquent pas. Le sérieux avec lequel les professionnels portuaires marseillais ont
participé à lélaboration de la charte de place portuaire, lengagement du
plus grand nombre dentre eux aux côtés du port autonome pour assurer la réussite
de son plan stratégique donnent à penser que le port de Marseille réussira sa mutation
profonde pour safficher comme un grand port européen.
OBSERVATIONS SUR LES MISSIONS
DEVOLUES AUX PORTS AUTONOMES
Il est clair que les
établissements portuaires assurent concurremment une mission de service public à
caractère administratif et une activité de nature industrielle et commerciale. Cette
nature différente des missions et activités ne permet pas toutefois daffirmer
quelles sont " de plus en plus contradictoires ". En tout cas,
cette situation nest pas ressentie comme telle sur le terrain qui observe le plus
souvent que ces missions se complètent. Il est vrai que la tentation peut exister de
réduire le service public au service qui réalise des déficits.
Enfin, il me paraît heureux et
sain que les ports se préoccupent non seulement de mettre à disposition leurs
installations, mais aussi de savoir si elles correspondent aux besoins de leurs clients ou
usagers et si elles présentent une rentabilité économique et sociale acceptable. Il est
vrai que dans ce débat les modalités dallocation des ressources à travers les
droits de port et les taxes dusage posent au regard des règles de la libre
concurrence, des difficultés particulières quil conviendra de résoudre par une
harmonisation des réglementations européennes pour les droits de port. Au delà de ces
risques de distorsion de concurrence, auxquels lEurope est de plus en plus
attentive, il convient de bien apprécier la situation véritable des différents
opérateurs privés dans les ports français et leur réelle capacité à assumer le
développement de la filière portuaire. Il est des cas où le dynamisme et la rigueur de
la gestion publique peuvent utilement accompagner une initiative privée insuffisante ou
suppléer cette dernière.
REPONSE SUR LA REPARATION NAVALE
La Cour des comptes a observé le
déficit direct récurrent généré par cette activité au port de Marseille. Sil
est exact quune activité réparation navale nest pas indispensable dans un
port, elle nen est pas moins extrêmement positive, ne serait ce que par les
centaines demplois sous-tendus. Cest pour cet ensemble de raisons quil
ne paraît pas utile de développer, et en réponse à lattente des pouvoirs
publics, que le port autonome de Marseille a conservé cette activité. Il a toutefois
entrepris depuis un an maintenant, la réorganisation complète de lactivité
réparation navale pour en réduire le déficit. Dans un contexte économique et social
difficile et avec la participation active de la chambre de commerce, des chambres
syndicales professionnelles, des syndicats ouvriers, les premiers résultats sont
encourageants.
1° La restructuration du service
Réparation Navale du P.A.M. depuis le 01.01.99
a) Cadrage général et rappel des
décisions antérieures
Depuis mi-98 une réflexion
intense est menée au sein des services du PAM pour adapter l'organisation du service
chargé des prestations liées à la réparation navale à deux contraintes exogènes
hiérarchisées : d'abord la réduction du déficit du PAM sur cette activité qui
s'élevait à - 30 MF en résultat brut d'exploitation et - 48 MF en résultat net
global ; ces résultats étant calculés avant toute contribution à la couverture
des frais de structure. Ensuite l'adaptation à la nécessaire évolution du secteur vers
une rigueur de gestion et la mise en place d'une assurance qualité, seules à même de
fiabiliser les process de production et de clarifier les responsabilités.
L'objectif fixé par le conseil
d'administration du 29 mai 1998 a été de ramener, d'ici fin 1999, le déficit brut
d'exploitation avant amortissements et contribution aux frais de structure à 10 MF. Pour
cela, trois axes de travail ont été mis en place. Ils concernent l'augmentation des
produits (32 MF en 1997), la réduction des services extérieurs, et la réduction de la
masse salariale (38 MF en 1997).
b) L'augmentation des produits
En 1998, la décision a été
prise d'augmenter les tarifs des petites formes de radoub afin d'augmenter la contribution
de la réparation navale de grande plaisance à l'équilibre recherché de l'exploitation.
Cette augmentation a été mal ressentie par les opérateurs alors qu'elle ne visait qu'à
rétablir pour le PAM des tarifs dont on a pu mesurer le caractère concurrentiel par
rapport aux ports de Gènes ou de Barcelone.
Par ailleurs, une vigilance
accrue a été mise en place sur le processus de mise à disposition et de facturation des
outillages. Dans ce domaine, le PAM a dû en permanence arbitrer entre son souci
d'équilibre financier et le souci de respect du service au client en définissant ses
priorités d'affectation de moyens et de personnels. Cette démarche de priorisation des
moyens et de réduction des immobilisations de personnels se traduit par des tensions avec
le réparateur MARINVEST qui place la disponibilité des engins et des grutiers en tête
de ses priorités. Le PAM a -quant à lui- décidé de mettre la priorité sur les
mouvements des formes afin d'accélérer la rotation des navires et de maximiser le
chiffre d'affaire afférent.
c) La réduction des services
extérieurs
Le PAM a décidé de dégager le
service réparation navale de toutes les tâches périphériques (manutention de colis
lourds, chaudronnerie, gestion du domaine et du plan d'eau) qui opacifiait les comptes
analytiques. Cela permet au service de se recentrer sur son métier de base. A partir de
là, le budget de fonctionnement a été mis sous contrôle.
Des marchés nouveaux de
prestations de service ont été systématiquement relancés en matière de nettoyage des
locaux, des formes et des terre-pleins et pour la mise à disposition de scaphandriers.
Dans la plupart des cas la nouvelle contractualisation s'est révélée plus avantageuse
que l'ancienne. La contraction des services extérieurs a comme corollaire la recherche
d'une meilleure productivité interne, permettant ainsi d'internaliser certaines
tâches à coût constant.
d) La réorganisation du service
Le service réparation navale du
PAM a été confié à un nouveau chef de service qui est désormais le seul cadre
affecté à ce secteur d'activité. Il est soutenu directement par le directeur
opérationnel responsable des Bassins de Marseille.
Le service est désormais
organisé en 2 activités : l'exploitation et la maintenance. Cette philosophie est
permanente au PAM depuis 1993 et doit être maintenue.
Les exploitants sont constitués
en 2 équipes de 10 personnes (accoreurs) encadrés par un chef d'équipe et un
contremaître. Ces équipes fonctionnent en 2 x 8. Afin d'anticiper le problème du
renouvellement de la pyramide des âges, qui est un sujet particulièrement sensible sur
l'accorage, la décision d'embaucher 4 jeunes accoreurs en contrat de qualification a
été prise pour renforcer et rajeunir dans le cadre des effectifs négociés- les 2
équipes ci-dessus. De plus, afin d'anticiper sur le passage aux 35 heures et dans le
même cadre contractuel 4 autres jeunes accoreurs pourraient être embauchés, plafonnant
l'effectif à 2 équipes de 12 accoreurs à terme. Le recouvrement entre la période de
formation par compagnonnage des 8 jeunes arrivants et la date de départ des plus anciens
permettra la transmission indispensable du savoir faire sur le terrain.
Concernant la maintenance, le
système négocié aboutit à la mise en place d'une équipe de 14 mainteneurs de
journée, encadrée par 2 contremaîtres et 2 adjoints chef d'équipe et du maintien d'un
3 x 8 sécurité qui s'avère -après audit- indispensable dans les conditions actuelles
de gestion des formes de radoub. Enfin, les tâches administratives -au sens large- sont
regroupées autour du chef de service avec comme mission principale de mettre en
procédure l'ensemble de nos process et de gérer les interfaces externes (bureau des
commandes) et internes (gestion, comptabilité) avec toute la rigueur et la transparence
requises.
Au total, l'effectif final du
service ressort à 70 personnes, à comparer aux 120 personnes affectées en l998 au
service RNCL, dont les tâches étaient il est vrai plus larges. En conclusion le PAM
s'est donné les moyens sur les 3 axes définis de réduire le déficit analytique
insupportable de 30 MF en brut d'exploitation (soit le prix d'un portique à
container par an !!). Ces négociations se sont déroulées dans un climat serein et
constructif avec les syndicats représentant le personnel. Les contreparties sociales
concernent les embauches de jeunes accoreurs et la reconnaissance de la technicité des
mainteneurs en les faisant accéder aux grilles d'électrotechniciens ou de techniciens de
maintenance déjà en vigueur au PAM dans d'autres services.
2° La tendance des comptes 1998
et 1999
Les résultats analytiques 1998
témoignent des avancées déjà acquises : augmentation des produits nets + 8 MF (de
32 MF en 1997 à 40 MF en 1998), réduction de la masse salariale de 3 MF (de 38 MF en
1997 à 35 MF en 1998), maîtrise des charges directes de fonctionnement (autour de 14
MF). Au total, et sous réserve des incertitudes attachées encore à loutil
analytique, le déficit brut d'exploitation est aujourd'hui limité à 20 MF.
Sous réserve quaucune
tension sociale majeure nintervienne dici la fin de lannée, ces
résultats devraient être confirmés en 1999.
3° Participâtion des entreprises
à linvestissement
Les entreprises de réparation
navale à Marseille ont été sollicitées par le P.A.M. pour connaître leur stratégie
en matière dinvestissement privé sur le domaine portuaire.
A quelques exceptions de détail
et liés à des optimisations des process existants (canalisation de gaz sous pression),
aucun des 3 principaux groupes nenvisage dinvestir sur le domaine portuaire
maritime en labsence de perspectives durables dactivité. La situation
financière des entreprises et le caractère cyclique du marché incite dailleurs
tous les acteurs à une grande prudence. Le P.A.M. lui-même a, depuis 1997, réduit son
volant dinvestissement en se concentrant exclusivement sur la mise en sécurité et
la maintenance des formes et en rationalisant ses process dexploitation vers une
meilleure préparation et mise sous contrôle qualité des chantiers.
Dans le plan dentreprise
1999-2001 approuvé, le segment réparation navale industrielle ne fait pas lobjet
dinvestissement nouveau, la priorité étant donnée à la restructuration dun
compte dexploitation équilibré. Par contre -en fonction détudes de marché
à affiner- un certain accompagnement de lactivité grande plaisance est prévu pour
le P.A.M.
En restant très réaliste sur la
fragilité de cette activité fortement soumise à la concurrence de chantiers étrangers
bénéficiant denvironnements sociaux économiques plus favorables, il est permis
denvisager le maintien de ce secteur dactivité sans dévoyer les aides
économiques des collectivités territoriales strictement réservées, après
lincartade de 1991, au financement des investissements.
C. - REPONSE SUR LACTIVITE
INGENIERIE INTERNATIONALE
Malgré la signature dune
convention de coopération entre SOFREMER et lensemble des ports autonomes, le port
de Marseille a conservé un service spécialisé dans lingénierie internationale.
Cette situation perdure après ladossement de SOFREMER au groupe SCETAUROUTE en
février 1998. Il est en effet apparu que lactivité des ports était plus
complémentaire que concurrente de lactivité de SOFREMER. De nombreux clients
étrangers recherchent en effet avant tout limage et lexpérience dun
grand port. Plusieurs affaires sont ainsi " partagées " entre le port
de Marseille et SOFREMER, chacun apportant ses compétences propres.
Au delà de ces aspects
stratégiques qui ont également conduit le PA.M. à recentrer ses interventions
dingénierie sur certaines compétences portuaires et sur certaines zones
géographiques, le P.A.M. sest attaché en parallèle à améliorer la rigueur de la
gestion de ces contrats. De 95 à 98, le chiffre d'affaires a progressé de 5,50 MF à
8,1 MF alors que les dépenses sur contrats diminuent de 5,899 MF en 1995 à 4,499 MF
en 1998. Ce qui permet de couvrir quasiment l'ensemble des frais de structure et de
personnel, alors que les frais d'experts internes et externes sont couverts à 70 % en
1997 et à 80 % en 1998. Affaire par affaire, le niveau de la marge a été modulé en
fonction de l'intérêt commercial de l'intervention, le centrage de la prestation sur nos
domaines de compétence privilégiés.
On peut noter que des efforts ont
été faits également afin de minimiser la sous-traitance, en essayant de mobiliser, un
maximum d'experts PAM, évitant aussi de gérer des enveloppes financières importantes
pour le compte de tiers. De fait le PAM se retrouve le plus souvent co-traitant, ou
sous-traitant. Un meilleur choix dans les dossiers à traiter et dans la maîtrise des
charges devrait encore améliorer les résultats 1999.
Au regard de limage forte
portée par cette activité, de lintérêt quelle présente au plan commercial
et aussi au plan de la veille technologique, il a été décidé par le conseil
d'administration de juillet 1998 de poursuivre ces prestations dingénierie
internationale en les encadrant dans un dispositif de suivi de gestion rigoureux.
REFORME DE LA MANUTENTION
1° Mensualisation partielle
Même si l'objectif de la loi
était de parvenir à une mensualisation totale, les textes n'imposaient pas sa
réalisation immédiate, ni à n'importe quels prix et conditions. La prise en compte de
l'état de santé économique et financière des entreprises de manutention et leur
capacité à accroître leurs charges fixes étaient des paramètres incontournables.
Si fin 97, l'effectif du port de
Marseille représentait 70 % des 632 ouvriers dockers professionnels intermittents
(ODPI) de France, cela s'explique par le volume d'OD avant la réforme sur cette place,
par l'existence de 2 BCMO nécessitée par l'étendue géographique des bassins du port,
par la structure d'activité fortement marquée par des pointes liées aux trafics
saisonniers de fruits et primeurs et par la situation propre des entreprises
marseillaises. Par ailleurs, la loi n'a pas imposé de rapport à l'échelle
nationale.
Preuve de la volonté des
entreprises de jouer le jeu, ce même rapport s'établissait à 27 % après la mise en
oeuvre de la réforme, au début de l'année 1994. Son augmentation provient d'une
appréciation trop optimiste de l'époque sur les besoins marseillais reposant sur un
retour de trafic surévalué, voire imaginaire. Dans le même temps, dès juin 1993,
Intramar perdait un trafic de bananes qui aurait dû entraîner le renvoi à
l'intermittence de 20 % de son effectif, mesure qui n'a pas été prise. La fermeture
de Somotrans et les difficultés de Carfos ont ensuite conduit à la situation actuelle.
a) Gestion de la main d'oeuvre au
niveau de l'ensemble de la place portuaire
Bien qu'effectivement, un
traitement commun existe pour certains points relatifs à la gestion de la main d'oeuvre,
et ce d'autant plus du fait des fusions et regroupements des entreprises de manutention,
néanmoins chacune d'elle conserve son pouvoir de direction et d'organisation. Ainsi,
l'organisation du travail, pour les parties non traitées par les accords communs, relève
de chaque société en fonction des spécificités et besoins de ses chantiers et trafics.
L'évolution des rémunérations
se fait, comme dans beaucoup d'entreprises reliées par des accords de branche, au niveau
national avec des négociations auprès de l'UNIM, tandis que des ajustements locaux
complètent le dispositif. Il n'est absolument pas certain que la mise en place dune
évolution des rémunérations par entreprise, dès les premières années de la mise en
oeuvre de la réforme de la manutention, ait produit de meilleurs effets, bien au
contraire un phénomène "d'échelle de perroquets" était toujours à craindre
ce qui est constaté actuellement. Ainsi, dès qu'un avantage salarial ait accordé
par une entreprise, la répercussion sur les autres est quasiment inévitable dans les
mois suivants de par une pression syndicale accrue y faisant référence.
S'il existe un comité
inter-entreprises (CIE) gérant les oeuvres sociales de l'ensemble des OD, il n'en demeure
pas moins que chaque entreprise, en fonction de ses effectifs, dispose d'institutions
représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT) qui lui sont propres. En ce qui concerne le
CIE, il ne s'agit que d'une délégation de pouvoirs de chaque CE afin de grouper les
moyens pour obtenir de meilleures prestations (fêtes de Noël, jouet, centre de vacances
...). Il existe dans bien d'autres professions des structures identiques.
b) Embauche
En ce qui concerne le contrôle
de l'embauche journalière, il relève des prérogatives du BCMO, organe représentatif de
la CAINAGOD et s'effectue donc de façon paritaire sous le couvert de ses agents qui
vérifient notamment le droit à ouverture des indemnités de garantie pour les
intermittents.
Si on ne peut que constater le
monopole de représentativité de la CGT au niveau des OD sur le port de Marseille, il
faut toutefois rappeler que les élections des représentants aux BCMO respectent les
règles élémentaires de confidentialité du vote et s'effectuent sous le contrôle
d'agents désignés par le président du BCMO. De même les élections des représentants
du personnel au sein des entreprises de manutention sont organisées par les employeurs et
soumises au contrôle de l'inspection du travail. La pluralité syndicale n'est pas
verrouillée, toute organisation syndicale pouvant librement se présenter. D'ailleurs des
précédents existent, d'autres confédérations sont venues contrebalancer
l'omniprésence de la CGT en posant leur candidature. Restée sans suite du fait de
l'insuffisance de voix recueillies, cette ouverture demeure pour tout candidat potentiel
et garantit la liberté syndicale.
c) Groupement d'entreprises/Prêt
de main d'oeuvre
La création de groupements
d'entreprises par les employeurs s'inscrit dans un cadre légal (cf.art.L 511.2.II du
CPM). Ce système permet aux entreprises soumises à des pointes d'activité de fidéliser
un volant assez large de main d'oeuvre mieux formée tout en répartissant sur l'ensemble
des adhérents les charges fixes que chacune ne pourrait assumer seule si elle procédait
à une embauche directe. Appliqué dans l'esprit de la loi, le groupement d'entreprises
devrait cependant permettre la réduction du nombre d'intermittents
Le groupement d'employeurs créé
à Fos a permis pour la première fois depuis 1947 aux jeunes ouvriers d'être formés
avant l'embauche et d'être employés depuis le premier jour dans toutes les fonctions de
la hiérarchie (conduite engins, chouleurs, cavaliers ...). Auparavant, il fallait
attendre qu'un ouvrier atteigne une ancienneté de 10 ans, seul critère reconnu par la
représentation syndicale, pour qu'il accède à la formation.
La structure des entreprises de
l'Ouest ne permet pas une mensualisation directe, Carfos vient de renvoyer 11 dockers au
centre et Nicolas ne travaille qu'avec des intermittents à cause de sa structure de
trafics. Malgré ce, ces 5 entreprises avaient un même besoin de rajeunir les effectifs
et d'utiliser un personnel jeune formé aux techniques nouvelles.
d) Restrictions à l'embauche et
gestion de l'embauche maintenue au niveau la place
La garantie minimale d'emploi aux
intermittents qui réduit la souplesse du système était rendue nécessaire par les
impératifs de stabilité sociale. Consentie en contrepartie d'un engagement de fiabilité
destiné à retrouver la confiance de la clientèle, elle s'est inscrite dans une
perspective de croissance susceptible de compenser ses effets négatifs sur la
compétitivité.
2° Occasionnels
Le recensement a priori ainsi que
l'établissement de listes garantissent un nombre minimum d'ouvriers dockers occasionnels
(ODO) les jours de pénurie. De plus, cela permet de donner à cette main d'oeuvre un
niveau élémentaire de formation notamment en matière de sécurité.
3° Non respect de la définition
restrictive des travaux réservés
Par circulaire du 20/1/93, le
secrétaire d'Etat à la mer a précisé l'interprétation à donner à l'article R 511.2
du Code des ports maritimes.
A Marseille, l'accord de 1993
inclut des tâches qui, si elles ne relèvent pas légalement des OD, ont toujours été
effectuées par cette main d'oeuvre, c'est une reprise des us et coutumes existant sur le
port. Sur ce point, les entreprises doivent encore gérer une revendication très forte de
la CGT qui estime avoir perdu des travaux auparavant confiés aux OD (saisissage, empotage
...). Le dossier n'est pas clos, il s'agira de résister à la pression que ne manquera
pas d'exercer le syndicat docker.
En ce qui concerne la zone
Distriport, l'accord du 17/7/98 a entériné le libre choix du mode de transfert des
conteneurs vers la zone de Distriport pour les entreprises qui y seront installées ;
de plus, l'utilisation éventuelle des OD ne devra entraîner aucun surcoût.
4° Absence de retrait de carte
professionnelle
L'article L 521.8 du CPM stipule
que le nombre des ODPI de chaque BCMO doit être tel qu'il respecte deux limites.
a) La première se réfère au
taux d'inemploi (TI) qui pour Marseille ne doit pas excéder 15 % au cours des 6 derniers
mois. Dans les bassins Est, après quelques tâtonnements relatifs à la mise en place de
la réforme, dès la fin du 1er trimestre 1994 et jusqu'à ce jour, le TI est resté
cantonné dans cette limite, hormis une période difficile du 1er semestre 1998. Pour les
Bassins Ouest, il a fallu attendre la fin de l'année 1995 pour que le TI se stabilise
dans la limite autorisée avec encore quelques dérapages pendant un semestre 1996 et 2
mois de 1997. Depuis, il est conforme au seuil fixé.
b) La deuxième concerne
l'effectif lui-même qui, toujours pour Marseille, ne doit pas dépasser 15 % de
l'effectif des dockers professionnels de ses bureaux au 1er janvier 1992. Pour Marseille,
cela revient à retenir un seuil de 202 dans les bassins Est et de 136 dans les bassins
Ouest. Au 31/12/93, année de la mise en place de la réforme, et jusqu'en avril 1997, ces
seuils étaient respectés dans les 2 BCMO du port de Marseille.
Sont ensuite survenus le
problème Somotrans et les difficultés croissantes des entreprises de manutention qui ont
conduit à leurs dépassements (juin 97 : sureffectif de 61 ODPI à l'Est et de 52 à
l'Ouest). Après plusieurs années de crise, la société Somotrans (144 ODM à l'Est et
69 à l'Ouest) a déposé le bilan le 18 avril 1996. Elle a poursuivi son activité en
oeuvrant pour retrouver un équilibre financier et organisationnel. Malgré la ferme
volonté de tenir ses engagements, la perte de tonnage subie s'est traduite par un premier
allégement d'effectif et des mesures d'exploitation qui n'ont pas permis à l'entreprise
de retrouver un second souffle. L'application du plan de reprise partielle par Léon
Vincent en avril 1997 impliquait le prononcé de licenciements économiques et le retour
au centre de ces ouvriers engendrant le dépassement des limites d'effectif
réglementaires. Cette situation survenant dans un contexte très tendu rendait
prévisible des risques graves de conflit qui aurait ruiné tous les efforts engagés pour
le redressement de l'activité du Port.
Afin de préserver la fiabilité
sociale fortement menacée et de continuer à assurer à la clientèle le service dû,
toutes les solutions ont été envisagées. Une partie de l'effectif ayant été repris
par les entreprises assurant le suivi de l'activité Somotrans, et d'autres
restructurations ayant affecté les sociétés de manutention, il a été décidé
d'accepter à titre transitoire un dépassement du seuil d'effectifs en misant sur un
retour des efforts fournis et un développement futur des trafics.
Après ce premier choc, la
situation financière de la plupart des entreprises demeurait fragile, CARFOS, à l'Ouest,
en proie à des difficultés aggravées par une modification des conditions d'exploitation
décidée par Péchiney, procédait en avril 1998 à des licenciements économiques (11
sur 40). Cette nouvelle donnée conduisait à augmenter le sureffectif des intermittents,
un peu réduit par des embauches chez SEAYARD. Le sureffectif constaté se situe au
31.07.99 à 35 à l'Est et 17 à l'Ouest. La direction du port reste attentive à cette
situation et ne manque pas de rappeler aux entreprises de manutention et à leurs
partenaires sociaux la nécessité de réduire progressivement l'effectif des
intermittents. Cette démarche ne peut cependant s'effectuer qu'avec la prudence qu'exige
la préservation de l'équilibre économique des entreprises et le maintien de la
fiabilité sociale dont a besoin l'ensemble de la communauté portuaire pour réaliser ses
ambitions. La mise en place de la RTT et celle de la CAA devraient permettre une certaine
amélioration de la situation avec le départ des OD les plus âgés et une modification
de l'organisation du travail.
5° Elargissement du plan social
à des catégories non prévues dans le financement de lEtat
En dehors des OD stricto sensu
qui détenaient leur carte professionnelle lors de l'application du plan social, tous les
personnels qui ont bénéficié de ces mesures étaient des ouvriers répertoriés par les
services administratifs de la Cainagod et qui exerçaient au sein des entreprises de
manutention des emplois réservés à la main d'oeuvre docker. Néanmoins, compte tenu de
la différence entre ces agents et les OD inscrits au BCMO au 1/1/92, le coût de leurs
départs a été supporté par la seule part locale de financement.
6° Impact sur la compétitivité
En 1993, lorsqu'a été
instaurée la commission portuaire de suivi, le port avait présenté une note relative à
l'évaluation des gains de productivité et des baisses de coût générés par la
réforme. A cette époque cependant, la manutention connaissait un important besoin de
restructuration. Le mouvement entamé par la mise en place de la réforme s'est poursuivi
lors de la disparition de Somotrans qui a accéléré le processus de redistribution des
secteurs d'activité et des entreprises opérantes. Aujourd'hui, après les
bouleversements qu'a connu la profession, les lourds investissements réalisés et les
dernières mutations annoncées, le paysage de la manutention devrait trouver son
équilibre et se stabiliser.
Dans ce contexte, les
propositions contenues dans la note précitée vont maintenant pouvoir servir de base de
travail dans les différentes commissions organisées par la direction du port. Ainsi, des
réunions sur la compétitivité des professions portuaires ont débuté en 1998,
parallèlement des discussions ont été ouvertes avec le SEMFOS afin de favoriser la
coordination d'exploitation et améliorer la qualité et le coût du service rendu
notamment sur les différents terminaux d'exploitation.
Des progrès, certes fragiles,
mais qui ne demandent qu'à se développer car il reste beaucoup à faire. Au
départ, compte tenu de l'ampleur du chantier ouvert, il était inconcevable de faire
table rase du passé, surtout si on veut bien se souvenir que la loi de 1992 et le plan Le
Drian imposaient aux entreprises la mensualisation des mêmes ouvriers, le maintien de
leurs salaires et surtout la garantie accordée de redevenir intermittent quoi qu'il
arrive, et tout reconstruire d'un seul coup. L'état de santé économique et sociale des
entreprises ne permettait absolument pas un passage brutal vers un autre mode
dorganisation, des étapes nécessaires et obligatoires ont dû être franchies pas
à pas.
Les employeurs sont confrontés
à la difficulté de créer une culture d'entreprise, pas encore totalement acquise compte
tenu de la spécificité historique du domaine portuaire dans lequel évolue la
manutention. Cette culture n'existe pas dans les ports internationaux, ainsi à Rotterdam
60 % des OD sont des intermittents, cependant dans ces ports les interlocuteurs sociaux ne
sont pas les mêmes. En France, les entreprises de manutention portuaire doivent composer
avec la CGT qui détient d'importants pouvoirs et moyens d'action.
Les manutentionnaires se devant
d'inventer des modes de management efficients tout en préservant leur équilibre
économique ont dû réagir. Même si elles restent encore fragiles, les entreprises ont
engagé une mutation profonde qui préfigure une adaptation à un milieu en plein
bouleversement tant sur le plan économique que technologique. La manutention se
modernise, déjà de très forts investissements en matériel ont été réalisés (+ 200
MF) alors que rien n'était fait quand la manutention marseillaise était détenue par de
grands groupes nationaux.
Parallèlement, pointe une
certaine évolution des mentalités et un nouveau comportement des partenaires sociaux. La
nouvelle position de leur représentant dans les structures portuaires devrait les amener
à s'impliquer davantage au regard général de la situation économique du port et de ses
entreprises replacées dans le contexte du marché.
Ce mouvement pourrait être
conforté par larrivée dun investisseur qui, en prenant dans un délai
relativement court et en plein accord et en étroite concertation avec lancien
actionnaire principal, la majorité du capital dans le principal groupe de la manutention
de la place, apporterait une dynamique nouvelle à cette profession. Lentrée
dEGIS, filiale de C.D.C., au capital du groupe M.G.M. a été annoncée récemment.
7° Suivi de la compétitivité
La note rédigée fin 1993 sur la
" méthode dévaluation des gains de productivité et des baisses de coût
générés par la réforme de la manutention " adoptée dans son principe,
na pas été mise en uvre par les acteurs de la place portuaire totalement
accaparés par la résolution de difficiles problèmes sociaux. Le retour à un dialogue
social plus normal a permis en 1998 de reprendre de manière plus sereine le débat sur la
compétitivité. Plusieurs groupes de travail ont pu fonctionner et pour certaines
activités (fruits par exemple) des avancées notables ont été observées.
LE REGIME FISCAL APPLICABLE AU
DOMAINE
Le souhait de clarification émis
par la Cour est totalement partagé par le P.A.M. avec la nécessité cependant de ne pas
obérer la compétitivité portuaire par des charges qui pèseraient nécessairement sur
la marchandise.
ORGANISATION FINANCIERE DES PORTS
AUTONOMES
1° Procédures budgétaires
Depuis 1998, le port autonome de
Marseille sest attaché à respecter scrupuleusement la réglementation budgétaire
en présentant formellement une décision modificative lorsque cela savérait
nécessaire. Les modifications en cours du code des ports devraient répondre aux autres
observations de la Cour.
2° Comptabilité et contrôle de
gestion
Le port autonome de Marseille est
demandeur dun " toilettage " de lensemble du dispositif et
de ladoption de procédures modernes adaptées aux contraintes de la gestion
industrielle et commerciale. Dans sa nouvelle organisation mise en place au 1er
janvier 1999, le port de Marseille a plus clairement dissocié les fonctions de
lagent comptable et celles qui ressortent dune direction financière placée
sous lautorité de lordonnateur
Le port de Marseille est tout à
fait ouvert à toute évolution de statut qui permettrait de concilier rigueur de gestion
publique et efficacité et économie de gestion. Dans sa nouvelle organisation, il a
clairement pris le parti de renforcer la mise sous contrôle de sa production et de
développer les techniques de gestion associées au contrôle interne. Lévolution
sera cependant nécessairement lente car elle se heurte à une absence quasi totale de
culture de gestion. Pour accompagner cette évolution, la refonte de la comptabilité
analytique de gestion, élargie à des indicatifs qualitatifs, et à un système de
tableaux de bord, est engagée. Lensemble de cette démarche repose sur une approche
déconcentrée donnant des responsabilités fortes aux deux centres de production de Fos
et Marseille.
3° Recouvrement des recettes
Le suivi financier des comptes
clients a été renforcé. Un tableau de bord mensuel comportant le détail nominatif des
principaux débiteurs et détaillant les procédures en cours est désormais établi
chaque mois. Dans le cas de créances admises en non valeur, lanalyse de
linsolvabilité a été approfondie et lattention est maintenue pour
identifier déventuels retours à meilleure fortune ; peu fréquents il est
vrai.
4° La fonction achats et les
procédures marchés
La mise sous contrôle des achats
fait partie intégrante du plan dentreprise du port. Comme toute entreprise en
croissance dactivité faible dans un environnement très concurrentiel, le P.A.M.,
ne pouvant augmenter facilement ses recettes, doit diminuer ses dépenses. Parmi
celles-ci, il doit réduire ses achats tant en volume, (définition du besoin réel,
analyse de la valeur, globalisation) quen coût dachat (consolidation,
marketing fournisseurs, mise en concurrence, négociation). Un plan opérationnel précis
a été mis en place en même temps quune nouvelle organisation du service achats.
Les actions principales sont les suivantes :
- la diminution des stocks par la
réduction des points de stockage, par la gestion intégrée des stocks et pièces de
rechange, et par le développement des flux tendus et des stocks externes ;
- la diminution du nombre
darticles référencés par la consolidation des besoins, la standardisation
interne, le groupement de loptimisation des achats, lintégralité de la
préoccupation dachat de " consommables " ou des produits
nécessaires au fonctionnement lors du choix de linvestissement ;
- la diminution du nombre de
fournisseurs par la massification des flux dachats externes, la sélection et
lévolution des fournisseurs, la réintégration des coûts de gestion dans
lappréciation des coûts dachats ;
- la diminution du nombre
dacheteurs.
Cette mise sous contrôle de la
fonction achat a été renforcée par la réécriture de certaines règles concernant la
commande publique en deçà du recours aux marchés (refonte du règlement intérieur
applicable à la commission des marchés du port plus grande précision dans les
délégations accordées pour les achats
) et par une vigilance accrue au respect des
règles de mise en concurrence avec une formation associée sur les risques pénaux. Ainsi
en 1998, le nombre de marchés négociés a été sensiblement réduit (sur 54 marchés
signés, 5 seulement l'ont été sous la forme négociée sans mise en concurrence).
5° Octroi de crédits à divers
organismes ou usagers du port
Il est vrai que les facilités de
trésorerie accordées par le port de Marseille au bénéfice de la société Gyptis ou de
la caisse de compensation des congés payés lont été sans support réglementaire
explicite, mais sur la base dun dossier détaillé au conseil d'administration
justifiant amplement lintérêt portuaire de ces opérations. Il serait souhaitable
, afin déviter toute critique nouvelle, de faire préciser par les tutelles si de
telles opérations, qui ne sanalysent pas seulement comme une opération de crédit
mais plutôt comme un soutien de létablissement public à un projet
dintérêt général, peuvent être engagées et, en cas de réponse positive, dans
quelles conditions. Dans les deux situations précitées, les avances consenties par le
P.A.M. ont permis de soutenir des projets qui ont bénéficié à la place portuaire dans
son ensemble et facilité son développement. Il est certain que si des réseaux bancaires
avaient marqué plus dintérêt pour ces projets, le P.A.M. ne serait pas intervenu.
En ce qui concerne lavance
de 2 088 000 F consentie à France Telecom, celle-ci a été accordée par le P.A.M. sur
la base dune convention-type de France-Telecom, faisant référence aux articles R64
et D570 du code des postes et télécommunications.
6° Le personnel des ports
coût et productivité
La politique sociale suivie au
port autonome de Marseille pendant la période concernée a entraîné un quasi maintien
de lemploi contrairement à ce qui a été fait dans les autres ports français. Ces
derniers ont réalisé des plans sociaux entraînant une réduction des effectifs et une
amélioration du rapport production élargie à leffectif moyen.
Le maintien de lemploi
sest accompagné dun rajeunissement insuffisant des personnels du fait de
faibles départs naturels, et a eu pour conséquence daggraver le déséquilibre de
la pyramide des âges, plus de la moitié du personnel ayant dores et déjà
dépassé 47 ans.
Il convient de souligner que le
vieillissement des effectifs génère des effets négatifs sur la productivité, les
agents âgés pesant plus sur la masse salariale que les jeunes, et lévolution des
comportements professionnels se trouvent, en règle générale, plus limitée. De plus,
les métiers portuaires liés à lexploitation, dans leur grande majorité,
nécessitent des capacités physiques, qui déclinent fortement avec lâge,
entraînant à terme des inaptitudes aux postes de travail, et par la même des
insuffisances deffectifs dans certains secteurs productifs opérationnels, et des
sureffectifs dans dautres secteurs en crise.
Dans ce contexte, et dans le
souci de créer les conditions optimales afin de réussir au mieux le plan
dentreprise, le port autonome de Marseille a élaboré, dans le cadre dune
conférence sur lemploi constituée courant 1998, un processus de cessation
anticipée dactivité lui étant propre, centré sur le rajeunissement des
effectifs, prévoyant le départ définitif dagents ayant plus de 55 ans, en
contrepartie dun plan de recrutement de jeunes. Le rajeunissement des effectifs est
un impératif pour la dynamique du plan dentreprise, une nécessité pour la
modernisation de lentreprise et la modification des comportements professionnels,
tout en répondant aux attentes du gouvernement en matière demploi.
De nouveaux comportements
professionnels doivent être à lorigine dune dynamique densemble
centrée sur la réalisation des grands objectifs définis dans le projet stratégique. En
effet, lévolution des organisations et des emplois, lévolution accélérée
des technologies ainsi que le développement de la concurrence entraînent des
modifications profondes des modes dorganisation, des méthodes de travail et, en
conséquence, du contenu des emplois à lintérieur de létablissement. Dans
cette optique, le rajeunissement des effectifs simpose et des recrutements doivent
pouvoir être réalisés concomitamment sur un certain nombre de postes de travail
reconfigurés dans le cadre de la modernisation de lentreprise, et de la nouvelle
organisation des directions et des services mise en place.
Parallèlement et dans le souci
de résorber le sureffectif identifié, dans un contexte économique et financier
préoccupant, le port autonome de Marseille, a sollicité la possibilité de mettre en
place une convention F.N.E pour les agents de plus de 55 ans, avec dans le même temps la
mise en uvre dune réduction du temps de travail défensive.
Lapplication de ces
différentes mesures permettra de concourir à la réussite du plan dentreprise, et
ainsi de corriger les problématiques soulevées par la Cour.
STRATEGIE ECONOMIQUE ET GESTION
DES PORTS AUTONOMES
1° Programmation et suivi des
investissements
Les remarques tout à fait
justifiées de la Cour des comptes ont conduit le port autonome de Marseille à revoir son
organisation et confier à un service nouveau la " direction " des
investissements. Les objectifs fixés à ce service sont en nombre de trois :
- fonder la décision
dinvestir sur une analyse sérieuse et construite, aux plans économiques, financier
et social, dans le cadre dun processus détude et de concertation destiné à
optimiser et hiérarchiser les projets,
- maîtriser la réalisation dans
les délais impartis selon les spécifications et les prix fixés et ceux réellement
atteints.
- préparer la négociation et la
mobilisation des financements externes justifiés par ces réalisations.
La mise en place de ce service a
pu se faire progressivement au cours du premier trimestre 1999. Il ne sera véritablement
opérationnel quà partir du début de lannée 2000 avec son rattachement à
une direction placée sous lautorité dun ingénieur qui aura la
responsabilité de lensemble des opérations de valorisation du patrimoine et du
suivi des investissements (programmation et réalisation).
2° Politique informatique
Sous limpulsion des
autorités de tutelle, les places portuaires du Havre et de Marseille ont décidé
dunir leur moyens pour réaliser létude du cahier des charges du nouveau
logiciel de place portuaire qui remplacera dès 2001/2002 le logiciel ADEMAR au Havre et
le logiciel PROTIS à Marseille. Létude du cahier des charges sera terminée à la
fin de cette année. Les conseils dadministration des deux ports seront saisis dans
les prochaines semaines du dossier de réalisation du projet. Dans limmédiat, et
lorsque le conseil d'administration de la S.A. Gyptis en aura décidé, sous
lautorité de son nouveau président, le P.A.M. se prépare à rentrer au capital de
cette société selon les accords donnés par les tutelles. Le port autonome de Marseille
entend souligner linfluence considérable des technologies modernes de communication
sur la performance des places portuaires.
3° La politique commerciale et
tarifaire
Face à une concurrence
inter-portuaire de plus en plus vive, après plusieurs années de turbulences liées en
particulier à la mise en place de la réforme de la manutention, une intensification de
leffort commercial du port autonome et des autres professionnels portuaires est
apparue comme une mesure appropriée à la reconquête des trafics.
Cest dans ce contexte
qua été créé en 1995 un fonds daction commerciale avec 4 axes
dactions : des mesures destinées à résoudre les dysfonctionnements
opérationnels, des mesures ponctuelles daide à limplantation ou au
démarrage dactivité, des mesures de type volume et/ou croissance, des mesures
ciblées sur un gain de trafic immédiat et important.
Afin de respecter la déontologie
convenant à un établissement public dans ses relations avec ses usager ou ses clients,
les grands principes de fonctionnement de ce fonds ont été définis :
- une instruction des dossiers en
regard d'un certain nombre de critères tels que le développement du trafic, le
caractère partenarial des mesures par l'implication des autres professions portuaires
concernées, une durée limitée dans le temps, une lisibilité et une efficacité des
aides orientées directement vers le décideur du choix du port ;
- une mobilisation des fonds
confiée à un comité issu du conseil d'administration et jugeant de l'opportunité d'un
engagement.
Après quelques années de
fonctionnement de ce fonds commercial, il apparaît qu'un certain nombre de mesures ont
porté leurs fruits en permettant de repositionner le port sur certains secteurs ou
filières (exemple : café-cacao/ produits forestiers). De même, des mesures visant à
compenser un déficit avéré de compétitivité ont ensuite été inscrites dans les
tarifs ( exemple : création d'un tarif de grues pour les lots homogènes).
En revanche, un réajustement des
règles de fonctionnement semble nécessaire afin de clarifier ou compléter les
conditions d'éligibilité dans le sens d'une meilleure efficacité des actions engagées
et de leur donner une plus grande cohérence avec les axes de développement prioritaires
inscrits dans le plan d'entreprise du PAM. Dans ce cadre, une nouvelle définition des
actions est en cours d'élaboration avec les grandes orientations suivantes : des aides
davantage proportionnées aux recettes engendrées et plus largement, aux résultats
financiers du secteur concerné ; une évolution, vers une plus grande incitation au
développement de l'activité du Port, des mesures prenant en compte le volume du trafic,
sa croissance ou la fidélité de fréquentation ; un renforcement de la
préoccupation de non discrimination entre clients ou usagers ; enfin davantage de
rigueur dans l' évaluation de l'efficacité des aides octroyées.
Dune manière plus
générale, le port autonome de Marseille sera très attentif et sassociera
volontiers à toute réflexion de fond qui serait engagée par les tutelles sur
linadéquation de cadre juridique français au contexte économique dans lequel
évoluent les établissements portuaires.
4° Absence dunité de
gestion de loutillage portuaire
La problématique largement
développée par la Cour a retenu toute lattention du port de Marseille qui
sest en effet orienté au moins sur les bassins Est vers des terminaux spécialisés
placés le plus souvent sous lautorité dun seul opérateur. De réels
progrès ont été atteints dans les domaines de la performance et de la sécurité. Le
port sefforce de soutenir toutes les initiatives visant à renforcer
lattractivité de la place portuaire ; il se doit surtout dans un premier
temps, dassumer la remise à niveau dun outil de production vieilli ne
répondant plus parfois aux normes actuelles de productivité et de sécurité. Il serait
certainement illusoire de penser que cet effort de mise à niveau puisse être pris en
charge par linitiative privée. Les nouveaux partenaires qui se présentent sur la
place portuaire marseillaise conduiront vraisemblablement à rouvrir le débat sur
lunité de gestion.
III. LA GESTION DU DOMAINE
PORTUAIRE
Le port de Marseille
sefforcera de tirer le meilleur parti des observations formulées par la Cour des
comptes. Un service du patrimoine a été mis en place à cet effet avec pour objectif
principal une meilleure valorisation des espaces portuaires. Les actions prioritaires
seront consacrées à Distriport et à la zone industrielle de Fos.
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