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13 de junio de 2026 - Año XXX
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LA POLITIQUE PORTUAIRE FRANCAISE

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2' La r'forme de la manutention

a) Le nouveau r'gime de travail de la manutention portuaire

La situation ant'rieure ' 1992

Avant l’entr'e en vigueur de la loi du 9 juin 1992, le r'gime de travail des dockers 'tait r'gi par la loi du 6 septembre 1947, qui faisait suite ' un dispositif l'gal et r'glementaire mis en œuvre en 1939 et 1941. Un arr't' du 13 mai 1939 avait subordonn' l’acc's dans les ports des " ouvriers dockers et tous ouvriers travaillant d’une mani're intermittente ' l’exploitation du port " ' la d'tention " d’une carte d’identit' d'livr'e par le directeur du port ou l’ing'nieur en chef du service maritime ", anc'tre de la carte professionnelle de garantie, dite " carte G ". L’acte dit loi du 21 juin 1941, promulgu' par le gouvernement de Vichy, a ensuite institu' les bureaux centraux de la main d’œuvre (BCMO) : jusqu’alors, " le travail de manutention 'tait demeur' enti'rement libre et l’embauchage s’effectuait dans des conditions les plus pr'caires, le docker se rendant de sa propre initiative ' un endroit d'termin' du port o' il n’'tait pas assur' de trouver du travail, alors que la main d’œuvre pouvait faire d'faut sur un autre point du port " (expos' des motifs de la loi de 1947). La loi de 1947 compl'tera ce dispositif en instituant une garantie de r'mun'ration en p'riode de ch'mage, vers'e dans la limite de cent jours par an par une caisse professionnelle, la Caisse nationale de garantie des ouvriers dockers, la Cainagod.

Ce statut ' l’origine 'conomiquement efficace et socialement innovant connut rapidement des d'rives : sous-emploi des effectifs de dockers, contr'le de l’embauche et de la carri're des dockers par un syndicat unique, accroissement des co'ts du travail. En 1969, le ministre de l’'quipement pr'senta donc une premi're tentative de mensualisation : son projet instituait dans certains ports la garantie d’emploi, permettant ainsi aux ouvriers professionnels de devenir des permanents des entreprises de manutention, de fa'on ' les rapprocher du statut en vigueur dans les ports allemands ou hollandais. Confront' ' une gr've de 77 jours, il fut contraint d’abandonner cette r'forme.

Au cours des ann'es quatre-vingt, de nombreux plans sociaux successifs s’av'r'rent insuffisants ' faire 'voluer le syst'me et red'marrer les trafics, en particulier en raison de la poursuite des attributions de carte G. De 1982 ' 1986, plus de 1 600 cartes G ont 't' distribu'es, malgr' la stagnation des trafics et la poursuite de la conteneurisation. Dans le m'me temps, 2 600 dockers intermittents sont partis en pr'retraite.

Suite ' un contr'le de l'organisation du service de la main d’œuvre portuaire et des comptes et de la gestion de la Cainagod au d'but des ann'es quatre-vingt dix, la Cour avait soulign' l’insuffisance et l’impr'cision des textes relatifs ' la Cainagod et aux BCMO ainsi que le poids du monopole syndical dans la gestion de la carte professionnelle et dans l’organisation du principe d’une priorit' d’embauche pour les ouvriers dockers professionnels. Sur ces diff'rents points, la r'ponse faite ' la Cour indiquait simplement que la r'forme devrait faire 'voluer les choses.

Les principes de la r'forme

La loi du 9 juin 1992 s’articule autour de quatre id'es : mensualisation, d'p'r'quation de la gestion des intermittents (c’est-'-dire les ouvriers non mensualis's), ma'trise du taux d’inemploi, maintien de nombreux particularismes.

La loi visait d’abord ' faire des ouvriers dockers des personnels de droit commun, employ's en contrat ' dur'e ind'termin'e dans les entreprises de manutention. L’objectif principal 'tait de redonner ' ces entreprises le pouvoir disciplinaire qui leur 'chappait, de contraindre les manutentionnaires ' prendre en charge la formation professionnelle et de supprimer le syst'me des halls d’embauche o' la main d’œuvre se pr'sentait en masse deux fois par jour.

La loi a, en outre, mis fin au syst'me de p'r'quation nationale institu' en 1947, o' les employeurs cotisaient pour indemniser l’inactivit' de l’ensemble des ouvriers dockers au niveau national. D'sormais, avec la d'p'r'quation, les cotisations doivent financer les indemnit's de garantie des seuls intermittents de la place et les dockers professionnels intermittents (ouvriers non mensualis's et titulaires d’une carte G) sont g'r's dans le respect de deux limites : le taux de vacations ch'm'es par rapport aux vacations travaill'es ne doit pas d'passer un certain pourcentage (15 ' 30 % selon les ports) ; dans les bureaux centraux de la main d’œuvre (BCMO), l’effectif des dockers professionnels intermittents ne doit pas d'passer un certain pourcentage (de 15 ' 20 % selon les ports) de l’effectif des dockers professionnels de ce bureau.

D's que ces taux maxima sont d'pass's, le directeur du port autonome ou le chef du service maritime, en sa qualit' de pr'sident de BCMO et donc de repr'sentant de l’Etat, doit proc'der aux radiations des dockers en surnombre dans un d'lai de trois mois. Cette obligation lui incombe. Le l'gislateur ne lui a laiss' aucune marge d’appr'ciation sur l’opportunit' d’intervenir. Il lui a ainsi impos' une obligation de faire et de r'sultat. L’indemnisation de ce retrait de carte devait faciliter les radiations afin d’'viter, comme le pr'cise l’expos' des motifs, le r'tablissement chronique, apr's chaque plan social, d’un inemploi inacceptable ".

N'anmoins, les principaux 'l'ments exorbitants du droit commun issus de la loi de 1947 sont maintenus : cartes professionnelles " G " existantes conserv'es tant pour les ouvriers mensualis's que pour les intermittents ; r'gime de travail intermittent g'r' par le BCMO pour les titulaires de la carte G ne souhaitant pas 'tre mensualis's ; instance paritaire locale du BCMO compos'e de repr'sentants du directeur du port ou du chef du service maritime de la DDE, des entreprises de manutention et des ouvriers dockers ; d'finition de " t'ches r'serv'es " aux titulaires d’une carte professionnelle, 'quivalant ' un " monopole d’intervention ". La loi de 1992 appara't clairement comme une loi de transition. Ce n’est donc qu’avec le d'part du dernier ouvrier titulaire d’une carte professionnelle, soit vers 2020 puisque le plus jeune est 'g' de 35 ans, que plus aucun r'gime sp'cifique de travail ne sera applicable.

b) Les limites de la r'forme

L’examen de l’application de la loi du 9 juin 1992 relative au r'gime de travail de la manutention portuaire conduit ' formuler trois observations principales. La manutention portuaire fonctionne selon une organisation encore fort 'loign'e du droit commun du travail. Des dispositions l'gislatives essentielles de la loi de 1992 et du code du travail ne sont pas appliqu'es. Certaines dispositions issues de la loi de 1992 se sont r'v'l'es rapidement inadapt'es, posant d’importants probl'mes pratiques ou de droit ; pourtant, six ans apr's, elles n’ont pas encore 't' modifi'es ou supprim'es. Ces observations concernent directement la responsabilit' de l’Etat en tant que tutelle ou agissant par l’interm'diaire des directeurs de port ou des chefs de service maritime : c’est ' lui qu’incombent la mission de veiller ' faire appliquer la loi sur tout le territoire, et celle d’'dicter des r'gles adapt'es.

Une organisation encore fort 'loign'e du droit commun

La loi du 9 juin 1992 a permis d’introduire des changements importants qui d'coulent de la mensualisation et de la mise en place d’une convention collective, et vont dans le sens d’une banalisation du r'gime de travail de la manutention portuaire. N'anmoins, l’organisation du travail, encore 'loign'e du droit commun, en particulier en mati're de libert' d’embauche et de licenciement, reste marqu'e par le poids d’une gestion collective, illustr'e par les modalit's du recrutement des ouvriers " occasionnels ".

Certes, des 'l'ments empruntent au droit commun

Des 'l'ments de droit commun du travail sont d'sormais introduits dans l’organisation du travail de la manutention portuaire. Les ouvriers sont largement mensualis's dans les entreprises. La mensualisation, qui s’est faite plus rapidement que pr'vu, en particulier dans les petits et moyens ports, n’a eu lieu que tardivement au Havre (ao't 1993) et partiellement ' Marseille (mai 1993), o' subsistent 70 % des 632 dockers professionnels intermittents de France, soit 41 % des 1 093 dockers de la place au 31 d'cembre 1997. Le recours ' l’int'rim pour la main d’œuvre d’appoint ou l’embauche de jeunes est d'sormais utilis' ' Dunkerque, St Malo, Lorient (p'che), Caen, Rouen et Nice. Il est pratiqu' sous la forme de contrats de qualification ' Dunkerque. En outre, fait nouveau, des retraits de carte professionnelle apr's licenciement pour faute ont 't' d'cid's par les pr'sidents des bureaux centraux de la main d’œuvre (BCMO, cf. tableau joint en annexe n' 4).

Une convention collective commune couvre l’ensemble des salari's de la manutention portuaire et l’ensemble des ports fran'ais. Elle pose le principe de la polyvalence possible entre niveau hi'rarchique et entre fili'res. Elle d'finit une classification des emplois pour l’ensemble des fili'res de la manutention portuaire : exploitation, administration et maintenance. La notion d’ouvrier docker y est r'duite aux deux premiers niveaux de qualification de la fili're " exploitation portuaire ".

Le contr'le de l’application de la l'gislation du travail ' la manutention portuaire a 't' transf'r' des ports et services maritimes ' l’inspection du travail de droit commun. L’enqu'te de la Cour a toutefois r'v'l' les difficult's et les carences dont souffrait ce service. La direction des relations du travail du minist're de l’emploi et de la solidarit' a r'pondu qu’elle comptait renforcer la coordination sp'cifique des inspecteurs du travail affect's ' des zones portuaires. Elle envisage pour ce faire une r'union destin'e ' favoriser un 'change des pratiques professionnelles et une analyse des situations, qui donnerait lieu par la suite ' des instructions 'crites aux services, en compl'ment de la seule et unique circulaire du 18 mars 1993 sur le sujet.

Mais le syst'me demeure encore 'loign' du droit commun du travail

Les textes de 1992 traduisent une absence de libert' r'elle d’embauche et de licenciement ' travers le m'canisme des priorit's d’embauche et par le maintien des cartes G, d'finis ' l’article L. 511-2 II. du code des ports maritimes. Le pouvoir de licencier est doublement contraint : par le droit, pour les ouvriers titulaires d’une carte G, de revenir au syst'me de l’intermittence, ce qui conduit ' la r'ouverture obligatoire des BCMO ant'rieurement mis en sommeil, d’une part ; par l’obligation pour les manutentionnaires de recruter en priorit' les titulaires d’une carte G, ce qui 'quivaut ' devoir faire appel aux m'mes ouvriers, apr's les avoir licenci's, d’autre part.

En outre, la main d’œuvre, bien que mensualis'e au sein d’entreprises distinctes, demeure g'r'e au niveau de l’ensemble de la place portuaire : il en va ainsi ' Marseille et ' Bordeaux pour l’'volution des r'mun'rations, tandis qu’au Havre et ' Marseille, la gestion des œuvres sociales est assur'e par des comit's interentreprises. Les causes de cette mutualisation sont multiples : n'cessit' 'conomique d’organiser des pr'ts de main d’œuvre interentreprises pour g'rer les pointes d’activit' ; persistance du monopole syndical, l’organisation syndicale locale contr'lant les embauches et s’imposant comme interlocuteur unique des employeurs au niveau d’une m'me place portuaire ; cr'ation de groupements d’entreprises par les employeurs (' Caen, Saint-Malo, Lorient, Nantes, La Rochelle, Saint-Nazaire). Ces structures, qui ne sont pas contestables en elles-m'me, recr'ent en fait des " BCMO priv's " qui ne favorisent pas le rattachement des ouvriers ' une seule entreprise.

Le recours au pr't de main d’œuvre, largement pratiqu' dans la plupart des ports, att'nue aussi les effets de la mensualisation des dockers dans une entreprise. L’inspection du travail n’a cependant pas constat' jusqu’ici de cas o' le pr't de main d’œuvre serait effectu' dans un but lucratif, par exemple en cas de facturation de la main d’œuvre pr't'e, non seulement ' hauteur du co't de la dur'e du pr't, mais augment'e de l’inemploi mensuel des ouvriers, ce qui pourrait 'tre qualifi' de d'lit de marchandage.

On constate aussi que la gestion des dockers n’est pas int'gr'e avec celle des autres personnels de la manutention portuaire : dans plusieurs ports, les entreprises ont cr'' des structures sp'cifiques pour mensualiser les dockers, les s'parant ainsi de leur personnel administratif et de maintenance. C’est particuli'rement le cas au Havre, mais aussi ' Bordeaux. Le fait que les dockers soient isol's dans une soci't' de main d’œuvre accro't de fait leur diff'renciation des autres salari's et donc leur tendance ' chercher des structures de gestion commune ' l’'chelle de la place.

La conjugaison de restrictions ' l’embauche avec une gestion maintenue au niveau de la place portuaire entra'ne des contraintes importantes pour les entreprises, parfois d’ailleurs souhait'es par celles-ci. Ces contraintes sont bien illustr'es par les r'gles r'gissant l’emploi des intermittents ou le recrutement des dockers occasionnels. Ainsi, dans tous les ports qui conservent un BCMO et des intermittents, les employeurs ont 't' amen's ' accorder une garantie minimale d’emploi aux intermittents. C’est en particulier le cas dans les ports autonomes de Rouen (3,5 jours par semaine), de Nantes (idem) et de Marseille. Ces syst'mes, contraires aux intentions du l'gislateur, r'duisent consid'rablement la souplesse r'siduelle que le maintien de l’intermittence permet d’escompter.

Concernant les occasionnels, d'finis comme " toute personne qui effectue un travail de docker au sens du code des ports maritimes ", (21)  le minist're charg' des ports a d' ' plusieurs reprises pr'ciser les dispositions applicables : absence d’obligation de passer par un lieu d’embauche, recensement a posteriori. N'anmoins, la pratique relev'e ' Bordeaux, Saint Nazaire, Marseille et Brest montre une tendance ' organiser un rep'rage a priori, voire ' fixer une liste ' laquelle les employeurs doivent obligatoirement recourir. Cette pratique va ' l’encontre du principe selon lequel toute personne peut pr'tendre devenir ouvrier docker occasionnel.

Parmi ces diff'rents points, la circulaire interminist'rielle du 22 d'cembre 1998 relative ' la manutention portuaire n’aborde que celui de la mensualisation au sein de groupements d’entreprises : " dans l’avenir, la pr'dominance de la mensualisation doit encore s’accentuer. La mensualisation au sein d’entreprises individualis'es contribue ' am'liorer la formation des personnels nouvellement recrut's ou d'j' embauch's, ainsi que la s'curit' du travail (...). Il serait pr'f'rable [ que les recrutements de jeunes dockers] soient effectu's dans des entreprises de manutention plut't que par des groupements d’entreprises dont le r'le consisterait exclusivement ' faire du pr't de personnel. "

Malgr' les avanc'es de la convention collective, le rapport de forces entre employeurs et salari's de la manutention portuaire conduit ' ce que certaines dispositions essentielles de la loi de 1992 et du code du travail demeurent inappliqu'es.

Le non respect de la d'finition restrictive des " travaux r'serv's "

La d'finition restrictive des t'ches imposant une priorit' d’embauche des cartes G n’est pas toujours respect'e, en particulier au Havre. Une particularit' du r'gime de travail de la manutention portuaire, qui visait, dans le cadre de la loi de 1947, ' garantir l’activit' des dockers intermittents des BCMO, r'side en effet dans l’existence de " travaux r'serv's ", expression inscrite dans la convention collective. Ces travaux sont d'finis par l’article R. 511-2 du code des ports maritimes. La priorit' d’embauche 'quivaut ' organiser un monopole d’intervention des titulaires d’une carte G pour les t'ches suivantes : op'rations de chargement et de d'chargement des navires et bateaux aux postes publics ; op'rations effectu'es dans des lieux ' usage public (terre-pleins, hangars ou entrep'ts) situ's ' l’int'rieur du domaine public maritime, et portant sur des marchandises en provenance ou ' destination de la voie maritime. Par d'rogation ' ces dispositions, d’autres op'rations peuvent 'tre effectu'es sans avoir recours ' la main d’œuvre des ouvriers dockers, notamment la reprise sur terre-pleins ou sous hangars et le chargement sur wagons ou camions par le personnel du propri'taire de la marchandise.

Selon la loi, la priorit' d’embauche r'serv'e aux dockers ne s’applique pas aux postes dits priv's ou ' usage privatif, r'serv's aux titulaires d’une occupation temporaire du domaine public sans obligation de service public. En outre, certaines t'ches ne leur sont plus r'serv'es, comme le pointage ' bord des navires, le tri, le classement et le relevage des bois.

Alors que la loi doit 'tre d’interpr'tation stricte, comme le pr'cise un avis du tribunal administratif de Lille du 4 juin 1991 relatif ' la loi de 1947, proche de celle de 1992 sur ce point, les dockers revendiquent p'riodiquement un monopole d’intervention pour des t'ches ne ressortissant pas de leur comp'tence. C’est le cas en particulier au Havre, o' les employeurs ont la m'me attitude (22), mais aussi ' Nantes-Saint-Nazaire, Marseille, Bayonne, La Rochelle, Concarneau et Boulogne : ils tentent soit d’'tendre leur intervention ' des t'ches du type brouettage/camionnage ; soit d’intervenir hors du domaine public maritime ou dans des lieux ' usage privatif ; soit ils revendiquent toutes les op'rations selon le crit're du domaine public maritime et toutes les op'rations de transbordement.

Au Havre, cette position a conduit ' des conflits s'v'res entre les manutentionnaires et les entreprises de transport routier. En outre, en raison de cette revendication et du co't de la manutention, le port autonome du Havre rencontre des difficult's ' louer les hangars publics, tandis que les travaux sous hangars priv's ou occup's ' titre privatif continuent de se rar'fier. Sur le plan 'conomique, les effets sont donc doublement dommageables pour le d'veloppement du port autonome du Havre. D’une part, le d'veloppement des zones logistiques du port autonome est entrav'. D’autre part, le d'veloppement des activit's de transbordement de conteneurs risque d’'tre frein' par le surco't des op'rations, estim' entre 30 et 60 % du co't des autres op'rateurs priv's. De ce fait, l’organisation de la manutention portuaire et la limitation du champ d’intervention des dockers sont un 'l'ment d'terminant pour la r'ussite du projet d’extension du port, dit " Port 2000 ".

A Marseille, l’accord de mars 1993 inclut parmi les travaux effectu's par les dockers de nombreuses t'ches qui ne leur reviennent pas juridiquement (saisissage, empotage/d'potage, chargement/d'chargement des bateaux fluviaux, pointage ou r'ception/livraison). Les ouvriers font aussi pression pour effectuer le brouettage des conteneurs ' Fos jusqu’' la plate-forme Distriport, situ'e hors du domaine public maritime.

Ces empi'tements multiples et r'p't's et la pression permanente exerc'e par les dockers pour obtenir un monopole d’intervention pour des t'ches ne ressortissant pas de leur comp'tence n’ont aucun fondement juridique et sont dommageables d’un point de vue 'conomique et du point de vue de l’autorit' de l’Etat. Sur cette question, la circulaire minist'rielle du 27 d'cembre 1998 relative au d'veloppement des investissements et des emplois dans les ports fait un bref rappel des textes avant de d'clarer que " pour les op'rations de manutention portuaire, l’objectif de l’emploi dans la fili're portuaire s’appuiera sur la pleine utilisation des ouvriers dockers professionnels ".

L’absence de retrait de la carte professionnelle

En cas de d'passement d’un certain taux d’inemploi des dockers professionnels intermittents ou en cas de proportion trop 'lev'e des intermittents par rapport aux mensualis's, l’Etat a l’obligation de proc'der au retrait de cartes professionnelles. V'ritable " soupape " du syst'me r'siduel de l’intermittence et qualifi'e de " pilier de la r'forme " du 9 juin 1992, cette obligation n’a n'anmoins quasiment jamais 't' mise en œuvre depuis 1992, alors que les taux maxima d'finis par la loi ont 't' d'pass's ' de nombreuses reprises et sur de longues dur'es (cf. tableau r'capitulatif en annexe n'4)

A Marseille, en particulier, alors que l’effectif des dockers professionnels intermittents ne doit pas d'passer 15 % ' Marseille-Est et 20 % ' Marseille-Ouest de l’effectif total des dockers professionnels des bureaux au 1er janvier 1992, cet effectif s’'levait ' 18 % ' Marseille Est et ' 22 % (154 sur 678) ' Marseille Ouest au 31 d'cembre 1997, du fait du retour au BCMO de nombreux intermittents, suite ' la liquidation de l’entreprise Somotrans en juin 1997. Interrog'e par la Cour sur l’absence constat'e de mesure de radiation, la direction du transport maritime, des ports et du littoral a indiqu' qu’elle " [ n’envisageait pas] , en l’'tat actuel des choses, de donner des instructions (...) au pr'sident du BCMO " pour qu’il applique la loi.

Les deux seules d'cisions de retrait de carte en raison du taux d’inemploi sur la p'riode 1992-1997 ont concern' Dieppe en octobre 1993 et Bayonne en septembre 1996. Elles n’ont 't' prises qu’apr's que le service maritime se fut assur' que le docker concern' avait re'u une proposition ferme d’embauche.

Certes, la seule menace de radiation pour cause de d'passement du taux maximal autoris' par la loi a souvent facilit' la n'gociation d’un accord local de plan social et/ou de mensualisation. Ce fut le cas ' St Malo en novembre 1993, ' Dunkerque en janvier 1994 et mars 1996 ou ' Lorient en juillet 1996.

N'anmoins, les pouvoirs publics ne se sont jamais r'solus ' appliquer strictement la loi. Interrog' par la Cour, le minist're de l’emploi et du travail a m'me affirm', en d'cembre 1998, que " l’Etat ne peut toutefois se substituer aux partenaires sociaux pour faire appliquer cette disposition. En outre, le minist're (...) n’a pas de comp'tence sp'cifique pour agir en la mati're, dans la mesure o' il n’y a pas de repr'sentant de ses services au BCMO ". Or le Conseil d’Etat a clairement jug' que le BCMO constituait une " section professionnelle du service d'partemental de la main d’œuvre " et rappel' que les d'cisions d’attribution et de retrait de la carte 'taient prises par le pr'sident du BCMO agissant en tant que repr'sentant de l’Etat (23).

En outre, ' Nantes, Rouen et Marseille, les partenaires locaux ont eux-m'mes mis en place des syst'mes visant pr'cis'ment ' 'viter d’atteindre les seuils au-del' desquels les radiations interviennent.

Etat et partenaires sociaux sont donc co-responsables d’une situation o' les pratiques et les accords organisent une transgression permanente de la loi ou un respect factice des seuils qu’elle fixe, ce qui permet, en r'alit', d’en contourner les objectifs. Une telle d'mission de l’Etat revient non seulement ' ignorer d'lib'r'ment la volont' du l'gislateur, mais encore le prive d’un instrument essentiel de r'gulation 'conomique des ports. A l’avenir, il devrait donc en restaurer l’usage.

Les pratiques discriminatoires ' l’embauche

Les pratiques discriminatoires ' l’embauche, illustr'es par l’attribution pr'f'rentielle de travaux occasionnels aux fils de dockers, sont habituelles. La r'forme de 1992 n’a apport' aucun changement aux pratiques ant'rieures qualifi'es de syst'me de " closed shop ". Or la discrimination ' l’embauche est une infraction r'prim'e par l’article L. 123-1 du code du travail et par l’article 416 du code p'nal.

L’accord sign' au Havre le 16 ao't 1996 avait le m'rite d’'tre explicite : " Les embauches (...) ne pourront se faire que dans le cadre du respect des priorit's d’embauche suivantes : (...) fils de dockers de l’entreprise concern'e, 'g's de 18 ans, n's ' compter du 1.1.78 ; fils de dockers des autres entreprises, 'g's de 18 ans, n's ' compter du 1.1.78 ; fils de dockers 'g's de 19 ' moins de 25 ans, n's ' compter du 1.1.72. (...) ". Cette clause a 't' d'nonc'e par le groupement d’employeurs, le Procureur de la R'publique ayant pr'cis' en septembre 1997 qu’elle pouvait faire l’objet de poursuites p'nales, et le pr'fet de r'gion l’ayant jug'e nulle et non avenue en f'vrier 1997. Dans l’accord local de Bordeaux du 12 juillet 1995 il est indiqu' ' l’article 4, relatif ' la main d’œuvre compl'mentaire, que les entreprises peuvent " favoriser l’emploi de membres de la famille des salari's de la fili're exploitation portuaire ".

L’existence d’un " tropisme familial " dans le choix d’une profession est un fait sociologique qu’il est difficile d’'viter et qui n’est pas n'cessairement n'gatif. Tout autre est, en revanche, la situation qui consiste ' prohiber toute embauche ext'rieure.

Les abus en mati're d’accidents du travail

Le r'gime favorable d’indemnisation des accidents du travail conduit ' ce que les incapacit's temporaires se multiplient lorsque le ch'mage des intermittents s’accro't dans un port. Au cours de plusieurs contr'les de caisses primaires d’assurance maladie, la Cour a relev' des disproportions flagrantes entre le poids des dockers parmi les assur's et le poids relatif des indemnit's journali'res per'ues (rapports de 1 ' 60 ou de 1 ' 80), et des 'carts notoires entre les d'penses moyennes par personne et les d'penses par docker (rapport de 1 ' 28) et par arr't de travail (rapport de 1 ' 3) dans un m'me d'partement. Des statistiques du comit' technique national des industries des transports montrent aussi qu’en 1993, le montant des prestations d’indemnisation des accidents du travail vers'es par arr't s’'levait ' 21 225 F pour le personnel mensualis' des entreprises de manutention, ' 74 760 F pour les ouvriers dockers intermittents, contre 12 955 F pour le personnel de manutention des gares ferroviaires.

Le rapprochement pour chaque ann'e, du nombre de vacations d'clar'es en accidents du travail, et du nombre moyen annuel de dockers professionnels intermittents mesur' par la Cainagod fait appara'tre que les dockers intermittents ont 't' en situation d’accident du travail pendant 30 ' 43 jours par an en moyenne depuis 1992.

La direction de la s'curit' sociale du minist're de l’emploi et de la solidarit' a fait proc'der ' une actualisation de ces donn'es par la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salari's. Elle confirme ces disproportions, qui ne s’expliquent pas seulement par les risques inh'rents ' la profession. Il en ressort qu’en 1997, la proportion des dockers ayant subi un arr't de travail suite ' un accident du travail est de 22,7 %, contre 4,4 % pour l’ensemble de la population des assur's composant les quinze comit's techniques nationaux. Surtout, le co't moyen d’un accident avec arr't est de 51 813 francs dans la population des dockers, contre 13 706 francs pour l’ensemble du r'gime g'n'ral. La diff'rence de d'pense moyenne par assur' est encore plus notable : elle atteint 11 738 francs pour les dockers contre 609 francs pour le r'gime g'n'ral. Au total, le montant des indemnit's journali'res touch'es par les dockers repr'sente 27 fois leur importance dans le r'gime g'n'ral. Au sein m'me de la cat'gorie des dockers, des disparit's importantes sont observ'es. Alors que la d'pense moyenne par docker est de 11 738 francs en 1997, cette somme atteint 9 415 francs pour un docker mensualis', 8 149 francs pour un docker occasionnel contre 30 333 francs pour un docker intermittent, avec des moyennes particuli'rement 'lev'es ' Port-Saint-Louis-du-Rh'ne (69 374 francs contre 13 374 francs ' Marseille), Nantes (50 114 francs) et dans la circonscription de la Caisse r'gionale d’assurance maladie de Rennes (70 921 francs).

De nombreuses dispositions inadapt'es

Certaines dispositions de la loi de 1992 ont rapidement pos' d’importants probl'mes pratiques ou de droit ; sept ans plus tard, elles n’ont pourtant pas encore 't' modifi'es ou supprim'es. La circulaire interminist'rielle du 22 d'cembre 1998 relative ' la manutention portuaire ne traite aucune de ces questions.

Une organisation contraire au droit de la concurrence

Le maintien de BCMO exer'ant les fonctions d’un bureau unique de placement des dockers, et la d'finition de " t'ches r'serv'es " aux dockers contreviennent au droit de la concurrence.

Le r'le et le fonctionnement du BCMO seul charg' de " l’organisation g'n'rale et du contr'le de l’embauchage des ouvriers dockers professionnels intermittents et des ouvriers dockers occasionnels dans le port " devront 'tre r'form's. Il a en effet 't' jug' par la Cour de justice des Communaut's europ'ennes (CJCE, 23 avril 1991, H'fner et Fritz Elser c/ Macreton GmbH) qu’un bureau de placement, m'me g'r' par une personne de droit public, ne peut avoir le monopole de l’embauche d’une cat'gorie de personnel : le fait de conf'rer ' un organisme un tel monopole conduit n'cessairement ' cr'er une situation d’abus de position dominante au sens de l’article 86 du trait' de Rome, en particulier lorsque cet organisme " n’est manifestement pas en mesure de satisfaire la demande que pr'sente le march' ' cet 'gard et qu’il tol're, en fait, une atteinte ' son droit exclusif par d’autres soci't's ". Or tel est bien le cas des BCMO, comme le montrent les insuffisances et d'faillances relev'es dans l’accomplissement des t'ches de suivi des occasionnels confi'es aux BCMO sur les ports o' il n’y a plus d’intermittents et o' le recours aux occasionnels s’effectue par l’int'rim.

De m'me, il appara't n'cessaire de supprimer l’obligation de recourir ' des titulaires d’une carte G pour effectuer certains " travaux r'serv's ". Cette obligation, en faisant peser des co'ts indus aux op'rations d’importations et d’exportations, contrevient, en effet, ' l’article 30 du trait' de Rome, qui interdit les restrictions quantitatives ' l’importation ainsi que toute mesure d’effet 'quivalent. La CJCE a conclu en ce sens, ' propos d’une disposition italienne proche, dans son arr't " Merci Convenzionali Porto di Genova c/ Siderurgica Gabriell " du 10 d'cembre 1991. (24) Une question pr'judicielle soulev'e en 1998 par la Cour d’appel de Gand est en outre en cours d’examen par la CJCE pour savoir si le fait d’accorder des droits exclusifs pour certains travaux ' des ouvriers portuaires reconnus peut conduire ' consid'rer l’entreprise concern'e comme occupant une position dominante.

Les dispositions relatives aux occasionnels

Les obligations l'gislatives et r'glementaires incombant aux entreprises concernant les occasionnels sont inadapt'es.

D’une part, bien que les occasionnels ne per'oivent pas d’indemnit' de garantie de la Cainagod, leurs r'mun'rations sont incluses dans l’assiette des cotisations des entreprises.

D’autre part, les entreprises doivent d'clarer au BCMO les vacations effectu'es par les occasionnels et lui fournir une liste de ces derniers, afin de pouvoir recenser leur activit', qui prend un caract're " r'gulier " d's lors que cent vacations par an sont effectu'es. Cette disposition a pour effet de favoriser la reconstitution d’une r'serve d’ouvriers sp'cialis's occasionnels reconnus a priori, en attente d’une mensualisation, et prot'g's.

De nombreux probl'mes d’interpr'tation

Malgr' de nombreux probl'mes d’interpr'tation, le dispositif r'glementaire relatif ' la manutention portuaire n’a pas 't' pr'cis', alors que des questions avaient 't' soulev'es d's le rapport du gouvernement sur l’application de la loi en 1993. Il convient, en particulier, de relever l’impr'cision des dispositions de la loi relatives au BCMO.

Ainsi, malgr' l’absence d’intermittents et donc de structure paritaire, des budgets de BCMO subsistent dans certains ports, et notamment en 1994, ' Toulon, Nice, Port-la-Nouvelle, Saint-Nazaire et Cherbourg. La notion de BCMO, qui fait, de fa'on confuse, tant't r'f'rence ' l’instance paritaire elle-m'me, tant't ' un service ext'rieur de la Cainagod pouvant fonctionner sans instance paritaire, m'riterait d’'tre clarifi'e.

De m'me, dans des ports o' il ne reste plus d’intermittents, les services de l’Etat ne font pas toujours respecter l’obligation de recenser les ouvriers dockers occasionnels ayant r'guli'rement travaill' pendant les douze derniers mois. Tel est le cas ' Dieppe et ' Nice.

Enfin, la d'finition de ce qu’est un docker professionnel a elle-m'me 't' sujette ' diff'rentes interpr'tations. Ainsi, dans un arr't du 10 juin 1997, la Cour d’appel de Poitiers a consid'r' que des " dockers compl'mentaires " (et donc occasionnels) de La Rochelle 'taient des dockers professionnels. Elle a en effet consid'r' que " l’obligation de se pr'senter r'guli'rement ' l’embauche (...) [ suffisait] ' caract'riser le statut l'gal de docker professionnel ". Or la loi r'serve la qualit' de docker professionnel aux titulaires d’une carte G.

En conclusion, la r'forme du r'gime de travail de la manutention portuaire reste ' mener ' son terme. Cet ach'vement d'pend tant d’une 'volution de l’attitude des entreprises, qui ne paraissent pas avoir encore parfaitement tir' les cons'quences de la mensualisation, que d’une action plus d'termin'e de l’Etat ' qui revient d’'laborer, et surtout d’appliquer et de faire appliquer les textes l'gislatifs et r'glementaires. Cette action est indispensable pour parvenir ' un r'gime de travail de droit commun et pour r'duire les co'ts de gestion, disproportionn's aux besoins, engendr's par l’existence des BCMO et de la Cainagod. La DTMPL elle-m'me estime qu’il est l'gitime de se poser la question du co't de la Cainagod au regard du nombre de personnes concern'es par le versement des indemnit's de garantie.

Au total, en 1996, les employeurs ont cotis' ' hauteur de 8 MF, soit 277 F par vacation ch'm'e, pour que les structures de la Cainagod et des BCMO versent une indemnit' de garantie de 107 F aux dockers intermittents et effectuent les t'ches de tenue des registres, d’organisation de l’embauche, de pointage et de contr'le qui leur incombent. Or le volume de ces t'ches a 't' consid'rablement r'duit ; du fait de la mensualisation, elles ne portent plus que sur un faible nombre de dockers (509 en 1996). Pour la seule structure centrale de la Caisse, les d'penses de fonctionnement courant, hors plans sociaux, hors indemnit's de garantie et hors d'penses des BCMO, s’'levaient ' 5 MF.

Il convient de pr'ciser que, contrairement ' l’analyse de la Cainagod, la Cour consid're que l’ensemble des t'ches exerc'es par la Caisse et les BCMO ne sont pas dissociables de la gestion des indemnit's de garantie. D's lors, le fait de comparer le montant des cotisations patronales encaiss'es, celui des indemnit's vers'es et les autres d'penses de ces structures, que refuse la Cainagod, appara't justifi'.

c) L’accompagnement social a 't' tr's co'teux

La d'marche initiale du plan social

Parall'lement ' la r'forme du statut des dockers, il a 't' d'cid', en 1992, de faire " sortir du statut " une partie des dockers dits " carte G " ou " dockers professionnels " . Cette diminution de l’effectif devait s’obtenir par un accord propre ' chaque port entre l’Etat, les manutentionnaires et les repr'sentants des dockers, accord fond' sur des dispositifs " de base " communs ' tous les ports, am'nag's en fonction des conditions locales. Les pouvoirs publics estimaient initialement le co't de ce plan social ' deux milliards de francs environ, dont 700 MF ' la charge directe de l’Etat.

La d'marche choisie par l’Etat comportait d's l’origine plusieurs inconv'nients qui ont, par la suite, pes' lourdement sur la gestion et le financement du plan social. L’Etat a li' le plan social ' un accord sur la mensualisation. D's lors, les conflits portant sur cet accord ont entrain' une surench're des partenaires sociaux sur le contenu du plan social, ou sa mise en œuvre tardive. En outre, l’Etat a remis aux manutentionnaires le pouvoir de n'gocier un accord de plan social. Or ils n’'taient pas, jusqu’' la mensualisation, les employeurs des dockers, et leur situation financi're rendait illusoire leur participation effective au financement du plan social, autrement que par une simple r'percussion sur les clients. Enfin, l’Etat, une fois fix'es les conditions minimales de d'part en plan social, n’a plus 'dict' de directives pr'cises, y compris pour les ports autonomes.

Les mesures minimales accord'es comportaient des d'parts " volontaires " pour les dockers 'g's de moins de 50 ans. En contrepartie de l’abandon de leur carte professionnelle, ils b'n'ficiaient d’une indemnit' forfaitaire de 200 000 F qui pouvait 'tre augment'e localement et d’un cong' de conversion de 18 mois avec une allocation de 65% du salaire ant'rieur. Des " mesures d’'ge " 'taient pr'vues pour les dockers plus 'g's (entre 50 ans et la retraite). Entre 50 ans et 55 ans et trois mois, ils b'n'ficiaient d’un cong' de conversion, d'rogatoire par sa dur'e, indemnis' ' 65% du salaire ant'rieur. Ensuite, et jusqu’' l’'ge de la retraite, les dockers recevaient des allocations sp'cifiques du fonds national pour l’emploi (ASFNE). D’une mani're d'rogatoire au droit commun, les entreprises de manutention ont 't' dispens'es d’apporter une contribution aux ASFNE vers'es. Au total, alors que 8 500 dockers professionnels 'taient recens's au 1er janvier 1992, 4 175 personnes ont b'n'fici' du plan social, se r'partissant ' parts quasiment 'gales entre les mesures d’'ges et les d'parts volontaires.

Les d'rives

L’entr'e en vigueur de ces dispositifs 'tait subordonn'e ' la signature des accords locaux. La date limite, fix'e initialement au 15 juillet 1992, a 't' ensuite progressivement report'e, pour tenir compte des difficult's d’aboutir, notamment dans les grands ports. La date du 31 d'cembre 1993 a 't' finalement retenue pour la mise en œuvre du plan social. N'anmoins, de 1994 ' 1996, de nombreux plans sociaux ont 't' rouverts au b'n'fice de Bordeaux, La Rochelle, Boulogne, Dunkerque et Lorient.

Surtout, les accords locaux ont d'fini des conditions de d'part propres ' chaque place portuaire. Ils ont conduit ' offrir aux dockers des conditions financi'res plus avantageuses pour les encourager au d'part et ' 'largir le plan social ' des cat'gories pour lesquelles l’Etat n’avait pas d'cid' d‘accorder un financement particulier. Les primes de d'part accord'es ont atteint des montants bien sup'rieurs ' 200 000 F. Ainsi, la prime de d'part moyenne pour les mesures de conversion volontaire s’est 'lev'e ' Nantes ' environ 650 000 F par personne, en sus de l’allocation de cong' de conversion vers'e pendant dix-huit mois.

Le b'n'fice des mesures d’'ge a 't' 'largi ' Marseille et au Havre aux dockers atteignant l’'ge de 50 ans au 31 d'cembre 1996, autorisant ainsi des d'parts ' 47 ans en 1993, avec 65% du salaire ant'rieur. Cette mesure a eu un co't important : l’Etat ayant consid'r' qu’il ne s’agissait pas de r'els d'parts en mesure d’'ge, mais d’une garantie de ressources accord'e par les employeurs, c’est la part locale du plan social qui a int'gralement financ' cette mesure, tandis que les sommes vers'es 'taient soumises aux cotisations sociales et aux taxes frappant les salaires. A Marseille, sur 400 d'parts " en mesures d’'ge ", 200 correspondaient ' cette garantie de ressources suppl'mentaires. Au Havre, le co't des indemnit's ainsi vers'es a atteint 135,2 MF pour 291 d'parts d’ouvriers 'g's de 47 ' 50 ans. Au total, le co't moyen de ces seuls 291 d'parts " hors normes " a atteint 2 MF, soit nettement plus que la moyenne havraise (1,132 MF), d'j' tr's sup'rieure ' la moyenne nationale. En y ajoutant des compl'ments locaux, les montants vers's individuellement aux dockers ' leur d'part (donc hors ASFNE) ont pu atteindre pr's d’un million de francs au Havre.

En outre, plusieurs cat'gories de salari's ont b'n'fici' de mesures identiques ' celles du plan docker et ont donc 't' int'gr'es ' la part locale et ' son financement. Il s’agit, comme ' Marseille et ' Rouen, de salari's des entreprises de manutention qui n’'taient pas des dockers ou, dans les cas de Lorient ou des " apprentis " du Havre, de salari's portuaires non titulaires de la carte G.

Enfin, le montant de la part locale du plan social inclut souvent des d'penses ext'rieures au plan mais rattach'es ' celui-ci par les acteurs locaux. C’est en particulier le cas au Havre pour le reliquat du financement du plan social de 1988 et les d'penses propres au groupement des employeurs de main-d’œuvre, et ' Rouen pour les " frais annexes " concernant des agents de l’union des employeurs, l’indemnisation des d'l'gu's des dockers ' hauteur de 320 000 F, les indemnit's pour pr'judice d' aux gr'ves de 1992 et les d'penses li'es ' un plan social de 1990.

Le tableau de la page suivante retrace le co't effectif des d'parts, dans lequel entrent non seulement les sommes per'ues par les dockers au moment de leur d'part, mais aussi les diverses indemnit's de cong's de conversion, les ASFNE, et le co't de gestion du plan social : les frais financiers, les co'ts administratifs et la charge des cellules de reconversion.

Ports

Co't total
(en MF)

part Etat
(en MF)

part locale
(en MF)

Co't par docker partant
(en KF)

Ports autonomes

       

Marseille

1 219

cong's: 244 ASFNE: 406

569

1 371

Le Havre

1 231,6

cong's: 211,7
ASFNE: 389,9

630

1 132

Dunkerque

361

cong's: 99,5
ASFNE: 113

148,5

778

Rouen

404,4

cong's: 115,6
ASFNE: 86,3

202,5

763

Nantes-Saint-Nazaire

148

cong's: 40,5
ASFNE: 43,5

64

836

Bordeaux

165,7

cong's: 37,5
ASFNE: 53,7

74,5

850

Ports d’int'r't national

       

Calais

22,5

cong's: 5,1 ASFNE: 10,5

6,9

536

Boulogne

78

cong's: 26,5 ASFNE: 33,8

17,7

1 000

Dieppe

68,1

cong's: 21 ASFNE: 26,1

21

747

Caen

13

cong's: 5,4 ASFNE: 3,6

4

1 080

Cherbourg

13,6

cong's et ASFNE: 6,4

7,2

453

Saint-Malo

27,5

cong's: 7,9 MF
ASFNE: 10

9,6

654

Brest

18,6

cong's: 4,4
ASFNE: 8,6

5,6

808

Concarneau

22,3

cong's: 18,5

3,8

530

Lorient

95,3

cong's: 30,7
ASFNE: 23,9

40,7

592

La Rochelle

77

cong's: 19
ASFNE: 18

40

939

Bayonne

25

cong's: 3,6
ASFNE: 5,4

16

1 315

Port La Nouvelle

12

cong's: 4
ASFNE: 5

3

666

S'te

126,3

cong's: 50,4
ASFNE: 27,9

48

1 041

Toulon

4,6

cong's:1
ASFNE: 2

1,6

511

Nice

47,8

cong's: 13,3
ASFNE: 6,5

28

824

Ajaccio (25)

0

0

0

0

Bastia

11,5

cong's: 1,4
ASFNE: 8,1

2

1 150

Total

4 192,8

2 249,2

1 943,6

 

Part Etat : cr'dits des minist'res du travail et de la mer, et allocations du FNE.
Part locale : financements priv's, ports autonomes, collectivit's locales.

Les dockers ont donc b'n'fici' de conditions extr'mement avantageuses, si on les compare aux autres plans sociaux ' caract're d'rogatoire r'cemment mis en œuvre. La Cour a ainsi relev' dans un chapitre de son rapport public pour 1997 consacr' ' " l’accompagnement par l’Etat des plans sociaux des entreprises " que le co't par personne s’'tait 'lev' ' 361 000 F dans l’automobile, dont les trois quarts ' la charge de l’Etat, et ' 170 000 F pour les transitaires en douane.

On peut enfin relever que le co't affich' au moment de la r'forme atteignait deux milliards de francs, alors que le co't final atteint plus du double. Un tel 'cart entre la pr'vision et la r'alisation trouve son explication dans le fait que le financement des allocations sp'ciales du FNE n’avait pas 't' pris en compte au d'part. D's lors, alors que la part de l’Etat devait 'tre de 700 MF selon le gouvernement, ou de deux tiers de deux milliards selon le rapporteur du S'nat, soit environ 1,4 milliard, elle a atteint en fait 2,25 milliards de francs. Il est regrettable que l’ensemble des co'ts n’aient pas 't' plus clairement affich's d's le d'part.

Une participation plus indirecte mais substantielle de l’Etat au plan social dockers a en outre pris la forme, en 1992, d’une r'duction de la r'mun'ration de la dotation en capital qui avait 't' accord'e par l’Etat aux ports par la loi de finances rectificative pour 1988. Cette dotation de 1,4 milliard de francs, pr'lev'e sur les recettes de privatisation, avait 't' initialement calcul'e de fa'on ' permettre aux ports de rembourser le capital restant d' au 1er juillet 1988 sur les pr'ts du fonds de d'veloppement 'conomique et social. Elle devait porter r'mun'ration ' un taux de 1 % en 1989 et 1990, de 3 % de 1991 ' 1993 et de 5 % au-del'. Or, en contrepartie de la participation des ports au financement du plan social dockers, l’Etat a d'cid' en 1992 de r'duire la r'mun'ration ' 1 % de 1992 ' 1996 inclus.

Ce faisant, l’Etat a proc'd' ' une compensation peu transparente entre ces deux mesures de d'penses et de recettes. Un nouveau dispositif transitoire a d’ailleurs 't' adopt' : le taux de r'mun'ration devait 'tre limit' ' 1,5 % en 1997, 2 % en 1998 et 2,5 % en 1999, les ports devant rembourser partiellement leurs dotations. Le tableau suivant r'sume cette participation indirecte de l’Etat pour chaque port autonome, entre 1992 et 1997.

Dunkerque

Le Havre

Rouen

Nantes

Bordeaux

Marseille

57,6 MF

69,6 MF

19,4 MF

24,4 MF

27,4 MF

55,6 MF

Enfin, les 'tablissements portuaires, malgr' l’absence de v'ritables directives de leur tutelle, sont beaucoup intervenus dans le financement des plans sociaux. Cette participation a pris non seulement la forme de versements directs aux caisses de compensation des cong's pay's (CCCP), pr'lev'es sur les fonds propres des 'tablissements - 53 % du plan social soit 304 MF au total pour le port autonome de Marseille et 258 MF au total pour le port autonome du Havre -, mais aussi celle d’une prise en charge du co't de tr'sorerie, avec une avance initiale de 60 MF ' Marseille, ou de garanties accord'es aux CCCP : c’est le cas ' Bordeaux et surtout au Havre, o' le port autonome a accord' des garanties ' hauteur de 350 MF au total.

Cette intervention met en lumi're le manque de coh'rence de l’Etat qui, tout en laissant le champ libre aux partenaires locaux, et notamment aux entreprises de manutention, n’a pas pris en consid'ration leur incapacit' ' assurer le financement des mesures auxquelles la n'gociation entre partenaires sociaux avait abouti.

En fait, l’Etat n’a pas choisi de trancher lui-m'me ou de laisser ' d’autres le soin de le faire. Il a ainsi cumul' les inconv'nients des deux formules.

d) L’impact sur la comp'titivit' des ports est incertain

Un manque de moyens pour mesurer cet impact

Les commissions de suivi

Des commissions portuaires de suivi ont 't' mises en place par circulaire du secr'taire d’Etat ' la mer du 26 octobre 1992 pour examiner la bonne application de la loi du 9 juin 1992, le d'roulement des plans sociaux et l’'volution de l’emploi et des trafics. Elles avaient aussi pour mission de veiller ' ce que les gains de productivit' soient bien r'percut's dans les tarifs et de s’assurer des am'liorations r'sultant de la r'forme et relatives ' la formation professionnelle et aux conditions de travail.

Dans les faits, ces commissions, pr'sid'es par les pr'fets, n’ont pas jou' leur r'le. Leurs r'sultats devaient pourtant alimenter le rapport annuel " sur la r'percussion sur l’ensemble des acteurs de la fili're portuaire et maritime des gains de productivit' tarifaires, des activit's de la manutention et sur l’'volution de l’ensemble de la manutention dans les ports fran'ais ", que le gouvernement devait d'poser chaque ann'e devant le Parlement, en vertu de l’article L. 531-2 du code des ports maritimes.

Ce rapport annuel du gouvernement n’a en fait 't' 'tabli par le minist're des transports qu’en mars 1994 pour l’ann'e 1993 et en juin 1996 pour l’ann'e 1995. En outre, il n’a pas 't' communiqu' au Parlement : le premier rapport a 't' transmis au Premier ministre par le minist're des transports, qui ne l’a pas d'pos' sur le bureau des assembl'es, mais seulement transmis aux parlementaires rapporteurs du projet de loi de finances ; le deuxi'me rapport n’a m'me pas 't' transmis au Premier ministre. En r'ponse ' une question parlementaire 'crite, le ministre charg' des ports s’est engag' en avril 1999 ' respecter ses obligations en la mati're.

La plupart des commissions de suivi n’ont en outre gu're 't' r'unies au-del' de 1994, alors que leur mission allait bien au-del' de la seule mise en place des plans sociaux. Les effets de la r'forme auraient d' en effet 'tre suivis sur une p'riode bien plus longue, compte tenu du caract're tardif de certains des accords locaux, de l’'talement dans le temps du financement du plan social et de l’importance des difficult's financi'res ou d’organisation du travail nouvelles ou persistantes malgr' la r'forme. Dans certains ports tels que Concarneau et Ajaccio, la commission n’a m'me pas 't' r'unie.

L’absence d’indicateurs de suivi

D's son rapport pour 1993, le minist're des transports faisait 'tat des grandes difficult's m'thodologiques rencontr'es pour appr'cier l’impact 'conomique de la r'forme : " des facteurs importants tels que la fiabilit' ou la qualit' des prestations ne sont gu're quantifiables ", " certaines indications chiffr'es concernant les co'ts et les prix sont toujours difficiles ' obtenir, de la part des entreprises de manutention mais aussi des armements ou m'me des chargeurs, en raison des probl'mes de concurrence et du caract're de confidentialit' qui s’attache aux tractations commerciales ". Malgr' ces r'serves, le rapport estimait, pour les ports ayant mis en œuvre la r'forme avant le printemps 1993 (donc non compris Marseille et Le Havre), que les gains de productivit' exprim's en journ'es de docker ' trafic donn' 'taient de l’ordre de 35 %. Ceci correspondait bien ' l’objectif affich' par le gouvernement, qui 'tait d’obtenir 30 % de productivit'. N'anmoins, le caract're apparemment ambitieux de cet objectif doit 'tre relativis' au regard des surco'ts et des dysfonctionnements ant'rieurs du secteur.

La " berth productivity ", mesurant le nombre de mouvements de portique pendant le temps o' le navire est donn' ' l’exploitation, de l’accostage jusqu’' l’appareillage, peut 'tre un indicateur de cette productivit' : elle s’'l've ' plus de 65 mouvements par heure dans les ports du nord de l’Europe, avec un objectif affich' de 100 mouvements par heure. Les niveaux fran'ais sont proches au Havre, mais demeurent de 35 mouvements par heure ' Marseille.

Un autre indicateur int'ressant pourrait 'tre celui de l’'volution des co'ts de passage portuaire. Mais toute 'valuation de ceux-ci se heurte ' l’absence de transparence dans la fixation des prix. Une 'tude r'alis'e en 1988 pour la direction des ports avait chiffr' les composantes du co't de passage portuaire, que la direction des ports a tent' d’actualiser en 1995. Il en ressortait une baisse de 25 % du co't global de manutention navire, incluant donc la location des outillages, pour la p'riode 1985-1995 et une baisse de 30 % en ramenant ce co't ' la tonne. L’impr'cision et l’insuffisance de ces donn'es ont conduit le ministre des transports ' annoncer, d'but 1997, la cr'ation d’un " observatoire des co'ts de passage portuaire ", charg' de suivre l’'volution des tarifs de la manutention et des gains de productivit' sur les quais. Cet observatoire n’a 't' mis en place que le 1er octobre 1998 et n’a jusqu’ici produit aucun r'sultat.

Selon les ports, plusieurs types de donn'es sur les estimations de " gains de productivit' " et de rabais tarifaires ont 't' suivies : les unes portent sur le rapport trafic/nombre de dockers, les autres sur les baisses tarifaires des entreprises de manutention, d’autres encore sur les diminutions de masses salariales globales dans les comptes des entreprises.

Le port autonome de Nantes-St Nazaire est le seul o' une " mission d’expertise " sur les tarifs pratiqu's par six entreprises de manutention, pr'vue dans la convention sign'e en juillet 1992 entre le port et les entreprises, a 't' mise en place par la commission de suivi. Le rapport d’expertise, en date du 18 juillet 1995, montre que les baisses de tarif pr'vues ont 't' largement d'pass'es. N'anmoins, le rapport constate leur faible impact sur le trafic lui-m'me.

L’int'r't de cette mission d’expertise doit 'tre soulign' : elle montre que, lors de la signature des conventions sur 1992-1994, l’Etat aurait pu 'tre bien plus exigeant ' l’'gard des entreprises de manutention sur les moyens ' prendre en commun pour suivre effectivement la r'alisation des gains d'gag's par la r'forme. Il est regrettable que des directives communes minimales sur ces moyens de suivi n’aient pas 't' adress'es par la tutelle aux ports autonomes et aux services maritimes.

A Marseille, la commission portuaire de suivi avait examin' en 1993 une int'ressante " note sur la m'thode d’'valuation des gains de productivit' et des baisses de co't g'n'r's par la r'forme de la manutention ", visant ' pr'ciser les indicateurs ' suivre. La m'thode et les tableaux de bord propos's avaient 't' adopt's quant ' leur principe. Pourtant, aucune suite n’y a 't' donn'e.

Au Havre, l’am'lioration de la productivit' s’est traduite dans l’'volution de la moyenne commerciale des portiques (mouvements par heure de fonctionnement des portiques passant de 21,5 en 1991 ' 18,7 en 1993, 22,4 en 1994 et 22,9 en 1996), de la productivit' par heure de s'jour ' quai (13,9 mouvements par heure ' quai en 1991, 16,4 en 1994 et 18,15 en 1996), et de la proportion des escales anormalement longues (25 % en 1993, 5,7 % en 1994 et moins de 3 % en 1996).

A Bordeaux, aucun suivi n’a 't' effectu'.

En l’absence d’orientations et d’exigences initiales formul'es par l’Etat, les donn'es suivies par les ports sont d’une grande h't'rog'n'it' et leur 'laboration d'pend totalement de la bonne ou mauvaise volont' des entreprises.

Des r'sultats peu satisfaisants

Malgr' la faiblesse des moyens d’'valuation que s’est donn' l’Etat, l’effet de la r'forme sur la comp'titivit' des ports peut 'tre approch' par une analyse de la situation des entreprises de manutention, dont bon nombre se trouvent dans une situation financi're d'licate et demeurent de ce fait tr's d'pendantes des aides de l’Etat, ainsi que par le rapprochement des objectifs de trafic, en particulier de marchandises diverses, avec les r'alisations.

La situation des entreprises de manutention

La situation des 99 entreprises de manutention demeure marqu'e par une grande dispersion : 87 d’entre elles emploient moins de 50 salari's. Cette multiplicit' de moyennes ou petites entreprises n’est qu’apparente lorsqu’elles sont d'tenues en r'alit' par les m'mes actionnaires, comme au Havre et ' Marseille. Nantes donne un exemple de dispersion persistante : trois entreprises y traitent le trafic de conteneurs et plusieurs le trafic agro-alimentaire, avec un pool de mat'riel commun, seuls les magasins en arri're-quai leur appartenant en propre. Manque de professionnalisme et faible industrialisation r'sultent d’un tel 'tat de fait.

N'anmoins, au niveau national, un mouvement de concentration des manutentionnaires se d'veloppe. Le principal groupe actif dans la manutention portuaire fran'aise est le groupe Bollor' technologies, actionnaire majoritaire de la Scac Delmas Vieljeux et de la SAGA depuis 1997. Les filiales de manutention de ces soci't's sont pr'sentes ' Marseille, au Havre, ' Rouen, Nantes-St Nazaire, Lorient, La Rochelle, Bordeaux, Dunkerque, Caen, St Malo, Cherbourg et Toulon. Le groupe de la CGM repr'sentait 20 % du chiffre d’affaires de la profession en 1992. La CGM ayant 't' rachet'e, ses filiales de manutention ont 't' c'd'es s'par'ment. D’autres groupes sont pr'sents, tels que L'on Vincent (Dieppe, Marseille), SGS/Matrama (Bordeaux, Bayonne, Lorient, Nantes-St Nazaire) ou Geodis, filiale de la SNCF (pr'sente ' Dunkerque, ' Marseille, au Havre et ' Rouen).

L’impact des grands groupes dans les n'gociations locales a 't' d'terminant, en particulier - ce qui peut surprendre - dans le sens de concessions importantes faites aux dockers. Cela a 't' le cas des accords de juillet 1994 au Havre et de d'cembre 1994 ' Marseille.

La concentration des entreprises est sensiblement plus pouss'e dans les ports concurrents. A Rotterdam, pr's de 90 % du trafic conteneurs est trait' par une seule entreprise. A Anvers, le regroupement de Hessen Natie et d’E.C.T. (sous le contr'le de la G'n'rale de Belgique) effectue 45 % de la manutention des marchandises diverses du port, soit plus que la totalit' du trafic de marchandises diverses du Havre. La question se pose donc de l’arriv'e de groupes 'trangers sur les ports fran'ais. La r'ussite ou les difficult's de l’implantation de manutentionnaires 'trangers constitueront certainement un crit're important pour juger de l’'tat de la r'forme de la manutention.

Des avanc'es qui demeurent fragiles

Les principaux r'sultats obtenus gr'ce ' la r'forme d'pendent largement des accords locaux. L’objectif de " fiabilit' sociale ", c’est-'-dire l’absence de conflits sociaux, est plut't atteint, mais demeure ' confirmer compte tenu du caract're r'cent d’un certain nombre de plans sociaux et d’accords locaux. Ainsi, des probl'mes sont r'apparus au Havre en 1997, en d'pit de l’accord de " paix sociale " sign' en ao't 1996 : des gr'ves perl'es ont entra'n' un ralentissement important des cadences et des temps d’attente pour les routiers, armateurs et chargeurs.

De mani're g'n'rale, les souplesses obtenues dans les accords locaux d'pendent fortement des solutions apport'es ' des probl'mes non trait's dans la convention collective tels que la modulation du temps de travail, ou l’application locale des grilles de r'mun'rations. A ces derniers se sont ajout's des accords d’int'ressement, valant substitution de r'mun'ration exon'r'e de cotisations sociales.

A Lorient, une nouvelle souplesse r'sulte du temps partiel annualis' ; ' Nantes, de l’annualisation du temps de travail : la dur'e hebdomadaire du travail peut s’'tendre de 20 ' 48 heures et les heures suppl'mentaires sont calcul'es sur l’ann'e. A St Nazaire, une annualisation du temps de travail, un accord d’int'ressement et une modulation des horaires sont entr's en vigueur d's 1992.

A Marseille, les nombreuses lourdeurs qui p'sent sur l’organisation du travail des mensuels expliquent la n'cessit' de recourir aux intermittents. De m'me, l’absence de polyvalence, qui permettrait qu’un ouvrier effectue des travaux de diff'rentes cat'gories le m'me jour, pose probl'me. Enfin, les accords de d'cembre 1994 ont abouti ' une hausse des salaires de 35 %, suivie apr's coup d’une stabilisation.

Au Havre, un accord de juillet 1994 a permis une certaine paix sociale, en contrepartie de l’embauche de 168 apprentis dockers sans carte G (26) au fur et ' mesure des gains de part de march'. Selon la direction d'partementale du travail et de l’emploi, les principales am'liorations ' obtenir portent sur la qualification, la polyvalence et la souplesse dans l’organisation du travail gr'ce aux progr's de l’annualisation et de la r'duction du temps de travail. Un accord d’ao't 1996 organisait les pr'ts interentreprises et le recours au CDD d’usage constant et devait ainsi diminuer le taux d’inemploi de 30 % environ. Aujourd’hui, la modulation et l’annualisation du temps de travail, qui permettraient de r'duire le niveau d’inemploi et de limiter l’intervention de l’Etat au titre du ch'mage partiel, sont loin d’'tre acquises.

La r'forme a donc permis de r'els progr's. Mais des difficult's locales subsistent, qui r'sultent d’accords ou de pratiques trop rigides en mati're de polyvalence ou de pr'ts de main-d’œuvre.

Le co't pour les entreprises de manutention

Malgr' les fragiles avanc'es d'crites ci-dessus, le co't de la r'forme a 't' 'lev' pour les entreprises : les sureffectifs ont en effet entra'n' un fort taux d’inemploi interne et un recours au ch'mage partiel, d’une part ; les co'ts de r'mun'rations ont augment', d’autre part. Les faillites ou mises en redressement judiciaire de plusieurs entreprises en 1996-1997 ' Marseille, Dunkerque, Bordeaux et au Havre sont significatives des difficult's financi'res de la manutention portuaire.

Deux facteurs expliquent l’importance des co'ts pour les entreprises. En premier lieu, le sureffectif (taux d’inemploi interne de 15-20 %) peut r'sulter d’une insuffisance de souplesse dans la gestion des horaires de l’effectif existant, parfois accentu'e par l’organisation d’un recours 'conomiquement injustifi' aux intermittents, comme ' Nantes ou Marseille. Au cours des ann'es 1994-1997, des aides au ch'mage partiel ou de passage au temps partiel ont m'me 't' accord'es ' Marseille, Dunkerque, Bordeaux, Lorient et au Havre. Ce sureffectif provient aussi du niveau initial de la mensualisation. D’un point de vue strictement 'conomique, il aurait d' correspondre au seul besoin d’embauche des employeurs. N'anmoins, en pratique, il a d'pendu des mesures de d'part volontaire li'es au plan social, dans un souci d’'quilibrer les efforts consentis par l’Etat, g'n'reux dans l’application du plan social, et ceux accord's par les entreprises en mati're de mensualisation.

En second lieu, les salaires des dockers, d'j' 'lev's, ont encore augment'. Un tableau r'alis' en 1995 par l’Union nationale des industries de la manutention (UNIM) montre que le salaire moyen annuel pond'r' s’'levait en 1994 ' 187 510 F (soit une moyenne de 15 625 F nets par mois) pour un ouvrier (pour 2843 ouvriers en 1994), ' 183 440 F pour un employ' (au nombre de 172), ' 220 160 F pour un agent de ma'trise (au nombre de 142) et ' 427 460 F pour un cadre (au nombre de 56). Les comparaisons avec les r'mun'rations moyennes ant'rieures ' la r'forme sont rendues difficiles du fait du faible niveau d’activit' de certains dockers avant 1992. Sous cette r'serve, on peut n'anmoins citer un membre du conseil d’administration du port autonome du Havre, non contredit, qui estimait en f'vrier 1995 qu’apr's l’accord de juillet 1994, les dockers gagnaient 30 ' 40 % de plus qu’avant la r'forme.

La mauvaise 'valuation initiale des charges patronales, conjugu'e avec l’engagement de maintenir les salaires nets des ouvriers au niveau de 1992, a constat' un facteur important du surco't salarial pour les entreprises. En 1992, il 'tait pr'vu que la mensualisation all'gerait les charges patronales. Or celles-ci ont 't' sup'rieures aux pr'visions, tant pour la cotisation accidents du travail dont l’importance a 't' sous-estim'e, que pour les cotisations au titre de la retraite : leur assiette portait auparavant sur un " salaire vignette " 'gal ' 80 % du salaire r'el.

L’'tat des cr'ances des ports autonomes et de la Cainagod ' l’encontre des entreprises de manutention est 'galement significatif des difficult's financi'res des entreprises, dont certaines sont " sous perfusion ". Ces cr'ances atteignaient 226,2 MF au 31 d'cembre 1997. Elles comprenaient au moins 37 % de cr'ances ' risque, provisionn'es ou non, et 'taient r'parties ' hauteur de 205,5 MF pour les ports autonomes et de 20,7 MF pour la Cainagod.

Les risques financiers inh'rents ' ces situations sont multiples, tant pour les ports que pour les entreprises. La mansu'tude d’un organisme public dans le recouvrement de ses cr'ances est en effet consid'r'e par la Commission comme une aide d’Etat (cf. d'cision de la Commission n' 91/144/CEE du 2 mai 1990).

Les objectifs d’activit' de marchandises diverses

La r'ussite de la r'forme peut aussi 'tre appr'ci'e au regard des objectifs de trafic de marchandises diverses fix's en 1992. Or, de mani're g'n'rale, ces objectifs n’ont pas 't' atteints dans le d'lai esp'r'. Le cas du Havre est significatif : l’'volution du trafic des marchandises diverses est rest'e nettement en-de'' des pr'visions sur lesquelles le financement du plan social a 't' 'tabli. En particulier, le trafic de conteneurs ne s’est gu're accru. Il s’'levait ' 8,77 Mt en 1991, 8,26 Mt en 1994, et 9,52 Mt en 1996 : soit une augmentation de 750 000 tonnes, repr'sentant + 8,5 % seulement en 5 ans selon une croissance moyenne annuelle de 1,65 %. Or l’objectif recherch' 'tait d’obtenir un accroissement de 6 Mt de marchandises diverses (dont 3,5 Mt de conteneurs), soit une croissance de 50 % ' atteindre en 3 ' 5 ans, et de 70 % d’ici 2002.

Au plan national, les indices d’activit' sont positifs mais pas spectaculaires : du point de vue des trafics, la r'forme a seulement permis de ralentir le d'clin des ports fran'ais, ce qui n’est pas n'gligeable, mais insuffisant.

Sept ans apr's l’entr'e en vigueur de la loi du 9 juin 1992 relative au r'gime de travail de la manutention portuaire, cette r'forme est inachev'e : beaucoup reste ' faire, sur le plan de l’impulsion et de l’action de l’Etat et sur celui de l’'volution des comportements des partenaires sociaux.

Recommandations

- acc'l'rer la transition de la manutention portuaire vers un r'gime de travail de droit commun ; 'laborer les textes d’application n'cessaires, en particulier pour r'duire les co'ts de gestion engendr's par l’existence des BCMO et de la Cainagod ; communiquer au Parlement les rapports annuels sur la r'forme de la manutention ; acc'l'rer la mise en place et les travaux de l’" observatoire des co'ts de passage portuaire " mis en place en octobre 1998

- faire respecter la loi de 1992 (priorit' d’embauche des dockers pour les seules t'ches leur 'tant r'serv'es, retrait de carte professionnelle en cas de d'passement des taux fix's par la loi) et le code du travail (non discrimination ' l’embauche, indemnisation des accidents du travail) ;

- mettre fin ' la compensation peu transparente constat'e (r'duction de la r'mun'ration de la dotation en capital de l’Etat pour participer au financement du plan social dockers) et restreindre tout am'nagement de la r'mun'ration de l’Etat au seul objectif initial de la dotation (remboursement par les ports du capital restant d' sur les pr'ts du FDES).


(21) Lettre du ministre des transports du 7 juillet 1993 rappelant une jurisprudence d'j' ancienne de la Cour de cassation (1967).

(22) Comme le refl'te la position de leur repr'sentant en conseil d’administration du 28 f'vrier 1997, hostile ' une ouverture des activit's de brouettage.

(23) CE, 13 juillet 1967, Sieur Allegretto et CE, 28 juillet 1995, port autonome du Havre.

(24) Elle a consid'r' que " le d'barquement des marchandises aurait pu 'tre effectu' ' moindres frais par l’'quipage du navire, de sorte que le recours obligatoire aux deux entreprises investies de droits exclusifs a entra'n' des co'ts suppl'mentaires et 'tait, d's lors, susceptible, de par son effet sur les prix des marchandises, d’influer sur les importations ". Cette obligation avait " pour effet de rendre plus on'reuses et d's lors, d’entraver les importations de marchandises en provenance d’autres Etats membres " et 'tait donc jug'e incompatible avec l’article 30 du trait' de Rome.

(25) Accord local ant'rieur au plan social financ' par l’Etat.

(26) Mais il convient de souligner que des promesses d’attribution de cartes G aux apprentis avaient 't' bien imprudemment donn'es par lettre du ministre d'l'gu' charg' de la mer en 1989.

 

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DESDE LA PRIMERA PÁGINA
Bimco, ICS, Intercargo e Intertanko condenan los ataques contra buques y marineros en el estrecho de Ormuz.
Londres
Piden el cese inmediato de los ataques.
El Consejo Federal Suizo propone prorrogar las subvenciones al transporte ferroviario de mercancías a través de los Alpes hasta 2035.
Berna
Entre 2027 y 2035 se desembolsarían 486 millones de francos.
Hasta ahora, el número de barcos que salen del Golfo Pérsico es del 6-7% de los que transitaron hace un año.
París
AXSMarine: No hay indicios de una reapertura a largo plazo del estrecho de Ormuz.
Global Ports Holding está en conversaciones para gestionar un puerto de cruceros en San Vicente y las Granadinas.
Estanbul
Actualmente, la terminal registra un tráfico anual de aproximadamente 200 mil pasajeros.
Se prevén inversiones en los puertos de Taiwán por un valor de 1.800 millones de dólares para el período 2027-2031.
Taipéi
Al final del período de cinco años, se espera que el tráfico anual de contenedores sea igual a 15,5 millones de TEU.
Las fuerzas estadounidenses atacaron un tercer buque en el Golfo de Omán.
Tampa
Se dice que el "Jalveer" transporta un cargamento de petróleo iraní.
ALLRAIL, CER, ERFA, FEPORT, FTE, UIP y UIRR presentan su propuesta para la Plataforma Ferroviaria Europea
Bruselas
El objetivo es garantizar la representación del mercado desde el inicio mismo del nuevo proceso de gobernanza de la capacidad ferroviaria europea.
El Comando Central de Estados Unidos se atribuye la responsabilidad del ataque al buque cisterna Settebello.
Tampa/Nueva Delhi/Londres
Condena del gobierno indio y de la Organización Marítima Internacional
Un buque cisterna de productos petrolíferos choca en la región del estrecho de Ormuz.
Southampton/Mascate
Un marinero resultó herido. Otros dos miembros de la tripulación están desaparecidos.
En el primer trimestre de este año, el tráfico de mercancías en el puerto de Civitavecchia disminuyó un -1,0%.
Civitavecchia
El número de pasajeros de cruceros aumenta un +32,1%.
Un buque mercante fue atacado en el Golfo de Adén.
Southampton
Gemini Cooperation aumenta la capacidad de carga en la ruta Asia-Mediterránea.
Copenhague
Sea-Intelligence añade una capacidad semanal adicional de 22.402 TEU.
ESPO respalda plenamente las conclusiones del Consejo de la UE sobre la Estrategia Industrial Marítima.
Bruselas
Se confirma el papel central de las instalaciones portuarias.
La captura y el almacenamiento de CO2 en los buques es una de las soluciones más concretas e inmediatamente disponibles para la descarbonización del transporte marítimo.
Londres
La autoridad antimonopolio aprueba la adquisición de Terminal San Giorgio por parte de Messina Group.
Roma
La Autoridad Italiana de Competencia (AGCM) también ha aprobado la adquisición por parte del grupo MSC de las actividades de mantenimiento y reparación naval del grupo Asso (Jobson Italia y UASC UAE).
Se prevé un aumento en las tarifas para los barcos que transitan por el Canal de Suez.
Ismailia
Se aplicarán a partir del 15 de julio. Se excluyen los buques de pasajeros.
La Autoridad del Canal de Suez ha anunciado que introducirá recargos en las tarifas de tránsito a través del canal egipcio para la mayoría de los buques de carga importantes, a partir del 15 de julio.
El Consejo de la UE acepta muchas de las solicitudes presentadas por las asociaciones del clúster marítimo-portuario europeo.
Luxemburgo
Sin embargo, necesariamente, el texto pospone la adopción de medidas concretas a futuras iniciativas legislativas.
La ESPO pide un uso proactivo del sistema EES para evitar la congestión en los puertos europeos.
Bruselas
Ryckbost: Flexibilidad activada con prontitud en circunstancias excepcionales pero previsibles.
Rixi: Es necesario superar un sistema de comercio de derechos de emisión marítimo que corre el riesgo de desviar el tráfico y las inversiones hacia puertos no europeos.
Luxemburgo
Lo que se necesita —subraya el viceministro— son incentivos y flexibilidad, no nuevas restricciones.
Los hutíes amenazan con reanudar los ataques contra los barcos que transitan por el Mar Rojo.
Sana'a
Se ha declarado la prohibición total de navegación para todos los buques vinculados a intereses israelíes.
El comercio mundial de mercancías podría empezar a ralentizarse.
El comercio mundial de mercancías podría empezar a ralentizarse.
Ginebra
Así lo indica la última lectura del Barómetro del Comercio de Mercancías de la OMC.
En Génova, se ha puesto en funcionamiento la nueva conexión por carretera del puerto con Sampierdarena.
En Génova, se ha puesto en funcionamiento la nueva conexión por carretera del puerto con Sampierdarena.
Génova
Paroli: Las obras permiten ahora que entre 900 y 1000 vehículos pesados al día accedan directamente a las zonas operativas del puerto.
Los ponentes del proyecto de ley de puertos defienden el proyecto de gobernanza centrado en los puertos de Italia.
Roma
Ghio (PD) denuncia que los órganos rectores de esta nueva empresa serían designados íntegramente por el gobierno. Ghirra (AVS): Los objetivos de coordinación nacional podrían haberse logrado fortaleciendo la Conferencia Nacional de Presidentes de Autoridades Portuarias.
Las empresas logísticas estadounidenses WWEX Group y Auctane anuncian su fusión.
Milán/Dallas/Austin
La inteligencia artificial desempeña un papel fundamental.
Caída inesperada del tráfico intermodal europeo en el primer trimestre de 2026.
Bruselas
UIRR: Caos en la infraestructura provocado por obras de construcción que interrumpen las líneas ferroviarias
Hanseatic Global Terminals adquiere el 50% restante de Hanseatic Global Terminals Aracruz.
Róterdam/Aracruz
La empresa está construyendo el nuevo puerto de contenedores brasileño de Imetame.
Conftrasporto: El proyecto de ley de puertos pone de manifiesto claros problemas operativos, financieros y de cumplimiento normativo.
Roma
Russo: las competencias de Puertos de Italia se superpondrían con las de las Autoridades del Sistema Portuario, el Ministerio de Transportes y el Art.
WoodMac cree que las normas de descarbonización podrían tener un impacto importante en los buques propulsados por GNL.
Edimburgo
Según la empresa, las regulaciones europeas dejarían fuera del mercado a los barcos con motores DFDE.
La flota francesa MN transportará el lanzador Vega C de Avio entre Italia y Sudamérica.
Nantes
La empresa francesa se equipará con un nuevo buque diseñado específicamente para el transporte de equipos espaciales.
Entra en vigor la metodología de la UE para calcular las emisiones de gases de efecto invernadero procedentes de los servicios de transporte.
Bruselas
El sistema se basa en la norma internacional EN ISO 14083:2023.
El buque portacontenedores MSC Sariska V fue alcanzado por dos proyectiles en el Golfo Pérsico el lunes.
Ginebra/Roma
Todos los miembros de la tripulación resultaron ilesos.
En el primer trimestre, el tráfico de mercancías en el puerto de Bremen/Bremerhaven creció un +5,8%.
Bremen
Los contenedores ascendieron a 1.245.515 TEU (+4,4%).
MSC adquiere una participación del 51% en la terminal de contenedores de Pivdennyi (Odesa).
Odesa
Tiene una capacidad de tráfico de 400 mil TEU al año.
El Convenio de la OMI sobre responsabilidad civil e indemnización por daños relacionados con el transporte marítimo de sustancias peligrosas y nocivas entrará en vigor el 19 de noviembre de 2027.
Londres
Domínguez: un logro largamente esperado que llena un vacío importante en el régimen internacional.
En abril, el tránsito de buques por el Canal de Suez aumentó un 13,9%.
En abril, el tránsito de buques por el Canal de Suez aumentó un 13,9%.
El Cairo
En los primeros cuatro meses de 2026 se registró un aumento del +12,1%.
En el primer trimestre, el tráfico de mercancías en el puerto de Nápoles cayó un -5,3%, mientras que en Salerno creció un +6,4%.
Nápoles
El volumen de contenedores que se tramitaron en los dos puertos fue de 167.433 TEU (-3,5 %) y 101.509 TEU (+7,8 %) respectivamente.
Kerdjoudj (Feport): Con la revisión del RCDE UE, parte de los ingresos deberían destinarse a los puertos.
Bruselas
Llamar para evaluar cuidadosamente el riesgo de reubicar el tráfico de transbordo.
Con la nueva terminal COSCO-PTP, el puerto de Tarragona se relanza en el mercado de los contenedores.
Tarragona
Se prevé que las obras de construcción finalicen en 2028, momento en el que la terminal tendrá una capacidad de 680.000 TEU.
En 2025, los puertos egipcios establecieron un nuevo récord histórico de movimiento de contenedores.
Alejandría, Egipto
Fuerte crecimiento en los volúmenes de transbordo, que se habían mantenido estables en 2024.
Se ha renovado el contrato nacional para el amarre en puerto y los servicios de los barqueros.
Roma
Filt-Cgil refuerza un marco regulatorio esencial para el sector.
Un estudio explica cómo hacer que el uso de las instalaciones OPS en los puertos europeos sea más atractivo y eficaz.
Bruselas
También se necesitan tarifas más claras y comparables.
Federlogistica solicita enmiendas al proyecto de ley de gobernanza portuaria.
Génova
Falteri: la nueva estructura debe garantizar a la Autoridad del Sistema Portuario recursos financieros adecuados e instrumentos operativos eficaces.
La ESPO solicita modificaciones al RCDE UE para garantizar la competitividad de los puertos europeos.
Bruselas
También se destacó el impacto negativo en el transporte marítimo de corta distancia.
Nuevas medidas adoptadas en Suiza para reforzar la competitividad de la bandera marítima.
Berna
Un armador suizo podrá enarbolar la bandera suiza aunque la empresa propietaria tenga su sede en el extranjero.
Han concluido las pruebas marítimas del segundo crucero construido en China.
Llevar a la fuerza
El Adora Flora City realizará su viaje inaugural partiendo del puerto de Guangzhou el 22 de noviembre.
En el primer trimestre de 2026, el valor del tráfico de mercancías del G20 registró un crecimiento trimestral del +5,3%.
París
Mitigación del aumento del tráfico de mercancías en el puerto de Tánger Med
Tánger
En los tres primeros meses de 2026 se manipularon 38,8 millones de toneladas (+3,2%).
El tráfico de mercancías en los puertos marítimos chinos creció un 2,6% en abril.
El tráfico de mercancías en los puertos marítimos chinos creció un 2,6% en abril.
Pekín
Las importaciones y exportaciones aumentaron un 0,6%. El total de contenedores ascendió a 26,9 millones (+4,8%).
Fermerci solicita al gobierno medidas urgentes para apoyar el transporte ferroviario de mercancías.
Roma
Las compañías ferroviarias se ven perjudicadas por las interrupciones en la infraestructura.
Puerto de Nápoles, primera operación de suministro de GNL de barco a barco en un crucero.
Nápoles
Axpo utilizó la barcaza de carga "Green Zeebrugge"
CMA CGM cerró el primer trimestre de 2026 con una ganancia neta de 250 millones de dólares (-78%).
CMA CGM cerró el primer trimestre de 2026 con una ganancia neta de 250 millones de dólares (-78%).
Marsella
Los ingresos se mantienen estables, y la logística y otras actividades compensan la disminución de los envíos.
El Tribunal Supremo de Estados Unidos ha reabierto el caso entre Havana Docks y Carnival, Royal Caribbean, NCLH y MSC.
Se adopta un nuevo Código Internacional de Seguridad para Buques de Superficie Autónomos.
Londres
Entrará en vigor el 1 de julio y se aplicará de forma voluntaria durante al menos dos años.
UIRR: Los envíos combinados de transporte por carretera y ferrocarril aumentarán un 1,5 % en 2025.
Bruselas
La asociación puso de relieve los efectos desastrosos en el sector de la construcción ferroviaria en Alemania.
Fincantieri y Teijin Automotive Technologies firman un acuerdo para desarrollar mamparos de material compuesto para aplicaciones navales.
Trieste/Pouancé
Folgiero: Hacemos posible el desarrollo de unidades más ligeras y eficientes.
Tras ocho trimestres consecutivos de beneficios, ZIM registra pérdidas operativas.
Haifa
En los tres primeros meses de 2026, los volúmenes de carga transportados por barco también cayeron drásticamente (-8,3%).
Estados Unidos ha imputado a cuatro fabricantes chinos de contenedores y a siete de sus ejecutivos.
Washington
El 14 de abril se hizo pública la detención del director de marketing de Singamas en Francia.
El Parlamento Europeo y el Consejo alcanzan un acuerdo sobre el pacto arancelario entre la Unión Europea y los Estados Unidos.
Estrasburgo/Bruselas
Se han introducido una cláusula de vencimiento y una cláusula de suspensión.
FFS Cargo Switzerland está reorganizando su red de transporte de mercancías en vagones individuales.
Berna
Se espera una reducción de 50 de los 280 patios de clasificación actuales.
La OMI informa de un aumento del 17 % en los incidentes de piratería marítima en 2025.
Londres
La zona más afectada fue el estrecho de Malaca y Singapur, con 122 incidentes (+34%).
Hapag-Lloyd y CMA CGM han suspendido las reservas de envíos marítimos a Cuba.
París/Fráncfort/La Habana
Decisión tras la ampliación de las sanciones estadounidenses por parte de Trump
La licitación internacional para la nueva terminal de contenedores en el puerto de Klaipeda se celebrará a finales de año.
Klaipeda
Tendrá una capacidad de tráfico anual de 2,5 millones de TEU.
La ITF insta a los gobiernos a desmantelar de una vez por todas el sistema de banderas de conveniencia.
Londres
Es —denuncia el sindicato— la manzana podrida en el centro de la explotación de los marineros.
Los ingresos de Evergreen disminuyeron un 21,3% en el primer trimestre.
Taipéi
El beneficio operativo y el beneficio económico neto cayeron un -69,5% y un -68,8%, respectivamente.
Viking Holdings cerró el primer trimestre con una pérdida neta de -54,2 millones de dólares.
Los Ángeles
Los ingresos aumentaron un 17,5%.
En los tres primeros meses de 2026, el tráfico de contenedores en las terminales portuarias de Eurokai creció un +8,9%.
Bremen
Incrementos del 12,7% en Alemania y del 7,8% en Italia. Un descenso en el puerto de Tánger Med.
Norovirus en el crucero Ambition de Ambassador Cruise Line.
Purfleet/Vlissingen
Las autoridades sanitarias francesas han autorizado a la unidad a continuar con sus operaciones normales.
En los tres primeros meses de 2026, el tráfico de mercancías en el puerto de Hamburgo disminuyó un -2,0%.
Hamburgo
Los contenedores ascendieron a dos millones de TEU (-1,6%).
Los resultados financieros trimestrales de Yang Ming y WHL continúan deteriorándose.
Keelung/Taipéi
En los tres primeros meses de este año, los ingresos disminuyeron un -15,1% y un -9,3% respectivamente.
Hapag-Lloyd cerró el primer trimestre con una pérdida operativa de -218,6 millones de euros.
Hapag-Lloyd cerró el primer trimestre con una pérdida operativa de -218,6 millones de euros.
Hamburgo
Los ingresos disminuyeron un 16,8%.
En los tres primeros meses de 2026, los ingresos de HMM disminuyeron un -4,8%.
En los tres primeros meses de 2026, los ingresos de HMM disminuyeron un -4,8%.
Seúl
El segmento de contenedores experimentó un descenso del 7,9%, mientras que el segmento de carga a granel registró un crecimiento del 20,1%.
Las terminales de cruceros de Global Ports Holding registraron un tráfico récord en el primer trimestre de este año.
Estanbul
Cinco millones de pasajeros casi llegaron
Le Aziende informano
International Shipping Community to Gather in Genoa for Two Days of Maritime Dialogue and Networking
En los tres primeros meses de 2026, el tráfico de mercancías en los puertos de Génova y Savona-Vado cayó un -3,8%.
Génova
En marzo, se registró un descenso del -6,1%, con una fuerte contracción del -15,0% en las cargas en contenedores.
Federconsumatori insta al gobierno a tomar medidas para mitigar el impacto del aumento de los precios de los billetes de ferry.
Roma
Los aumentos de precios se sitúan en el +18% durante las semanas centrales de agosto.
En el primer trimestre de este año, el tráfico de mercancías en los puertos croatas creció un 14,6%.
Zagreb
Récord mensual en marzo
Prueba exitosa de combustible diésel HVO para la propulsión de cruceros.
San Donato Milanés
Experimento realizado conjuntamente por Eni y MSC Cruises.
Gioia Tauro ocupa el segundo lugar en la clasificación de los principales puertos italianos, superando a Génova.
Roma
Fincantieri registra un descenso en los ingresos y en los nuevos pedidos.
Roma
La cartera de pedidos del grupo alcanzó un valor récord de 74.200 millones de euros.
El presidente de Angopi recibió el primer certificado profesional de competencia como amarrador.
Savona
El certificado debe renovarse cada cinco años.
Fincantieri ha entregado el nuevo crucero Mein Schiff Flow a TUI Cruises.
Hamburgo/Monfalcone
Con un tonelaje bruto de aproximadamente 160.000 toneladas, tiene una capacidad para aproximadamente 4.000 pasajeros.
En los tres primeros meses de 2026, el tráfico de mercancías en el puerto de Palermo disminuyó un -6,3%.
Palermo
El tráfico también disminuyó en los puertos de Termini Imerese, Trapani y Licata. Se registraron aumentos en Porto Empedocle y Gela.
La Autoridad Antimonopolio no ha dado su aprobación final a la adquisición de los activos y actividades de Armas por parte de Baleària.
Barcelona
Establecer una serie de condiciones
La asamblea anual de Assarmatori tendrá lugar en Roma el martes.
Roma
El tema del evento es "Instrucciones para no navegar en la oscuridad".
VARD construirá un buque pesquero de nueva generación.
Trieste
Fue un encargo de la empresa noruega Rosund Drift.
Concentración en el sector de la construcción naval del Reino Unido
Londres
Baleana compra el Grupo APCL (A&P Tyne, Cammell Laird y A&P Falmouth y Falmouth Docks and Engineering)
Royal Caribbean ha recibido su nuevo crucero Legend of the Seas .
Miami
Construido por Meyer Turku, tiene capacidad para 5.610 pasajeros.
Audiencias informales de representantes sindicales sobre la reforma de la gobernanza portuaria.
Roma
En el centro de los problemas críticos destacados —confirma Filt-Cgil— se encuentra la construcción prevista del Porti d'Italia Spa.
Venecia, el DPSS confirma la necesidad de construir nuevas terminales marítimas fuera de la laguna.
Venecia
El documento de programación del sistema estratégico ha sido aprobado por el Comité de Gestión de AdSP.
El Grupo Spinelli se ha unido a la Asociación Italiana de Operadores de Terminales Portuarias.
Génova
La empresa y Assiterminal expresaron su satisfacción por la reanudación de una importante colaboración.
En los tres primeros meses de 2026, el tráfico de mercancías en los puertos del Reino Unido cayó un -2,6%.
Londres
Disminución más significativa (-6,8%) en la ocupación de los embarques.
Mark Hindley es el nuevo presidente de la Asociación Europea de Logística de Vehículos a Motor.
Estanbul
Wolfgang Göbel fue elegido presidente honorario.
En el puerto de Génova, un remolcador fue detenido por irregularidades en las emisiones de óxido de nitrógeno.
Génova
La embarcación se utiliza para las obras de construcción del nuevo rompeolas.
En abril, el tráfico de mercancías en el puerto de Ravenna creció un 21,4%.
Rávena
Se espera un aumento del +2,5% en mayo.
Sallaum Lines lanzará un servicio exclusivo entre China y Europa en 2027.
Nanjing
Se han recibido dos nuevos centros de formación profesional de 7.400 créditos de formación continua (CEU PCTC)
El 12 de junio en Nápoles, una iniciativa de Filt Cgil sobre gobernanza en el sector portuario.
Roma
Un dron naval encontrado en el puerto rumano de Constanza
Bucarest
El dispositivo se autodestruyó sin causar víctimas.
HJSC recibe la aprobación preliminar para la construcción de un buque portacontenedores de biocombustible con capacidad para 10.000 TEU.
Atenas
Fue dado de baja del Registro Naval Coreano.
Global Ship Lease invierte 917 millones de dólares en la compra de diez nuevos buques portacontenedores.
Atenas
Se entregarán entre el cuarto trimestre de 2028 y el primer trimestre de 2030.
PROXIMAS SALIDAS
Visual Sailing List
Salida
Destinación:
- orden alfabético
- nación
- aréa geogràfica
Acuerdo entre WASS (Fincantieri) y Magellan sobre la defensa submarina de Canadá.
Trieste
Se explorarán las oportunidades de cooperación industrial en el ámbito de los torpedos pesados y las contramedidas.
Soluciones para superar la escasez crónica de personal en el sector marítimo italiano.
Procida
Pagano (Comité de Trabajo Marítimo): Digitalización, simplificación y cooperación entre formación y empresas para superar la crisis.
Acuerdo de formación marítima firmado por Gente di Mare (Cosulich) y Carnival
Génova
Di Tizio: Esta colaboración nos permite traer un proyecto internacional al territorio.
Antipollution (V.Group) encarga cuatro buques ecológicos a ONEX Shipyards & Technologies.
Atenas
Opción para cuatro unidades adicionales
Spinelli ha encargado tres nuevos vehículos de manipulación a FTMH.
Génova
Una carretilla elevadora para contenedores vacíos ya ha entrado en funcionamiento en el depósito del grupo en Livorno.
Luigi Merlo dirigirá la compañía de terminales de cruceros italianas de MSC Cruceros.
Ginebra
Centrone (anteriormente Fincantieri) asume el cargo de Director de Políticas Marítimas y Asuntos Gubernamentales del grupo en Italia.
Los astilleros griegos Skaramangas y la empresa surcoreana HD Hyundai firman un acuerdo de cooperación.
Atenas
El objetivo es colaborar en la construcción de buques militares de superficie.
AD Ports compra el Corredor Logística e Infraestrutura brasileño
São Paulo/Abu Dabi
La empresa gestiona el mayor volumen de exportaciones de productos agroalimentarios a granel en la nación sudamericana.
Se ha aprobado el Plan Operativo Trienal 2026-2028 de la Autoridad Portuaria del Norte del Tirreno.
Livorno
Aprobación unánime del Comité de Dirección
Chen Lichtenstein ha sido nombrado presidente y director ejecutivo de ZIM.
Haifa
Sustituirá a Eli Glickman, que ha dimitido.
Gianluca Croce ha sido confirmado como presidente de Assagenti Genova.
Génova
Los miembros de la junta directiva de la asociación para el período de dos años 2026-2028.
El ferry Mega Serena se ha unido a la flota de Corsica Sardinia Ferries.
Vado Ligure
Tiene capacidad para hasta 2.000 pasajeros y más de 600 vehículos.
El primer corte de acero del crucero Crystal Grace tuvo lugar en Marghera.
Miami
Fincantieri entregará el buque en la primavera de 2028.
Palumbo Superyacht cedió 13.048 metros cuadrados de espacio de amarre al Puerto de Ortona.
Ancona
Autoridad Portuaria del Adriático Central, directrices para la emisión de la autorización ZES única
Puerto de Livorno: Se inauguran dos nuevos almacenes de FHP MarterNeri.
Livorno
Inversión superior a 23 millones de euros
El Comité de la Autoridad Portuaria del Mar Tirreno Septentrional Central ha decidido levantar el estado de crisis de la institución.
Civitavecchia
Nueva solución para el transporte excepcional en trenes intermodales de FS Logistix y Van der Vlist.
Verona
Dos plataformas aéreas transportadas desde Verona a Rostock.
Incendio a bordo del ferry GNV Phoenix en el puerto de Nápoles.
Nápoles
Se desató un incendio en las zonas internas de la cubierta 6 del barco.
Latrofa ha elegido a una persona de confianza para dirigir una empresa interna dentro de la Autoridad Portuaria de Lazio.
Civitavecchia
El nuevo director único —subrayó— ha recibido directrices de gestión especialmente estrictas.
En los tres primeros meses de 2026, los ingresos de MPC Container Ships disminuyeron un -6,4%.
Oslo
Ingresos netos trimestrales de 40,8 millones de dólares (-31,8%)
Se ha aprobado el Plan Operativo Trienal 2026-2028 de la Autoridad Portuaria de Cerdeña.
Olbia
Luz verde del Comité de Dirección
Se ha completado el proceso de evaluación ambiental del proyecto del puerto exterior de San Antonio.
San Antonio
El crucero Viking Mira fue entregado en el astillero Fincantieri en Ancona.
Ancona/Los Ángeles
Tiene un tonelaje bruto de 54.300 toneladas y una capacidad para 998 pasajeros.
En 2025, RINA registró ingresos superiores a los mil millones de euros (+11%).
Génova
Beneficio neto aumentó un 30%.
Se ha instalado el nuevo puente ferroviario en el puerto de Marina di Carrara.
Marina di Carrara
Pisano: Un punto de inflexión en la organización logística del puerto.
Puertos, terminales de carga y corredores. Venecia y el Alto Adriático como puerta de entrada a Oriente.
Venecia
Este es el tema del evento que se celebrará el jueves en Venecia.
La Flota Estatal de Estonia encarga un ferry eléctrico al astillero polaco Crist.
Tallin
Contrato por valor de 49,93 millones de euros.
En abril, los puertos españoles gestionaron 1,7 millones de contenedores (+1,7%).
Madrid
El número de pasajeros de cruceros disminuyó un -18,4%.
El tráfico de contenedores en el puerto de Valencia disminuyó un 2,5% en abril.
Valencia
En los primeros cuatro meses de 2026, se gestionaron casi 1,8 millones de TEU (+0,2%).
Global Ship Lease vuelve a registrar ingresos trimestrales récord.
Atenas
El beneficio neto disminuyó un 24,0%.
Cooperación internacional entre la Autoridad Portuaria de Cerdeña y el Puerto de Tánger Ville para la navegación de lujo.
Cagliari
Promoción de un circuito náutico integrado entre Cerdeña y Marruecos.
Se ha inaugurado el nuevo centro médico de primeros auxilios en el puerto de Gioia Tauro.
Gioia Tauro
Entre las instalaciones, una clínica de primeros auxilios y una ambulancia de reanimación cardiopulmonar.
BPER proporciona financiación a Grimaldi Euromed para la modernización de su flota.
Milán/Nápoles
Recursos utilizados para cubrir parcialmente la compra del buque "Grande Manila".
ASRY y Priya Blue inauguran un astillero de desguace de buques en Bahréin.
Al Muharraq/Alang
El primer barco destinado al desguace ha llegado a la nación de Oriente Medio.
SAAM Towage encarga cinco nuevos remolcadores al astillero turco Sanmar Shipyard.
Santiago
Tendrán una capacidad de tracción de entre 70 y 80 toneladas.
El tráfico de contenedores en el puerto de Long Beach disminuyó un 5,7% el mes pasado.
Long Beach/Singapur/Hong Kong
En Singapur se registró un crecimiento del +3,6%, mientras que en Hong Kong los contenedores disminuyeron un -6,3%.
Carta (Fermerci): Se necesitan políticas urgentes para apoyar a las compañías ferroviarias.
Roma
En 2025, el transporte ferroviario de mercancías perdió aproximadamente un 3,5%, en términos de trenes/km.
Fratelli Neri encarga dos remolcadores nuevos en Egipto.
Ismailia
Contrato con la Compañía del Canal de Suez para la adquisición de embarcaciones modernas.
El tráfico de contenedores en el puerto de Barcelona creció un 17,4% en abril.
Barcelona/Algeciras
El puerto de Algeciras aumenta un 6,3%.
El gobierno de Islamabad ha aprobado la venta del 30% de las acciones de la Corporación Nacional de Transporte Marítimo de Pakistán.
Islamabad
La participación irá a parar a la empresa estatal de logística NLC, que también asumirá el control de gestión de PNSC.
En 2025, el sistema portuario español registró ingresos récord.
Madrid
El beneficio antes de impuestos fue de 349 millones de euros (+4,2%).
Leapmotor International refuerza su alianza con el grupo naviero napolitano Grimaldi.
Hoofddorp
En el primer trimestre, se transportaron aproximadamente 20.000 unidades desde China al mercado italiano.
El tráfico de cruceros en los puertos alemanes alcanzó un nuevo récord el año pasado.
Wiesbaden
Con 1,51 millones de pasajeros, el crecimiento fue del +4,1%.
La Federazione del Mare se suma a las celebraciones del Día Internacional de la Mujer en el Sector Marítimo 2026.
Roma
Mattioli: La economía marítima está perdiendo oportunidades y potencial.
Tras años de crecimiento sostenido, el transporte marítimo de corta distancia en España ha entrado en una fase de desaceleración estructural.
Madrid
Así lo revela el último informe del Observatorio Estadístico del Transporte Marítimo de Corta Distancia.
AD Ports comprará la empresa alemana de transporte de mercancías MBS Logistics.
Colonia
La empresa cuenta con más de 450 empleados y 26 oficinas en todo el mundo.
El Grupo Spinelli se ha unido a la Asociación de Logística Intermodal Sostenible.
Génova/Roma
Resumen: ALIS puede ofrecer a nuestro ecosistema un valor añadido estratégico.
Inversión de 200 millones de dólares para construir y equipar la nueva terminal multipropósito en Pointe-Noire.
Brazzaville/Abu Dabi
Encargué tres grúas de barco a tierra a ZPMC.
Evergreen confirma la compra de cinco nuevos buques portacontenedores con capacidad para 24.000 TEU.
Taipéi
Serán construidos por el astillero chino Guangzhou Shipyard International.
Corea lanzará en los próximos meses un servicio de transporte marítimo de contenedores entre Asia y Europa a través de la ruta ártica.
Busan
La licitación concluyó con la selección preliminar de la empresa PanStar.
El sindicato marítimo ha vuelto a dar la voz de alarma sobre el destino de los antiguos buques de ILVA.
Verona
Su posible demolición pone en riesgo 240 puestos de trabajo marítimos.
En el período de enero a marzo, el tráfico de mercancías en el puerto de Koper disminuyó un -3,9%.
Liubliana
En el sector de contenedores se manipularon 2,4 millones de toneladas (-1,7%).
Última oportunidad para reconocer algunos trabajos portuarios como extenuantes y establecer un fondo de pensiones.
Génova
Siemens adquirirá el negocio italiano de MERMEC.
Monje
La transacción incluirá la planta de producción de material rodante de Ferrosud en Matera.
Crecimiento del tráfico intermodal en el puerto intermodal de Nola.
Nola/Milán
Análisis económico y financiero del Centro de Investigación Fedespedi sobre empresas gestoras de terminales de carga.
Disminución trimestral del volumen de mercancías gestionadas por los puertos de Montenegro.
Podgorica
El aumento del volumen de carga con origen o destino en los puertos italianos continúa, aunque a un ritmo más lento.
Assarmatori denuncia la exclusión del transporte marítimo del Decreto-Ley II sobre Combustibles.
Roma
Messina: No se puede esperar que el sector absorba por sí solo el impacto del aumento de los precios del combustible.
HHLA registra una disminución del -5,3% en los contenedores gestionados en el primer trimestre.
Hamburgo
Eijsink: Un invierno inusualmente duro ha limitado significativamente nuestras operaciones diarias.
MSC Technology Italy pone en marcha un plan para contratar a 200 personas nuevas.
Turín/Ginebra
MSC Cruceros debuta en el mercado de Alaska.
La región de Las Marcas ha aprobado el nombramiento de Carloni como presidente de la Autoridad Portuaria del Adriático Central.
Ancona
A la espera de la opinión del Consejo Regional de Abruzzo.
Los ingresos trimestrales de la empresa griega Danaos Corporation se mantienen estables.
Atenas
Dos buques de la compañía siguen bloqueados en el Golfo Pérsico.
El tráfico de contenedores en el puerto de Los Ángeles aumentó un 5,7% en abril.
Los Ángeles/Puerto Newark
En los primeros tres meses de 2026, el Puerto de Nueva York gestionó casi 2,2 millones de TEU (-1,2%).
Cognolato fue confirmado como presidente de Assiterminal.
Roma
También fueron elegidos el nuevo comité de presidencia y la junta directiva.
En el primer trimestre de 2026, el tráfico de mercancías en el puerto de Ravenna aumentó un +0,8%.
Rávena
El crecimiento fue impulsado por la entrada en funcionamiento de la planta de regasificación.
PUERTOS
Puertos italianos:
Ancona Génova Rávena
Augusta Gioia Tauro Salerno
Bari La Spezia Savona
Brindisi Liorna Taranto
Cagliari Nápoli Trapani
Carrara Palermo Trieste
Civitavecchia Piombino Venecia
Interpuertos Italianos: lista Puertos del mundo: Mapa
BANCO DE DATOS
Armadores Reparadores navales y astilleros
Expedicionarios Abastecedores de bordo
Agencias marítimas Transportistas
MEETINGS
La asamblea anual de Assarmatori tendrá lugar en Roma el martes.
Roma
El tema del evento es "Instrucciones para no navegar en la oscuridad".
El 12 de junio en Nápoles, una iniciativa de Filt Cgil sobre gobernanza en el sector portuario.
Roma
Comparación del desarrollo logístico, industrial y de infraestructuras de los puertos.
››› Archivo
RESEÑA DE LA PRENSA
World's first floating fusion reactor-powered vessel could become reality with new project
(Interesting Engineering)
Shipbuilding's Spring Illusion: Backbone Collapses
(The Chosun Daily)
››› Reseña de la Prensa Archivo
FORUM de lo shipping y
de la logística
Intervento del presidente Tomaso Cognolato
Roma, 19 giugno 2025
››› Archivo
MSC introduce escalas en Nápoles y Málaga en su servicio Dragon.
Ginebra
Se han cancelado las escalas en el puerto de Gioia Tauro.
La junta directiva del Fondo Marítimo Nacional ha sido renovada.
Génova
Permanecerá en el cargo durante tres años.
Contrato de red para el desarrollo conjunto de servicios intermodales en Emilia-Romaña
Bolonia
Fue firmado por Interporto Bologna, Dinazzano Po S, SAPIR y Rail Traction Company.
Messina (Assarmatori): La tecnocracia europea se muestra inflexible respecto al RCDE UE.
Bruselas
Subraya que es necesaria una mejora significativa de estas políticas.
Los resultados del primer trimestre de d'Amico International Shipping son positivos.
Luxemburgo
La empresa se benefició de los efectos de las tensiones geopolíticas.
Dos eventos de orientación en Livorno y Nápoles para presentar el curso de sobrecargo del ITS.
Génova
Reuniones programadas por la Academia Italiana de la Marina Mercante con el Grupo Grimaldi.
La sección de proa del Explora V fue botada en Palermo.
Ginebra
Fincantieri entregará el crucero a Explora Journeys en 2027.
El presidente de la Autoridad Portuaria del Adriático Oriental es el nuevo presidente de la Terminal de Pasajeros de Trieste.
Trieste
Sucede a Gianluca Madriz
Puerto de Olbia: Han comenzado los trabajos de restauración del lecho marino en el canal de acceso a Isola Bianca.
Cagliari
El objetivo es permitir de forma segura la entrada de grandes cruceros.
Damen renovará y operará el astillero de reparación de Dakar.
Dakar/Gorinkhem
Contrato de 20 años con la Société des Infrastructures de Réparation Navale
Savino Del Bene ha adquirido tres empresas del español Grupo Marítima Sureste
Florencia/Valencia
El acuerdo involucra a Marítima Sureste Shipping, Marítima Sureste España y Transportes Gaypemar
Fim-Cisl, la reunión con Fincantieri sobre las perspectivas del astillero Muggiano fue positiva.
La Spezia
Las inversiones anunciadas por la dirección, según señaló el sindicato, van en la dirección correcta.
El aumento de los costes energéticos lastra el último informe financiero trimestral de Finnlines.
Helsinki
Doepel: La implementación del RCDE UE aumenta aún más las cargas
Marabello es el nuevo secretario general de la Autoridad Portuaria del Estrecho de Messina.
Messina
La asignación dura cuatro años.
El buque de carga pesada HMM Namu fue encallado cerca del estrecho de Ormuz.
Seúl
El accidente no causó víctimas mortales.
El desempeño financiero trimestral de DFDS se deteriora.
Copenhague
La flota de vehículos está creciendo. El número de pasajeros ha disminuido un 18%.
Del 21 al 23 de mayo, Ravenna acogerá "Deportibus - El Festival de los Puertos que Conectan el Mundo".
Rávena
Kalmar registra un descenso trimestral en los nuevos pedidos.
Helsinki
En el período de enero a marzo, los ingresos aumentaron un +5%.
Las ofertas de empleo están aumentando en las empresas portuarias de Trieste y Monfalcone.
Trieste
Entrega de una placa de reconocimiento
En el primer trimestre de 2026, los ingresos de Costamare disminuyeron un -5,3%.
Monje
Se han confirmado los pedidos de 12 nuevos buques de 9.200 TEU y cuatro buques de 3.100 TEU.
- Via Raffaele Paolucci 17r/19r - 16129 Génova - ITALIA
tel.: +39.010.2462122, fax: +39.010.2516768, e-mail
Partita iva: 03532950106
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Director: Bruno Bellio
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