LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
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REPONSE DU PRESIDENT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE
ET DINDUSTRIE DE CALAIS
1° Plates-formes logistiques
Eurofret, Transmanche et Garromanche
- Les trois plates-formes en
question sont d'importance modeste donc d'intérêt éminemment local et sont destinées
à venir en appui et à valoriser leur équipement portuaire respectif dans des domaines
différents.
- Elles ont été réalisées
dans un laps de temps assez long et pour répondre à des besoins locaux qui ne pouvaient
pas trouver réponse dans la plate-forme voisine éloignée de 40 à 80 Km.
Garromanche a été réalisé en
1987, Eurofret en 1991 et Transmarck commence tout juste de l'être.
- La plate-forme Transmarck dont
le principe résulte d'une étude de faisabilité co-financée par la Région Nord -
Pas-de-Calais, le port de Calais et Eurotunnel, a pour objectif d'exploiter, en le
valorisant sur place, l'énorme trafic routier de marchandises qui transite tant par le
port de Calais que par le tunnel sous la Manche et qui dépasse les 2 millions de
véhicules par an.
Une plate forme logistique qui
vise à valoriser le transit de ces véhicules par des activités de groupage,
dégroupage, distribution, ouvraison intermédiaire ne peut bien entendu que se trouver à
Calais, le plus près possible du tunnel sous la Manche et du port, directement branchée
au réseau autoroutier au point de convergence des direction Est/Ouest/Sud et directement
raccordée à la voie ferrée donc sur le site de Transmarck qui n'est absolument pas en
concurrence ni avec Garromanche ni Eurofret dont les vocations sont différentes et qui ne
peuvent pas apporter une réponse satisfaisante au trafic routier qui passe par Calais
venant et à destination de toutes les directions.
2° Port en eaux profondes de
Calais
Le port de Calais a pris comme la
plupart des port français sa physionomie de port moderne à la fin du siècle dernier à
la faveur du plan Freycinet qui a modelé toute la France portuaire.
Le principal bassin de ce nouveau
port : le Bassin Carnot mis en service en 1889 a été l'élément déclencheur du
développement industriel de Calais puisque dès 1890 des usines aux activités diverses
sont venues s'implanter à proximité de ce bassin : la société des Téléphones de
Bezons qui existe toujours sous le nom d'Alcatel Câble, la société Calaisienne des
pâtes à papier important des bois de Scandinavie puis du Canada, les Aciéries de Sambre
et Meuse,
Si certaines de ces usines ont aujourd'hui disparu, elles ont été
remplacées par d'autres : Union Minière, Tioxide, Ucar Carbone, etc
, toutes
tributaires du port de Calais et illustrant parfaitement la complémentarité entre le
port et le développement industriel.
Le succès du nouveau port de
1889 fut tel que dès 1916 la Chambre de Commerce, devant la saturation des nouvelles
installations, présentait un projet d'agrandissement à l'Est du port de Calais qui vit
finalement le jour en 1990.
Limité à l'accueil de navires
de 12.000 tonnes de port en lourd, le port de Calais n'avait plus aucune chance de
continuer de jouer un rôle moteur dans le développement industriel de Calais.
Pis encore, il n'était même
plus en mesure de continuer de proposer un service acceptable aux usines déjà
implantées qui subissaient durement les limitations d'un équipement portuaire devenu
d'un autre âge.
Le nouveau bassin
"Président Henri Ravisse" a permis de maintenir à Calais des entreprises qui
auraient été contraintes à la disparition. C'est le cas évident de Alcatel Câble dont
les productions sont embarquées sur des câbliers dont les dimensions ne leur permettent
plus d'accéder au bassin de 1889.
Le nouveau bassin en eaux
profondes n'a donc pas d'autre ambition que de maintenir le tissu industriel de Calais et
certainement pas d'exacerber la concurrence avec Dunkerque. Il convient à cet égard de
relativiser les choses en rappelant que le trafic du port de commerce de Calais (hors
Transmanche) est de 1,5 million de tonnes essentiellement destiné à des entreprises
locales ou de l'immédiat hinterland à comparer avec 40 millions de tonnes du port de
Dunkerque qui doit bien pouvoir s'accommoder de voir Calais, dont le taux de demandeurs
d'emplois crève tous les plafonds, tenter de faire survivre son industrie locale.
Avant de rêver à la création
d'implantations industrielles nouvelles, il est tout aussi important de tout faire pour
maintenir celles qui existent.
3° Terminal sucrier de Calais
Le terminal sucrier de Calais est
un terminal privé dont les actionnaires sont au moins partiellement les mêmes qu'à
Dunkerque. Il est donc pour le moins injustifié de parler dans ces conditions d'absence
de concertation. D'autre part, la légitimité d'un terminal sucrier à Calais s'impose
également par la présence antérieure d'un trafic de sucre en sacs manutentionné à la
grue.
La présence à moins de 10 Km du
port d'une sucrerie du groupe Beghin Say explique l'existence d'un tel trafic dont il
convenait de moderniser les méthodes de chargement.
Concernant la concurrence
tarifaire, il convient de relativiser les choses. Le chargement d'une cargaison de
14 000 tonnes représente un ensemble de charges et prestations d'au moins
2,5 millions de francs. La différence de droit de port de 18 000 F. entre
Calais et Dunkerque n'a donc pas grand sens et ne procède certainement pas d'une volonté
de concurrence exacerbée de la part de Calais mais s'explique tout simplement par la
genèse du droit de port. En effet, à l'occasion de la loi du 28 décembre 1967 portant
réforme du régime relatif aux droits de port et de navigation il avait été imposé une
identité de recette entre l'ancien et le nouveau régime ce qui avait de facto fixé à
un niveau donné le montant du droit du port. Ensuite et depuis cette date, l'évolution
du droit de port à toujours été ou encadrée ou contrôlée et amène tout
naturellement au montant actuel. La situation financière du port de Calais n'a jamais
autorisé un réajustement exceptionnel.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET
DINDUSTRIE DE CHERBOURG-COTENTIN
Je souhaite préciser les
trois points qui concernent plus particulièrement le port de Cherbourg.
Le premier concerne les
problèmes que nous avons rencontrés lors du renouvellement de la concession du port de
pêche ; problèmes liés dans un premier temps à la refonte du cahier des charges
types qui nous a conduit à demander par voie davenant un prolongement de la
concession initiale jusquau 1er janvier 1998 (au lieu du 1er
janvier 1987) ; puis, liés au délai nécessaire aux services fiscaux pour fixer le
niveau de redevance, compte tenu des modifications apportées dans la rédaction du cahier
des charges type. Il y a donc eu un manque de réactivité de lEtat face à une
volonté exprimée de voir évoluer le cahier des charges type. Il nen demeure pas
moins que cette situation était tout à fait intolérable et que nous naurions pas
entrepris des travaux dinvestissement si ceux-ci ne sétaient pas avérés
indispensables compte tenu de la mise en place des nouvelles normes européennes. Le fait
que la chambre de commerce et dindustrie de Cherbourg (CCICC) ait été également
titulaire dune concession doutillage sur le port de commerce permettait aussi
de trouver, faute de mieux, une solution de repli consistant à étendre le périmètre du
port de pêche ; solution qui na pas été mise en uvre mais qui reste
envisagée à larticle 19 du cahier des charges de la concession du port de pêche.
Le second point concerne le
budget du BCMO : il faut préciser que la direction des ports, suite aux nombreux
échanges que nous avons eus à ce sujet, a trouvé fin 1994 une parade en fixant à 0 %
le taux de cotisation CAINAGOD pour le port de Cherbourg.
Enfin, je souhaite revenir ici
sur le montant des recettes domaniales sur le port de Cherbourg qui atteint 4,5 MF pour
les terrains. Vous relevez les écarts entre les tarifs pratiqués par la CCI et ceux
pratiqués par lEtat ; je me permets de vous faire remarquer que les bases de
facturation ne sont pas comparables. Au contraire de lEtat, la CCICC a le devoir de
valoriser le domaine et de ladapter pour répondre aux objectifs de croissance
quelle sest fixée. Ainsi, la CCICC a entrepris, sans laide de
lEtat, une campagne de remblaiement de la zone des Flamands en 1980 qui a permis de
créer 20 ha de terre-plein ; ces travaux ont représenté une dépense de 46
MF ; il est logique que les coûts de location de ces terre-plein tiennent compte de
cet investissement. De la même manière, la CCIC a entrepris de nombreux travaux de
viabilisation des terre-pleins qui justifie un ajustement des loyers. Il nest donc
pas anormal que Cherbourg, comme Toulon, qui ne disposent que despaces limités (au
contraire des ports dEstuaire) pratiquent des tarifs élevés qui ne sont que la
conséquence des travaux réalisés pour offrir aux usagers des surfaces correspondant à
leur besoin.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE ET DINDUSTRIE DE MORLAIX
La chambre de commerce et
dindustrie de Morlaix (CCI) est citée pour son implication dans une affaire
layant portée devant la Commission Européennes pour " abus de position
dominante " sur le port de Roscoff. Jai lhonneur de porter à votre
connaissance les éléments de réponse aux deux points de votre dossier qui concernent la
CCI, à savoir la politique communautaire de concurrence et le manque de moyens des
structures administratives centrales
Je tiens par la présente à
réaffirmer que la CCI na pas usé dun abus de position dominante,
quelle na pas été condamnée par la Commission européenne (puisquun
accord a été trouvé entre la CCI et Irish Ferries), et que la publication au bulletin
des communautés européennes est erronée. Je pense important de dire que la CCI
considère que la Commission européenne na pas fait preuve dimpartialité
comme il se doit, et que la CCI la rappelé, notamment dans le cadre de
laudition qui sest tenue à Bruxelles, audition qui a été conduite au
mépris des règles imposées à ce type de procédure.
Ceci mamène à vous dire
que la CCI a eu loccasion de regretter le manque de soutien des instances
supérieures du gouvernement français dans cette affaire, tant lorsquil sest
agi de nous apporter des conseils (que nous navons jamais eus) que lorsque nous
avons été amenés à contester le déroulement de la procédure (absence de soutien). Je
formule le souhait aujourdhui que ce dossier puisse servir dexemple pour
améliorer les relations entre lEtat français et ses établissements publics, mais
aussi pour lamélioration des conditions du déroulement de la procédure devant la
Commission européenne.
I - La politique communautaire de
concurrence
A. - Origine de laffaire.
Laffaire CCI de Morlaix /
Irish Ferries portée devant la Commission européenne par la Compagnie maritime Irish
Ferries, était effectivement motivée par cette dernière sur " un abus de
position dominante " de la CCI de Morlaix, gestionnaire du port de Roscoff.
Laffaire a débuté par un
courrier du 25 novembre 1994, demandant à la CCI de Morlaix des disponibilités de
créneaux horaires pour organiser des liaisons Rosslare / Cork vers Roscoff. La CCI de
Morlaix na jamais refusé dautoriser laccès dIrish Ferries au
port de Roscoff : elle a adressé par courrier du 16 décembre 1994, un accord de
principe fondé sur un constat de disponibilité dhoraires. Dans les jours qui ont
suivi, et suite à une communication par voie de presse dIrish Ferries relative à
louverture de lignes sur le port de Roscoff, communication que la CCI de Morlaix a
trouvé prématurée, celle-ci a attiré lattention de la compagnie sur le fait
quil était nécessaire de convenir des conditions techniques et financières dans
lesquelles pourrait être organisée larrivée de la compagnie. Cest cette
démarche de la CCI de Morlaix, qui a soulevé le désaccord de la compagnie Irish Ferries
qui a alors porté laffaire devant la Commission européenne.
B. - Les conclusions de la
Commission européenne
La CCI, pendant toute la durée
de linstruction de laffaire par la Commission européenne, a refusé de
négocier sous la pression de la Commission. Et quand finalement (le 24 mai 1995), un
accord a été trouvé entre la CCI et Irish Ferries, cest parce que Irish Ferries a
accepté les conditions que la CCI avait posées dès lengagement des négociations
commerciales : un contrat dengagement sur 5 ans, une garantie de recettes, la levée
des poursuites, la prise en charge des travaux. A noter que dans son résumé publié au
bulletin des communautés européennes, les conditions de laccord ne sont pas
évoquées.
Le constat de la Commission
européenne (abus de position dominante de la CCI de Morlaix) est donc faux. La CCI a tenu
à adresser ses observations sur les conclusions de la Commission par un courrier de son
avocat à la direction général de la concurrence (DG IV). La CCI a le regret de
constater que la Commission na jamais daigné y répondre.
II. - Le manque de moyens des
structures administratives centrales
La CCI a tenu régulièrement
informées toutes les instances supérieures, et dès les premiers contacts de Irish
Ferries, des courriers étaient adressés par la CCI de Morlaix.
Dès le 30 novembre 1994, le
Conseil Général du Finistère en tant quautorité concédante, recevait copie de
la demande dIrish Ferries du 25 novembre.
Le 10 janvier 1995, et compte
tenu de la tournure que prenait laffaire, la CCI saisissait M. Bosson, ministre de
léquipement, des transports et du tourisme, ainsi que M. Miossec, président du
conseil général du Finistère autorité concédante - pour connaître leur
position afin den tenir compte dans les réponses à donner par la CCI à Irish
Ferries. Le 30 janvier 1995, M. Miossec répondait à la CCI. Le 6 février 1995, la
CCI relançait M. Bosson, devant limminence dune action européenne de Irish
Ferries, en lui demandant conseil sur les dispositions à prendre devant cette
probabilité. La CCI na jamais reçu de réponse à ses demandes.
Dautres démarches ont eu
lieu de la part du directeur général de la CCI, notamment auprès de la direction des
ports au ministère de léquipement, à la direction des services de la concurrence
et de la consommation, sans que jamais la CCI de Morlaix nait eu le sentiment de
voir ses problèmes pris en considération.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE ET DINDUSTRIE DE BAYONNE PAYS BASQUE
Jai pris connaissance avec
la plus grande attention de lextrait du rapport de la Cour des comptes sur la
politique portuaire française. Bien quil ne sagisse que dun extrait, le
document met en exergue plusieurs difficultés importantes que nous connaissons bien dans
notre rôle de concessionnaire de lEtat, difficultés quil importe de
résoudre si lon veut doter nos ports de lattractivité commerciale
nécessaire à leur développement. Concernant les observations relatives au port de
Bayonne, nous souhaitons vous faire part des remarques suivantes.
Le rapport évoque lexemple
de Bayonne qui "montre les risques dentreprendre à grands frais des
remblaiements à usage incertain à court ou moyen terme". En l'occurrence, nous
comprenons quil sagit du remblaiement de la nouvelle zone portuaire de
Saint-Bernard, opération qui a été menée dans le cadre du 11è Contrat de Plan
Etat-Région. A ce sujet nous rappellerons :
1. - Que ce remblaiement est une
opération combinée avec la création dune nouvelle zone dévitage
nécessaire à la sécurité des navires opérant leur manoeuvre de retournement dans le
port. Le remblaiement a permis d'utiliser de façon économique les déblais sableux
dragués lors de lélargissement du chenal.
2. - Que la nouvelle zone ainsi
créée, dune superficie de 28 ha, est venue à point nommé reconstituer les
réserves foncières du port très restreintes à cette époque. Or, comme le montre la
création de lAciérie de lAtlantique à Bayonne, il est évident que, sans
une politique de constitution permanente dune réserve foncière suffisante, nos
ports nont aucune chance dattirer des implantations industrielles nouvelles.
Nous remarquons à ce sujet que Bayonne figure parmi les ports cités en exemple dans le
domaine de la constitution de telles réserves foncières.
3. - Que la création de la zone
de Saint-Bernard a servi dès lorigine au développement dun trafic de
voitures neuves en provenance du Portugal et va permettre laccueil sur une
plate-forme de 4 ha de la nouvelle ligne régulière tri-hebdomadaire Bayonne -
Southampton qui démarre le 15 septembre prochain. La création de cette ligne - qui
naurait pas été possible sans lexistence de la nouvelle zone - constitue une
étape majeure du développement du port de Bayonne qui passe ainsi du statut de port
industriel de marchandises en vrac, à celui de port commercial traitant les marchandises
diverses générées par son hinterland.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE ET DINDUSTRIE DU VAR
1° Les difficultés liées à la
délégation d'un service public
Dans le présent rapport, la Cour
a relevé les difficultés rencontrées par la chambre de commerce et d'industrie du Var
courant 1996 et 1997 lors de la mise en concurrence pour l'attribution d'une
sous-concession dans le port de plaisance de Toulon.
Cet exemple constitue la parfaite
démonstration d'une part de la complexité des procédures et des difficultés
rencontrées dans la gestion quotidienne des dépendances du domaine public maritime et
d'autre part, dans un cadre plus général, des qualités que doit avoir un organisme pour
gérer un service public. Ce que la Cour considère vrai pour l'État vis-à-vis de ses
concessionnaires l'est également pour un concessionnaire vis-à-vis de ses
sous-concessionnaires.
Il est un fait dûment constaté
que la personne physique ou morale qui a bénéficié pendant 15 ou 20 ans d'un titre
d'occupation a tendance à penser qu'elle est installée indéfiniment sur le domaine
public maritime et refuse bien souvent de libérer les lieux à l'expiration de son titre
d'occupation temporaire.
Dans le cas d'espèce, après
avoir suivi les règles de mise en concurrence telles que définies par la Loi du 29
janvier 1993, la chambre de commerce et d'industrie du Var a finalement renoncé à
sous-déléguer la gestion d'un plan d'eau anciennement géré par une société
commerciale installée depuis plus de 20 ans sur le domaine public maritime. La chambre de
commerce et d'industrie du Var s'est en effet heurtée tout au long de la procédure à la
détermination du délégataire sortant usant de tous les moyens pour se maintenir
illégalement dans les lieux. La chambre de commerce et d'industrie du Var a finalement
abandonné la procédure de mise en concurrence et décidé en avril 1997 de gérer
directement le plan d'eau en question.
En reprenant la gestion directe
du port de plaisance en question, la chambre de commerce et d'industrie du Var a entendu
protéger les intérêts des usagers en veillant au respect des grands principes de droit
public applicables en la matière tels que l'égalité de traitement des usagers et
l'égalité d'accès aux installations par l'institution des listes d'attente.
Il existe depuis quelques années
un grand déséquilibre entre le nombre de demandes de stationnement à l'année dans les
ports de plaisance et le nombre de places disponibles. Il suffit pour s'en convaincre
d'observer la longueur des listes d'attente (1800 personnes en 1999), le délai
extraordinairement long pour obtenir une place à l'année (supérieur à 10 ans) et le
nombre très important de bateaux de plaisance stationnant illégalement dans la rade de
Toulon en dehors des infrastructures d'accueil (plusieurs centaines).
Cet état de fait est de nature
à engendrer des comportements irréguliers tels que des stationnements dits sauvages ou
encore des actes de spéculation sur le domaine public.
La chambre de commerce et
d'industrie du Var considère qu'en sa qualité d'établissement public de l'État, elle
saura mieux que quiconque protéger l'intégrité du domaine public ainsi que les
intérêts des usagers en veillant notamment au respect du principe juridique gouvernant
les redevances de stationnement qui doivent correspondre au coût des services rendus et
non pas au prix résultant de l'offre et de la demande.
Sur ce dernier point, il convient
de noter que depuis la reprise effective par la chambre de commerce et d'industrie du Var
du plan d'eau en question, les charges portuaires ont connu une baisse significative.
Une chambre de commerce et
d'industrie, contrairement aux sociétés commerciales, n'a pas pour objectif de
distribuer les bénéfices réalisés entre actionnaires. Elle doit rentabiliser le
domaine public qui lui est concédé en veillant au respect des règles de droit public.
Comme l'a relevé la Cour en
matière de reddition des comptes par les sous-concessionnaires, il nest pas aisé
dexercer pleinement un contrôle de l'exploitation.
Pour toutes ces raisons et dans
l'intérêt général, la chambre de commerce et d'industrie du Var envisage de reprendre
la gestion des plans d'eau anciennement sous-concédés au terme des différents
sous-traités dexploitation.
2° Une gestion devenue complexe
et un manque de souplesse des procédures
La mission du concessionnaire du
domaine public maritime est devenue au cours des vingt dernières années
particulièrement complexe. En effet, il y a lieu de constater d'une part une accumulation
des réglementations et procédures longues et complexes et d'autre part un développement
du caractère procédurier des occupants ou usagers freinant considérablement la mission
du concessionnaire en matière d'investissements et de recherche d'efficacité.
La délivrance d'un titre
d'occupation constitue un bon exemple du manque de souplesse que nécessite une gestion
moderne du domaine public.
Une entreprise qui souhaite
occuper des dépendances du domaine public maritime exige aujourd'hui du concessionnaire
une réactivité très importante. Voulant assumer ses responsabilités en la matière, ce
dernier ne peut agir aussi rapidement qu'il le souhaiterait compte tenu de la longueur et
de la complexité des procédures ce qui est de nature à réduire le gain économique que
l'on se doit de tirer de l'exploitation du domaine public concédé.
Attribuer un titre d'occupation
entraîne le cumul de plusieurs délais relatifs à : l'instruction sérieuse du projet
d'implantation, la mise en concurrence des candidats, la consultation du conseil
portuaire, la décision des instances compétentes du gestionnaire, l'approbation des
titres d'occupation par les services de tutelle. Lorsqu'il y a constitution de droits
réels, des délais supplémentaires sont nécessaires.
De surcroît, les cahiers des
charges de concession s'avérant insuffisamment précis ou obsolètes et les nouvelles
procédures de mise en concurrence inadaptées ou difficilement applicables, le
concessionnaire tente dans la mesure du possible de répondre aux exigences des candidats
à l'exercice d'une activité industrielle ou commerciale, source de richesses et de
rentabilité.
Saisies par des occupants sans
droit ni titre défendant des intérêts particuliers, les juridictions administratives se
montrent, à défaut de règles claires, particulièrement strictes quant aux réels
pouvoirs des gestionnaires.
A titre d'exemple et dans
l'attente du jugement, un commissaire du gouvernement semble considérer que du seul fait
de l'existence d'un élément de l'outillage public (cale de halage, quais,
terre-pleins,...) parmi les biens mis à disposition, le concessionnaire se doit de
respecter une procédure de délégation de service public en vue de la délivrance d'une
simple autorisation d'occupation temporaire alors même qu'un appel à candidature a été
publié dans la presse et qu'il n'a pas été manifesté l'intention de déléguer la
moindre partie d'un service public. La direction des ports consultée à ce sujet a
entre-temps formulé une position rejoignant celle de la chambre de commerce et
d'industrie du Var mais apparemment en contradiction avec la position affirmée par le
commissaire du gouvernement en poste au tribunal administratif de Nice.
Cela conduit d'une part à des
situations de fait irrégulières et donc intolérables ainsi qu'à une inertie
considérable et inadaptée à une gestion moderne et efficace qu'exige aujourd'hui le
monde économique.
Pour toutes ces raisons, la
chambre de commerce et d'industrie du Var souhaite une plus grande précision et une
meilleure unité des règles applicables au domaine public de manière à pouvoir
exécuter dans de meilleures conditions sa mission d'intérêt général. Il est certain
que cela passe notamment par une augmentation des moyens dont disposent actuellement les
services de tutelle.
3° Veiller à l'intégrité du
domaine public maritime, une mission primordiale
Le concessionnaire se doit de
veiller au respect par les occupants des obligations définies dans leur titre
d'occupation.
Comme l'a souligné la Cour, il
n'est pas toujours aisé de contrôler le respect de ces obligations et le concessionnaire
ne dispose pas de réels pouvoirs pour ce faire.
En cas d'inobservation d'une ou
plusieurs obligations par des sous-concessionnaires ou de simples occupants, le
gestionnaire n'a pas d'autre solution que d'engager la procédure de résiliation des
conventions liant les parties.
Les obligations à la charge de
l'occupant s'avérant particulièrement draconiennes ou exorbitantes du droit commun, la
résiliation des titres conduit inévitablement à multiplier les litiges et les
occupations irrégulières, ce qui ne serait pas forcément interprété comme un signe de
bonne gestion dans la mesure où cela devait perdurer et se répéter.
Il ne s'agit donc pas
obligatoirement d'un manque de vigilance de la part du concessionnaire, bien au contraire.
Seule l'autorité de police peut
dresser une contravention de grande voirie et dans l'attente des décisions définitives
des tribunaux, ce qui peut s'avérer très long, des entreprises occupent illégalement le
domaine public maritime sans payer la moindre redevance au concessionnaire.
Ce dernier connaît non seulement
des difficultés pour équilibrer ses comptes d'exploitation mais il doit aussi gérer le
mécontentement des autres occupants respectueux de leurs obligations. En effet, leurs
concurrents sans droit ni titre, pratiquent de la sorte des moyens déloyaux.
La chambre de commerce et
d'industrie du Var a également entendu poursuivre le recouvrement des indemnités
d'occupation dues par les occupants en situation irrégulière sur la base du tarif
d'outillage public.
Cependant, le tribunal
administratif de Nice vient de rejeter sa demande au motif que seul le propriétaire
disposait de ce pouvoir. Si l'État est seul habilité à recouvrer ces sommes, il y a
lieu d'espérer que celles-ci seront reversées au concessionnaire afin de lui permettre
d'équilibrer ses comptes et ne pas faire supporter cette charge aux usagers.
Si certains pouvoirs ne peuvent
être délégués comme celui de police par exemple, il serait souhaitable que pour les
autres, les cahiers des charges en vigueur voire le code du domaine de l'État et le code
des ports maritimes soient amendés en ce sens.
Il nous paraît également
intéressant de souligner la nécessité d'expliquer aux occupants mais aussi aux usagers
les règles régissant l'occupation du domaine public. Force est de constater qu'en dépit
de ces informations et des décisions judiciaires ou administratives, il demeure difficile
d'obtenir le respect des règles dès lors que l'on se heurte à des intérêts
particuliers.
En ce qui concerne le dossier de
la SEM BGO FISRT, il convient de noter le rapport réalisé par la chambre régionale des
comptes de Provence Alpes Côte d'Azur en 1998.
Il y a lieu de rappeler que ce
bassin d'essais océanographiques a été créé peu après la fermeture des chantiers
navals de La Seyne-sur-Mer. La construction de ce bassin a cependant connu de grandes
difficultés empêchant la SEM d'encaisser des recettes d'exploitation.
En 1997, à l'initiative des
partenaires publics, les travaux de construction du bassin d'essais océanographiques ont
été achevés. Il est donc apparu un espoir de paiement des arriérés de redevance eu
égard les perspectives de recettes d'exploitation. Dans ce cadre et à la demande du
président de la SEM BGO FISRT, la chambre de commerce et d'industrie du Var a accepté en
juillet 1998 de signer un protocole fixant un échéancier de paiement des redevances
d'occupation.
Ce protocole n'a malheureusement
pas été honoré par la SEM BGO FIRST conduisant la chambre de commerce et d'industrie du
Var à adresser plusieurs mises en demeure de régler ses dettes sous peine de
résiliation du titre d'occupation. Cette position, bien que juridiquement nécessaire sur
le plan de la gestion stricte du domaine public maritime, pose cependant un problème
économique et financier. En effet, il est évident que seule l'exploitation du bassin
permettra à la SEM BGO FIRST d'honorer ses engagements. Résilier le sous-traité
annihilerait toute chance d'encaisser les redevances, sachant qu'à priori le bâtiment
construit n'est utilisable que pour l'exploitation d'un bassin d'essais et que par
ailleurs beaucoup d'argent public a été investi dans cette opération.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE ET DINDUSTRIE DE NICE CÔTE DAZUR
I. - Sujets traités dans le
rapport
1° Loi relative au BCMO
La situation du port de Nice,
après la loi de 1993 et la mise en service du plan social
" dockers ", est favorable à la réalisation dune manutention
exempte de difficulté. Il subsiste quatre anciens dockers désormais salariés
mensualisés de la MCM, entreprise unique assurant la manutention sur le port. Néanmoins,
la situation reste ambiguë puisque cette entreprise assure un monopole de facto, avec des
charges salariales exorbitantes au regard de la qualification de ses employés. La MCM
assure que, si une entreprise dacconage concurrente sinstallait, elle (la MCM)
se verrait obligée de reverser les quatre salariés au BCMO.
2° Le droit de lurbanisme
Avis conforme au rapport. Le
droit de lurbanisme, les mesures de classement et de sauvegarde du patrimoine
simposent avec force sur lensemble des superstructures et outillages. On peut
regretter cependant que de telles réglementations soient parfois appliquées au
détriment du développement portuaire.
3° Le droit de
lenvironnement
Avis conforme au rapport. Il est
indispensable quun cadre réglementaire soit défini, à linstar de la loi du
11 juillet 1985 relative aux aéroports. En particulier, la problématique du bruit doit
être traitée, comme dans certains ports scandinaves, de façon à donner à
lautorité portuaire un outil de pression vis à vis des armateurs. Dans le même
sens de préoccupation, la CCI a proposé, hors de toute obligation réglementaire, au
préfet des Alpes-Maritimes, la constitution dune " commission
consultative environnement " destinée à mettre en uvre une charte
environnement et un plan dactions associé sur le port de Nice.
4° La protection du domaine
public
Il ny a aucune occupation
sans titre sur le domaine portuaire concédé du port de Nice, que ce soit dans les
activités de commerce, de plaisance ou de pêche. La " sensibilité à
lopinion locale " des CCI mentionnée dans le rapport ne fait pas obstacle
à la mise en conformité des titres doccupation, pas plus quà leur
renégociation ou, si les textes lexigent, à leur mise en concurrence publique. La
carence de cadastrage du DPM est effectivement une difficulté dans la gestion des
conventions doccupation.
5° Le domaine géré par les
ports dintérêt national
Le port de Nice est cité à
plusieurs titres dans ce chapitre. En ce qui concerne les surfaces de plan deau, il
convient de noter que, comme dans les ports départementaux, le plan deau nest
pas concédé.
6° Recettes dexploitation
du domaine
Les tarifs publics du port de
Nice incluent un barème doccupation domaniale établi selon la qualité des espaces
occupés et proportionnels aux avantages procurés aux occupants. Ces tarifs sont établis
et révisés en fonction des prix du marché.
Il est anormal que les
renseignements comptables des concessions naient pas pu être obtenus par la Cour
des comptes, les comptes annuels étant transmis deux fois par an à la DDE, à
loccasion des conseils portuaires, ainsi quannuellement aux autorités de
tutelle (ministère de léquipement/direction du transport maritime, des ports et du
littoral [ DTMPL] , et ministère de lindustrie/sous direction des CCI). Les
recettes domaniales du port de Nice sétablissent à 5,4 MF en 1998, soit, pour
8,4 ha, à plus de 640 KF par ha (à rapprocher des 26 KF/ha des PIN et 16,5 KF/ha des
PA). Globalement, le chiffre daffaires du port de Nice est de 5,3 MF/ha (à
rapprocher des 0,6 MF/ha de la moyenne des PIN).
Il convient de rappeler que les
résultats nets dégagés de ces recettes sont consacrés en totalité aux investissements
indispensables pour un développement nécessaire du port, y compris pour les
infrastructures nouvelles. Il ne faudrait donc pas, au vu de ces performances, opter pour
une fiscalité accrue, sauf à mieux doter la DTMPL pour la réalisation des
infrastructures.
7° Adéquation aux besoins
fonciers de lactivité
Lobservation générale
selon laquelle " les terre-pleins des PIN sont en général suffisants pour
satisfaire au trafic portuaire " nest pas applicable au port de Nice. Ce
dernier manque gravement de terre-pleins pour toutes les opérations commerciales, et de
gros investissements sont nécessaires pour le stationnement des véhicules en attente
dembarquement vers la Corse. Il suffit pour sen convaincre dobserver
lexiguïté particulière du domaine portuaire de Nice.
II. - Sujets non traités dans le
rapport
La CCI souhaite attirer
lattention de la Cour sur des sujets qui ne sont pas traités dans le rapport et qui
lui paraissent importants en matière de politique portuaire.
1° Les investissements
Linvestissement est
évidemment essentiel à la revalorisation des infrastructures comme des superstructures
portuaires. Il est assuré soit par lEtat avec des fonds de concours du
concessionnaire lorsquil sagit dinfrastructures, soit en totalité par
le concessionnaire - avec déventuelles subventions des collectivités locales -
pour les superstructures. Différents ministères assurent le contrôle des comptes de la
concession et interviennent dans les autorisations demprunts du
concessionnaire :
- le ministère des transports
qui assure la tutelle des PIN nest pas doté dun budget suffisant pour assurer
la totalité des modernisations dinfrastructures indispensables, et encore moins
lorsquil sagit de programmes majeurs (par exemple, lextension du port de
Nice, évaluée à 900 MF). Ce ministère demande en conséquence des fonds de concours
importants aux concessions ;
- le CIES, à loccasion de
comités semestriels, examine les projets dinvestissement et les demandes
demprunt. La prise en compte de ces emprunts dans la comptabilité de la dette
publique pousse ce comité à appliquer des ratios draconiens sur lendettement (par
comparaison avec la capacité dautofinancement du port), ratios qui sont nettement
plus exigeants que ceux couramment admis dans le secteur privé ;
- le ministère de
lindustrie (sous direction des CCI) assure la tutelle des chambres de commerce et
dindustrie et contrôle à ce titre les engagements financiers de notre compagnie
consulaire, y compris ceux des concessions.
Il est donc nécessaire
quune bonne concertation entre ces autorités de tutelle soit préservée afin
dassurer un juste équilibre entre des orientations parfois contradictoires.
2° La police du port
La police du port, pouvoir
régalien de lEtat clairement exclu des responsabilités du concessionnaire, est
assurée par les officiers de port sous lautorité de la DDE. Dotée de moyens
insuffisants, cette administration assure les tâches techniques les plus urgentes, telles
que le placement des navires et la sécurité du plan deau. Néanmoins, les
activités du port, et en particulier les trafics de passagers et véhicules avec la
Corse, sont génératrices de risques autres se traduisant notamment par de nombreuses
infractions (stationnement, entrée dans les zones réservées,...) sans que les officiers
de port ne puissent intervenir faute de moyens. Si on compare avec un aéroport, pour
lequel les dotations de police nationale, gendarmerie, police aux frontières apportent un
important complément de moyens au commandant de laéroport ou à son
concessionnaire, on peut estimer à cet égard que les moyens affectés au port de Nice ne
permettent pas à lEtat de remplir pleinement ses missions.
3° Elargissement de lassise
juridique de la concession
Un port constitue un outil
économique complexe, qui doit pouvoir être géré comme une entreprise, dans un contexte
de plus en plus incertain et concurrentiel. Or, la nature de la concession et les
contrôles auxquels elle est soumise ne laissent pas une latitude suffisante dans
lexploitation du port. En effet, la concession se limite à lexploitation de
loutillage public et rend difficile la gestion des affaires industrielles,
commerciales et opérationnelles du port. La multiplication des contrôles de toutes
sortes auxquels le concessionnaire est soumis, savère de moins en moins compatible
avec la réactivité commerciale et la flexibilité de management quexige
lenvironnement économique.
Nous recommandons en conséquence
délargir sensiblement lassise juridique du concessionnaire pour le mettre en
position de responsable complet de lentreprise portuaire ; daccroître
très sensiblement sa capacité décisionnaire en matière de gestion et de management. On
permettra ainsi aux concessionnaires des ports dintérêt national de faire face aux
exigences et aux évolutions de leur environnement économique.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE ET DINDUSTRIE DE BASTIA ET DE LA HAUTE-CORSE
Comme suite à la réception de
lextrait du rapport public particulier concernant " la politique portuaire
française ", jai lhonneur de vous faire tenir ci-après les
précisions que jestime devoir apporter, relatives à la concession portuaire de
Bastia
La Haute Cour relève :
" Dans un certain nombre de ports, loccupation sans titre correspond en
quelque sorte à une coutume locale sur laquelle il est bien difficile de revenir en
particulier pour une chambre de commerce et dindustrie, concessionnaire, sensible à
lopinion publique locale. De nombreuses installations de plaisance ont été
réalisées de cette façon au profit dusagers locaux installés pour ainsi dire de
façon immémoriale sur le domaine public. Les terre pleins du port de Bastia pourtant
rares sont occupés sans titre par les riverains qui y trouvent un stationnement gratuit
en centre ville. "
Ainsi reliée au paragraphe des
" occupations sans titre ", cette phrase paraît souligner le
stationnement permanent sur les terre-pleins du port de lensemble des riverains. La
réalité est sans doute beaucoup plus simple : le stationnement est le fait, durant
toute lannée de transporteurs ou dopérateurs portuaires qui réalisent au
quotidien des opérations sur les cargos rouliers ou ferries. Sagissant des
riverains dont le stationnement ne saurait être nié, on doit rappeler que la
fréquentation du port de Bastia est hyper saisonnalisée (55% de lensemble du
trafic durant deux mois de lannée), hors cette période, on peut difficilement
évoquer la rareté des terre pleins. Pour autant de nombreuses dispositions tendent
aujourdhui à transformer les zones de stationnement en voies de circulation.
La Cour relève par
ailleurs : " A Bastia, pour les locaux de la C.M.N et de la S.N.C.M,
implantés sur le domaine public, les impôts fonciers restent à la charge du
concessionnaire. " Ces compagnies, comme dailleurs ladministration
des douanes sont des locataires du concessionnaire et à ce titre non soumis à
limpôt foncier.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE ET DINDUSTRIE DAJACCIO ET DE LA CORSE-DU-SUD
A propos du passage relatif
aux commissions de suivi de la réforme de la manutention, mentionnant que dans certains
ports tels que Concarneau et Ajaccio, la commission na même pas été
réunie :
Le port dAjaccio, de par
son positionnement géographique en Corse, est uniquement desservi dans le cadre de la
politique de continuité territoriale. Il sagit donc dun marché captif,
partagé entre les compagnies maritimes SNCM et CMN. A ce titre la notion de
compétitivité ne joue pas et les services de lEtat nont donc pas jugé
opportun ou nécessaire de réunir cette commission.
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