LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
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REPONSE DU PRESIDENT DU PORT
AUTONOME DU HAVRE
Les retards pris dans la
réalisation des liaisons autoroutières sont très préjudiciables pour le port du Havre.
L'absence de liaison avec Amiens et Saint-Quentin place les régions Nord Pas-de-Calais et
Picardie dans l'orbite d'Anvers.
La coopération des ports
normands
En ce qui concerne la
coopération entre les ports normands, la priorité est donnée aux actions techniques,
car les actions commerciales sont essentiellement dans les mains du secteur privé, les
autorités portuaires ne traitent pas directement avec les chargeurs, les ports autonomes
voient leur rôle limité au marketing, d'abord auprès des armateurs, puis auprès des
transitaires.
De plus, certains opérateurs,
agents maritimes et transitaires opèrent indifféremment sur les deux ports. D'autres au
contraire, exploitent des niches spécialisées et sont très attachés à leur port.
C'est souvent parmi eux que se trouvent les militants actifs de l'isolationnisme et de la
défense du pré-carré.
C'est une attitude commerciale
minoritaire qui donne une image déformée des deux ports et qui incite par lui-même le
monde politique à la prudence.
Activité de dragage
Les écarts de prix pratiqués
avec les entreprises belges ou néerlandaises proviennent essentiellement de la
composition très différente des effectifs embarqués.
Cet avis est partagé avec les
commentaires suivants.
En 1996, le port autonome du
Havre devait entreprendre, en urgence, des travaux de dragages complémentaires pour une
remise à niveau des profondeurs. Des contacts ont été pris avec le GIE "Dragages
Ports", les ports autonomes de Bordeaux, de Nantes-St-Nazaire, de Rouen, ces derniers
ont répondu par la négative. En ce qui concerne la drague
"Paul Barrillon" de Rouen, compte tenu des contraintes du Port de Rouen, il
était impossible de dégager des disponibilités, cela de façon certaine et dans
l'immédiat. C'est pourquoi il a été lancé une consultation sur le marché des
entreprises de dragage.
Le Port Autonome du Havre a
procédé à un appel public à la concurrence le 20 janvier 1996 en urgence,
les offres devant parvenir avant le 7 février 1996. 7 entreprises ont
répondu, 2 entreprises ont été écartées. Sur les 5 autres entreprises, les
propositions allaient de 3 360 180 F HT à 7 647 900 F HT
(moyenne : 5 164 821 F HT).
C'est l'entreprise belge la
moins-disante qui a été retenue. Il est ainsi constaté que les prix proposés par des
entreprises privées sont très variables aussi.
La réforme de la manutention
Les entreprises de manutention
ont créé des structures spécifiques pour mensualiser les dockers, les séparant ainsi
de leur personnel administratif et de maintenance. Ce dispositif a pour but principal de
créer des coupe-feu entre les différentes catégories de personnels, en particulier au
niveau des rémunérations. Il faut néanmoins noter que chaque société de main-d'oeuvre
possède son propre comité d'entreprise élu conformément au Code du Travail.
Pour les travaux réservés, le
ministre de l'équipement, des transports et du logement a bien précisé que "les
règles du code des ports maritimes définissent les conditions et les priorités
d'emplois de la main-d'oeuvre portuaire. Celles-ci ne couvrent pas, par nature, les lieux
à usages privatifs tels que les entrepôts logistiques".
Il est exact que le brouettage
reste effectué par les ouvriers-dockers. Les manutentionnaires prétextaient du coût
élevé du plan social dockers et du sureffectif pour justifier le monopole. Néanmoins au
Havre, la situation a évolué, les entreprises ne sont plus en position de sureffectif,
au contraire elles doivent faire appel de plus en plus fréquemment à des dockers
occasionnels.
Par ailleurs, la position du
syndicat des dockers n'est plus aussi catégorique, celui-ci "autorise au coup par
coup les entreprises de transport à assurer le brouettage".
Par lettre en date du
17 décembre 1992, le secrétaire d'Etat à la mer, compte tenu des
spécificités de la situation du port du Havre, a décidé d'accepter d'inclure les
apprentis dans le plan social, en plus des titulaires de la carte G.
L'absence d'indicateurs de
suivi
En complément des indicateurs
signalés : rendement commercial des portiques, productivité par heure de
séjour à quai et temps d'escale. On peut relever deux autres indicateurs :
- l'évolution des trafics
de marchandises diverses et en particulier de conteneurs (voir plus loin),
- l'évolution des T.H.C.
(Terminal Handling Charges) - part des frais de manutention facturée par l'armateur au
chargeur. Ceux-ci ont baissé en moyenne de plus de 10 % en 1995.
Le coût pour les entreprises
de manutention
La fragilité des entreprises de
manutention tient compte également :
- des faibles volumes
traités par escale par les entreprises locales ;
- de leur structure
financière ; il s'agit de petites d'entreprises d'origine familiale sans rapport
avec les gros opérateurs du Nord de l'Europe ;
- de la faiblesse de leur
encadrement et de la survivance d'un syndicat fort qui résiste aux efforts faits pour
augmenter la productivité ;
- du lent retour des trafics
après les mouvements sociaux qui ont accompagné la mise en oeuvre de la manutention
portuaire.
Il est plus facile de perdre un
trafic que de le récupérer. La fiabilité d'un port est un important facteur de
décision dans le choix d'une escale, elle prime même le coût de passage.
Les objectifs d'activités de
marchandises diverses
Le trafic de conteneurs
s'élevait à 8,77 MT en 1991, 8,26 MT en 1994, 9,07 MT en 1995,
9,52 MT en 1996. Les résultats 1997 et 1998 notent une progression très
sensible : 11,21 MT en 1997 soit 17,8 % par rapport à
1996 ; 12,19 MT en 1998 soit 8,7 % par rapport à 1997. Cette
augmentation est due en partie au développement du transbordement.
Le régime fiscal applicable
au domaine
La généralisation de l'impôt
foncier à l'ensemble de la circonscription du port conduirait à une dépense
supplémentaire estimée à 60 MF. Une telle application aurait un effet contraire à
l'effort fait par les ports face à la concurrence des ports étrangers pour baisser les
prix.
lorganisation financière
des ports autonomes
- les procédures budgétaires
La procédure budgétaire des
ports autonomes n'est pas un exercice formel. Les crédits votés même s'ils ne
présentent pas un strict caractère limitatif, sont notifiés aux services gestionnaires.
Des contrôles sont effectués, tout dépassement doit être justifié, des ajustements
sont possibles, ils se font généralement par virement de crédits au sein d'un même
service, d'une même direction ou de directions différentes et font l'objet d'une
autorisation.
Pour les investissements, toute
nouvelle opération fait l'objet d'une décision du conseil d'administration, les crédits
alloués font l'objet d'un redéploiement de crédits sur les opérations déjà ouvertes.
Si l'examen des budgets ne fait
guère l'objet d'interventions en conseil d'administration de la majorité des
administrateurs, il faut néanmoins noter les interventions du commissaire du
gouvernement, du contrôleur d'Etat et du trésorier-payeur-général. De plus ces
derniers interviennent, auprès des services financiers avant la séance, pour obtenir des
renseignements et des explications, ce qui réduit en séance les questions.
- les écarts récurrents
entre prévisions et réalisations
Il est souvent très difficile de
faire des prévisions de recettes sur certains trafics. Le trafic de charbon est très
aléatoire, le tonnage varie énormément d'une année sur l'autre, les prévisions de
trafic annoncées par EdF, principal client sont rarement respectées. Il en est de même
du trafic pétrolier, les achats des raffineries varient en fonction des prix du pétrole,
une fermeture pour révision d'une unité de production entraîne une baisse du tonnage
traité.
Pour les dépenses, les
prévisions des frais de personnel (principal poste de dépenses) sont généralement
justes. Des événements exceptionnels peuvent entraîner des dépenses supplémentaires,
pour le port du Havre ce fut le cas en 1998 où suite à la chute d'un portique
entraînant la mort du conducteur, il a fallu procéder à la mise en place d'un plan de
révision de l'ensemble des portiques.
Au niveau de l'investissement,
les budgets sont rarement réalisés en totalité.
Il est très difficile
d'appréhender la date d'exécution des travaux programmés, de plus certains projets
doivent être abandonnés et ce, pour diverses raisons :
- raisons administratives :
non-maîtrise des délais : enquêtes publiques - permis de construire ; attente de
la prise en considération et ouverture des autorisations de programme pour les
opérations cofinancées par l'Etat
- raisons techniques :
évolutivité des projets ; engorgement des bureaux d'études du P.A.H. ;
- raisons
commerciales : bouclage financier du client ; négociation avec les dockers pour
les travaux annexes ; incertitude des résultats des démarches commerciales ;
variabilité dans l'expression des besoins du client.
Le budget doit être présenté
en équilibre, il l'est généralement en présentant un léger bénéfice. Compte tenu de
la composition du conseil d'administration, un excédent trop important est limité, les
usagers feraient état alors de tarifs trop élevés, les représentants du personnel
verraient une possibilité d'augmenter la masse salariale.
L'absence de programmation
pluriannuelle
Chaque année un plan glissant
sur les cinq prochaines années est présenté au conseil d'administration, il est mis à
jour régulièrement en cours d'année pour l'équipe de direction. Il est utilisé pour
fixer les masses disponibles pour les investissements et les besoins de trésorerie. Il
permet de suivre certains indicateurs ou ratios financiers comme celui de la masse
salariale. Il sert pour l'obtention de subventions pour les collectivités locales et les
fonds européens. Il est un outil indispensable pour la préparation des dossiers remis au
C.I.E.S. (2 fois par an).
Pour le projet Port 2000,
une programmation à plus long terme sur 20 ans a été élaboré en concertation
avec la direction des ports, la direction du budget et la direction du trésor. De
nombreuses réunions ont ponctué cette préparation.
- La comptabilité et le
contrôle de gestion
. les missions de
l'agent comptable
La Cour critique le fait que les
agents comptables sont également directeurs financiers ou chefs des services financiers.
Cette double fonction est prévue dans les instructions M9.1 et M9.5.
Un groupe de travail réunissant
la direction générale de la comptabilité publique, la direction des transports
maritimes, des Ports et du littoral, le contrôle d'Etat, un représentant des directeurs
de port, les six agents comptables des ports maritimes métropolitains a été
constituép et s'est réuni au début de l'année 1999, les conclusions définitives ont
été arrêtées et adressées à la Cour.
. la comptabilité analytique et
le contrôle de gestion
La comptabilité analytique du
P.A.H. présente les résultats par activité sans ventilation des droits de port. Depuis
1995, une nouvelle comptabilité par fonction et par atelier est venue s'ajouter à la
précédente. La comptabilité par fonction retrace la ventilation de l'excédent brut
d'exploitation pour les différents secteurs d'activités, mais aussi des charges communes
et des frais généraux. La comptabilité par atelier retrace la ventilation du résultat
net pour les différents ateliers et les cumuls des ateliers de la même fonction. Les
droits de port sont bien ventilés par atelier. Cette nouvelle comptabilité peut être
éditée plusieurs fois par an ou à la demande pour un atelier précis.
Des travaux d'étude et de
réflexion approfondis ont été conduits à partir de 1997. La démarche de
réingénierie a pour objectif d'adapter progressivement le mode de fonctionnement du port
aux missions qui lui sont confiées et aux évolutions de son environnement. Elle vise à
organiser les activités en centres de responsabilité ou de performance. De nouveaux
outils de gestion notamment comptables seront prochainement mis en place. Le nouveau
système informatique comptable mis en place en juillet 1999 permettra d'éditer plus
régulièrement et plus rapidement les résultats des différents documents comptables.
- Le fonctionnement des
établissements
. Procédure de passation des
marchés
Pour ses marchés passés sans la
participation financière de l'Etat, le conseil d'administration du port autonome du Havre
a fixé comme règle l'application de la réglementation des marchés de l'Etat, les
commissions spécialisées des marchés prévues à l'article 206 du code étant
remplacées par une commission consultative des marchés, émanation du conseil
d'administration (composée du comité de direction, du représentant du ministre chargé
de l'économie et des finances, du contrôleur d'Etat et du commissaire du gouvernement).
Les procédures instituées au
sein de l'établissement depuis avril 1996 imposent aux services le recours
systématique au marché après consultation dans les conditions fixées par le code des
marchés publics (Livre II), soit après appel d'offres ouverts ou restreints, soit
dans le cadre des dispositions de l'article 104.I.10 du code des marchés publics,
dès lors que l'estimation du montant de la dépense est supérieure à
150 000 F TTC.
Le recours à la procédure de
consultation dans le cadre du 104.I.10 est, au port autonome du Havre, plus encadré que
ne le prévoit le code des marchés dans la mesure où :
- les consultations lancées
dans ce cadre doivent faire l'objet d'un appel public à la concurrence dès que le
montant de l'opération correspondante dépasse 300 000 F TTC,
- les propositions sont
reçues sous plis cachetés à une même date et heure limite pour l'ensemble des
concurrents,
- l'ouverture des
propositions a lieu en commission d'appel d'offres.
Les marchés négociés sans
consultation sont en baisse très sensible : 20 % en 1993, 8 % en 1998.
D'autre part, alors que les
services du port autonome du Havre pratiquaient essentiellement l'appel d'offres
restreint, ils ont été incités en 1996 à utiliser les autres formes de consultation
prévues au code des marchés publics et notamment l'appel d'offres ouvert. On assiste à
un rééquilibrage progressif entre les deux types d'appels d'offres. Au total, le nombre
de marchés passés après consultation "strictement encadrée" (104.I.10, appel
d'offres ouvert, appel d'offres restreint) par rapport au nombre total de marchés est de
l'ordre de 90 % par an sur la période 1996 à 1998.
Les deux véhicules mis à la
disposition du ministère ont été restitués au port autonome.
. Le coût et la productivité du
personnel
L'augmentation de productivité
du personnel ne profite pas qu'au port autonome, une partie de celle-ci est répercutée
au client au travers des baisses de tarifs, le calcul effectué par la Cour ne peut pas
l'apprécier.
LA STRATEGIE ECONOMIQUE ET LA
GESTION DES PORTS AUTONOMES
. Insuffisance des études
préalables
La Cour relève que la grue
automotrice sur pneu a très peu fonctionné parce que le quai ne pouvait pas supporter le
poids de la grue. En réalité, elle pouvait fonctionner sur une partie du quai de la
Pointe de Floride adapté à son usage.
C'est essentiellement la perte du
trafic conventionnel (cargos mixtes) qui explique son faible fonctionnement. Au courant de
l'été 1999, elle a été transférée au poste multivrac 3 pour opérer de
nouveaux trafics de marchandises diverses.
. Les terminaux à conteneurs et
marchandises diverses
La Cour signale que les sites à
conteneurs ne sont pas rentables et sont source de déficits : - 60 MF
au Havre en 1995. Une amélioration a été constatée depuis, - 53 MF en 1996,
- 36 MF en 1997, - 47 MF en 1998, exercice marqué par l'accident d'un
portique déjà évoqué et qui a entraîné des charges exceptionnelles.
. La politique informatique
La Cour des comptes reconnaît
qu'un outil informatique performant est un facteur clé de la compétitivité d'un port à
vocation internationale et qu'il revêt une importance stratégique pour la place
portuaire havraise.
La Cour fait état d'un niveau de
redevances ne rémunérant que 10 % du capital investi. L'importance du capital
investi a justifié à l'époque en partie l'instauration par le P.A.H. de droits de port
sur les marchandises à la sortie à compter du 1.01.1985. En 1985, la recette était de
11,4 MF donc une partie était justifiée par la création d'Ademar +.
Les droits de port sur les
marchandises à la sortie ont été progressivement supprimés sur les conteneurs de 1990
à 1995. Pour les années 1985 à 1990, les produits générés ainsi étaient en moyenne
de 12,5 MF par an. Ils se sont réduits ensuite. Ils s'élèvent à 6 MF en
1998. Le remboursement de l'investissement du P.A.H. a donc été en partie assuré par ce
biais.
La Cour reconnaît une
amélioration : entrée du P.A.H. dans le capital de la
SOGET ; coordination entre Marseille et Le Havre.
Les places portuaires
marseillaise et havraise se sont rapprochées pour développer un système informatique
communautaire commun à partir d'un cahier des charges constituant l'évolution des
systèmes informatiques Protis et Ademar +. Les clients communs des ports de
Marseille et du Havre, notamment les armateurs et les grandes sociétés de transit ont
exprimé le souhait de retrouver dans les deux ports les mêmes procédures et les mêmes
formats d'échanges de données. Le projet d'élaboration du cahier des charges des futurs
outils communs est actuellement mené en étroite concertation entre les deux ports
autonomes et les deux sociétés communautaires de services en informatique Gyptis et
Soget. Les deux communautés portuaires participent à un comité de pilotage où sont
également représentés les deux ports autonomes, Gyptis et Soget, les douanes et la
D.T.M.P.L.
La politique commerciale et
tarifaire
. Les travaux communautaires
relatifs à la tarification
Le rapport de l'organisme Ocean
Shipping Consultants (OSC) auquel fait référence le document, anticipait un taux
d'utilisation des capacités (portuaires) sur le segment des conteneurs, au voisinage de
80 % pour les ports de la rangée nord européenne sur la période 1996-2002. Le taux
anticipé pour la France s'établissait à 74 % en 1996 et 2002 avec un creux à
65 % en 2000 ce qui correspond bien à la remarque du rapport sur l'importance d'une
surcapacité de 20 % à 40 % autour de l'année 2000.
Le risque de surcapacité peut
être fortement nuancé par deux séries de commentaires, l'une sur les hypothèses
retenues à l'époque pour ce calcul, l'autre à la lumière d'éléments plus récents.
Au numérateur du taux
d'utilisation des capacités, le niveau de trafic prévu pour 2000 est inférieur à celui
réalisé pour le port du Havre (1,32 million d'EVP contre 1,26 anticipé en 1998,
les prévisions pour 2000 sont identiques). Au dénominateur, la capacité anticipée est
supérieure, des capacités supplémentaires y étant introduites en 2000 pour atteindre
un volume de 2,3 million d'EVP alors que cette situation ne sera effective, avec
Port 2000, qu'en 2004. Dès à présent, l'offre de capacité du port du Havre est au
seuil de la saturation.
Les dernières publications de
mars 1999 de l'organisme Drewry ("North european container ports") fait
état d'un taux d'utilisation des capacités pour les ports nord européens évoluant de
75 % en 1997 vers 94,7 % en 2005, en fonction de la croissance estimée du
trafic et du recensement des projets de développement. Ce rapport précise que les
risques de non-réalisation des projets d'infrastructure sont importants. Ce
prévisionniste introduit donc un scénario qu'il estime comme plus réaliste, avec un
taux de réalisation des terminaux de 80 % ce qui produit une sous-capacité dès
1999.
Néanmoins, cette situation n'est
pas préoccupante. En effet, l'activité portuaire est par nature en surcapacité. Les
équipements sont dimensionnés pour traiter les pointes qui caractérisent le trafic
portuaire de conteneurs. Par ailleurs, la croissance régulièrement élevée de la
demande se confronte à une offre relativement rigide (investissements lourds, délais de
travaux, fortes entreprises spatiales).
En résumé, loin d'être
menacés par la surcapacité, les ports nord européens, et particulièrement
Le Havre, sont ou seront à court terme confrontés aux problèmes de
sous-capacités.
. Les risques en matière de
concurrence
Le P.A.H. éprouve actuellement
des difficultés dans le recouvrement des créances des entreprises de manutention et
particulièrement dans celles du groupe du Sud.
Des procédures judiciaires sont
en cours tant au tribunal de commerce du Havre et qu'à la Cour d'appel de Rouen. Celle-ci
vient de trancher en faveur du Havre.
Un audit des procédures
engagées à l'encontre de la Société Terminaux de Normandie (T.N.), de S.E.T.N. et de
la Société Maison Paul Perrigault a été réalisé, à la demande du Port Autonome du
Havre, par Maître Stanislas Mandelkern, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de
Cassation. En conclusion de sa consultation, il indique :
"il apparaît que la
situation délicate dans laquelle se trouve le port autonome du Havre, en raison des
difficultés de recouvrement des créances importantes qu'il détient sur les sociétés
du groupe Bekaert, n'est pas due aux conditions dans lesquelles les procédures de
recouvrement de ses créances ont été engagées et conduites.
Cette situation résulte de
causes structurelles, qui tiennent à l'importance des sociétés concernées et à
l'impossibilité pour le port autonome de mettre fin à ses relations contractuelles avec
elles, à la résistance de ces sociétés qui ont mis en oeuvre l'ensemble des voies de
droit à leur disposition, et enfin à la réglementation applicable aux opérations de
recettes d'un port autonome et au caractère suspensif de l'opposition à état
exécutoire.
Le caractère potentiellement
irrécouvrable des créances concernées tient enfin à l'insolvabilité prévisible de
ces sociétés, et notamment de la Société T.N. à l'égard de laquelle a été ouverte
une procédure de redressement judiciaire.
Il n'en demeure pas moins que
l'intervention des arrêts attendus de la Cour d'appel de Rouen, s'ils sont favorables au
port autonome, mettra un terme, en principe, à la situation actuelle de blocage. Les
titres émis par le port autonome retrouveront alors leur caractère exécutoire et les
procédures de recouvrement forcé déjà engagées pourront être poursuivies".
En matière de réparation
navale, le P.A.H. consent des efforts importants pour soutenir cette activité très
déficitaire. La présence d'une "station-service" est indispensable pour un
port qui veut jouer un rôle important dans le développement des trafics. Suite à la
fermeture programmée de la construction navale au Havre, dans le cadre du maintien d'un
"pôle industriel et naval" centré sur la réparation navale, l'Etat demande au
P.A.H. de soutenir encore plus cette activité et de baisser ses tarifs.
La politique tarifaire pratiquée
par les ports n'est pas plus répréhensible que celle des entreprises privées. Les aides
commerciales sont imposées par la concurrence.
Les baisses tarifaires ou les
ristournes sur les droits de port sont les seuls moyens de faire venir ou retenir un
armement. Elles donnent de la souplesse par rapport au tarif public, elles permettent aux
représentants locaux des armements de justifier de leur activité commerciale vis-à-vis
de leurs responsables par l'octroi de rabais particuliers.
Les ristournes accordées le sont
de manière temporaire, la venue d'un armement ainsi aidé peut amener la venue d'autres
armements concurrents ou de gros chargeurs. Le trafic attire le trafic, le port a
intérêt à diversifier le volume des escales grâce à des mesures appropriées.
Toutes les mesures commerciales
font l'objet d'un examen par une commission commerciale restreinte, émanation du conseil
d'administration à laquelle participe la tutelle. Les conventions particulières sont
approuvées par le conseil d'administration.
Le montant élevé des ristournes
consenties au P.A.H. dans les années 1994 et 1995 s'explique par le fait des
conséquences des troubles sociaux liés à la mise en place de la réforme portuaire. Les
trafics avaient déserté le port, il a fallu la mise en place de mesures conjoncturelles
pour maintenir et pour faire revenir les trafics. Les résultats obtenus permettent de
juger de l'efficacité de ces aides. Les ristournes sur les droits de port ont baissé,
elles ne sont plus que de 15 MF en 1998.
Le rééquilibrage tarifaire
souhaité par le ministère de l'économie et des finances n'est pas une solution au
développement des trafics, chaque armement souhaitant être traité différemment.
La gestion de l'outillage
. Les outillages privés et
publics
Les entreprises de manutention
françaises ne sont pas comparables avec celles du nord de l'Europe. Il faut qu'elles
changent de dimension et de statut. La venue de gros investisseurs institutionnels ou
d'entreprises étrangères dans la manutention permettrait la formation de groupes
importants pour investir dans des matériels coûteux.
Il ne faut pas mésestimer le
traitement fiscal différentiel entre outillage public et outillage privé.
GESTION DU DOMAINE PORTUAIRE
. Le fonctionnement du compte de
remploi
Durant l'enquête de la Cour, il
est apparu que le port du Havre avait mal interprété l'utilisation du compte de remploi
par une imputation pour le rachat d'un immeuble. L'écriture comptable a été rectifiée
aussitôt. Pour les sommes à échéance à fin 1995 et 1996 un ordre de reversement a
été établi par la D.T.M.P.L. début 1998 pour un montant de 581 828 F, le
règlement a été opéré de suite. Pour les dernières sommes venues à échéance en
1997 et 1998, le solde du compte de remploi a été apuré par transfert au compte 44313
Etat/autres opérations, dans l'attente de l'émission de titres de perception
correspondants.
. Etendue du domaine maritime des
ports autonomes
Compte tenu des contraintes
liées à la création d'une réserve naturelle, de zones de sécurité..., les surfaces
disponibles dans la circonscription du port autonome du Havre ne sont que de 978 ha
répartis de la façon suivante :
Trafic
maritime : 257 ha
Activité logistique : 251 ha
Industries portuaires : 376 ha
PME/PMI : 94 ha
978 ha |
La plus grande
zone disponible d'un seul tenant est de 118 ha. Il reste également une possibilité
d'implantation dans la zone dite : "1/2 lune" de 630 ha mais
l'utilisation de cette zone dépend de la volonté des collectivités locales d'implanter
ou non des activités.
. Les produits liés aux
transfert de gestion
Au Havre, dans le cadre du
schéma "Université 2000" deux transferts de gestion du domaine public
maritime ont été finalisés au profit de l'éducation nationale. Ils ont été consentis
moyennant des indemnités de 8,1 MF (5 MF pour l'IUT et 3,1 MF pour l'ISEL)
réglées directement la Ville du Havre au port autonome. L'indemnité calculée par les
domaines sur la base du denier 20 est le résultat de l'appréciation suivante :
- terrain : pas d'indemnité
car transfert de l'Etat à l'Etat ;
- terre-pleins : la
restriction ou l'impossibilité d'utilisation des terre-pleins aux abords immédiats de la
partie transférée a été reconnue comme préjudice mais celui-ci n'a pas été pris en
compte dans le calcul ;
- loyers : le
manque à gagner potentiel (locaux non occupés) ou revenus de contrats de location
récents ont été exclus du calcul.
Les loyers capitalisés par la
règle du denier 20 correspondent à la plus-value apportée directement par le port
autonome du Havre dans le cadre de ces actions commerciales et de gestion administrative,
comptable, d'entretien et d'adaptation des lieux.
Si le port autonome du Havre
n'avait pas développé ces actions, il n'y aurait pas eu de revenus à prendre en compte
donc aucune indemnisation. La plus-value apportée est due en totalité à l'action du
port autonome du Havre. Dès lors, le versement de l'indemnité au port autonome du Havre
n'est pas contraire aux dispositions de l'article R113.22 du code des ports maritimes
qui prévoit l'affectation de l'indemnité liée à la plus-value prise en compte au
prorata des apports de chacun.
Par contre, les règles fixées
par l'article R58 du code du domaine public sont bien respectées (la remise prévue
à l'article L35, des immeubles du domaine public dont la destination est modifiée,
est autorisée par le préfet, après avis du directeur des services fiscaux. Lorsque
cette remise donne lieu au versement d'une indemnité pour le service ou la collectivité
bénéficiaire, ledit directeur fixe les conditions financières de l'opération).
. Le coût de la gestion du
domaine
Le projet de rapport expose que
les terrains qui ont perdu ou n'ont jamais acquis de vocation portuaire doivent être
déclassés ou transférés. Pour le port du Havre, les parties "anciennes" du
port sont entrées dans ce processus (transfert à la Ville).
Quant aux parties en devenir, la
création de la réserve naturelle a apporté une réponse massive mais pas dans l'optique
du rédacteur du rapport, à savoir procurer un revenu à l'Etat ou au port. En l'espèce,
il s'agirait plutôt de charges nouvelles (participation aux dépenses de la réserve,
abandon des recettes potentielles, et même amoindrissement de la valeur marchande des
terrains proches de la réserve.
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