LA POLITIQUE
PORTUAIRE FRANCAISE
|

|
|
REPONSE DU PRESIDENT DU
CONSEIL REGIONAL DU NORD-PAS-DE-CALAIS
Vous mavez fait
parvenir, pour avis, un extrait du rapport de la Cour des comptes relatif à la politique
portuaire française. Cet extrait concerne les choix dinvestissement réalisés lors
de lélaboration du contrat de plan 1994/1998 pour le port de Dunkerque et le
soutien apporté par la région Nord-Pas-de-Calais dans ce cadre. Jai lhonneur
de vous transmettre ci-après les observations que je tenais à effectuer concernant le
fond de vos analyses.
Les choix dinvestissement
réalisés par la région en matière doutils de manutention ont directement
découlé de la réforme de la filière portuaire engagée en 1991 au port de Dunkerque,
premier port français à lavoir menée et réussie à la grande satisfaction de
lensemble des partenaires.
Pour conforter lengagement
des opérateurs privés sur le site de Dunkerque, la région a estimé quil
nétait pas envisageable de différer plus longtemps la modernisation de
loutillage, les entreprises de manutention ayant pleinement pris leurs
responsabilités en ce domaine. La région, ayant soutenu le premier volet de la réforme
de 1992, a donc tout naturellement opté pour que le volet économique réussisse
également. Le taux de participation élevé des crédits régionaux résulte de
loption prise par les partenaires de décroiser les financements, de manière à ne
pas retarder les opérations par des montages financiers complexes. Il convient donc de
retenir un taux dintervention global et non par opération.
Je dois rappeler que
léquipement du Quai des Flandres en portiques conteneurs était déjà prévu au
Xème Plan. Il na pas été réalisé du fait du désengagement de lEtat du
volet financement des infrastructures. Je partage donc votre analyse sur le rôle de
lEtat, qui, connaissant parfaitement ce dossier, et ayant participé activement aux
réunions délaboration du contrat de développement portuaire et du contrat de
plan, na émis aucune remarque sur des opérations aujourdhui contestées.
Je ne pense pas cependant que la
position de la région soit dénuée de tout fondement, et que le respect de ses
engagements financiers ait été un effort inutile et coûteux, même si les bons
résultats de trafic du port, enregistrés ces dernières années, ne sont pas encore au
niveau des espérances. En réalité un véritable travail de fond de réorganisation de
la gestion portuaire a été réalisé à Dunkerque, qui lui a permis de se repositionner
face à la concurrence internationale et de sadapter à la demande. Le marché vient
de démontrer le bien fondé de ces choix. Non seulement les volumes de trafic évoluent
significativement à la hausse, tant dans le domaine des marchandises diverses que dans
celui des conteneurs, mais limplantation récente dopérateurs intégrés,
laugmentation des investissements privés et la fiabilité sociale de la place
portuaire constituent aujourdhui des atouts enviés par de nombreux autres ports
français.
Un opérateur privé
naurait, sans aucun doute, pas choisi ce site et ne sy maintiendrait pas,
sil navait pas possédé un équipement moderne et adapté. On le sait
aujourdhui, le rapprochement entre les opérateurs français et étrangers et la
constitution de véritables réseaux internationaux dopérateurs multimodaux,
constituent des éléments essentiels facilitant la desserte de lhinterland des
grands ports maritimes. Je me réjouis que la stratégie du port de Dunkerque soit allée
dans ce sens et lui permette aujourdhui de prendre sa place dans lévolution
de cet environnement concurrentiel, et notamment européen.
Pour ma part, lanalyse que
je fais du non respect des engagements contractuels de lEtat tient davantage du
prétexte que dune analyse prospective perspicace. Les moyens financiers octroyés
à la DTMPL (Direction du Transport Maritime, des Ports et du Littoral) sont si faibles
quils ne lui permettent même pas dassurer ses obligations dautorité de
tutelle dans un port autonome comme Dunkerque.
Je suis navré de constater le
désengagement persistant de lEtat sur trois plans successifs à Dunkerque (desserte
maritime dUsinor inscrite au IX° Plan, quai de Flandres au X°, terminal Darse 4 au
X°). Ce désengagement traduirait-il une stratégie portuaire nationale ne privilégiant
plus que Marseille et le Havre ? Je souhaite ainsi attirer lattention de
lEtat sur la réelle mutation du port de Dunkerque, plus largement des 3 ports du
littoral Nord-Pas-de-Calais, pour entamer sur la base dune vision élargie
(Europort), la négociation du prochain contrat de plan ; négociation que je suivrai
avec vigilance.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA CAISSE NATIONALE DE
GARANTIE DES OUVRIERS-DOCKERS (CAINAGOD)
La Cour estime que les coûts
de gestion " engendrés par lexistence des BCMO et de la
CAINAGOD " sont " disproportionnés aux besoins ".
Une telle assertion est
surprenante dans la mesure où la Cour reconnaît au BCMO les fonctions dun
" bureau unique de placement de la main duvre docker ".
Ces fonctions, qui constituent la majeure partie de lactivité du BCMO, consistent,
en effet, à mettre à la disposition des entreprises de manutention portuaire des dockers
professionnels intermittents et des dockers mensualisés. Cette mission correspond à un
besoin réel et important car le trafic portuaire est encore largement irrégulier et les
clients du port sont très attentifs au temps de passage portuaire. Ainsi, le rôle de
" bureau de placement " du BCMO sapparente à celui des
sociétés dintérim auxquelles les entreprises font dailleurs appel dans les
ports ne disposant pas de B.C.M.O.. Même si les tâches du B.C.M.O. et de la société
dintérim ne sont pas strictement les mêmes, la finalité est identique :
satisfaire les besoins complémentaires en main duvre des entreprises.
Dès lors, il semble pertinent,
pour juger de la " disproportion " par rapport aux besoins des coûts
de gestion de lensemble CAINAGOD-BCMO, de comparer le coût pour une entreprise,
selon quelle sadresse au BCMO ou à une société dintérim. On constate
que dans le cas du BCMO-CAINAGOD., le coût de la prestation est de moins de 7 % du
salaire brut (moyenne nationale), tandis que la marge courante des sociétés
dintérim se situe entre 40 % et 60 % du salaire brut. Ainsi, lidée que la
CAINAGOD-BCMO. présente des " coûts disproportionnés " est
totalement infondée, dautant plus que les entreprises qui recourent à ses services
ne financent, depuis 6 ans, que 50 % environ du coût indiqué ci-dessus,
lautre moitié étant prise ne charge par les recettes propres de la CAINAGOD.
Les exemples cités par la Cour
pour justifier les " coûts de gestion disproportionnés " ne sont pas
convaincants.
1° Dune part, la Cour
oppose le montant des cotisations patronales, soit 8 MF, et le coût de fonctionnement de
la CAINAGOD, structure centrale (5 MF). Elle laisse ainsi entendre que 5 MF sont
dépensés pour encaisser 87 MF. Cet argument ne peut être retenu car les opérations
effectuées pour lencaissement des contributions ne représentent que 2,5 % des
tâches du service central. En laissant croire que cette activité coûte 5 MF, elle passe
sous silence 97,5 % des tâches de lorganisme, ce qui rend la comparaison peu
crédible.
2° Dautre part, elle
signale que les entreprises cotisent à hauteur de 277 F par vacation chômée et que la
CAINAGOD-BCMO verse une indemnité de garantie de 107 F. On distingue mal en quoi les
chiffres présentés sont démonstratifs dun coût élevé de la structure. Ce
serait le cas si les BCMO et la CAINAGOD ne faisaient que payer des indemnités de
garantie et étaient ainsi ramenés à un rôle dASSEDIC pour dockers. Mais la Cour,
elle-même, reconnaît quils effectuent dautres tâches. Dès lors, sachant
que le service de lindemnité de garantie représente moins de 5 % des tâches des
BCMO, le montant de la cotisation citée par la Cour (227 F) na rien de surprenant
car il sert à financer, outre les 107 F dindemnités, lensemble des
activités et notamment, lorganisation des embauches dont on a vu ci-dessus
quelle permettait aux entreprises de faire de substantielles économies par rapport
au recours à lintérim.
En fait, la Cour considère que
lensemble des tâches des BCMO ne sont pas " dissociables " de
la gestion des indemnités de garantie. Tel nest pas le cas. Dune part, il
ny a aucun rapport entre le paiement des indemnités et des activités aussi
diverses que : lorganisation des embauches, le suivi des qualifications et des
inaptitudes des dockers, la délivrance dattestations diverses, linstruction
des sanctions, les opérations liées aux radiations ou à la réintégration au BCMO des
dockers mensualisés licenciés par les entreprises etc
Dautre part, les
activités relatives à lembauche de dockers occasionnels nont aucune
incidence sur la gestion de lindemnité de garantie, puisque ces dockers nen
bénéficient pas. Enfin, dans le cas où le BCMO ne paie pas dindemnités car les
dockers connaissent le plein emploi (cest la situation à Bastia), le critère
" indemnités de garantie " na pas de sens pour apprécier le
coût de gestion. Ainsi, la gestion des indemnités de garantie est parfaitement
dissociable de la grande majorité des tâches du BCMO qui, pour lessentiel,
consistent à gérer des dockers et à fournir des prestations aux entreprises.
A lappui de son jugement,
la Cour invoque la baisse importante du volume des tâches, laissant croire que la
CAINAGOD ne se serait pas adaptée à cette évolution. Cest inexact car la CAINAGOD
na pas cessé, depuis la réforme de 1992, dadapter ses effectifs (197 en
1992, 25 en 1999), de réduire ses budgets (118 MF en 1992, 11 MF en 1999 en francs
courants), de rationaliser loutil informatique, de simplifier les procédures,
dexiger du personnel une très large polyvalence, etc
en un mot,
dassumer les missions qui lui sont confiées avec le souci constant des coûts.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CAISSE REGIONALE DASSURANCE MALADIE DE BRETAGNE
La CRAM de Bretagne a pris
connaissance du rapport en ce quil touche la réforme de la manutention.
La Cour souligne des différences
fortes qui ne sexpliquent pas seulement par les risques inhérents à la profession
entre la population des dockers et lensemble de la population salariée, quil
sagisse du coût des accidents et de leur fréquence. Elle indique un chiffre
particulièrement élevé pour les intermittents (70 921 F pour une incapacité
temporaire) dans la circonscription de la CRAM de Rennes.
Les investigations faites à
partir des éléments statistiques disponibles nous conduisent à souligner que le montant
indiqué est en accord avec les chiffres dont nous disposons et concerne spécifiquement
les quelques dizaines de dockers intermittents soumis au régime de la vignette du port de
Brest.
Les autres résultats pour le
risque manutention en Bretagne sont cohérents avec les résultats nationaux (coût moyen
dune incapacité temporaire pour le personnel mensualisé 11 082 F et pour les
autres personnels occasionnels 7 467 F).
Lobservation montre, par
ailleurs, pour les intermittents soumis au régime de la vignette que les deux tiers des
arrêts sont justifiés par des " douleurs lombaires " avec des
arrêts pouvant se poursuivre sur une très longue durée.
Ces constats montrent
linfluence du statut sur les résultats. Il faut noter que les efforts de
prévention qui sont de la responsabilité de la CRAM ne peuvent porter des fruits
quavec des acteurs volontaires dans ce domaine.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CAISSE REGIONALE DASSURANCE MALADIE DES PAYS DE LA LOIRE
La CRAM des Pays de la Loire a
pris connaissance de lextrait du rapport relatif à la réforme de la manutention.
La Cour souligne des différences
fortes qui ne sexpliquent pas seulement par les risques inhérents à la profession
entre la population des dockers et lensemble de la population salariée, que ce soit
le coût des accidents ou leur fréquence. Elle indique un chiffre élevé pour les
intermittents (50 114 F pour une incapacité temporaire) à Nantes, dans la
circonscription de la CRAM des Pays de la Loire.
Les éléments statistiques dont
nous disposons permettent de confirmer ce chiffre.
Les missions confiées à la
caisse régionale en matière de risques professionnels sont de deux types :
- Le calcul de la tarification annuelle, par
établissement, pour la couverture des accidents du travail et des maladies
professionnelles. Ce calcul est effectué sur la base des éléments de salaires fournis
par les entreprises elles-mêmes et des éléments de dépenses fournis par les caisses
primaires dassurance maladie. Le rôle de la caisse régionale ne consiste
quà appliquer les textes relatifs à cette tarification.
- La prévention des risques professionnels. La
réforme de la manutention a favorisé le développement dactions de prévention au
bénéfice des salariés de la manutention portuaire. En effet sil est très
difficile de sadresser aux dockers intermittents, cest-à-dire à des
individus, il est plus aisé de promouvoir la prévention auprès des entreprises
employant des dockers mensualisés ou occasionnels. Nos actions au bénéfice de ces deux
dernières catégories sapparentent à celles déployées auprès de toutes les
entreprises, quelle que soit lactivité.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA
CAISSE REGIONALE DASSURANCE MALADIE DU SUD-EST (CRAM SUD-EST)
La branche accidents du travail
maladies professionnelles de la CRAM-SE est préoccupée depuis longtemps par les
prestations dindemnisation des accidents du travail versées aux ouvriers dockers.
De plus, nous avons été
alertés par lUnion nationale des industries de la manutention de la remontée
actuelle des statistiques que rien ne permet dexpliquer sur le plan technique.
Notre action pour lutter contre
ce dérapage se situe à plusieurs niveaux :
- coopération avec
léchelon régional du contrôle médical en ce qui concerne la reconnaissance des
accidents ;
- conférence de presse sur la
prévention prévue avec lensemble des acteurs et partenaires de la manutention
portuaire ;
- action globale engagée avec
toutes les entreprises de manutention pour quelles lancent simultanément des
politiques et des actions de prévention cohérentes ;
- mise à lordre du jour de
nombreuses séances du comité technique régional concerné.
REPONSE DU PRESIDENT DU CONSEIL
NATIONAL DES TRANSPORTS (CNT)
Dans le texte qui ma été
envoyé, il est indiqué que le conseil national des transports " sest
jusquà maintenant focalisé sur les transports terrestres et plus particulièrement
routiers ".
Cela a été très largement le
cas dans le passé.
Sur ce point je crois toutefois
utile de souligner que le CNT a été mis en place dans le cadre de la Loi
dOrientation des Transports Intérieurs (LOTI) : ses compétences obligées
sont de ce fait limitées à ce type de transports dont le mode routier représente
environ 80 %.
Au-delà de cette compétence
obligatoire, rien nempêche bien évidemment le ministre en charge des transports de
saisir le CNT de questions débordant le cadre strict de ce texte.
Pour sa part, le CNT dans ses
rapports annuels comme dans ses rapports sociaux sest attaché à traiter de tous
les modes de transports, notamment maritimes.
Jajoute que
lorganisme que je préside soriente progressivement sur la prise en compte de
tous les modes de transports. Cest ainsi que, lors de son assemblée générale du 1er juillet
1999, il a présenté au ministre de léquipement, des transports et du logement, un
avis relatif à la desserte terrestre des ports français.
En outre, dans le but
dadapter les structures à lévolution, le ministre a demandé au CNT lors de
cette même réunion, du 1er juillet dernier, de lui faire des propositions de
modifications du décret du 24 février 1984 qui définit ses missions et ses
structures : il sagira, en particulier, de prévoir une articulation avec les
autres conseils existants ou futurs en matière maritime et aérienne afin dassurer
une prise en compte homogène et cohérente des politiques de transport.
Réponse dE
LADMINISTRATEUR DU GROUPEMENT DINTERET ECONOMIQUE (GIE) DRAGAGES-PORTS
Les travaux de dragage
réalisés dans les ports de la compétence de lEtat sont réalisés soit en régie
directe, soit à lentreprise. Dans le premier cas, les engins sont loués par le
groupement dintérêt économique (GIE) Dragages-Ports aux ports autonomes ou aux
services de lEtat chargés dun port dintérêt national, qui les arment
et les exploitent. Dans le deuxième, ils donnent lieu à appels doffres, remportés
par des entreprises belges ou néerlandaises, qui dominent le marché mondial du dragage.
Les comparaisons faites entre les
prix obtenus à loccasion des appels doffres et les coûts des engins
exploités en régie font généralement apparaître des écarts significatifs en faveur
des entreprises. Plusieurs éléments peuvent être avancés pour expliquer ces
différences : productivité intrinsèque des engins, conditions darmement,
coût dentretien des dragues du parc public, recours à une main duvre
à bon marché dans les entreprises, adossement de ces dernières aux marchés de leurs
pays, qui leur permettrait de coter leurs offres aux coût marginaux, caractère ponctuel
des opérations qui donnent lieu à appel doffres, etc
Cette situation exige
des efforts constants en matière de productivité du parc public, et, plus
généralement, le développement de réflexions sur ladéquation de
lorganisation de lactivité.
La politique actuellement suivie
dans les ports de la compétence de lEtat consiste à traiter à lentreprise
les dragages damélioration des infrastructures portuaires, et à traiter en régie
les dragages dentretien.
Cette politique permet dune
part dobtenir sur les opérations de travaux neufs des conditions de prix
avantageuses, obtenues au terme dappel doffres organisés opération par
opération ; les programmes de travaux neufs, par nature bien identifiés, sont
programmés, organisés et financés au coup par coup. Ces pratiques évitent la
constitution dun parc techniquement diversifié, qui serait nécessaire pour
répondre à la multiplicité des natures de travaux à réaliser dans le domaine des
dragages damélioration des profondeurs. Elles permettent aussi daccéder à
une certaine connaissance des prix du marché.
Elle est cohérente avec le
caractère éminemment stratégique de la tenue des profondeurs pour les ports, en
particulier les ports destuaire (on peut sur ce sujet se référer à
lorientation prise par le pool de ports britanniques Associated British Ports,
privatisés dans les années 1980, qui a créé pour des raisons de cette nature sa propre
filiale de travaux de dragages, laquelle assure, en exclusivité, lentretien de ces
ports). Elle intègre aussi le caractère permanent du besoin dentretien, et la
réactivité nécessaire pour faire face à lévolution souvent rapide de la
situation des profondeurs. Elle autorise enfin un traitement dans la durée du problème
social posé par lactivité.
La politique actuelle
sinscrit dans la continuité des efforts réalisés depuis plus de vingt ans pour
améliorer la productivité des dragages dentretien de nos ports. On peut rappeler
à ce sujet que le parc comprenait, peu avant la constitution de Dragages-Ports en 1980,
plus de 150 engins. Ce nombre a été ramené à 40 en 1999. Dans le même temps, les
effectifs (comprenant les marins, les personnels dateliers, et les administratifs)
sont passés de 2 000 en 1976 à 800 environ en 1999.
Depuis 1995, a en outre été
lancée une nouvelle réflexion sur ladaptation du parc de dragues consacré aux
dragages dentretien. Au terme de cette réflexion, il apparaît que :
. Le parc actuel est insuffisant
pour prendre en charge la totalité des travaux dentretien actuels, et a fortiori
ceux qui vont sy ajouter du fait dune part de la réalisation des grands
projets de développement des infrastructures portuaires que sont Port 2000 et Donges Est,
et dautre part des pressions des milieux écologistes pour labandon de
certaines techniques de dragage dentretien.
. Son âge moyen, en dépit des
opérations de renouvellement des années 1980, reste trop élevé ; et certains
engins sont techniquement obsolètes.
Ces réflexions ont conduit à
lélaboration dun schéma directeur du parc de dragues, qui consistera, au
cours des 10/12 ans à venir, à remplacer les engins les plus anciens par des dragues
modernes, moins nombreuses quaujourdhui (16 engins au total vers 2010, contre
41 en 1999) mais en moyenne plus importantes et dans tous les cas plus performantes. Le
parc qui résultera de cette opération sera nettement plus productif que lactuel,
et permettra la prise en charge de la totalité des travaux de dragage dentretien,
pour un coût global inférieur. Une conséquence de laugmentation de la taille
moyenne des engins sera que chaque drague aura à intervenir non plus quasi exclusivement
dans son seul port daffectation comme aujourdhui, mais souvent dans les ports
voisins. Cette situation implique une évolution des modes de gestion du parc, dans le
sens dune certaine centralisation de lexploitation des engins.
La mise en uvre de ce
schéma commence dès lexercice 2000, avec la mise en chantier de deux nouvelles
dragues aspiratrices en marche destinées à rétablir la capacité du parc, et à en
améliorer la productivité globale. La conclusion des marchés correspondants est
subordonnée à la conclusion daccords (passés avec les ports) sur les conditions
dexploitation des engins, visant à en développer le caractère interportuaire, et
daccords (passés avec les partenaires sociaux) sur les conditions darmement
des nouvelles dragues, visant à aligner léconomie de ces engins sur celle des
dragues équivalentes des entreprises belges et néerlandaises.
Globalement, les effectifs des
marins employés sur les dragues devraient décroître de 460 à 340 environ. Cette
évolution devrait permettre de ramener les dépenses de dragages dentretien (hors
hydrographie) des ports de la compétence de lEtat, consolidées, de 420 MF à 380
MF/an environ.
REPONSE DU DIRECTEUR GENERAL
DE LINSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE SUR LES TRANSPORTS ET LEUR SECURITE (INRETS)
La Cour indique dans son rapport
que " les services chargés des affaires portuaires ne bénéficient pas de la
part des organismes techniques dépendant du ministère de léquipement de
lappui qui leur serait nécessaire (...). LInstitut National de Recherche sur
les Transports et leur Sécurité (INRETS) concentre son activité sur les transports
terrestres et leur sécurité ".
Linstitut souhaite apporter
les éléments de réponse ci-après exposés visant : dune part, les
modalités de prise en compte de la demande, dautre part, la présence de
linstitut dans le domaine portuaire ou sur des recherches pouvant indirectement
toucher le domaine portuaire.
Les modalités de prise en compte
de la demande
LINRETS, placé sous la
tutelle du ministère chargé de la recherche et du ministère de léquipement, des
transports et du logement, élabore chaque année outre un projet de budget, un programme
de recherche lequel constitue une déclinaison du programme pluriannuel. Programme
pluriannuel et programme annuel sont présentés au ministère de tutelle et aux instances
auprès de linstitut, conseil scientifique, conseil dadministration, chacun
pouvant demander des inflexions aux programmes ou demander que les orientations futures
intègrent telle ou telle préoccupation.
Il napparaît pas dans les
débats antérieurs de demandes présentées quauraient pu relayer, de la part de la
direction chargée des ports, le représentant du ministère chargé des transports.
Si en effet, lINRETS
consacre une partie importante de son activité aux transports terrestres et à la
sécurité, il nest pas, pour autant, absent du domaine de transports,
linstitut devant appréhender tous modes de transports, comme en témoigne les
programmes pluriannuels ou les rapports dactivités.
La présence de lINRETS dans le domaine portuaire
Le programme de recherche
1996-1999 comporte un axe consacré aux transports maritimes comportant des aspects
relevant de la socio-économie, de lergonomie ou faisant appel à des technologies
avancées.
Les objectifs généraux de
laxe maritime sont : lanalyse des politiques maritimes et des chaînes de
transport international, la définition et lévaluation des moyens logistiques et
des systèmes dinformation qui y sont associés, la définition et
lévaluation des systèmes dinformation et de gestion du trafic maritime et
fluvial, lévaluation et/ou la conception de nouveaux outils pour laide à a
conduite des navires constituant le trafic maritime et fluvial.
Ainsi sont menés des travaux sur
: les chaînes de transport maritime et le commerce international ; les marchés
maritimes et les conditions de concurrence ; la compétitivité portuaire
européenne ; les liens télématiques entre les ports et leurs partenaires (dans le
cadre du projet COST) ; la politique des coûts et charges des systèmes
dinformations communautaires des ports ; lanalyse et lévaluation
de système dinformation pour la gestion des flux de marchandises ; le système
MATIAS, projet du 4ème programme civil de recherche et de développement -Maritime Trafic
Image Advanced System- visant le développement de méthodes capables de reconstituer et
de prédire limage du trafic maritime dune zone aussi vaste que la
Méditerranée, la Baltique ou la Mer du Nord ; le réseau VTMIS-NET (Vessel Traffic
Management Information System - Network) ; les conditions dusage des systèmes
dinstrumentation à bord des ferries à haute vitesse.
REPONSE DU PRESIDENT DE LA SOCIETE FRANÇAISE
DETUDES ET DE REALISATIONS MARITIMES PORTUAIRES ET NAVALES (SOFREMER)
Devant les difficultés
rencontrées dans lingénierie classique (baisse du marché, concurrence avec les
ports autonomes, développement de la privatisation des ports) les actionnaires de
Sofremer ont décidé en 1997 de réorienter lactivité de Sofremer vers les
services à lexploitation portuaire (animation technique, conseil) dans le cadre de
concessions dinfrastructures portuaires qui se développent partout dans le monde.
Cette réorientation sest
faite par adossement au groupe EGIS (ex-Scetauroute), à travers sa filiale Transroute
International, dans le cadre de la diversification du groupe dans de nouvelles
infrastructures de transport (ports, aéroports, transports en commun en site propre).
Transroute International est
devenue en 1997 actionnaire de Sofremer par rachat des actions détenues par lEtat
français et la Caisse Française de Développement, puis majoritaire (70 %) par
augmentation de capital réalisée en 1998.
Les ports autonomes et
lUPACCIM sont restés actionnaires à hauteur de 30 %, le savoir-faire des ports en
matière dexploitation portuaire complétant le savoir-faire du groupe EGIS en
matière de montage de concessions.
Le nouvel actionnariat de
Sofremer permet davoir un responsable bien identifié (le groupe EGIS) de la bonne
marche et du développement de la société. La nouvelle orientation de Sofremer fait
disparaître les problèmes éventuels de concurrence avec les ports autonomes, ceux-ci
nétant pas habilités à intervenir directement dans les exploitations portuaires
à létranger.
REPONSE DU PRESIDENT DU SAN DES RIVES NORD OUEST DE
LETANG DE BERRE
Le SAN des Rives Nord
Ouest de lEtang de Berre, regroupant les trois villes Istres, Fos-sur-Mer, Miramas,
souhaite apporter les observations suivantes :
- le Port Autonome de Marseille
(P.A.M.) possède un site localisé sur le territoire syndical et plus précisément la
commune de Fos-sur-Mer, distant de 50 kms de Marseille. La phrase " A Marseille
la fiscalité appliquée dans la zone de Fos " mériterait davantage de
précision ;
- lappréciation
" la fiscalité locale appliquée dans la zone de Fos
par le S.A.N. est
forte " demande à être nuancée, sachant que les entreprises installées sur
la zone relevant du territoire syndical sont pour la plus grande part plafonnées à la
valeur ajoutée ;
- concernant le comparatif avec
les ports dEurope du nord, et sans appréciation plus délicate sur le plan
international, il convient de constater que les entreprises capitalistiques ne décident
pas de leur implantation en mettant en exergue le seul coût fiscal (selon le conseil des
impôts. Le facteur taux dimposition est secondaire dans lintention de
délocaliser) : lorsquelles ont cette préoccupation, elles prennent en
considération le coût réel (impôt sur les sociétés, cotisations sociales,
plafonnement à la valeur ajoutée).
En outre, le rapport du Sénat,
qui lui-même se réfère aux études du conseil des impôts, nous paraît plus argumenté
que celui du port autonome et les conclusions plus pertinentes pour conclure que
loriginalité française dans cette comparaison est essentiellement le manque de
lisibilité qui provient de lémiettement de la carte administrative. Par
conséquent, la seule citation du taux de taxe professionnelle voté par les
collectivités, dans le rapport de la Cour, lui-même
" crédibilisé " par un rapport non officiel ne nous paraît pas
souhaitable, en tant que déformant les conclusions officielles et, incomplet dans
lappréciation du régime fiscal global des entreprises implantées dans la région
portuaire. En tout état de cause, la collectivité souhaiterait bénéficier de la
faculté dexonération dans le cadre de la politique daménagement du
territoire dont elle est actuellement exclue.
Il est à signaler également que
les projets logistiques ne sont pas éligibles à la prime daménagement du
territoire, ce qui ne permet pas aux collectivités territoriales dabonder ces
implantations, contrairement à ce qui existe dans certains pays visés.
Enfin, la proposition du conseil
national des impôts dinstaurer une taxe professionnelle unique et le système
centralisé existant en la matière au Royaume-Uni semble introduire une novation de
nature à priver les collectivités de leur autonomie fiscale et par conséquent, à
supprimer lappréciation locale sur la décision dinvestissement en laissant
à lEtat lintégralité de la politique fiscale.
|