LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
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REPONSE DU MINISTRE DE LEQUIPEMENT, DES
TRANSPORTS ET DU LOGEMENT
1. Le corps du projet de
rapport de la Cour des Comptes dresse un constat dense et documenté de la politique
portuaire française et formule un certain nombre de propositions pertinentes, qui ont
été reprises par le ministre de léquipement, des transports et du logement.
Mon département ministériel a
dores et déjà donné suite à nombreuse propositions de la haute juridiction, qui
ont naturellement fait lobjet de discussions et déchanges.
A. - La question des dessertes
terrestres des ports est un enjeU de première importance pour les ports
Je partage tout à fait les
observations de la Cour des comptes sur limportance stratégique des dessertes
terrestres des ports maritimes. Les ports maritimes français sont largement pris en
compte dans la loi dorientation pour laménagement et le développement
durable du territoire du 25 juin 1999, qui définit une nouvelle approche
multimodale reposant sur la mise en place de schémas de services de transports, lun
pour les voyageurs et lautre pour les marchandises. Cette démarche a été
élaborée sur une approche globale fondée sur les besoins à satisfaire et non plus sur
le seul développement de linfrastructure portuaire.
Aujourdhui,
lélaboration de ces schémas est entrée dans une phase active. Ils font
lobjet dune première phase de concertation au niveau régional, sous
légide des préfets de région, dont les propositions sont en cours danalyse
par les ministères concernés.
La dimension multimodale qui
caractérise le secteur portuaire le prédispose à être particulièrement pris en compte
dans cette nouvelle démarche, notamment à travers lintégration de priorités
nationales telle lamélioration de la desserte terrestre des ports et le
développement du cabotage maritime.
Cette démarche est conduite en
parallèle avec lélaboration des prochains contrats de plan Etat-régions, en vue
dassurer la convergence de lexercice de planification et de celui de
programmation.
B. - Le décret publié le 12
septembre dernier répond à de nombreuses préoccupations formulées dans le rapport de
la Cour des Comptes sur la gestion économique et financière des ports maritimes
Une gestion plus intégrée et
moins coûteuse des outillages
La Cour recommande dengager
rapidement une analyse juridique pour faire aboutir les projets dopérateur unique,
visant à intégrer lactivité doutillage dans les entreprises de manutention.
Le décret susvisé introduit une
nouvelle modalité de gestion et dexploitation de terminal (cf. article R115-7 du
code des ports maritimes) dans les ports maritimes qui, dans le cadre de conventions
dexploitation, pourront, pour certains types de trafic particulièrement exposés à
la concurrence internationale, autoriser un opérateur à exploiter et, le cas échéant,
à réaliser un terminal.
Cette disposition, qui autorise
une modalité de gestion des terminaux très largement pratiquée dans les grands ports
dEurope du nord, doit permettre de lever tout obstacle juridique à la
concrétisation du projet dopérateur intégré sur le quai à pondéreux Ouest de
Dunkerque. Plus généralement, elle crée un cadre adapté au renforcement de la
compétitivité des plus grands ports français.
Un nouveau cahier des charges
types pour les concessions portuaires
Le rapport préconise
daccélérer lentrée en vigueur dun nouveau cahier des charges type
pour les concessions portuaires en y appliquant le droit interne et communautaire de la
concurrence.
Le décret susvisé précise que
toute concession doutillages portuaires donnera lieu à la rédaction dune
convention et dun cahier des charges qui devra respecter un cahier des charges type
approuvé par décret en Conseil dEtat.
Un groupe de travail
interministériel a repris les travaux de 1990 sur la révision du cahier des charges des
concessions portuaires, dont les conclusions nétaient pas notamment conformes aux
évolutions communautaires. Ces évolutions, en effet, incitent à une procédure de
publicité, avant loctroi ou le renouvellement dune concession.
Des propositions sont en cours
délaboration pour que puissent être arrêtés les principes directeurs et les
grandes orientations qui régiront le futur cahier des charges. Un an étant nécessaire
pour sa finalisation, il est prévu, à titre conservatoire, de proroger ou de renouveler
les concessions portuaires arrivant à leur terme pour une période limitée :
généralement 1 an, voire 2 ans.
Une clarification des règles
applicables aux marchés publics des ports autonomes
La Cour observe à juste titre
que les ports ont eu tendance a faire un appel restreint à la concurrence. Une
clarification était en effet nécessaire car les dispositions actuelles du code des ports
maritimes ne sont pas assez précises sur ce point.
En effet, les dispositions
actuelles de larticle R113-18 ne soumettent pas au code des marchés publics (CMP),
dans les ports autonomes maritimes, les opérations ne donnant pas lieu à participation
financière de lEtat, mais indiquent que ces opérations doivent seulement sen
inspirer.
Le décret modifiant le code des
ports maritimes remédie à cette imprécision en soumettant ces marchés au CMP et en
nintroduisant de distinction quau niveau des seuils :
- les marchés donnant lieu à
une participation financière de lEtat resteront soumis au CMP au-dessus du seuil de
300 000 francs ;
- les autres marchés seront
désormais soumis au CMP, mais à partir dun seuil de 700 000 francs,
ainsi quà lexamen dune commission spécialisée au sein de chaque port
autonome, dont la composition et les règles de fonctionnement seront fixées par arrêté
conjoint du ministre de léquipement, des transports et du logement et du ministre
chargé du budget.
Les autres marchés, achats ou
commandes, seront soumis à des règles fixées par le conseil dadministration et
approuvés par le ministre chargé des ports autonomes et le ministre chargé de
léconomie et des finances.
Cette clarification sera
complétée par la diffusion de recommandations pratiques par la direction du transport
maritime, des ports et du littoral (DTMPL). Fondées sur les conclusions dun groupe
de travail, composé de la DTMPL, de la direction des affaires économiques et
internationales (DAEI), du contrôle dEtat et de représentants des ports autonomes
maritimes, elles visent à mettre sous contrôle lensemble de la procédure
dachat par un renforcement des outils de gestion et de contrôle interne.
Une simplification des
procédures concernant les prises de participation
La Cour préconise de simplifier
les procédures actuelles de prise de participation des ports autonomes dans des
sociétés ou groupements, en suggérant dorganiser une certaine déconcentration au
commissaire du Gouvernement et au contrôleur dEtat.
Le décret du 12 septembre
réaffirme la possibilité de prise de participation, de constitution de filiales ou
dadhésion à dautres organismes par les ports autonomes et clarifie les
procédures.
Cette mesure est reliée à un
décret en conseil des ministres qui introduira, pour des prises de participation, la
possibilité dun accord tacite pour les opérations dont le montant sera inférieur
à un seuil fixé par arrêté conjoint du ministre de léquipement, des transports
et du logement, du ministre de léconomie et des finances et du ministre chargé du
budget et concernant des sociétés ou organismes implantés dans la région
administrative du port.
Dans la continuité des actions
menées pour la réforme de lEtat, le décret introduit dautres mesures de
déconcentration et de simplification :
- déconcentration au préfet
pour les autorisations de travaux, dont le coût est inférieur à un certain seuil ;
- déconcentration de
lapprobation des concessions dinstallations portuaires de plaisance dans les
ports non autonomes.
Une approbation plus rapide des
états prévisionnels primitifs de recettes et de dépenses (EPRD) des ports autonomes
maritimes
La Cour déplore, à juste titre,
lapprobation tardive des EPRD des ports autonomes maritimes.
Cependant, depuis
lélaboration du projet de rapport de la Cour des comptes, deux évolutions
importantes sont intervenues.
Lapprobation des EPRD des
ports autonomes maritimes est maintenant régie par les dispositions du décret n° 99-575
du 8 juillet 1999 relatif aux modalités dapprobation de certaines
décisions financières des établissements publics de lEtat. Désormais, à défaut
dopposition par les autorités de tutelle dans un délai dun mois partant de
la date de réception de la délibération des conseils dadministration, les EPRD,
initiaux et modificatifs, de même que les comptes financiers des ports autonomes
maritimes deviennent des décisions exécutoires comme pour la plupart des autres
établissements publics de lEtat.
Cette nouvelle modalité ne fait
pas obstacle pour autant à une amélioration de lexercice du contrôle par les
autorités de tutelle.
Le ministère de
léquipement, des transports et du logement et le ministère chargé du budget
viennent, en effet, de convenir ensemble dune procédure dexamen concerté des
projets de budget préparés par les ports autonomes maritimes, qui associera les
directeurs des établissements portuaires.
Par ailleurs, le décret
modifiant le code des ports maritimes prévoit de différer du 1er octobre au 1er
décembre la date de transmission des EPRD approuvés par les conseils
dadministration des ports autonomes aux autorités de tutelle.
Cette mesure a pour objet de
mettre en cohérence le calendrier dapprobation des EPRD des ports autonomes avec
celui de la programmation de leurs investissements soumis à lexamen du comité des
investissements à caractère économique et social.
C. - Dautres orientations
données par le rapport de la Cour des Comptes donnent déjà lieu ou donneront
prochainement lieu à une concertation interministérielle
La préparation dune
instruction interministérielle budgétaire et comptable
La Cour préconise
lélaboration dune instruction budgétaire et comptable spécifique aux ports
afin que soient adoptées des méthodes harmonisées et permanentes en matière
dimmobilisations, damortissements et de provisions, de comptabilité des
stocks.
Un groupe de travail
interministériel a été constitué, au printemps 1999, associant la direction générale
de la comptabilité publique, le contrôle dEtat, les ordonnateurs et les comptables
des ports autonomes maritimes. Des propositions sont en cours délaboration pour
aboutir au début de lannée 2000 sur linstruction budgétaire et comptable
préconisée par la haute juridiction.
La séparation des fonctions
dagent comptable et de directeur financier
La Cour constate que le cumul des
fonctions dagent comptable et de directeur financier, tel quil est appliqué
dans les ports autonomes maritimes, ne permet pas dassurer une complète
indépendance du comptable public par rapport à lordonnateur.
Il note également " la
mauvaise qualité des comptes produits et la faiblesse des contrôles exercés par les
agents comptables sur le respect des règles dexécution de la dépense ".
Ce constat la conduit à
recommander que les conséquences dune telle situation soient tirées sur le statut
des ports autonomes : soit ceux-ci resteraient des établissements publics
industriels et commerciaux, mais sans la présence dun agent comptable ; soit
les ports autonomes seraient transformés en sociétés à capitaux publics soumises au
régime de droit commun des sociétés, dotées de commissaires aux comptes vérifiant le
respect des règles prudentielles habituelles : séparation fonctionnelle du service
comptable et des services gestionnaires : mise en place dun contrôle interne
effectif : sincérité, fidélité et régularité des comptes produits.
Le ministère de
léquipement, des transports et du logement est ouvert à ce que la problématique
exposée par la haute juridiction soit analysée sur le fond et dans le cadre dun
examen interministériel.
Toutefois, il apparaît utile de
tirer préalablement les enseignements de la nouvelle organisation mise en place
récemment au port autonome de Marseille, à laquelle la Cour fait référence, qui
dissocie désormais complètement les fonctions dagent comptable et de directeur
financier.
La préparation dune
clarification de la gestion domaniale et foncière
La Cour préconise de définir
une doctrine et un régime clairs en matière de fiscalité foncière applicable aux
ports. La DTMPL et le service de la législation fiscale sont convenus détablir en
commun un bilan de la situation effective des ports au regard de la taxe foncière et de
proposer des mesures de clarification juridique nécessaires, sans compromettre la
compétitivité des ports français, notamment par rapport aux autres ports européens
qui, pour la plupart, comme le fait observer la Cour des comptes, bénéficient dune
fiscalité locale faible et favorable.
2. Certaines observations
formulées par la Cour des comptes, notamment dans la conclusion, doivent cependant être
nuancées.
A. IL CONVIENT DE SOULIGNER
LEVOLUTION POSITIVE DE LACTIVITE DES PORTS FRANçAIS
Depuis 1997 de nombreux ports
connaissent un réel regain dactivité, reprenant même, dans certains cas, des
parts de marché à la concurrence.
Au début des années 1990,
certains ports ont effectivement connu des troubles sociaux, parallèlement à la mise en
uvre de la réforme de la manutention, et ont donc enregistré des pertes de trafic.
Mais depuis les années récentes, lactivité des principaux ports français
sest à nouveau développée et diversifiée, ainsi que lillustrent les
exemples présentés ci-dessous.
* Dunkerque :
A Dunkerque, le trafic total a
progressé de +4,6 % entre 1996 et 1997 et de +7,3 % entre 1997 et 1998,
principalement sous leffet de la croissance des vracs solides. Entre 1993 et 1998,
le trafic de pondéreux (minerais et charbons) a doublé, passant de 3,1 millions de
tonnes (MT) à 6 MT, compte tenu de la disparition progressive des extractions de
charbon dans les mines de Lorraine, qui nécessite le remplacement de la production
nationale par des charbons dimportation.
Aujourdhui, le port de
Dunkerque, par des investissements massifs de nouveaux opérateurs étrangers, notamment
belges (42), connaît une revitalisation importante.
* Le Havre
Depuis 1995, le trafic global du
port du Havre saccroît régulièrement de manière significative :
+ 4,4 % en 1996, + 6,3 % en 1997, + 11,2 % en 1998, avec une
forte croissance des marchandises diverses conteneurisées, le nombre de conteneurs en
" équivalent vingt pieds " (EVP) ayant cru de 11,2 %en 1995, de
5,1 % en 1996, de 16,2 % en 1997 et de 11,4 % en 1998. Il convient de noter
que ce rythme de croissance est globalement supérieur à la moyenne des hausses
enregistrées sur la même période dans les ports de la rangée
" Manche-Nord ", ce qui signifie que le port du Havre reprend des
parts de marché (cf. annexes 1 et 2).
* Autres ports
A Nantes-Saint-Nazaire,
lannée 1998 sest caractérisée par une accélération de la croissance
élevée de tous les trafics : hausse de + 21,2 % du trafic global, avec une hausse
de + 19,6 % du trafic des vracs liquides, une hausse de + 28,4 % du trafic des
vracs solides et de + 11,8 % du trafic de marchandises diverses.
Le port de Marseille a connu une
activité en légère réduction pour lexercice 1998 (- 0,9 %), après avoir
enregistré une croissance de son trafic global en 1996 et en 1997. Ce fléchissement,
prévisible compte tenu de la récession attendue du trafic pétrolier dans le contexte
difficile du raffinage, ne rend pas compte de lamélioration des résultats
enregistrés sur dautres secteurs plus créateurs de valeur ajoutée pour la
collectivité nationale : entre 1997 et 1998, hausse des marchandises diverses de
+ 2,6 %, croissance des vracs solides de + 5 %, hausse du trafic
passagers de + 19,4 %.
Dautres ports, non
autonomes, récoltent les fruits de leur dynamisme sur certains créneaux spécifiques.
Tel est le cas de la Rochelle, avec lessor du trafic forestier et la remontée du
trafic céréalier, ainsi que de Bayonne où limplantation dune aciérie
espagnole a permis une progression spectaculaire des marchandises diverses depuis 1996.
Les tonnages ont en effet été multipliés par huit.
B. - La classification des ports
repose sur une réalité économique et fonctionnelle
Lactuelle classification
des ports maritimes relevant de la compétence de lEtat entre ports autonomes
dune part, et ports dintérêt national dautre part, nest pas de
nature à freiner leurs possibilités de développement, même si des cas marginaux
peuvent cependant se poser par rapport à lactuelle classification.
En effet, la gestion intégrée
des équipements et du domaine des ports autonomes leur assure une surface commerciale et
financière plus large et plus forte, qui leur permet de se positionner sur des trafics
plus diversifiés et plus importants.
A linverse, les ports
dintérêt national, dans lesquels très généralement seuls les outillages et
superstructures sont concédés, constituent une structure plus légère et plus souple,
qui sest montrée bien adaptée au développement de certains créneaux de trafics
ou niches dactivité spécifiques.
C. - Les orientations budgétaires
récentes montrent à lévidence le fort intérêt de lEtat pour le
développement des ports maritimes
La Cour observe que la réduction
des moyens financiers qui sont alloués aux ports maritimes montre le désintérêt que
lEtat manifeste à leur égard. Cette remarque mérite dêtre nuancée.
Le projet de budget 2000, par la
forte augmentation tant en moyens dengagement (+ 28,5 % en DO+AP) quen moyens
de paiement (+ 11 % en DO+CP) destinés aux ports maritimes, traduit la volonté du
gouvernement de soutenir le développement des ports français et de concentrer ses
efforts sur les projets dinvestissements stratégiques économiquement porteurs et
créateurs de valeur ajoutée.
En témoigne leffort tout
particulier qui sera réalisé, dès le budget 2000, pour lextension du port du
Havre, notamment avec une participation financière de lEtat de 220 millions de
francs en autorisations de programme pour une première tranche de travaux
dinfrastructure.
Cet exemple démontre que le
gouvernement, loin de disperser ses interventions, est au contraire soucieux de les
orienter sur les projets portuaires revêtant un intérêt économique majeur.
Par ailleurs, cette opération
na pas été étudiée sous le seul prisme portuaire, mais bien en prenant en compte
la globalité de son environnement économique, incluant les améliorations à apporter à
la desserte terrestre du port du Havre, ainsi que sen préoccupe la Cour des
comptes. Les études(43) menées en ce sens concluent à la nécessité de réaliser
certains investissements de desserte, dont le coût a été estimé, afin dabsorber
les croissances de trafic prévues dans les acheminements ferroviaires, fluviaux et
routiers.
Les actions damélioration
de la desserte terrestre du port du Havre font également partie des actions prioritaires
proposées dans le rapport du Conseil national des transports sur lamélioration de
la desserte des ports maritimes français. Un groupe de travail a en effet été
constitué et présidé par M. Chabrerie, président de Transport Logistique France (TLF),
au premier semestre 1999 et a proposé quelques actions précises et prioritaires dont la
mise en place concrète pourrait permettre daméliorer sensiblement et rapidement la
qualité des dessertes des ports.
Enfin, jai confié le 8
juillet dernier au conseil général des ponts et chaussées (M. de Fenoyl) une mission
pour recueillir, auprès de chaque collectivité territoriale concernée et des instances
européennes, en étroite liaison avec le préfet de région, leur accord sur une
participation de leur part permettant de finaliser le plan de financement du projet
" Port 2000 ", dans lequel sera également prévu le financement des
dessertes terrestres associées.
La Cour évoque de plus la
dispersion de lintervention financière de lEtat dans les ports maritimes,
soulignant que " les raisons pour lesquelles lEtat a orienté ses efforts
en direction des ports non autonomes de façon nettement disproportionnée par rapport à
leur poids dans le trafic national napparaissent pas clairement ".
Cette appréciation mérite
dêtre nuancée par une approche en matière de nature de trafics. En effet si,
globalement et tous types de trafics confondus, les ports autonomes maritimes réalisent
80 % du trafic total des ports français, ce résultat est largement influencé par la
part prédominante du trafic pétrolier national qui se concentre sur les ports autonomes.
Ceux-ci réalisent, en effet, lessentiel des trafics de vracs liquides et
solides : respectivement 94 % et 79 % de la totalité.
Au demeurant, abstraction faite
du trafic pétrolier, dont le traitement seffectue par des équipements
essentiellement constitués doutillages et de superstructures, on constate que les
trafics se répartissent à parité entre les ports autonomes maritimes et les ports
dintérêt national.
Ainsi, sur le créneau des
marchandises diverses, qui constituent des trafics particulièrement créateurs de
richesse nationale et demplois, la plupart des marchandises diverses acheminées par
le mode conteneurisé transitent effectivement par les deux principaux ports du Havre et
de Marseille. Cependant, les ports dintérêt national traitent, à eux seuls, plus
de 70 % du trafic de marchandises diverses non conteneurisées (par le mode
" conventionnel " ou " roulier ") avec 46,5 MT de
marchandises.
Il est donc justifié que
lEtat accompagne financièrement la réalisation dinfrastructures dans les
ports dintérêt national pour des projets économiquement pertinents.
D. - En outre, certaines
précisions sont de nature à compléter les observations de la Cour
a) Le commissaire du Gouvernement
utilise avec parcimonie larme ultime du droit de veto au conseil
dadministration
La Cour regrette que le
commissaire du Gouvernement ne fasse pas usage de son droit de veto.
A ce propos, il convient de noter
quun exemple récent concernant un projet dimplantation industrielle au port
du Havre a conduit le commissaire du Gouvernement à faire usage de son droit de veto.
Ainsi, quand cela savère nécessaire, cette procédure est mise en pratique.
Cependant, avant dy recourir, la DTMPL et le commissaire du Gouvernement ont pour
habitude de se concerter soit pour infléchir et modifier la proposition du port, soit
pour la reporter ou lôter de lordre du jour du conseil dadministration.
b) Activités de coopération
technique internationale
Les activités internationales de
SOFREMER ont souffert, pendant plusieurs années, de la faiblesse de sa structure
technique et administrative et de la fragilité de ses résultats financiers. Malgré ces
handicaps, SOFREMER bénéficiait dune bonne image à létranger et demeurait
une structure reconnue pour coordonner les activités des ports en matière
dingénierie.
Le ministère de
léquipement, des transports et du logement a alors recherché dès 1996, par une
mission confiée à M. François Lepingle, ingénieur général des ponts et chaussées,
les moyens daméliorer lefficacité de SOFREMER, dans un contexte de
restructuration et de regroupement de lingénierie publique
En 1998, les actions détenues
par lEtat et la Caisse française de développement ont été rachetées par
Transroute (groupe Scetauroute, devenu EGIS) ce qui a permis à SOFREMER dentrer
dans un groupe dingénierie publique de taille mondiale.
Après plusieurs années
difficiles, même sil reste des efforts à accomplir, les ports français
connaissent depuis les deux ou trois dernières années un renouveau et un regain
dactivité que les pouvoirs publics sont déterminés à accompagner.
REPONSE DE LA MINISTRE DE LAMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE
LENVIRONNEMENT
Dans lensemble, je partage,
pour ce qui relève de ses domaines de compétences, nombre de constats et danalyses
développés dans ce rapport. Je tiens toutefois à vous apporter les précisions
suivantes sur quelques points particulièrement importants.
Première Partie : Les
objectifs et les moyens de lEtat en matière portuaire
I - Les évolutions récentes de
lactivité portuaire et les objectifs de la politique de lEtat.
A - La nouvelle donne de
lactivité portuaire
1° Les évolutions économiques
et technologiques
Dune manière générale,
le ministère de laménagement du territoire et de lenvironnement partage
lanalyse faite par la Cour des mutations économiques et techniques majeures
apparues dans le secteur des transports maritimes qui entraînent des répercussions sur
lorganisation portuaire : concentration financière des opérateurs de
transport et des chargeurs, constitution dententes mondiales pour atteindre des
positions dominantes sur les principaux marchés, recherche déconomies
déchelles sur les navires, poids du pôle asiatique et développement des
" échanges tripolaires ", massification des transports terrestres et
organisation de " corridors de fret européens ".
Ce phénomène
dinternationalisation, de concentration et de massification généralisées a des
conséquences importantes sur le développement de loffre portuaire, quil
incombe aux politiques publiques dorganiser.
Au delà de ces éléments de
contexte liés à léconomie de transport maritime, il convient de ne pas occulter
les autres éléments dévolution du contexte territorial dans lequel
sinscrivent les ports français.
1. Dabord, une dimension
territoriale majeure : les ports constituent un des vecteurs naturels des échanges
mondiaux et à ce titre, ils représentent les supports de louverture des régions
et des villes françaises à linternational.
2. Ensuite, une dimension
urbaine. Les ports sont essentiellement en France des ports de marché : ils
sappuient sur des villes portuaires (il y a peu de ports de transit purs comme Gioia
Tauro en Italie, Algésiras en Espagne ou Felixtowe en Grande Bretagne), donc sur une
concentration de services, tournés en particulier vers le commerce international et la
logistique. Les villes et les régions portuaires sont donc situés au cur des
mutations de léconomie contemporaine.
3. Une dimension industrielle
également. Les villes portuaires sont souvent touchées par la crise de leurs industries
traditionnelles (y compris celles implantées dans les années soixante, à lâge
dor de la conception des " industries industrialisantes ") et
représentent des lieux où la mise en uvre de stratégies de diversification
économique, en particulier vers les secteurs du transport et de la logistique et les
services qui leurs sont liés, secteurs gros pourvoyeurs demplois futurs,
savère particulièrement cruciale.
4. Une dimension sociale
particulière. Les villes portuaires, zones historiques de migrations et de brassage
social constituent des points forts pour les politiques de renouvellement urbain, de la
ville, des agglomérations et des transports collectifs.
5. Enfin, une dimension
environnementale déterminante. Les zones portuaires et les villes portuaires ont été,
surtout depuis trente ans, soumises aux effets de la concentration dactivités
dangereuses et polluantes. Les aménagements et activités portuaires ont eu aussi, et
continuent davoir, un impact fort sur les milieux naturels littoraux dans lesquels
ils sinscrivent, notamment dans les estuaires de la Seine et de la Loire. Ils
doivent être aujourdhui les lieux privilégiés dune politique de
restauration environnementale et urbaine ainsi que dune anticipation du
développement durable, notamment à loccasion du développement de nouveaux
projets.
Cest également à
laune de ces objectifs daménagement du territoire que lEtat doit
définir sa politique portuaire et calibrer ses investissements futurs.
2° Louverture européenne
Le ministère de
laménagement du territoire et de lenvironnement partage lavis de la
Cour selon lequel limpact des différents statuts des ports européens devrait faire
lobjet dun examen approfondi, tout autant que les distorsions plus directement
économiques. Cela étant dit, force est de constater que la prise en compte de
lenjeu de commerce international porté par les ports est considéré comme
prioritaire par les pays nord-européens du fait de leur culture et de leur histoire,
alors que la France a privilégié lindustrie, et assigné aux ports un rôle de
support militaire et industriel. La progressive prise de conscience de latout
commercial que représentent les ports dans un contexte de globalisation des échanges est
devenu à présent un impératif économique.
Pour autant la politique
européenne, en ce quelle concerne directement lactivité et le développement
portuaire, ne se limite, ni ne devrait se limiter à lavenir, seulement à une
politique de la concurrence traquant les distorsions de concurrence et à une politique
des transports diffusant la concurrence et la liberté de prestation à lintérieur
de ce secteur et renforçant les effets de concentrations sur quelques corridors de fret.
Lintégration des exigences
environnementales du développement durable dans les politiques communautaires, qui
découle de lentrée en vigueur du traité dAmsterdam, conduit à porter un
intérêt renouvelé, dans les réflexions sur la politique européenne des transports
menées au plan communautaire, au développement de lintermodalité, dont les ports
constituent des plates formes évidentes, et des modes les moins polluants, dont le
cabotage maritime.
La Commission européenne a
pleinement intégré le transport maritime à courte distance dans létude et la
définition de la politique maritime, sachant que celui-ci est un mode de transport sûr,
respectueux de lenvironnement, un maillon essentiel dans la chaîne de transport
intégrée, ainsi quune technique de transport susceptible de favoriser la cohésion
en Europe et le désenclavement des régions excentrées.
Dans la même orientation, le
schéma de développement de lespace communautaire adopté à Postdam au mois de mai
1999 se donne pour objectif politique " la promotion de lintermodalité
pour le transport de marchandises, notamment dans les corridors européens, en valorisant
particulièrement la navigation maritime et fluviale ". Cette orientation
concerne particulièrement la France car dans la partie relative aux thèmes importants
pour le développement spatial au niveau européen, ce même document précise :
" La plupart des ports de lAtlantique et de la Méditerranée ne disposent
pas de bonnes communications avec leur arrière-pays, dont bénéficient par exemple des
ports de Mer du nord, et leurs chances de devenir des noeuds de communication pour le
transport international se trouvent donc plutôt réduites. Cependant, ces villes
portuaires jouent un rôle très important au sein de leur économie régionale et la
plupart dentre elles pourraient même continuer à développer leur potentiel de
port européen pour le transport maritime à courte distance. La concrétisation dun
réseau portuaire européen pourrait venir nettement appuyer ce processus. "
Dans cette nouvelle perspective,
et sappuyant sur diverses initiatives et réflexions menées dans le cadre de
coopérations franco-italo-espagnoles, dont certaines bénéficiaient du soutien de la
Commission européenne, le CIADT du 23 juillet dernier a demandé au ministre chargé des
transports de préparer un plan de soutien au développement du cabotage maritime en
Méditerranée, visant en premier lieu les produits chimiques et les matières
dangereuses.
B - Les objectifs de la politique
portuaire de lEtat
1° Labsence de politique
portuaire nationale
La Cour mentionne rapidement les
chartes de place portuaire comme le seul élément concret issu des réflexions menées
pendant la période 1995-1997. Un premier bilan de cette démarche est établi dans le
rapport que Monsieur Michel Morvan vient de remettre au terme de la mission de réflexion
visant à proposer les éléments dune stratégie de développement durable des
villes portuaires que le ministre de léquipement des transports et du logement et
moi-même lui avions confié suite au comité interministériel de la mer du 1er
avril 1998.
Cette procédure, proposée dans
les ports relevant de la compétence de lEtat, a pour objectif de favoriser une
approche globale de la ville portuaire en mettant laccent sur :
1) les enjeux du développement
de la ville portuaire,
2) les relations port/ville,
3) la modernisation des fonctions
portuaires.
LEtat, les collectivités
territoriales, les autorités portuaires, et lensemble des acteurs privés et
publics intéressés sont réunis dans cette démarche.
A lheure actuelle sur 26
ports à qui avait été offerte la possibilité de conclure une charte de place
portuaire, 8 ont mené cette procédure jusqu'à son terme en signant la charte avec
lEtat, 7 en sont à la phase intermédiaire de validation en CIADT après signature
de la charte avec les partenaires locaux, et 1 a renoncé à poursuivre la procédure
engagée.
La réalisation dune telle
charte, doit favoriser lémergence et la conduite dun projet de développement
global, associant le port et la ville dans une démarche partenariale.
Dans certains cas, le plus
souvent dans les ports moyens, la charte remplit son office et sert de catalyseur au
développement dune vision stratégique à long terme. La régularité des
rencontres des comités de suivis, voire leur pérennisation sous une forme spécifique
constituent de bons indicateurs defficacité des chartes de place portuaire.
Dans dautres cas, soit
lorsquil existe déjà un autre lieu déchange entre partenaires locaux
offrant un cadre pour traiter les sujets relatifs à la stratégie de développement de la
place portuaire, soit lorsque la démarche a été monopolisée par un acteur, comme cela
a pu être le cas dans certains ports autonomes, la charte de place portuaire na pas
permis datteindre les résultats escomptés.
Dans la même partie, la Cour
retient comme indice de labsence dune politique portuaire nationale
linterruption des réflexions relatives à lélaboration du schéma des ports
maritimes prévu à larticle 17 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995
dorientation pour laménagement et le développement du territoire.
2° la coordination des acteurs
publics
a) la cohérence entre secteur de
la politique des transports
Un peu plus loin, la Cour
souligne qu" un des facteurs essentiels de la compétitivité de la
chaîne de transport réside dans une bonne articulation des transports terrestres,
fluviaux et maritimes ".
Le gouvernement partage
pleinement cette appréciation. Cest pourquoi il a décidé de remplacer le
dispositif prévu par la loi de 1995 (5 schémas unimodaux dinfrastructures) par
deux schémas multimodaux de services collectifs de transport, lun pour les
voyageurs, lautre pour les marchandises. La dimension maritime et
larticulation du transport maritime aux autres modes au niveau des ports sont bien
stipulées par larticle 44 de la loi n° 99-533 du 25 juin 1999 dorientation
pour laménagement et le développement durable du territoire, qui précise que ces
schémas :
- renforcent la compétitivité des ports
dimportance internationale ;
- développent, dans les zones concernées, les
possibilités offertes par les transports maritimes ;
- visent également à améliorer laccès
maritime aux différentes parties du territoire, notamment par le renforcement de
laccessibilité terrestre et maritime des ports dimportance nationale ou
régionale.
Sans même attendre
ladoption définitive de la loi, ces orientations avaient été communiquées aux
services déconcentrés de lEtat mobilisés pour les travaux préparatoires à
lélaboration de ces schémas dans le document de cadrage que les ministres leur ont
adressé au mois daoût 1998. " Les actions permettant de développer le
trafic ferroviaire fret, et notamment les conditions de constitution et de fonctionnement
dun réseau ferroviaire à priorité fret, en synergie avec les ports
nationaux " y figurent comme lune des deux grandes priorités de
lEtat pour ces schémas.
Bien loin dêtre
lindice dune absence de politique portuaire de lEtat,
linterruption des réflexions monomodales sinscrivant dans le cadre de la loi
du 4 février 1995 au profit de nouvelles réflexions, maintenant bien avancées, marque
la prise en compte par le gouvernement de cette nécessaire articulation des politiques
maritimes et portuaires aux autres politiques de transport prônée par le projet de
rapport.
Le dépassement dune
approche purement portuaire sillustre particulièrement bien dans le cas du projet
Port 2000 auquel le gouvernement sest attaché à donner une dimension globale de
projet de développement économique à larticulation des différents modes de
transports.
La décision de prise en
considération du projet porte non seulement sur le projet portuaire lui même mais aussi
sur le projet global daménagement et de développement du territoire du Havre, qui
comporte outre le projet portuaire :
- une amélioration des dessertes ferroviaires
évitant aux trains venant des nouveaux terminaux un rebroussement en gare de
Soquence ;
- un aménagement des accès routiers pour éviter
la traversée de la réserve naturelle par les camions ;
- un terminal destiné à laccueil des barges
fluviales ;
- un aménagement à lintérieur de la zone
portuaire, épargnant les espaces naturels de lestuaire, des zones daccueil
pour les activités logistiques.
Au delà de ces décisions
portant sur les dessertes terrestres rapprochées du projet portuaire, le CIADT du 15
décembre 1998 a pris des décisions visant à disposer pour la négociation des contrats
de plan 2000-2006 et pour lélaboration des schémas de services collectifs de
transport de tous les éléments nécessaires aux décisions à prendre relatives à la
consolidation et lextension de linterland des ports de la Basse Seine par
lamélioration de leurs dessertes ferroviaires, fluviales et routières.
Cette démarche a trouvé son
aboutissement au CIADT du 23 juillet dernier qui a confirmé :
- que le projet Port 2000 et ses infrastructures
routières et ferroviaires rapprochées seront financées, en dehors du contrat
Etat-région de Haute-Normandie, dans un contrat spécifique ;
- que les investissements prévus au CPER en
matière dinfrastructures de transport viseront tout dabord
lamélioration des dessertes des ports de la Basse Seine. (laménagement de la
RN 154 jusqu'à la RN 12 sera achevé dans le cadre du prochain CPER ) ;
- que les actions visant à développer le secteur
de la logistique en accompagnement du projet Port 2000 constitueront une des priorités de
ce contrat. " Une politique volontariste est à conduire en termes de
professionnalisation, de modernisation et dinstallation dentreprises, ainsi
quen matière dorganisation et de prospection, afin de rendre plus
compétitive la filière logistique et dattirer les chargeurs et les logisticiens
français et étrangers ".
c) la concurrence entre les ports
français
La Cour estime que la
coopération entre les ports normands est très nettement insuffisante. Le gouvernement a
partagé ce constat. Cest pourquoi il a pris des décisions au CIADT du
15 décembre 1998 en vue de remédier à cette situation.
Le commissaire du gouvernement
commun aux trois ports autonomes de la vallée de la Seine (Paris, Rouen, Le Havre) est
chargé de coordonner, en liaison étroite avec le préfet de la région Haute-Normandie,
les grandes orientations stratégiques dans les domaines communs à ces trois ports :
il sagit en particulier de la politique doffre foncière et
daménagement de zones pour les activités industrielles et logistiques, de
laménagement des terminaux fluviaux, ferroviaires et multimodaux et des mesures à
prendre pour le développement du trafic ferroviaire, fluvial et fluvio-maritime.
Il veillera également au
développement du GIE interportuaire normand Le Havre-Rouen qui associera, pour certaines
des actions mentionnées ci-dessus, le port autonome de Paris.
II. - Les moyens daction des
pouvoirs publics
A. - Les choix
dinvestissement
La Cour analyse les
investissements portuaires figurant aux contrats de plan Etat-région en cours
dexécution. Elle note le niveau très modeste des crédits dEtat affectés
dans ce cadre aux programmes portuaires, en comparaison notamment des crédits routiers
inscrits aux mêmes contrats. Elle relève, par ailleurs, le faible taux dexécution
des contrats en matière dinvestissements portuaires à la fin 1997.
Le ministère de
laménagement du territoire et de lenvironnement ne peut que partager le
constat de la Cour. Cette faible consommation sexplique, pour lessentiel, par
les retards pris sur les quelques projets significatifs, comme lextension du port de
Nantes-Saint Nazaire sur le site de Donges Est, qui constituaient lessentiel des
sommes modestes contractualisées sur la période.
Ces difficultés soulignent la
nécessité qui sattache à ninscrire dans les contrats de plan que des
projets suffisamment avancés et étudiés, pour que leur intérêt et leur faisabilité,
au regard notamment des légitimes exigences environnementales, soient avérés.
Pour les contrats de plan en
cours de négociation (2000-2006), un accent relativement fort est mis sur les
infrastructures portuaires ainsi que sur leurs dessertes terrestres, permettant
concrètement la réalisation par lEtat de projets déjà mûrs et considérés
comme stratégiques. En effet, au stade actuel de définition des enveloppes des contrats
de plan, il est à remarquer que les investissement portuaires représentent 15,7% du
montant de la première enveloppe (part Etat) du contrat de plan PACA, 8,7% de celui des
Pays de la Loire et 11,7% de celui de Haute-Normandie, sans compter dans le cas de cette
région le projet Port 2000 qui est financé hors contrat de plan (630 MF).
Troisième partie : la
gestion du domaine portuaire
I. - Lorganisation de la
gestion
A. - Les contraintes
2° le droit de
lenvironnement
La Cour semble tirer de quelques
exemples la conclusion selon laquelle, de manière générale, les études
dinventaires (ZNIEFF et ZICO) ne donneraient pas lieu à linformation des
établissements portuaires concernés, non plus que les procédures de classement en ZPS
ou en ZSC ne donnerait lieu aux concertations nécessaires.
Le ministère de
laménagement du territoire et de lenvironnement ne partage pas cette analyse.
Pour ce qui concerne par exemple
le cas de lextension du port de Nantes-Saint Nazaire sur le site de Donges Est et de
la ZPS de lestuaire de la Loire, il convient de rappeler :
1°) quen ayant exclu a
priori de la ZPS les trois sites potentiels dextension du port (Donges Est, le nord
du Banc de Bilho et la vasière de Méan) malgré leur intérêt ornithologique majeur, la
France sexposait à une condamnation certaine par manquement aux obligations
résultant de la directive 79/409/CEE concernant la conservation des oiseaux sauvages.
2°) aux termes dune
concertation interministérielle ayant associé le ministre de léquipement, des
transports et du logement, le gouvernement a décidé sur ma proposition détendre
la ZPS à ces trois secteurs ce qui a conduit la Commission européenne à mettre fin à
la démarche contentieuse engagée à lencontre de la France.
3°) comme le confirme la
Commission dans son communiqué du 8 janvier 1998, ce classement ninterdit pas la
réalisation dun projet dextension du port à lintérieur de la ZPS
ainsi notifiée : " Si un projet dinfrastructure doit être réalisé
dans la ZPS de lestuaire de la Loire, larticle 6 de la directive Habitats doit
être respecté : étude dimpact ; en cas dimpact négatif,
recherche, de solution alternatives ; en labsence de solutions alternatives, et
si le projet est dintérêt public majeur, mesures compensatoires. "
Par ailleurs jattire
lattention de la Cour sur le fait que les dragages et immersions sont visés par les
conventions de Londres du 29 décembre 1972, annexe I-11, a et les conventions de Paris
(" OSPAR " du 22 septembre 1992) pour lAtlantique au sens large,
et de Barcelone (1995, entrée en vigueur prochaine) pour la Méditerranée. Le dispositif
législatif (loi n°76-599 du 7 juillet 1976) et réglementaire français est en cours de
révision pour intégrer ces obligations découlant de nos engagements internationaux. Les
contraintes qui pèsent et pèseront à lavenir, notamment sur lélimination
des sédiments des bassins les plus contaminés par les rejets directs issus des
manutentions portuaires et les arrivées deffluents industriels sont prises en
compte par le groupe de travail GEODE. Afin de sortir dun logique " end of
pipe " qui pourrait conduire à terme à ce que des bassins ne puissent plus
être dragués faute de pouvoir rejeter en mer des sédiments excessivement contaminés,
le comité interministériel de la mer du 1er avril 1998 a mis en place un
groupe de travail chargé de produire une méthodologie dinventaire de la situation
pour permettre de réduire les pollutions à la source. Les autorités portuaires devront
sinvestir activement dans cette démarche de développement durable afin
déviter de se retrouver contraintes de traiter à terre, à des prix prohibitifs,
les sédiments incompatibles à limmersion.
Enfin pour conclure sur ces
aspects, je vous rappelle que le Gouvernement a donné mandat aux préfets concernés,
dengager lélaboration de directives territoriales daménagement (DTA)
sur laire urbaine de Marseille en 1998 et sur les estuaires de la Seine et de la
Loire au printemps 1999. Ces directives ont notamment pour objet de mieux concilier le
développement des grands ports concernés avec la préservation dun environnement
particulièrement riche et menacé. Ladoption de ces directives permettra de
réduire, sur ces trois sites au moins, les situations de conflits entre les politiques
portuaires, durbanisme et denvironnement dénoncées par la Cour.
REPONSE DE LA MINISTRE DE
LEMPLOI ET DE LA SOLIDARITE
- La Cour relève des pratiques discriminatoires à
lembauche confortés dans des accords.
La plupart des accords signés ne
comportent en réalité que des clauses non contraignantes. Seul effectivement
laccord signé au Havre présente une clause obligeant les parties à privilégier
les recrutements de fils de dockers mais ce, exclusivement pour les contrats à durée
déterminée prévus dans le cadre de la priorité au prêt de main duvre.
Lillégalité de cette
clause a dailleurs été signifiée aux partenaires sociaux par le directeur
départemental au cours de la négociation, sans quil puisse, sauf à remettre en
cause la conclusion de laccord, obtenir des parties le retrait de cette disposition.
- Je souhaite également formuler des observations
complémentaires suivantes concernant le plan social de la manutention.
En complément de la loi du 9
juin 1992 modifiant le régime de travail dans les ports maritimes, lEtat avait
effectivement décidé de faire bénéficier les ouvriers dockers professionnels dun
plan social à caractère exceptionnel qui reposait essentiellement sur des mesures
dâge et de conversion.
Compte tenu des différences de
situation économique de chaque port, des spécificités fortes de la profession et du
climat social tendu, lEtat a décidé que la mise en uvre de ce plan social
serait soumise à la signature daccords négociés localement et reposant notamment
sur la mensualisation de la grande majorité des ouvriers dockers. Cette démarche,
fondée sur la concertation locale, visait à préserver la paix sociale, qui restait
fragile, dans chaque port.
Par ailleurs, les différents
arbitrages interministériels intervenus postérieurement à 1992 ont ainsi notamment tenu
compte de ces spécificités et de la nécessité de normaliser progressivement le
fonctionnement de la profession.
Enfin, une phrase précise que
" dune manière dérogatoire au droit commun, les entreprises de
manutention ont été dispensées dapporter une contribution aux ASFNE
versées ".
Il ne sagissait pas
dune dérogation, les entreprises de manutention nétant pas les employeurs
des ouvriers dockers, tous intermittents. Dans ces conditions, il paraissait difficile
dexiger de leur part le versement dune contribution due en droit commun par
lemployeur du bénéficiaire. En conséquence, le coût des ASFNE sest
retrouvé entièrement à la charge de lEtat.
(42) La société
" Inter-Ferry-Boats ", filiale de la société nationale des chemins
de fer belges sest vu confier, par appel doffres, lexploitation du
terminal à conteneurs ; la société " Sea-Invest ", premier
manutentionnaire belge de vracs pondéreux, a repris à hauteur de 50 % le capital de
SAGA terminaux portuaires et sera, en association avec le port, le futur exploitant du
quai à pondéreux Ouest dans le cadre dun projet dopérateur intégré pour
la gestion de ce terminal.
(43) Une étude menée par Réseau ferré de
France a, par exemple démontré, pour la desserte ferroviaire, la nécessité de
procéder à son raccordement à la Brèque, avec la réalisation du
" shunt " de Soquence. En ce qui concerne la desserte plus éloignée
du port, la DRE de Haute-Normandie a mené des études sur lopportunité de
moderniser la section Motteville-Montérolier dans la perspective dun contournement
ferroviaire fret au nord de lIle-de-France. La modernisation de cette section
devrait être inscrite au prochain contrat de plan " Etat-région ".
Quant aux améliorations à apporter à la desserte routière du port, celles-ci seront
aussi prises en compte, notamment en ce qui concerne le raccordement du port au réseau
routier et autoroutier. En ce qui concerne la desserte fluviale du port, la prise en
considération de " Port 2000 " comprend laménagement dun
terminal dédié au trafic fluvial. Le port autonome du Havre finalise actuellement des
études menées en collaboration avec les professionnels en vue doptimiser cette
desserte.
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