LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
|

|
|
REPONSE DU PRESIDENT DU PORT AUTONOME DE ROUEN
PREMIERE PARTIE
La cohérence entre secteurs de la
politique des transports
(politique ferroviaire, fluviale, routière et autoroutière)
Les ports de Rouen et du Havre,
considérant leur desserte terrestre comme une condition vitale de leur développement,
ont consacré une des premières actions importantes du GIE Interportuaire à
lélaboration dune note commune sur les transports terrestres et sa promotion
auprès de lEtat et de lensemble des collectivités territoriales. Une partie
importante des investissements routiers est en cours de réalisation ; leur
poursuite, ainsi que lamélioration des infrastructures ferroviaires et fluviales
font actuellement lobjet de négociations dans le cadre des CPER de Haute-Normandie
et dIle de France : cest un enjeu majeur.
Les investissements routiers,
initialement prévus par le port autonome de Rouen dans le plan dentreprise
1988-1992, concernaient, non pas les grands axes cités plus haut, mais la desserte
terrestre rapprochée, à savoir la restructuration du boulevard maritime, voie de statut
portuaire, et faisaient appel à un large financement des collectivités locales. Sa
réalisation sest trouvé différée en raison de la priorité accordée par les
collectivités et lEtat à la voie pénétrante Sud III. Cet axe structurant permet
par ailleurs daméliorer la jonction entre lautoroute A 13, son
prolongement Sud III et les terminaux portuaires : le problème de la restructuration
du boulevard maritime est à nouveau posé dans le cadre du prochain contrat de plan
2000-2006 et, plus particulièrement, le contrat dagglomération, sagissant de
dessertes terrestres rapprochées.
Le rôle des collectivités
territoriales
Sur la rénovation des quais
urbains de Rouen
Le rapport de la Cour reprend les
observations déjà exprimées lors du contrôle précédent. Le port autonome de Rouen a
déjà répondu sur le fond et en reprendra simplement ci-après les éléments
synthétiques.
Cette opération a permis le
maintien du patrimoine remis par l'Etat au port autonome. Sur le plan portuaire, ces quais
constituent surtout des postes d'attente qui sont utilisés à la fois pour le
stationnement des navires avant le chargement ou le déchargement, mais aussi pour les
navires de commerce frappés d'une saisie. Ils servent aussi à l'accueil des navires de
croisière et des navires militaires et de prestige. La perspective de l'Armada de la
Liberté comme l'utilisation de certains terre-pleins comme parking ou pour la Foire
St-Romain sont effectivement des éléments qui ont déterminé les collectivités
territoriales à participer très fortement au financement de la restauration de ces
éléments du patrimoine du port autonome.
On voit mal comment le P.A.R.
aurait pu se désintéresser complètement de ces quais vétustes, réalisés au début du
siècle et menaçant ruine sur 4,6 km. Rappelons que ces quais lui ont été remis par
l'Etat en 1966, en l'état. Par ailleurs, la modification du calendrier n'a pas conduit le
port à engager des travaux supplémentaires. Les travaux pour 29 309 013 F H.T.
ne constituent pas un surcoût.
Le marché P.A.R. n° 92-37 ayant
pour objet la rénovation des quais urbains de Rouen, est un marché à commandes tel que
défini par l'article 76 du code des marchés publics. Il était caractérisé à
l'origine par un montant minimum de commande de 45 MF et un montant maximum de 220 MF. Le
montant de 45 MF correspondait au montant de la 1ère tranche de travaux envisagés et
financée à hauteur de 22 MF par le département de la Seine-Maritime - 10 MF par la
région de Haute-Normandie - 6,5 MF par la ville de Rouen et 6,5 MF par le port autonome
de Rouen. Il a été réduit à 35 MF par l'avenant n° 1. Le montant figurant dans l'acte
d'engagement était un montant de référence correspondant à un scénario de travaux
comprenant : 3 880 m de consolidation de quais ; 245 m de construction de
perrés ; 105 m de construction de quais neufs. Ce scénario de travaux a permis la
comparaison des différentes offres. Tous les travaux étaient prévus en aval du Pont
Guillaume le Conquérant.
L'avenant n° 1 du 17 juillet
1992, avait pour but d'étendre en amont la zone de travaux aux quais rive gauche entre le
Pont Guillaume le Conquérant et le Pont Corneille, et de réduire le seuil du montant
minimum de 45 MF à 35 MF. Le montant minimum du marché a été réduit par l'avenant
n° 1, pour adapter ce montant minimum aux financements garantis lors de la signature
de l'avenant (la région de Haute-Normandie n'ayant pas encore à cette date confirmé sa
participation à hauteur de 10 MF). Cette réduction du montant minimum était
destinée à protéger le maître d'ouvrage d'une éventuelle réclamation du groupement
d'entreprises en cas d'arrêt des travaux à la fin de la tranche de 35 MF.
L'avenant n° 2 a deux objets :
modifier les formules paramétriques permettant le calcul du délai d'exécution propre à
chaque commande : étendre la zone des travaux prévue au marché à la rive droite
en amont du Pont Guillaume le Conquérant. L'ordre de service n° 93-223 a lui aussi 2
objets : notifier l'avenant n° 2 au groupement d'entreprises ; commander des travaux
de rénovation de quais (rive droite B.299 à B.406/de l'aval du hangar 10 à l'amont du
hangar 21) et de construction de perrés (rive gauche B.308 à B.318/Presqu'île Rollet).
Par application des formules
d'origine, le délai accordé au groupement d'entreprises pour la réalisation de cette
commande de consolidation de quais aurait été de 7,5 mois, ce qui amenait une fin de
travaux au 15 août 1994, postérieure à l'Armada de la Liberté. L'application des
formules négociées dans l'avenant n° 2 a permis de ramener le délai contractuel à 5
mois 1 semaine. La modification des formules de calcul de délais par l'avenant n° 2
n'avait aucune répercussion sur les prix unitaires des travaux, mais avait uniquement
pour but de recaler les délais contractuels avec les délais physiques liés aux dates de
commandes, elles-mêmes liées aux engagements financiers des différents partenaires et
la manifestation de l'Armada de la Liberté dont la tenue prochaine avait déterminé le
calendrier des subventions des principales collectivités locales intéressées.
La coopération des ports normands
Depuis 1997, de nouvelles formes
de coopération ont été mises en uvre dans le cadre du GIE-Rouen Le Havre, dont
rendent compte précisément les rapports annuels présentés pr ladministrateur
unique du GIE pour 1997 et 1998. Parmi les sujets traités, et sans être exhaustif, on
citera :
- adoption dun code de
bonne conduite fixant les règles et relations en matière daction commerciale,
dinvestissements et de tarifs (approuvé par les conseils dadministration
début 1998 après avis de la DGCC),
- coopération en matière de
VTS, dragage, pilotage, études techniques, sécurité maritime, informatique portuaire,
- positions et motions communes
sur les dessertes terrestres : route (44 t convois exceptionnels
grandes liaisons routières) fer (problèmes de la grande ceinture parisienne
dédiée au fret et de son ouverture au trafic voyageurs) voie deau (Y
Compiègne-Reims/Seine Nord).
Sur les activités de dragages
1. Sil est vrai que
les charges de 1994 sélevaient à 173 MF pour 160 MF de produits, il nest pas
exact de dire que les produits baissent depuis 1989 sans parler aussi de la baisse
simultanée des charges : les efforts intervenus ont en effet permis de réduire le
déficit, de 13 MF en 1994, à 6 MF en 1995, 1 MF en 1996 et 1997, pour terminer en 1998
par un excédent de 2 MF (soit sensiblement léquilibre depuis 1996).
2. " 80 % des
recettes proviennent de facturations internes au port ", ce qui peut inciter à
moduler les résultats affichés en fonction des impératifs de gestion du port, notamment
vis-à-vis de la " tutelle ". Nous ne partageons pas cette analyse.
Les recettes du port sont comptabilisées selon un barème approuvé en début
dexercice quelles soient relatives à des prestations pour des tiers
(23 MF), imputées sur les crédits dEtat 44.34 (61 MF) et 53.30 (23 MF)
ou à la charge du P.A.R. Létablissement du barème est le résultat dune
analyse financière, dau moins 4 années, des comptes de chacun des engins de
la fonction dragage, lobjectif étant de représenter le plus fidèlement possible
le coût industriel de lactivité dragage, et non pas de moduler " les
résultats affichés en fonction des impératifs de gestion du port ".
Sur la coopération en matière
dinvestissement
Il nest pas exact
daffirmer que le " port autonome du Havre est le seul à même de pouvoir
sérieusement concurrencer les ports du nord en matière de trafic de
conteneurs ".
Cette affirmation est
parfaitement exacte en ce qui concerne les grandes lignes conteneurisées Est-Ouest
cest lenjeu même du projet Port Conteneurs 2000 au Havre avec son volet
investissement lourd, condition nécessaire, et ses volets non moins nécessaires de
compétitivité de la manutention et des dessertes terrestres. Rouen némarge pas
sur ces trafics inaccessibles en tirant deau et en rapidité nautique descale.
Par contre, cette affirmation est inexacte en ce qui concerne les liaisons Nord-Sud, où
Rouen occupe une place très importante : COA Océan Indien Antilles
Guyane Amérique du sud Bassin Méditerranéen Europe du Nord
Ses concurrents majeurs sont, selon les ranges tout autant les ports belges (Anvers
Zeebrugge) que les autres grands ports français. Un exemple parmi
dautres : les lignes régulières sur lOcéan Indien, en Basse-Seine
nescalent actuellement plus au Havre, mais toutes à Rouen.
Complémentarité signifie aussi
différence, et la position de Rouen, en matière de lignes régulières, traduit, pour
les ranges nautiquement accessibles (tirant deau denviron 10 m), le
poids de la marchandise (très important sur ces ranges avec beaucoup
dactivités groupage/dégroupage) et léconomie sur lacheminement
terrestre.
En matière de marchandises
diverses non conteneurisées (et hors trafic Roro transmanche très spécifique), le
trafic au Havre est devenu très faible (200 Kt/an) alors que Rouen, avec 2Mt, se situe au
niveau de Marseille et de Dunkerque et se bat quotidiennement avec les ports belges et
hollandais (Anvers, Zeebrugge, mais aussi Gand, Terneuzen, Flessingue) grâce à son
positionnement géographique à proximité de lIle de France et à une manutention
nettement plus compétitive quau Havre. Les exemples sont multiples :
farines/sucres/produits métallurgiques/produits forestiers/lignes régulières mixtes ou
conventionnelles. Pour ceux-ci, les concurrents de Rouen ne se situent pas en France, mais
dans le Benelux.
Nous apprécierions que lon
cesse dopposer à tout moment Le Havre et Rouen et quau contraire, grâce à
des analyses plus complètes et plus pertinentes, soient mis en valeur les points forts de
chacun, et donc leur complémentarité. Dans le même esprit, le projet dextension
du terminal à conteneurs de Rouen peut-il être qualifié
" dambitieux " et de " concurrent du projet
havrais " ? Nullement. Il concerne les lignes Nord Sud ; le
trafic conteneurs depuis 1993, y augmente de 15 % par an. Le coût dun poste à
quai (infra) nouveau est faible. 35 MF pour un poste de 200 m contre 300 MF pour un
poste de 300 m de Port 2000 (coût marginal une fois réalisés digue, avant port et
chenal). Ces projets ne relèvent absolument pas de la même problématique ni de la même
échelle. Cest bien pourquoi, la place portuaire rouennaise sest clairement et
sans ambiguïté prononcée en faveur du projet Port 2000, grand enjeu tant national que
régional.
Sur la réforme de la manutention
Un accord
manutentionnaires-syndicat CGT passé en 1993 alors que le BCMO ne comprenait plus que 15
ouvriers dockers intermittents actifs prévoyait un minimum de 3,5 jours de travail
par semaine. Cet accord a été dénoncé le 14 décembre 1998 par les manutentionnaires,
lorsque les 30 dockers mensualisés de lentreprise Rouen-Manutention ont été
licenciés pour revenir début 1999 à lintermittence une fois leur période de
préavis effectuée. Cet accord reste néanmoins en vigueur jusquau 14 mars 2000.
Dérives du plan social
Selon laccord local
rouennais, les personnels permanents dentreprises, titulaires ou ayant été
titulaires de la carte G, ont effectivement pu bénéficier des mesures de cessation
anticipée dactivité. Ceci a concerné 16 personnes. Avec 763 kF par docker
partant, le coût du plan social rouennais reste néanmoins à un tout à fait
raisonnable.
Sur la participation de
lEtat aux travaux portuaires
s " lobsolescence
des règles concernant la participation de lEtat aux travaux portuaires ".
Les développements sur ce sujet
majeur napparaissent pas dans lextrait du dossier que nous avons reçu.
Cest dommage et cela rend dautant plus hasardeux les développements qui
suivent.
Nous croyons devoir souligner en
effet quil ne sagit pas dobsolescence, mais de non-application ou plus
exactement dapplication de plus en plus dégradée au fil des temps, ce qui est
grave, et pose dimportants problèmes de cohérence. Un 1er sujet,
celui-là très franco-français, est celui de la cohérence entre ports autonomes et
ports dintérêt national (PIN). En effet, des dérives se sont instaurées au bout
du compte, du fait de lintervention importante des collectivités territoriales dans
les PIN, le statut de PIN est désormais financièrement plus intéressant, contrairement
aux objectifs mêmes de la loi de 1965. Quant aux petits ports décentralisés,
antérieurement oubliés de lEtat, ils nagent désormais dans laisance, grâce
à lindexation annuelle des dotations (DGF DGD). Mais, ceci mis à part, le
vrai enjeu est celui de la cohérence avec les grands ports européens concurrents et de
la compétitivité finale du port : la référence commerciale est celle des ports du
Benelux et de la France, sauf à créer un handicap supplémentaire pour ses ports (déjà
handicapés par leur taille plus réduite !), ne peut faire moins que ces
concurrents : or Belgique Pays Bas Allemagne appliquent de fait
rigoureusement et sans faillir la loi française de 1965 pour tout ce qui a trait aux
chenaux (entretien/investissement) ; lEtat y prend en charge ces dépenses
directement (sans le relais via notre chapitre 44-34 avec
" remboursement " dune partie seulement des charges, qualifiées
faussement de dépenses dintervention avec tous les effets pervers que lon
connaît). En matière dinfrastructure de quai, la situation est sans doute plus
contrastée, mais on trouve pourtant des subventions importantes, la situation la plus
favorable se situant en Belgique malheureusement la plus proche et la plus
concurrente avec un taux de 60 ou 80 % selon quil sagit de quais neufs
ou de rénovations.
s " Rapport Franck et
taux de rentabilité du programme triennal accès ". Le port autonome de Rouen a
en son temps contesté lanalyse du rapport Franck et tient à nouveau à récuser
laffirmation simpliste et erronée selon laquelle tout trafic perdu par Rouen irait
au Havre ! Sans épiloguer davantage sur ce thème, nous renvoyons à nos
observations officielles sur le rapport Franck.
Sur les méthodes
dévaluation économique et financière des investissements
Le rapport cite lexemple du
programme dapprofondissement à 10,5 m du chenal daccès du port de Rouen. Il
cite les justifications économiques réalisées par le P.A.R. en 1992 et 1995 et
lévaluation réalisée par lingénieur général Franck en mai 1995 qui
contrait les études du P.A.R. Le rapport omet de citer les réponses du P.A.R. de
février 1996 aux observations de lingénieur général Franck, réponses établies
en étroite liaison avec les professionnels de la place portuaire, qui attestaient de
lintérêt économique pour la collectivité nationale de lapprofondissement
du chenal daccès avec un taux de rentabilité interne compris, selon les
hypothèses, entre 13,2 % et 15,5 %. Le contrôle des études économiques
préalables réalisées par les ports relève bien évidemment de lEtat et doit
être mené avec objectivité, cohérence, et prise en compte de lensemble des
impacts.
DEUXIEME PARTIE : LA GESTION
ECONOMIQUE ET FINANCIERE DES PORTS AUTONOMES
I LORGANISATION
FINANCIERE DES PORTS AUTONOMES
A Les procédures
financières
1° Les procédures budgétaires
a) Létat prévisionnel des
recettes et de dépenses
Le Port Autonome de Rouen donne
à lE.P.R.D. un caractère strictement limitatif : les crédits votés sont
alloués aux services par le service financier ; les services engagent, dans la
limite de ces crédits, tout dépassement des crédits disponibles étant rendu impossible
par le système informatique ; les ajustements éventuels seffectuent à la
demande du service, et après autorisation de lordonnateur :
- par virements entre
comptes à 2 chiffres (fonctionnement) dun même service ou de deux services
différents,
- par prélèvements sur les
crédits budgétaires mis en " réserve " au
" budget " du service financier.
Les opérations en capital sont,
quant à elles, réparties en " lots techniques " au caractère
strictement limitatif, les dépassements étant alimentés, soit par prélèvement sur le
reliquat dun " lot technique " terminé, soit par la plus
prochaine décision modificative.
Par ailleurs, il est tout à fait
inexact daffirmer que les séances budgétaires du conseil dadministration du
port de Rouen sont dépourvues de débats : les séances animées au cours desquelles
ont été adoptés les plans de développement successifs pour les périodes 1993-1997,
puis 1995-2000 (plan 2000), et enfin 1998-2002 (plan 2000+), qui ont servi et servent
toujours de trame pour la préparation et larrêté des budgets annuels, témoignent
suffisamment de la qualité de la réflexion au sein de cette instance qui ne se limite
pas, loin sen faut, au rôle de chambre denregistrement. A titre
dexemple, le conseil dadministration a rejeté lEPRD 1994, présenté en
équilibre mais prévoyant tout à la fois une baisse de 1 % du trafic et une majoration
des tarifs de droits de port de 3 %, les administrateurs ayant exigé quà
loccasion de sa deuxième présentation lors de la prochaine séance, lEPRD
soit accompagné dune étude prévisionnelle approfondie de lactivité ainsi
que dune étude comparative des droits de port avec ceux des ports concurrents. De
même peut-on évoquer les discussions serrées auxquelles a donné lieu la présentation
de lEPRD 1997 à lautomne 1996 : lEPRD et la politique tarifaire
qui létayaient ont été, après de longs et difficiles débats, votés à
égalité de votes (8 pour, 8 contre), la voix prépondérante du président faisant la
différence !
Les écarts récurrents entre
prévisions et réalisations
Le code des ports maritimes (art.
L 113.2) impose la présentation en équilibre des prévisions du compte
dexploitation ; les résultats quant à eux, sagissant
détablissements publics dont la vocation industrielle et commerciale est
prédominante, sont largement tributaires du trafic maritime sur lequel les ports
nassurent quune maîtrise imparfaite : ainsi, la politique communautaire
en matière dexportations céréalières a-t-elle été directement responsable des
résultats déficitaires constatés, au port autonome de Rouen, de 1994 à 1996.
Mais dautres causes peuvent
aussi expliquer les écarts notés par la Cour : la réalisation des opérations en
capital, tout dabord, peut accuser des retards par rapport au calendrier budgétaire
pour des raisons attachées, comme ce fut le cas en 1998, à la longueur des négociations
avec certains partenaires du port autonome, ou, sagissant par exemple de
lapprofondissement du chenal ou de la mise en service et de lexploitation des
chambres de dépôts, à la complexité croissante des procédures liées à
lenvironnement. Pour des opérations de superstructure (entrepôts
implantations industrielles), la complexité croissante des procédures DRIRE et
lencombrement croissant de ses services retarde aussi lengagement des
opérations physiques et plus grave peut dissuader des investisseurs
potentiels au regard des procédures simplifiées et expéditives constatées notamment en
Belgique.
b) Les modifications à
létat prévisionnel
Les observations générales de
la Cour ne paraissent pas concerner le port de Rouen.
c) Labsence de programmation
pluriannuelle
Selon la Haute Juridiction, les
instances dirigeantes du port autonome de Rouen nattacheraient quun intérêt
limité à la programmation pluriannuelle de ses investissements. Cette affirmation ne
prend nullement en compte les réflexions menées par létablissement rouennais,
tant en interne quavec nos partenaires habituels (administrations, collectivités
locales, usagers du port) à loccasion de lélaboration des plans de
développement évoqués plus haut (Plan 2000 Plan 2000+), mais aussi dans le cadre
de la préparation du contrat de plan Etat-Région.
Les plans de développement
constituent le socle des actions stratégiques à mener au cours des années à
venir : couvrant la période allant de 1993 à 2002, ils traduisent la volonté,
clairement affirmée, du milieu portuaire rouennais, dassurer la croissance du port
et ses grands équilibres financiers par : la poursuite de lapprofondissement
et de lentretien du chenal daccès ; le choix et la localisation
dinvestissements dinfra et de superstructures pertinents ; la recherche
et la fidélisation de partenaires ; la recherche déconomies budgétaires. Les
programmations pluriannuelles des investissements, comme les comptes de résultats
prévisionnels, régulièrement exigés des autorités de tutelle, traduisent, dans ce
contexte, les axes stratégiques majeurs que sont les plans de développement, et elles ne
se limitent pas, ainsi que le suggère la Cour, à lélaboration de tableaux
dénués de liens avec la réalité portuaire, ou qui nauraient pas fait
lobjet dune réflexion préalable approfondie.
La programmation fait en outre
lobjet dun suivi attentif de la part de la direction et de lensemble des
services concernés, tout retard ou dépassement dans lexécution donnant lieu
immédiatement à une réflexion permettant den déterminer les causes et den
évaluer les effets. La crise financière de 1994-96 a permis daméliorer très
fortement le suivi et le temps de réaction.
2° La comptabilité et le
contrôle de gestion
La Cour déplore labsence
de mise en uvre de certaines règles comptables et financières fixées par le code
des ports maritimes. Ceci appelle de notre part les réflexions suivantes :
Application de larticle L
113.2 du Code
La Cour des comptes note que le
principe de reversement à lEtat de 50 % de lexcédent net de chaque
exercice, après constitution des réserves et provisions, sera mis en uvre par la
direction du budget pour lensemble des ports dont les comptes de 1999 feront
apparaître des excédents.
Il convient de rappeler, à ce
propos, que le port autonome de Rouen présente à son bilan, à la clôture de
lexercice 1998, un report à nouveau négatif de 107 millions de F, du
fait des déficits successifs et majeurs enregistrés en 1993-94-95-96. La prise en compte
de cette donnée est un impératif avant tout éventuel reversement.
On peut par ailleurs
sinterroger sur le taux de reversement de 50 %, fixé lors de la rédaction du
code des ports maritimes par analogie avec le taux de limpôt sur les bénéfices
des sociétés, puisque les sociétés ne contribuent plus au budget de lEtat
quà hauteur de 331/3 % de leurs bénéfices. Dans ces conditions, la
stricte application de larticle L 113.2 du code des ports maritimes paraîtrait
particulièrement sévère et injustifiée tant que létablissement naura pas
rétabli son équilibre bilantiel, et alors que les efforts de tous sont mobilisés pour,
précisément, redresser la situation financière et qui plus est que les
échéances 2000-2001, avec la restructuration de lactivité dragage et
lachèvement du programme triennal réalisé en régie, sont à nouveau des années
financièrement difficiles.
Nous pensons par ailleurs
quil y a lieu douvrir enfin le dossier fiscalité des établissements
portuaires observation faite à juste titre et de longue date par la Cour
tant sont nombreux les risques et incertitudes en la matière (taxe foncière notamment)
et les handicaps potentiels en référence à la situation dans les ports belges,
hollandais et allemands (seule référence qui vaille quel que soit le sujet).
Absence duniformisation des
méthodes comptables
Linstruction M 9-5 de la
direction générale de la comptabilité publique se limite à fixer le plan de comptes
applicable aux ports autonomes, alors que, aux termes de larticle R 113.12 du
code des ports maritimes, ce plan comptable devrait fixer un certain nombre de règles
communes régissant des immobilisations et leur amortissement, les provisions, les stocks,
ainsi que la comptabilité analytique. Ces règles nont toujours pas été
élaborées, ce qui nuit à lhomogénéité des comptes présentés par les
établissements et, comme le regrette justement la Cour, réduit la qualité de
linformation de lEtat sur les ports relevant de sa compétence.
Les missions de lagent
comptable
La Cour estime que
lorganisation financière des ports autonomes, où les agents comptables assurent
également la direction du service financier, est critiquable dans la mesure où elle
remet en cause les dispositions de larticle 20 du décret n° 62-1587 du
29 décembre 1962 portant règlement général de la comptabilité publique, qui
précise que " les fonctions dordonnateur et celles de comptable public
sont incompatibles ".
Le regroupement des deux missions
sur un même agent a fait lobjet de réflexions au sein dun groupe
réunissant, autour de la mission de contrôle dEtat, de la D.T.M.P.L. et de la
D.G.C.P., deux ordonnateurs de ports autonomes et lensemble de leurs agents
comptables. Leurs travaux ont été synthétisés dans une note conclusive adressée à la
Cour. Il y a lieu de rappeler quaux termes de larticle 193-2 de
linstruction M 9-5, applicable aux ports autonomes " lagent
comptable est investi dune double qualité :dune part, il est comptable
public, dautre part, il est chargé de la direction des services comptables de
létablissement ". Ce texte ninnove dailleurs pas, reprenant
simplement larticle 193 du décret précité du 29 décembre 1962. En outre,
lorganisation administrative du port autonome de Rouen avait été spécialement
citée, voire recommandée, dès 1970, dans le rapport du comité central denquête
sur le coût et le rendement des services publics, et dans une note de lInspection
générale des finances.
La Cour fait par ailleurs
observer, en le déplorant, que le cumul des fonctions a pu conduire à occulter parfois
la dénomination de " comptable " des agents comptables/chefs des
services financiers. Cependant, sagissant du port de Rouen, les deux fonctions (ou
celle dagent comptable, seule) sont systématiquement mentionnées dans toutes les
correspondances et représentations officielles du port. Les procédures budgétaires en
vigueur au port de Rouen sont au demeurant parfaitement conformes à la règle de
séparation de lordonnateur et du comptable public, car ce dernier nintervient
nullement dans les phases dengagement et de liquidation.
Partant de ses développements
sur lorganisation financière des ports autonomes, et sur lexercice de leur
mission par les agents comptables, la Cour sinterroge sur lopportunité de
leur maintien au sein des ports, arguant notamment de la " faiblesse de leurs
contrôles " et de la " mauvaise qualité des comptes
produits ". Nous ne partageons pas cette appréciation générale.
Sagissant tout dabord des contrôles exercés par lagent comptable, le
rapport nen démontre pas la " mauvaise qualité " par des
exemples précis notamment à Rouen mais sa critique vise en fait le cumul
des fonctions de lagent comptable avec celles de chef du service financier,
présupposant que cette situation ne peut que nuire à lefficacité des contrôles
réglementaires.
A ce titre, je tiens à citer un
extrait de la conclusion du rapport de vérification de lagence comptable du port
autonome de Rouen par linspection générale des finances (MM. Dubost et Givelet,
inspecteurs des finances, Janvier 1997) : " On relèvera la parfaite
implication de lagent comptable, du fondé de pouvoir et des personnels de
lagence comptable pour assurer un fonctionnement aussi satisfaisant que possible du
service. Les critères habituels de mesure de cette implication sont, à cet égard,
particulièrement satisfaisants : absentéisme très faible, bonne connaissance des
dossiers, réalité de la fonction dencadrement. Les critères plus spécifiques à
la mesure de la qualité du travail comptable sont là encore satisfaisants :
classement des pièces justificatives dune grande efficacité, rapidité de
passation des écritures comptables, qualité de ces écritures, présentation et
exhaustivité des informations données au conseil dadministration. "
La modification, suggérée, du
statut des ports autonomes, ne paraît pas de nature à apporter à la gestion de nos
établissements portuaires une amélioration que la Haute Juridiction appelle de ses
vux : dune part, la prospérité des ports ne peut être attachée à
leur nature juridique et subsidiairement dédoubler le poste
dagent comptable et de chef du service financier aurait un coût significatif,
particulièrement inopportun quand toute structure doit se mobiliser pour diminuer ses
frais généraux ; dautre part, le recours à un commissaire aux comptes
napporterait pas de réponse aux difficultés du port autonome de Rouen liées, non
pas à la présence dun comptable public, responsable sur ses deniers personnels de
la régularité de la dépense, - responsabilité autrement plus contraignante que celle
assumée par un commissaire aux comptes -, mais plutôt à la capacité de
létablissement portuaire dattirer sur son site et de fidéliser
des trafics susceptibles dassurer la prospérité de létablissement et de la
place portuaire.
La comptabilité analytique et le
contrôle de gestion
Les observations successives du
juge des comptes et de linspection générale des finances sur la faiblesse du
contrôle de gestion ont conduit le P.A.R. à créer un emploi de contrôleur de gestion
à compter du 1er janvier 1999. Cet emploi est tenu par le précédent adjoint
de lagent comptable. Cet agent, placé sous lautorité directe du directeur
général, assure la cohérence des prévisions budgétaires, suit leur réalisation et
analyse régulièrement, à partir des données de la comptabilité analytique, les
écarts pouvant apparaître en cours dannée dans lexécution du budget de
létablissement. Les moyens en personnel utilisés par le contrôleur de gestion
sont, essentiellement, ceux du service financier.
La Cour considère par ailleurs
que les résultats attendus de la comptabilité analytique de létablissement
rouennais sont partiels et ne permettraient pas dappréhender les résultats par
site ou par escale. Cette observation est surprenante : les services du port
disposent bien évidemment de telles comparaisons des comptes descale, exigence
de base de laction commerciale ; la DTMPL a effectué périodiquement ce
type danalyse ; la mission de linspection générale des finances, à
loccasion de laudit du port quelle a réalisé en fin dannée
1996, a pu déterminer, sans difficulté particulière, les coûts descale à Rouen,
les comparant à ceux du port du Havre pour un navire porte-conteneurs, à ceux de
Dunkerque, Anvers et Le Havre pour un navire exportant 14 000 tonnes de sucre, et enfin
aux coûts des ports de La Rochelle et de Boulogne pour un navire transportant 10 000
tonnes de pâte à papier. Lobservation de la Cour des comptes me paraît donc, dans
ces conditions, devoir être très fortement relativisée.
La Cour considère, en outre, que
les " failles " de la comptabilité analytique conduisent les ports à
masquer le manque de compétitivité de services ou dinstallations, et à faire
bénéficier certains usagers de régimes dérogatoires avantageux. On peut convenir
aisément, en effet, que les procédures utilisées en comptabilité analytique sont
toujours perfectibles ; de même, la lisibilité et la transparence des documents
produits en la matière doivent toujours être recherchées.
Cela étant, il me paraît
excessif daccuser le port autonome de Rouen de fausser, par une présentation
imparfaite, ou incomplète, de la comptabilité analytique, les conditions normales de la
concurrence : en effet, dune part, le coût et les conditions dexercice
de chaque terminal, de chaque engin de manutention, sont précisément connus et
consignés dans le rapport annuel de comptabilité analytique ; ce document est
largement commenté par le directeur général devant le conseil dadministration et
donne lieu à un débat très ouvert ; chaque administrateur en détient un
exemplaire, et notamment, le président de lUnion des Usagers du Port de Rouen
(U.U.P.R.) qui ne manque pas déclairer ses mandants sur les conditions de
fonctionnement du port et, partant, sur le positionnement de ses tarifications par rapport
à la concurrence française et étrangère.
Dautre part, et ceci
découle de ce qui précède, le port de Rouen recherche avant tout, non pas seulement à
équilibrer financièrement telle ou telle installation prise isolément, mais à
équilibrer sa gestion globale, par lapplication de tarifs descale
représentatifs de lensemble des prestations fournies, en veillant à la cohérence
de ces tarifs, - compte tenu des contraintes propres à notre établissement -, avec ceux
pratiqués par les ports concurrents.
Ce nest donc pas le
diagnostic et sa présentation transparente qui peuvent être critiqués. Ce qui
pourrait lêtre mais ce que ne dit pas la Cour ce sont les
conséquences qui en sont ou nen sont pas tirées, en terme doptions
stratégiques, de tarifs, ou de directives au niveau de létablissement portuaire ou
des autorités de tutelle (" règles du jeu " au niveau national).
B.- Le fonctionnement des
établissements
Les procédures de passation des
marchés
Le port autonome de Rouen
applique, pour ce qui le concerne, le code des marchés publics, pour lensemble de
ses marchés, les autorités de tutelle nayant pas accepté le projet du conseil
dadministration de relever à 500 000 F T.T.C. le seuil de passation des marchés
pour lacquisition de certains petits matériels.
Labsence de marché, en
1993, pour lachat despaces publicitaires, était liée, comme lindique
la Cour, à la loi n° 93-122 du 29 janvier 1993 dite " loi SAPIN ",
qui qualifiait le prestataire de service de " mandataire " (Titre II
Chapitre II Prestations de publicité Art. 20 à 29) : le port
autonome a rémunéré ce prestataire pour un montant inférieur à 300 000 F, un contrat
de mandat ayant été passé à ce titre ; le solde des sommes versées à été
considéré par lagent comptable comme échappant aux règles de marchés publics en
raison de lexclusivité dont jouissent les régies publicitaires des organes de
presse. Ce point de vue na pas été admis par le juge des comptes.
La Cour des comptes note, enfin,
quà la clôture de lexercice 1994, près de la moitié des marchés du P.A.R.
considérés comme " en cours " concernait des travaux déjà
réceptionnés. Pour être complet, il convenait de faire suivre cette observation de la
mention explicative figurant, à ce sujet, dans le rapport de la Cour elle-même sur la
gestion du P.A.R. (années 1989 à 1994), et selon laquelle cette situation résultait des
délais dexécution relativement courts des marchés, dont les deux tiers avaient
été conclus au cours des deux dernières années. La présence de ce commentaire eût
conforté lobjectivité du rapport public.
Lorganisation des services
de marché
Les services opérationnels du
port autonome de Rouen ont, chacun, des compétences propres et étendues en
matière de marchés publics, et il ne me paraît pas opportun de renoncer à utiliser ces
compétences. La coordination densemble est faite par le service financier, qui
donne un avis, en amont, sur la procédure envisagée, la conclusion du marché étant
ensuite précédée du visa de lagent comptable. Celui-ci est dailleurs
présent à toutes les séances douverture des plis, et sa présence aux différents
stades de la procédure, les conseils quil dispense aux services de
lordonnateur pour une meilleure prise en compte de la réglementation relative aux
marchés publics, ne peuvent quaccroître la qualité de la dépense publique depuis
la phase de lengagement jusquau paiement.
Une réflexion a été engagée
sur lorganisation et les procédures liées aux marchés publics dans les ports
autonomes : celui de Rouen y a participé, et il est disposé à harmoniser sa propre
organisation avec celle des autres établissements portuaires. En particulier, des mesures
seront mises en place afin de systématiser lappel de la concurrence pour toute
prestation excédant 50 000 F. La période actuelle est marquée par lattente de la
réforme des marchés publics : dès la mise en oeuvre des nouvelles règles qui en
découleront, les ports prendront alors les dispositions utiles pour harmoniser leurs
modalités de passation, de contrôle et de suivi des marchés dans le souci de
lefficacité, dune part, et du respect de la réglementation, dautre
part.
Les autres difficultés du
fonctionnement
La participation du port autonome
à la réalisation de la manifestation de lArmada de la Liberté a été limitée à
un montant de 1,065 MF ; en 1989, cette participation sétait élevée à 2,4
MF. Sur la période 1989-1997, les comptes 623 et 6257 ont représenté, en année
" normale " (1990, 1991, 1992) 1,30 % du C.A., soit un pourcentage
tout à fait normal.
Pour lannée 1989 (années
des Voiles de la Liberté auxquelles le port a participé dans le cadre des manifestations
souhaitées par lEtat pour marquer la commémoration du Bicentenaire de la
Révolution de 1789), leffort a représenté 2,3 % du C.A.
1994 a été, de la même
manière, une année exceptionnelle pour la communication compte tenu de
lorganisation, dans le port, de lArmada de la Liberté pour commémorer le
cinquantenaire du débarquement de Normandie. Leffort du port na toutefois pas
dépassé 1,3 % comme en année sans événement.
1993, année de mise en
uvre effective de la réforme de la manutention, après la mensualisation de
décembre 1992, caractérisée par : une grande réussite sur le fond, et le besoin
de montrer que les mauvais traitements dont avait pu souffrir la clientèle pendant tout
le temps des négociations était bien révolu. Cette nécessité a entraîné un effort
de communication exceptionnel vers la clientèle qui a représenté 2,6 % du C.A. On peut
rapprocher lévolution du trafic des marchandises diverses (+ 25 % sur la période
avril 93 à avril 95) de cet effort de promotion.
II. - LA STRATEGIE ECONOMIQUE ET
LA GESTION DES PORTS AUTONOMES
A. - La gestion des
investissements
Linsuffisance des études
préalables
Les derniers gros investissements
ont donné lieu à des études économiques et financières préalables : programme
dapprofondissement des accès (1992 1995 1996) , restructuration
du terminal forestier (1997), troisième portique à conteneurs (1998), générale
Ultra-Frais (1995).
La cohérence des investissements
Concernant Rouen, sont
cités :
- un
" ambitieux " programme de développement du T.C.M.D. de
Grand-Couronne : nous renvoyons au développement sur ce même schéma en réponse
aux observations du rapport (coopération en matière dinvestissement) ;
- le terminal sucrier. La genèse
de ce terminal a fait lobjet dinutiles polémiques, pour un terminal
entièrement privé dans la totalité des superstructures (stockage/ensachage/portiques
descenseurs) qui a été financé à hauteur de 145 MF sur fonds privés et sans la
moindre subvention (les 32 MF publics concernent le rempiétement du quai et la
restructuration des dessertes). Il est inexact daffirmer quil nen
résulte pas de trafic supplémentaire : voir le bilan de la campagne 1997/1998,
première année dexploitation complète. La part de marché de la Basse Seine
(Rouen + Le Havre) est passée de 20,1 % à 25,3 % dès la première année.
B. - La politique commerciale et
tarifaire
Il est exact que formellement, le
code des ports maritimes ne confie pas aux ports autonomes une mission explicite en
matière commerciale. Ce rôle est néanmoins fondamental, même sil est
difficile : il sagit en quelque sorte de fédérer les différents acteurs de
la place portuaire, après avoir identifié les trafics potentiels et créneaux de
développement. Ce rôle danimation, de mise en relation, de
" courtage " entre acteurs de la place portuaire, chargeurs et
armateurs est tout à fait stratégique et vital a fortiori dans un contexte
que chacun regrette où le secteur privé portuaire du transit, de la consignation
et de lagence maritime sest atrophié au fil des ans du fait de la
non-compétitivité de la manutention des marchandises diverses/lignes régulières et de
la succession de regroupements, fusions, etc
Cette action doit avoir sa pleine
légitimité vis-à-vis de la place portuaire et de la clientèle. A ce titre, les
évolutions à Rouen, avec création dune direction commerciale à part entière se
substituant à un service commercial, traduisent non pas des hésitations
organisationnelles, mais la nouvelle donne de la réforme de la manutention réussie à
Rouen et le " rebond " commercial quelle aura fondamentalement
permis.
La gestion des tarifs dans le
cadre de la politique de concurrence
Le port de Rouen naccorde
que très parcimonieusement, et sur justifications précises, des facilités de paiement
à ses débiteurs, sefforçant par là de respecter scrupuleusement les règles de
la concurrence entre les entreprises. Ainsi, les créances sur les entreprises de
manutention, dont la Cour précise quelles sélevaient à 8,2 MF au 31
décembre 1997, comprenant dailleurs essentiellement des facturations émises en fin
dannée et durant la période complémentaire, ne représentaient plus à la date du
31 mars 1998 que 361 488,99 F.
Le cas particulier des ristournes
sur droits de port
Les ristournes et indemnités à
caractère commercial sont encadrées par un comité de gestion des ristournes et
indemnités à caractère commercial qui intervient par délégation du comité de
direction. Ce comité donne un avis préalable sur les conventions commerciales les plus
importantes, veille au respect des règles et orientations de lEtat en la matière,
prend connaissance du bilan annuel, donne son avis et fait des propositions. Les montants
en jeu sont toujours restés à Rouen, en-deçà ou très en-deçà du plafond de 1 %
fixé en son temps, pour chacun des ports, par le directeur des ports maritimes et sa
gestion na pas posé, à Rouen, de difficultés significatives au cours des
dernières années.
C. - La gestion de
loutillage
Sur le coût de la gestion de
loutillage
En 1998, le besoin de financement
de loutillage sest réduit de 5,8 MF par rapport à 1997 grâce à la
conjonction dun accroissement des produits (portiques à conteneurs, grues de forte
puissance, hangars, prestations de main-duvre aux silos) et dune
réduction des coûts de fonctionnement. Le taux de couverture global, bien que toujours
faible, se redresse à 58,4 % contre 53,6 %. Létablissement portuaire entend
poursuivre les mesures de redressement conformément aux objectifs quil sest
fixés dans le plan dentreprise (Plan 2000+).
Sur lintégration de
loutillage public dans les entreprises de manutention
Ce point a fait lobjet
dun groupe de travail prospectif dans le cadre des travaux du Plan 2000+. Cette
intégration est faite de longue date pour les grands terminaux industriels (charbon
engrais) et les silos, mais elle nest pas crédible actuellement pour les
terminaux à marchandises diverses (T.C.M.D. Terminal Farines, etc
), la
taille critique nétant pas atteinte et les actuels opérateurs manquant de surface
financière.
TROISIEME PARTIE : LA GESTION
DU DOMAINE PORTUAIRE
I. - LORGANISATION DE LA
GESTION
A. - Les contraintes
Lanalyse des contraintes
(droits de lurbanisme et de lenvironnement) est intéressante et montre que
les ports, même sil est normal quils soient soumis à certaines obligations,
ne sont pas à même danticiper les risques liés à lapparition de nouvelles
contraintes. Elle montre également que les procédures à mettre en uvre sont plus
lourdes et plus longues en France que dans les ports nord-européens.
B. - Les procédures
La responsabilité des services
gestionnaires est essentielle en matière de protection du domaine public. On notera
toutefois que la quasi-absence de sanctions en cas datteinte à lintégrité
du domaine public freine les plus motivés (police de grande voirie). Labsence
fréquente de cadastre complique également la surveillance du domaine. Les modifications
structurelles dorganisation des services évoqués par le rapport pour améliorer
les conditions de protection du domaine sont en cours de mise en place au P.A.R. dans le
cadre du projet RIVAGE, qui permettra daméliorer la connaissance du domaine
portuaire et laccès à linformation, ainsi que son partage.
II. - LES RESULTATS DE LA GESTION
A. - La connaissance du domaine
Pour ce qui concerne le P.A.R.,
la connaissance était concentrée sur une personne qui a toujours fourni les éléments
réclamés par la Cour des comptes. La mise en uvre du système de gestion
informatique RIVAGE permettra à terme un accès direct et partagé à linformation.
La répartition fonctionnelle du domaine du port intégrée dans RIVAGE
(4 catégories sont évoquées dans le rapport), distingue : les zones
portuaires et de servitudes diverses (voiries, espaces verts
) (799 ha), les zones
industrielles (1 367 ha), les zones urbaines (0 ha) et les zones de réserves foncières
et naturelles (1 187 ha)*. Cette intégration va permettre des analyses pertinentes et
complètes sur la situation juridique des terrains composant ces différentes catégories.
* Situation au 31.12.1992 = total
3 354 ha
B. - Lefficacité de la
gestion
1° Les ressources domaniales
Pas dobservations majeures
pour ce qui concerne les tarifs domaniaux du P.A.R. Le revenu annuel net de redevances
domaniales du P.A.R. se situe au niveau de la moyenne nationale (~ 16 000
F/ha).
2° Le coût de la gestion du
domaine
Les chiffres mentionnés pour le
port autonome de Rouen divergent du rapport sur la comptabilité analytique de
lexercice 1995. Ce dernier fait apparaître pour cet exercice un revenu net de 25,9
MF (produits 51,6 MF charges 25,7 MF) issu de la gestion du domaine. Ce
résultat est comparable au rendement constaté dans les autres ports autonomes, et en
particulier dans celui du Havre, dont il convient dailleurs de préciser quil
comporte une forte proportion de terrains industriels, contrairement au port de Rouen dont
le domaine est largement composé de terrains agricoles.
C. - Ladéquation entre les
besoins portuaires et la gestion patrimoniale
1° Léquipement et la
valorisation du domaine
La réalisation de travaux pour
le compte de la " Société Générale Ultrafrais " rentrait-elle dans
les missions de létablissement ? Cette question a fait lobjet de larges
débats lors de la séance du conseil dadministration du 21 décembre 1993. La
perspective de majorer une ressource domaniale, assurée par une garantie de loyer, et de
maintenir cette implantation à Rouen, a incité le conseil dadministration à
accepter lopération. Celle-ci sinscrit dans le cadre de la gestion du domaine
immobilier prévu par larticle L 111-2 du code des ports maritimes. Le
résultat 1998 de cette opération fait ressortir une recette nette annuelle de
2,1 MF.
2° Ladéquation aux besoins
financiers de lactivité portuaire
La demande de terrain a fortement
évolué. De limplantation de grosses sociétés industrielles demandant de grands
terrains nus, on est passé à limplantation de sociétés logistiques à la
recherche de terrains complètement aménagés et immédiatement disponibles. Le rapport
pourrait également citer Rouen pour le développement de ce type dopération.
|