LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
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II. - LA STRATEGIE ECONOMIQUE ET
LA GESTION DES PORTS AUTONOMES
A.
- La gestion des investissements et de léquipement
1° La
définition des programmes dinvestissement
Les programmes
dinvestissement des ports découlent des plans de développement pluriannuels dans
lesquels ils inscrivent leur stratégie. La plupart des ports ont aussi élaboré des
" plans dentreprise ", contreparties préalables et nécessaires
au versement de la dotation en capital attribuée en 1988. En outre, pour la préparation
des réunions bisannuelles du C.I.E.S., une programmation à trois ans des investissements
portuaires est généralement demandée. Sils ont le mérite dexister, ces
travaux de programmation sont néanmoins caractérisés par des ambitions irréalistes et
des études préalables insuffisantes.
a) Lirréalisme des
ambitions
La Cour avait déjà relevé dans
son rapport public de 1990 que " les prévisions à moyen terme des ports
demeurent caractérisées par loptimisme des estimations de trafic et la fragilité
financière des hypothèses retenues ". Ce phénomène persiste, comme
cela a été relevé précédemment au sujet de lélaboration des contrats de plan
Etat-région et à propos des procédures budgétaires, à partir de lexemple du
port autonome de Dunkerque, qui nest pas le seul en la matière.
Systématiquement, les
prévisions affichent une enveloppe dinvestissements maximale. Cette politique
budgétaire présente linconvénient majeur déviter dafficher les choix
à faire en matière dinvestissements, malgré les recommandations fréquentes et
conjointes des représentants de la tutelle au conseil dadministration. Dans une
réponse écrite à la Cour, le directeur du port autonome de Dunkerque explique et
justifie cette situation de plusieurs façons :
- la volonté de disposer
dune marge de manuvre suffisante : figurent au titre des prévisions des
projets qui dépendent de la concrétisation dun contrat commercial ou dune
analyse plus fine de la justification effective de lopération ;
- la nécessité dafficher
vis-à-vis des clients ou partenaires une politique ambitieuse de développement,
largement commentée dans la presse, " qui sintéresse davantage aux
perspectives de développement quau rythme effectif de réalisation des
investissements qui est ajusté en tenant compte des priorités économiques ou techniques
et des capacités de financement de létablissement " ;
- la notification tardive par
lEtat du programme dinvestissement dinfrastructures effectivement retenu
au titre de lexercice concerné ;
- une sous-estimation des délais
inhérents à la réalisation des investissements.
b) Linsuffisance des études
préalables
La Cour a constaté à maintes
reprises et au cours de plusieurs contrôles successifs sur les mêmes ports que des
investissements ont été engagés sur le fondement détudes prévisionnelles de
rentabilité insuffisantes.
Le rapport Boiteux (34)
constatait déjà que peu de projets dinvestissement faisaient lobjet
dune étude économique détaillée. Il soulignait les problèmes danalyse
économique spécifiquement rencontrés par les ports :
- lincertitude sur les
trafics au-delà de cinq ans est très grande, alors que la durée de vie
dinvestissements lourds est de lordre de cinquante ans ;
- la stratégie des ports,
conscients de la non compétitivité de la manutention vis-à-vis des ports des pays
voisins, a été de conserver leurs parts de marché plutôt que de rechercher la
rentabilité de leurs investissements, avec lespoir quune réforme de la
manutention viendrait un jour la leur apporter ; ils ont donc pratiqué une forte
péréquation entre les trafics, ce qui fausse lanalyse de la rentabilité
financière.
Des défauts danalyse
préalable se retrouvent, par exemple, dans le cas de lacquisition par le port
autonome du Havre pour 37,9 MF dune grue automotrice sur pneus, qui na
fonctionné que 58 heures en 1992 parce que le quai - entre autres raisons - ne pouvait
pas supporter le poids de la grue lorsquelle était chargée.
De même, la construction du
terminal fruitier du port autonome de Nantes-Saint-Nazaire a été décidée en septembre
1992 sur le fondement détudes préalables de rentabilité économique gravement
insuffisantes, réalisées entre 1989 et 1991, et malgré les réserves exprimées par le
trésorier payeur général et le contrôleur dEtat. Lobjectif affiché
dun trafic annuel de 250 000 à 300 000 tonnes pour cet investissement de
45 MF prévisionnels, et de 61 MF in fine, na pas été atteint. Le trafic
nétait que de 30 000 tonnes en 1995 et 7 500 tonnes en 1994 alors quil était
prévu quil atteindrait 200 000 tonnes pour cette première année
dexploitation. Une étude ultérieure, menée en 1995, soit après la réalisation
de linvestissement, avait limité lobjectif de moyen terme, estimé entre
90 000 et 100 000 tonnes.
Afin de créer un troisième
terminal à conteneurs et de faire de Pointe-à-Pitre-Jarry un port de redistribution de
la zone Caraïbe, le port autonome de Guadeloupe avait réalisé un investissement de 140
MF cofinancé, aux termes dune convention doctobre 1993, par le fonds
européen de développement régional (programme dinitiative communautaire REGIS) à
hauteur de 40 %, le port (38 %), lEtat (14 %) et la région (8 %). Il sétait
appuyé sur une étude réalisée en août 1990 par un ingénieur du port autonome de
Marseille qui prévoyait une forte croissance du trafic domestique et le développement du
trafic de transbordement de conteneurs, hypothèse dénuée de fondement économique
crédible. En effet, le port autonome, seul port dapprovisionnement de la
Guadeloupe, traite essentiellement un trafic franco-français, répondant aux besoins
dimportation de la Guadeloupe et dexportation vers la métropole. Il ne
pouvait raisonnablement être considéré comme un centre commercial à rayonnement
international, fut-ce à moyen terme.
Les imperfections de ces analyses
ont un impact direct sur le taux dutilisation des outillages publics.
A titre dexemple, au port
autonome de Dunkerque, ce taux, mesuré par le rapport entre les heures réelles de
fonctionnement et la capacité maximale théorique, est, selon les sites, faible ou moyen,
et ne justifiait pas dinvestissements nouveaux en outillages. Il sélevait en
1995 à : 24 % de la capacité maximale théorique des grues du port Est, au rendement
décroissant ; 71 % pour celles du quai de grande Synthe, mais 38 % en moyenne sur la
période 1991-1995 ; 48 % au quai aux aciers ; 21 % au terminal à conteneurs,
mais 16 % en moyenne sur la même période ; et 59 % au quai à pondéreux ouest.
2° Le
suivi des investissements à lintérieur des établissements
Comme la Cour la constaté,
les coûts de certains investissements sont très mal maîtrisés et lexécution des
opérations elles-mêmes nest pas suivie sur le plan financier. Ces défauts sont
accentués lorsque lampleur de lassiette à prendre en compte, la valeur des
estimations et la pertinence des procédures internes posent problème.
Deux opérations examinées au
port autonome de Marseille illustrent cet état de fait. Ainsi, dans le cas de la remise
en état du pont basculant de Martigues, le conseil dadministration et le ministre
délégué à la mer avaient autorisé lopération à hauteur de 5,86 MF, hors frais
détudes et de surveillance des investissements. Cette estimation ainsi que le
contenu des travaux étaient en réalité peu précis, de sorte que certaines dépenses du
service " automatismes et communications " sans rapport direct avec la
rénovation du pont basculant, mais qui pouvaient " rentrer dans
lenveloppe ", ont été imputées à lopération, tandis que des
dépenses semblant en relever, telles que la remise en état du mouvement de basculement
du pont, ny ont pas été rattachées.
De surcroît, à aucun moment,
létat davancement de lopération, qui nétait pas terminée en
1997 alors que les dernières dépenses imputées dataient de novembre 1993, na fait
lobjet de compte rendu. Il nest donc pas possible de savoir in fine si les
5,86 MF effectivement consommés correspondent au coût véritable de
lopération, vraisemblablement situé entre 4,3 et 8,12 MF selon la conception plus
ou moins extensive que lon peut en avoir, soit une amplitude du simple au double.
Cette incertitude manifeste le manque dinformation du conseil dadministration,
qui na connu que les dossiers constitués pour lexamen des projets et les
documents diffusés à lappui des budgets, mais qui na pas suivi les
réalisations.
Les mêmes imprécisions de
définition de lassiette dune opération dinvestissement se retrouvent
dans la rénovation du terminal à passagers des bassins est de Marseille. Après une
première estimation de 244 MF effectuée en 1991, le montant des travaux a été
évalué à 312,5 MF en mars 1993, à 317 MF en novembre 1993, 301 MF en
1995, 225 MF en 1996 et à 239 MF en 1997. Toutefois, le port na pas retenu
dans le périmètre du projet des études préalables, des opérations qui étaient liées
au projet lui-même telles que le transfert du terminal fruits et légumes ainsi que les
conséquences de la suppression du pont dArenc. Ny ont pas été non plus
compris des équipements daccompagnement destinés à améliorer les conditions de
transit et daccueil des passagers. Le coût global de la rénovation du terminal est
de lordre de 360 MF si lon tient compte de ces différents éléments.
3° La
cohérence des investissements
a) Les grands équipements
structurants des façades maritimes
La Cour a examiné la situation
des équipements de lensemble des terminaux portuaires de la façade Atlantique,
distingués par grands types de trafic : vracs liquides, vracs solides, conteneurs et
marchandises diverses. Elle a constaté que les équipements portuaires, infra- et
superstructures, sont suffisants et plutôt sous-employés. Il convient donc
principalement de les entretenir et de les rentabiliser davantage.
Les terminaux de vracs liquides
Au Havre, le trafic de vracs
liquides qui représente 60 % du trafic du port est réparti à égalité entre deux
terminaux concédés à la Compagnie industrielle maritime (CIM) : deux postes à Antifer,
conçus en 1971 pour accueillir 100 Mt par an, mais nen traitant que 16 à
17 Mt ; et dix postes au terminal du Havre. En 1995, les droits de ports des navires
pétroliers constituaient 60 % des recettes totales de droits de port perçus par le port
autonome. A Nantes-Saint-Nazaire, les vracs liquides, soit les deux tiers de
lactivité portuaire, sont traités dans les terminaux pétrolier de Donges et
méthanier de Montoir. A Dunkerque, deux raffineries ont chacune leur terminal. A Rouen,
se juxtaposent six terminaux pétroliers, deux terminaux de vracs liquides et un terminal
de gaz liquéfié. Enfin, à Bordeaux, les vracs liquides représentent 45 % du
trafic du port et sont traités sur les sites dAmbès et de Pauillac.
Lanalyse des comptabilités
analytiques par site et/ou par trafic - lorsquelles existent, et qui doivent être
appréciées avec toutes les réserves faites précédemment - montre que les résultats
de ces terminaux sont très bénéficiaires pour les ports qui, pourtant, sont loin
dêtre compétitifs, avec un surcoût en moyenne de 3 à 4 francs par tonne par
rapport aux ports européens. Cette situation présente donc des risques de perte
dactivité et de ressources importantes dans un contexte de fermeture de raffineries
pétrolières en Europe, ou de transfert de trafic, comme à Bordeaux. Lobservatoire
des coûts de passage portuaire devrait permettre daffiner cette analyse, les seuls
éléments de coût disponibles jusquici étant ceux recensés par lUnion
française des industries pétrolières, mais dont les résultats sont contestés par les
ports.
Les terminaux à conteneurs et
marchandises diverses
Au Havre, le principal
investissement récent a été la construction dun port rapide à laval de
lécluse François Ier, où se situent trois des cinq terminaux de marchandises
diverses, équipés de 22 portiques à conteneurs, dont huit sont détenus par les
entreprises de manutention. A Dunkerque, le terminal à conteneurs est désormais équipé
de deux portiques " over-panamax " (cf. lexique). A Rouen, un
ambitieux programme de développement du terminal à conteneurs et marchandises diverses
de Grand Couronne / Moulineaux est prévu mais sa compatibilité avec le projet
" port 2000 " du port autonome du Havre nest pas assurée. A
Bordeaux, le terminal à conteneurs du Verdon est nettement surcapacitaire, alors que le
trafic a diminué de moitié en dix ans, passant de 27 727 à 12 751 conteneurs. En
outre, le port autonome a réalisé en 1995 un terminal à Bassens-aval.
En raison notamment du manque de
marchandises et de linsuffisance de la tarification des prestations
doutillage, les sites à conteneurs ne sont pas rentables et sont sources de
déficits : -60 MF au Havre, -32 MF à Dunkerque, -17 MF à Nantes-Saint-Nazaire
en 1995, sans oublier le Verdon.
Pour les trafics de la filière
bois/papier se pose le problème de la concurrence des installations de La Rochelle dont
lextension est prévue pour un montant de 125 MF, du terminal spécialisé de
Cheviré avec des investissements de modernisation prévus pour 16 MF, et du projet de
" pôle à bois " de Bassens à Bordeaux dont le coût sera de 36 MF.
En matière de trafic sucrier,
les installations de Dunkerque et de Calais (où le terminal a été construit et mis en
service en octobre 1995 sans concertation aucune avec Dunkerque) paraissent jusquici
complémentaires, mais elles sont très proches dAnvers qui est doté de trois
terminaux sucriers. Elles suscitent cependant une concurrence tarifaire exacerbée, pour
des services comparables : à titre dexemple, selon une étude du port de Dunkerque,
les droits de port pour un navire de 14 000 T étaient en décembre 1995 de 7 000 F à
Calais, 25 000 F à Dunkerque, 38 000 F à Anvers et 44 000 F au Havre. De même, la
construction dès 1995 dun terminal sucrier à Rouen pour un montant de 140 MF,
essentiellement financés par la société intéressée et à hauteur de 32 MF sur
fonds publics, comportait le risque de concurrencer le terminal sucrier du Havre sans
quil en résulte un trafic supplémentaire.
Les terminaux de vracs solides
En sens inverse, les terminaux de
vracs solides conservent une certaine cohérence entre eux. A Dunkerque, le trafic de
minerais et charbon est effectué sur les quais privés de Sollac et sur le quai public à
pondéreux ouest (QPO), dont lexploitation sest soldée par une perte de 58 MF
en 1995 alors que des investissements de 244 MF ont été effectués de 1991 à 1995.
A Rouen, les vracs solides sont
principalement des céréales, traitées par des terminaux privés ou publics. Les
équipements du port du Havre ne peuvent rivaliser avec ceux du port de Rouen et le coût
des acheminements de ce dernier demeure le plus intéressant : sur ce trafic, il y a moins
de risque de concurrence stérile entre ports.
Lexamen des différents
types de terminaux fait donc ressortir des problèmes de cohérence et de rentabilité des
équipements qui, indépendamment du rôle darbitrage de lEtat examiné en
première partie, relèvent au premier chef de la responsabilité des ports autonomes. En
effet, il leur revient, compte tenu de leurs capacités dexpertise, de mieux prendre
en compte les équipements existants ou les projets qui peuvent, sans susciter de nouveaux
trafics, concurrencer leurs propres investissements, puis de rentabiliser davantage ces
derniers.
b) La politique informatique
Les ports autonomes ont une
responsabilité encore plus directe pour les investissements liés à leur fonctionnement
interne tels que linformatique.
Un bon outil informatique est un
des facteurs clés de la compétitivité dun port à vocation internationale. Les
systèmes informatiques performants mais onéreux des deux premiers ports français qui
auraient eu vocation, en conséquence, pour des questions de coût et de facilité
dinterconnexion, à être développés en commun, lont néanmoins été
séparément par Marseille (PROTIS) et Le Havre (ADEMAR+).
A linstar des grands ports
de lEurope du Nord (SEAGHA à Anvers, INTIS à Rotterdam, COMPASS à Brême, DAKOSY
à Hambourg), le port autonome du Havre sest doté dune informatique portuaire
adaptée aux besoins des usagers : le Havre a été raccordé au système douanier SOFI
(Système dOrdinateurs pour le Frêt International) et a développé un système
complémentaire baptisé " ADEMAR " (Accélération du Dédouanement
des MARchandises), puis " ADEMAR+ " mis au point de 1985 à 1991.
Ce système est exploité par une
société créée par les professionnels portuaires, qui était initialement
financièrement précaire et sous-capitalisée (0,3 MF répartis entre neuf actionnaires),
la SOGET (Société de Gestion de Terminaux informatiques), et dans laquelle le port
nétait pas actionnaire. Au 31.12.1998, ses fonds propres sélevaient à 7 MF
dont 3,1 MF de capital social et le port autonome du Havre y était désormais
actionnaire. La redevance payée au port par la SOGET pour lutilisation du matériel
et la mise à disposition de personnel peut être qualifiée de
" symbolique ". Elle a été, en effet, calculée pour ne couvrir que
10 % des investissements réalisés par le port, soit 3,3 MF sur cinq ans en ce qui
concerne ADEMAR+. De surcroît, elle nest versée - avec des délais de paiement
accordés pour cause de fragilité financière de la SOGET - que depuis la mise en
exploitation effective, donc sans tenir compte du coût du portage financier par le port.
Quelle que soit la qualité
technique de linformatique portuaire développée au Havre depuis 1980, la Cour a
constaté que létablissement public a supporté avant 1992 lessentiel du
coût direct (réseau et applicatifs : 37 MF pour une opération initialement évaluée à
23 MF, plate-forme de communication et déchanges EDI : 9,3 MF) et
lessentiel des risques dun système qui profite à lensemble de la
communauté portuaire sans que les responsabilités aient été définies avec assez de
précision. La forte représentation des professionnels au conseil dadministration
du port nest sans doute pas étrangère à cette répartition déséquilibrée des
rôles : les premiers utilisent et exploitent le système, même sils le financent
indirectement par les droits de port, le second en supporte les risques techniques et le
financement direct.
De même, à Marseille, le
système PROTIS est géré par la société Gyptis dans laquelle le port nétait pas
non plus actionnaire, alors quil a pris en charge des investissements qui
sélevaient à 49 MF fin 1995 sur un budget de 56 MF. Comme le soulignait
déjà le rapport public 1990 de la Cour, ce mode de financement est propre aux ports
français. En effet, linformatisation des grands ports internationaux a très
étroitement associé les acteurs portuaires privés.
Compte tenu de son montant
élevé et de son intérêt, le développement du projet informatique aurait dû faire
lobjet dune coordination entre places portuaires, ce qui na pas été le
cas. La direction chargée des ports na pas joué de rôle actif à cet égard.
Outre le fait quelle aurait permis de réaliser des économies déchelle
substantielles obtenues, notamment sur les phases détude, une collaboration entre
les principaux ports français aurait répondu au vu des armateurs de disposer
dun accès standardisé de leurs propres informatiques aux systèmes portuaires. Tel
nest pas le cas, même si les ports de Marseille et du Havre ont participé à un
groupe de travail sur la définition des standards de communication et se retrouvent dans
le cadre de lassociation EDITRANSPORTS (Afnor). Toutefois, la Cour constate que le
port autonome du Havre est récemment devenu actionnaire de la SOGET et que le port
autonome de Marseille a été autorisé par arrêté du 4 février 1999 à prendre une
participation à hauteur de 3 MF, soit 35,8 %, dans le capital de la société Gyptis :
cela devrait leur permettre dexercer un meilleur contrôle sur les conditions
dexploitation des systèmes pour lesquels ils ont supporté la majeure partie des
risques financiers et techniques.
La coordination des politiques
informatiques des ports ne fait pas lobjet dune attention suffisante de la
part des tutelles. Aujourdhui, alors que les deux systèmes acceptent de dialoguer
et dinvestir ensemble pour létape de développement ultérieure, il serait
utile, comme le recommande le contrôle dEtat, de valider, grâce à une expertise
externe, leurs hypothèses de développement.
Recommandations
- fonder les prévisions
dinvestissement à moyen terme des ports sur des estimations de trafic réalistes et
sur des hypothèses et analyses économiques financières solides ; établir différents
scénarios en fonction des hypothèses retenues ; entretenir et rentabiliser davantage les
équipements portuaires en infra- et superstructures, avant de lancer déventuelles
opérations nouvelles ; en cas dopérations nouvelles, mieux prendre en compte les
équipements existants ou les projets risquant de concurrencer les investissements sans
susciter de nouveaux trafics ;
- améliorer le suivi des opérations dinvestissement et en rendre compte de
façon détaillée et régulière au conseil dadministration ;
- accélérer le rapprochement des systèmes informatiques portuaires des ports du Havre
et de Marseille ; engager une expertise externe sur les hypothèses de développement du
projet.
(33) Prévu par la circulaire n° 73-155 du 16 août 1973 relative à la
simplification des procédures comptables par lesquelles lEtat contribue aux
dépenses dinvestissement et de fonctionnement des ports autonomes maritimes.
(34) " Transports :
pour un meilleur choix des investissements ", commissariat général du Plan,
novembre 1994.
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