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      SECTION PERMANENTE

SP 221     
7 Janvier 2000

 

 

Rapport du GROUPE TUNNEL MONT BLANC

sur les conséquences à court, moyen et long terme

à tirer de l'incendie dans le tunnel du Mont Blanc

_________

 

 

 

 

Préambule

Le 24 mars 1999, un incendie survenait dans le tunnel du Mont-Blanc et faisait 39 morts.

Des diverses missions d'expertise menées, il apparaît qu'une telle catastrophe dans son ampleur et sa gravité n'est pas imputable au seul véhicule routier mis en cause mais surtout aux défaillances constatées dans la gestion institutionnelle et organisationnelle du tunnel, ainsi qu'aux caractéristiques de construction d'un tunnel déjà ancien et peu adapté au trafic supporté.

On peut aussi penser que cet accident n'a fait qu'anticiper dans la Maurienne les difficultés attendues pour les années 2010.

La situation ainsi créée a amené le CNT à émettre un avis sur les conséquences à court, moyen et long terme de cet incendie sur les transports de marchandises au travers des Alpes dans les années qui viennent. Cet avis complète celui déjà émis fin juin 1999, en raison de l'urgence et de la gravité de la situation à l'approche du trafic estival.

Les recommandations formulées, compte tenu de la situation géographique du tunnel du Mont-Blanc et de la part importante du trafic de transit dans le trafic global, que ce soit pour le court terme (réouverture Mont-Blanc) comme pour le moyen ou long terme, devront se placer dans un cadre européen, prenant en considération l'ensemble de l'arc alpin et des pays concernés ; elles ne pourront en outre ignorer les principaux objectifs de la politique européenne, particulièrement en ce qui concerne le développement durable et la prise en considération des Alpes comme une zone précurseur de disposi-tions générales à prendre au titre d 'une " urgence ".

 

 

ETAT DES LIEUX

 

1 : éléments sur le trafic (deux sens confondus)

1 ' 1 : Avant l'incendie :

Tunnel du Mont-Blanc 

  • En 1998, il était estimé à 2 100 PL/jour pour un total de 13,5 millions de tonnes, soit 6% de moins qu'en 1992/1993 aussi bien en véhicules qu'en tonnage.
  • Ce trafic était constitué début 1999 à 41% de véhicules en transit (source enquête transit 1999 - période avant fermeture du Tunnel) : même si cette proportion est nettement supérieure à celle constatée au Fréjus sur la même période, il apparaît que le trafic d'échange franco - italien est devenu également majoritaire au Mont-Blanc.

Tunnel du Fréjus 

  • En 1998, il était estimé à 2 140 PL/jour et 12,8 millions de tonnes, soit une croissance d'environ 30% par rapport à 1992/1993 tant en véhicules qu'en tonnage.
  • Du début 1999 à la fermeture du Mont-Blanc, il était constitué à 20% en moyenne de trafic de transit, soit la même proportion qu'en 1992/1993.

Col du Montgenèvre :

  • En 1998, le trafic était de l'ordre de 380 PL/jour, soit une croissance de 46% par rapport à 1992.
  • Du début de l'année à la fermeture du Mont-Blanc, il était composé à 29% de trafic de transit.

Vintimille

  • En 1998, le trafic était estimé à 2 670 PL/jour et 12,9 millions de tonnes, soit un quasi-doublement par rapport à 1992/1993 aussi bien en véhicules qu'en tonnage.
  • Du début 1999 à la fermeture du Mont-Blanc, il était constitué à 48% en moyenne de trafic de transit, soit comme au Fréjus la même proportion qu'en 1992/1993.

Au total, le trafic routier acheminé par les deux tunnels du Fréjus et du Mont-Blanc a dépassé en 1998 les 1 500 000 véhicules, soit 58% du trafic total sur les quatre princi-paux points de passage marchandises entre la France et l'Italie, et était constitué début 1999 pour environ 30% de trafic de transit. Il est globalement en progression par rapport à 1992/1993 d'environ 9%, avec un redéploiement du trafic du Mont-Blanc sur le Fréjus, la croissance de 30% sur ce dernier poste étant analogue à celle constatée sur le reste de l'arc alpin, notamment au Brenner (de 2870 PL/jour en 1992 à 3780 PL/jour en 1998, soit environ + 32%).

Modane ' ferroviaire :

Le tunnel du Mont-Cenis est de loin le principal point de franchissement ferroviaire alpin, avec une cinquantaine de trains marchandises par jour et par sens et 9,3 millions de tonnes acheminées en 1998, soit 35% du trafic acheminé par les deux tunnels du Mont-Blanc et du Fréjus. Trois grandes relations s'y partagent l'essentiel du marché en tonnage: France/Italie avec 63% du total, Belgique/Italie avec 19% et Royaume-Uni/Italie avec 16%.

Concernant spécifiquement le flux de transport combiné qui correspond aux marchés les plus comparables à ceux acheminés par la route, celui'ci représente 47% du total ferroviaire en 1998 en tonnage. La répartition par relation diffère significativement de celle du trafic global : 35% pour France/Italie, 34% pour Belgique/Italie, 28% pour Royaume-Uni/Italie.

 

1 ' 2 : Depuis l'incendie :

Passages routiers

Tunnel du Fréjus 

Le trafic du tunnel du Mont-blanc s'est reporté massivement, à environ 90%, sur le Fréjus, portant le trafic total à 4 200 PL/jour en moyenne.

Ce trafic est constitué à 98 % de plus de 38 tonnes.

La part du trafic de transit, auparavant voisine de 2O%, est désormais de l'ordre de 31% en moyenne.

Les flux en plus forte hausse concernent les relations Lombardie/Benelux (doublement du flux), Lombardie/Grande-Bretagne (+75%) et Lombardie/Ile-de-France (+34%).

Quant aux autres passages français (Alpes du Sud), ils ne cumulent d'Avril à Juillet que des reports faibles, estimés sans tenir compte de la croissance naturelle globale des trafics. Ceci concerne les passages suivants :

Col du Montgenèvre

On estime le report à environ 36 PL/jour d'Avril à Juillet 1999, ce qui peut sembler peu mais est néanmoins sensible rapporté à un trafic global d'environ 500 PL/jour, d'autant qu'on a pu constater des pointes conjoncturelles fortes potentiellement dangereuses compte tenu de la topographie des lieux.

A concurrence des 4/5 du total, il s'agit d'un report en cascade d'une partie du trafic d'échange du Fréjus, du fait de la congestion générée par les reports du Mont-Blanc et la régulation. La part du trafic de transit au Montgenèvre régresse de ce fait de 29% avant fermeture à 25% après fermeture (jusqu'à fin mai).

Ce report se traduit par une forte hausse du flux Piémont/Rhône-Alpes (+60%).

Vintimille

Les reports, d'un volume peut-être inférieur à celui constaté au Montgenèvre, représentent une proportion très faible du trafic global. L'origine des reports se partage à peu près également entre les Tunnels du Mont-Blanc et du Fréjus au cours de la période qui suit immédiatement la catastrophe.

Col de Larche 

Un report faible de l'ordre de 1% du report total pourrait également concerner ce point de passage.

Parmi les autres reports, les passages par la Suisse cumulent 160 PL/j environ, soit de l'ordre de 7% du report total. Il faut noter que ces passages ne sont accessibles que pour les PL de moins de 26 tonnes, donc vides ou à demi - chargés. A Bâle, d'après l'enquête " transit " 1999, les reports sur les deux premiers mois après la catastrophe ont pour origine le Mont-Blanc pour les trois-quarts d'entre eux et le Fréjus pour le quart restant. La structure des trafics apparaît relativement peu affectée (taux de PL en transit passant de 39% à 37%).

Au total, le trafic s'est reporté massivement sur le Fréjus, dans des conditions d'exploi-tation devenues à peu près satisfaisantes, compte tenu de l'ouverture de l'aire d'attente d'Aiton, mais surtout grâce à une régulation naturelle dans l'espace et le temps effectuée par les chargeurs et les transporteurs.

Néanmoins, cette situation est fragile et tout incident est susceptible d'entraîner de graves perturbations, en particulier en situation hivernale ; la mobilisation de moyens, humains et matériels, sur sites ou en astreinte semble une condition indispensable au maintien des conditions d'exploitation du tunnel.

 

Passage ferroviaire en transport combiné non accompagné

Concernant les grandes liaisons de transport combiné non accompagné via Modane, on constate les évolutions suivantes à la fin de l'année 1999 :

- Italie-UK : baisse de 6,4% par rapport à l'année 1998

- Italie-France  : augmentation de 15,6%

- Italie-Belgique  : baisse de 2,5%

- UK ' Italie  : augmentation de 40,5%

- France-Italie : augmentation de 14,2%

- Belgique-Italie : baisse de 3,9%

Au total, tous sens confondus, le trafic via Modane en transport combiné connaît une augmentation sur l'année 1999 par rapport à 1998, de 6,23% en tonnes , soit, en volume, en progrès de 4,6 millions de tonnes.

Tendanciellement, ce trafic a évolué en 3 phases :

  • un premier trimestre en retrait
  • un début de redressement d'avril à septembre
  • une confirmation et amplification de cette hausse au dernier trimestre.

 

1 ' 3 : Prévisions de trafic à moyen terme:

Si les prévisions peuvent varier considérablement non seulement en fonction des hypothèses de conjoncture, mais surtout en fonction des politiques de transport, des réalisations d'infrastructures et des coûts pour le transporteur, plusieurs études citées dans le rapport Brossier apportent néanmoins des indications intéressantes.

Trafic routier :

Deux études permettent d'estimer le trafic à l'horizon 2010.

D'une part, selon le bureau d'études Prognos, le trafic pour 2010, en fonction des hypothèses de croissance retenues, pourra varier de 7 à 20 millions de tonnes au Fréjus (18,4 actuellement) et de 7 à 17 millions de tonnes pour le Mont-Blanc (13,5 actuellement), soit au total, une fourchette allant de 14 à 37 millions de tonnes annuelles sur les deux tunnels. Un tel écart illustre l'impact de l'activité économique sur les volumes de trafic.

D'autre part, l'INRETS, dans une étude prenant en considération deux scénarios, consi-dère que dans le cas du maintien du statu quo politique suisse actuel, le trafic global du Fréjus + Mont-Blanc pourrait être de 26 à 35 millions de tonnes, et dans le cas de l'ouverture de la Suisse au trafic de l'Union Européenne, il serait de 21 à 28 millions de tonnes /an.

Ces chiffres se situent dans la fourchette indiquée par la première étude.

Une projection de ces estimations à un horizon 2015 nous donnerait une fourchette pouvant aller de 16 à 42 millions de tonnes par an sur les 2 tunnels.

 

Trafic ferroviaire (conventionnel +combiné) : selon l'étude Prognos, le trafic en 2010 pourra varier de 11 à 25 millions de tonnes par an selon les hypothèses de croissance retenue (trafic actuel de 9,3 millions de tonnes). Ces chiffres prennent comme hypothèses que les tunnels du Saint-Gothard et du Loetschberg, en concurrence avec les passages français nord pour de nombreuses OD européennes, ainsi que le nouvel ouvrage du Brenner, relativement peu concurrent des passages français, seront réalisés, hypothèses confirmées depuis.

Les chiffres fournis par l'étude de l'INRETS s'insèrent dans la fourchette précédente : trafic prévu de 10 à 15 millions de tonnes /an en cas de réussite de la stratégie suisse, trafic de 15 à 24 millions de tonnes / an en cas de maintien du statu quo.

En prenant en considération les deux études, on a donc un trafic ferroviaire estimé en 2010 qui peut aller de 10 à 25 millions de tonnes par an.

On peut constater que les résultats des deux bureaux sont très proches pour l'estimation haute de la route et pratiquement identiques pour les estimations haute et basse du ferroviaire.

L'ensemble de ces prévisions se place à un horizon qui n'intègre pas l'impact que pourrait avoir la construction de l'autoroute ferroviaire franco-italienne, dont la date d'achèvement serait forcément plus lointaine (pas avant 2015).

- sur l'ensemble de l'arc alpin, l'étude de prévision des trafics de transit à travers les Alpes, conduite par la Communauté européenne et la Suisse dans le cadre du Comité des suppléants des Ministres des transports de l'arc alpin et achevée en 1998, estime que dans les 20 prochaines années, la croissance du tonnage de marchandises global traversant les Alpes sera de 80% mais sans être uniformément répartie.

 

 

2 : éléments d'infrastructures et réserves de capacités

 

2 ' 1 : Entre France-italie:

Capacités routières

A très court terme (été 2000), l'ouverture de l'autoroute de la Maurienne (A 43) améliorera l'accès au tunnel et permettra une meilleure fluidité, offrant ainsi des capacités routières supplémentaires, surtout en terme d'exploitation du tunnel du Fréjus, en même temps qu'il permettra une réduction des nuisances aux riverains de la RN 6.

A moyen terme et selon le rapport Brossier, on peut estimer les capacités nominales des tunnels du Fréjus et du Mont-Blanc respectivement à 48 millions de tonnes pour le Fréjus ( soit environ 8000 PL/jour) et 20 millions de tonnes pour le Mont-Blanc ( environ 3 000 PL/jour), soit une capacité totale estimée de 68 millions de tonnes.

Ces chiffres sont loin des flux constatés aujourd'hui et des flux prévisionnels 2010, même dans leur hypothèse la plus haute qui est de 35 millions de tonnes par an pour l'ensemble Fréjus + Mont-Blanc.

D'un seul point de vue quantitatif, on peut donc dire que les deux tunnels ne sont pas actuellement saturés mécaniquement et disposent même d'une réserve de capacité compatible avec les trafics prévus pour 2010.

En outre, compte tenu de l'origine des flux ( région lyonnaise, nord de la France, nord de l'Europe), des mesures d'exploitation sont possibles pour optimiser la répartition des trafics entre les deux ouvrages , et gérer les pointes ponctuelles de trafic excédentaire du Mont-Blanc sur le Fréjus, à partir d'une information diffusée largement en amont aux usagers par PMV, radio ou tout autre moyen approprié.

 

Capacités ferroviaires:

A court ou moyen terme, au prix d'investissements relativement modestes sur le tronçon ferroviaire fret Ambérieu-Turin , la capacité annuelle de la ligne pourrait être portée à 16 millions de tonnes par an (trafic actuel : 9,3 millions de tonnes) soit 75 trains par jour et par sens.

Ces chiffres sont à rapprocher des 15 à 24 millions de tonnes /an prévues dans le cas du maintien du statu quo suisse ou des 10 à 15 millions de tonnes prévues dans le cas de l'ouverture de la Suisse à l'horizon 2010.

Ces chiffres montrent que les besoins peuvent être satisfaits dans le cas du scénario le plus favorable jusqu'en 2010 avec les infrastructures existantes et surtout sont compatibles avec les délais nécessaires à la réalisation d'une nouvelle liaison qui s'avère indispensable, et dont la décision ne doit pas être repoussée.

Selon la SNCF, ces chiffres pourraient être sensiblement supérieurs, mais l'obtention de cette capacité suppose déjà qu'un programme d'actions portant à la fois sur les conditions d'exploitation et des aménagements d'infrastructures en France et en Italie, soit entrepris, afin de rendre possible et homogène cette capacité sur l'ensemble de l'itinéraire.

Afin d'assurer cette capacité de transport maximale sans infrastructures lourdes nou-velles, un certain nombre de mesures ou investissements limités sont néanmoins néces-saires; le rapport Brossier les rappelait déjà:

- l'utilisation de locomotives tricourant

- l'amélioration des conditions d'exploitation en gare de Modane

- l'aménagement de la gare de Modane

- le renforcement de l'alimentation électrique entre Ambérieu et Modane

- l'aménagement d'une troisième voie en gare de Chambéry

- l'aménagement du tronçon Bussoleno-Turin

- la modernisation de la signalisation

- l'aménagement de faisceaux de garage et de gares intermédiaires

- la suppression de passages à niveaux

- la nécessité d'assurer l'intéropérabilité des réseaux français et italiens.

- la réhabilitation de la ligne du Tonkin

A cela s'ajoute la mise au gabarit B de l'ensemble de la ligne Saint Jean de Maurienne - Turin, mais avec la contrainte d'une réduction de capacité momentanée durant les travaux.

Finalement, un montant d'investissements qui ne dépasserait pas 10% des sommes envi-sagées pour la réalisation du Lyon-Turin est indispensable pour améliorer la ligne actuelle.

Il va sans dire que c'est bien dans une démarche partenariale et contractuelle avec nos partenaires italiens que de telles mesures sont à décider compte tenu de l'homogénéité de capacité à obtenir sur l'ensemble de l'itinéraire.

D'ailleurs, lors de la XIXe consultation franco-italienne tenue en octobre 1999, les ministres français et italien des transports ont souligné l'aspect prioritaire et urgent de ces mesures, incité à la poursuite de la coopération entre les opérateurs ferroviaires français et italiens, et souhaité une accélération de la mise en 'uvre de ces mesures nécessaires à la réalisation du développement fret ferroviaire entre la France et l'Italie.

2 ' 2 : Nécessaire prise en compte de l'arc alpin dans sa globalité:

Les chiffres précédemment cités montrent l'importance du trafic fret en transit dans les flux franco-italiens.

La problématique des traversées nord françaises n'est donc pas indissociable de celle de l'ensemble des passages alpins suisses et autrichiens, pour lesquels les OD sur les trafics lon-gue distance sont comparables et donc les itinéraires alternatifs concurrentiels pour certains.

Les relations entre l'Italie du nord et le reste de l'Europe sont les plus importantes avec un total de 133 millions de tonnes de marchandises ayant franchi en 1994 l'arc alpin Vintimille - Vienne, soit 3 fois plus qu'en 1970. Le rail a représenté en moyenne 40% et la route 60%, avec d'importantes disparités entre les pays.

La suppression en 2005 de l'interdiction aux 40 tonnes de traverser la Suisse devrait entraîner une suppression d'environ un tiers du trafic au Mont-Blanc et au Fréjus, soit environ 200 000 PL/an actuellement en transit. Il faut également prendre en compte l'impact de l'ouverture des deux tunnels ferroviaires du Lotschberg et du Saint Gothard.

Quant à l'Autriche, elle a en projet un nouvel axe ferroviaire; ce projet fait partie, comme le Lyon-Turin d'un des 14 projets prioritaires européens et du réseau ferroviaire trans-européen. Comme lui aussi, il bute actuellement sur l'épineuse question de son financement, qui, compte tenu de sa faible rentabilité, ne peut être entièrement privé et doit mobiliser des fonds publics très importants, essentiellement autrichiens et italiens si l'on applique le principe de territorialité actuellement en vigueur.

C'est donc dans ce cadre, sur l'ensemble de l'arc alpin, et en prenant en considération les investissements déjà décidés et les délais de réalisation, que doit se décider tout pro-jet, d'investissement ou de modernisation d'infrastructures pour répondre à la demande.

C'est donc aussi en partenariat avec les différents pays concernés par un itinéraire qu'il faudra prendre toute décision, en particulier pour le ferroviaire quand il s'agira de définir les gabarits pour les projets de ferroutage ou les pôles de transbordement pour le combiné.

 

2 ' 3 : Réserves de capacités à court terme et opportunité d'impulser une réelle complémentarité entre les modes:

Les données ci-dessus font bien apparaître que les infrastructures existantes ne sont pas saturées à l'horizon 2010 et disposent même de réserves de capacité non négligeables, voire importantes en cas de réussite de la stratégie suisse.

Mais on ne peut réduire la réflexion à cette simple comparaison de chiffres.

A plus long terme, la réalisation du tunnel ferroviaire Lyon-Turin permettra de pallier l'insuffisance de capacité des infrastructures existantes et offrira les conditions néces-saires à un report modal d'une ampleur compatible avec la volonté annoncée d'un quadruplement du trafic fret ferroviaire dans cette zone.

Compte tenu du coût global du projet - 90 milliards de francs dont 55 milliards à la charge de la France- et le manque de visibilité actuelle sur les conditions de son financement en raison de la rentabilité économique du tunnel, en dépit de son inscription prioritaire au titre des Réseaux Trans-Européens (RTE), dans le cadre du développement du fret ferroviaire, il y a lieu d'éclairer les différentes options et les différents phasages possibles de façon approfondie.

Il conviendra également dans les études et la réalisation de ne pas sous-dimensionner cette infrastructure afin de lui assurer la plus grande pérennité et surtout la rendre compatible avec les futurs modes d'exploitation, qui devront être capables d'absorber les relations bilatérales franco-italiennes de plus de 800 km.

En particulier, il y a lieu d'éclairer la place à terme de la route roulante.

Lors de la XIX consultation franco-italienne, les Ministres ont demandé à la Commission intergouvernementale de pouvoir disposer pour le sommet franco-italien du deuxième semestre 2000, des éléments nécessaires pour prendre les décisions définitives dès l'an 2000, ainsi que les mesures permettant l'amélioration de l'acheminement ferroviaire du fret sur l'axe Ambérieu 'Modane-Turin.

La situation créée par la fermeture du Mont-Blanc rend particulièrement opportune de telles décisions, seules à même d'impulser une réelle complémentarité des modes de transport, en profitant de la restriction momentanée de capacité pour mettre en 'uvre les instruments d'une politique de transport plus équilibrée entre les modes, particulièrement dans cette zone sensible.

 

3 : contexte politique et institutionnel nouveau

 

3 ' 1 : Textes internationaux stratégiques

La Directive CEE 99.62 sur les péages et droits d'usage des infrastructures de transport prévoit des dispositions particulières pour le franchissement des cols des grands massifs montagneux.

Un certain nombre de textes internationaux stratégiques fixent le cadre dans lequel sont examinées les évolutions du trafic dans cette zone sensible; ils orientent l'ensemble des réflexions et décisions vers la prise en compte d'une approche transversale. Celle-ci s'est concrétisée en particulier au niveau national, avant même l'accident du Mont-Blanc , par la mise en place d'une " mission des Alpes " au sein du ministère chargé des transports.

Concernant la politique suisse d'intégration, ce sont les accords bilatéraux sectoriels Suisse - Union Européenne, en particulier l'accord sur le transport de voyageurs et de marchandises , qui doit faire l'objet d'un vote groupé du Souverain au printemps 2000.

C'est, au niveau de l'ensemble de l'arc alpin, la Convention sur la protection des Alpes , dite " Convention Alpine " signée entre les Ministres de l'Environnement des huit Etats européens alpins en 1991 (ratifiée en France en 1995), et qui reconnaît , dans le " respect des principes de précaution, du pollueur-payeur et de coopération "  d'assurer " une politique globale de préservation et de protection des Alpes en prenant en considération de façon équitable les intérêts de tous les Etats alpins, de leurs régions alpines ainsi que de la Communauté économique européenne tout en utilisant avec discernement les ressources et en les exploitant de façon durable ".

Sa mise en 'uvre dans le domaine des transports a pour objectif de " réduire  les nuisances et les risques dans le secteur du transport inter alpin et transalpin, de telle sorte qu'ils soient supportables pour les hommes, la faune et la flore ainsi que pour leur cadre de vie et leurs habitats, notamment par un transfert sur la voie ferrée d'une partie croissante du trafic, en particulier du trafic de marchandises, notamment par la création des infrastructures appropriées et de mesures incitatives conformes au marché, sans discrimination pour des raisons de nationalité.

Ce protocole fait actuellement l'objet d'une consultation et devrait être ratifié en septembre 2000.

Ces deux textes internationaux stratégiques privilégient donc une stratégie de long terme de développement durable.

La stratégie suisse en particulier, qui sous-tend l'accord de transit, vise à transférer le trafic transalpin de marchandises sur le rail, sans discriminer les transporteurs étrangers ni certaines régions de la Suisse. Cette stratégie dite " PULL et PUSH " prévoit à la fois des mesures routières et ferroviaires, visant à améliorer l'offre ferroviaire(construction de deux tunnels ferroviaires) tout en dissuadant le trafic d'emprunter la route ( taxation de la traversée des massifs montagneux par les camions).

Il est à remarquer que, avec l'introduction d'un péage pour les PL empruntant la route, la Suisse, qui ne fait pas partie de l'Union Européenne, déroge au principe édicté jusqu'à présent par Bruxelles qui, afin de veiller à la libre circulation des biens et des personnes, tenait à maintenir une saine concurrence entre les modes, et interdisait d'utiliser les recettes fiscales de la route pour financer le rail.

L'article 9.2 de la 99/62 mentionnée ci-dessus permet aujourd'hui un tel transfert, même si c'est de façon limitée.

 

3 ' 2 : Trois textes plus spécifiques depuis le Mont-Blanc

Depuis l'incendie du Mont-Blanc, trois textes d'orientation plus spécifique sont venus précisés ce cadre général.

Tout d'abord, le relevé de conclusions sur le volet transport, pris suite à la dernière consultation franco-italienne , confirme la priorité donnée aux préoccupations de sécurité dans les tunnels et au développement d'une politique transport assurant un rééqui-librage au profit du fer ; il confirme la pertinence de la dimension globale de l'arc alpin pour développer des mesures de régulation du trafic routier et insiste sur le nouvel élan souhaitable à donner à la coopération bilatérale entre les deux pays ; en particulier, celle-ci devra être effective au plus tôt pour les structures d'exploitation des infra-structures communes.

Le Rapport Commun des missions administratives d'enquête technique française et italienne fait un certain nombre de propositions pour aider à une coopération plus effective, en particulier au niveau de la Commission Intergouvernementale de Contrôle, et améliorer la sécurité et les conditions d'exploitation du tunnel, notamment par la création d'une structure unique d'exploitation, au delà des obstacles juridico-admini-stratifs que la création d'une telle entité peut rencontrer.

Ses 41 recommandations devront être prises en compte pour la réouverture du Mont-Blanc, confirmée lors de la rencontre franco-italienne avant la fin 2000.

Enfin, la Délégation française a soumis à ses partenaires lors du dernier Conseil Trans-ports de l'Union européenne, un projet de memorandum proposant " qu'en matière de sécurité, d'organisation, d'équilibre, de régulation et de développement du transport des règles adaptées au cas du massif alpin soient élaborées et que les solutions préconisées pour l'arc alpin puissent éventuellement être étendues ultérieurement à d'autres zones très sensibles ".

Ainsi, par le dépôt de ce texte, la France infléchit sa position à l'égard du fret routier de transit , qui présente de moins en moins d'avantages pour les zones traversées et suscite de plus en plus de réactions locales hostiles.

Si la montée des préoccupations environnementales devient un élément majeur de la politique européenne , elle est particulièrement sensible dans le massif alpin et peut aller jusqu'à des réactions de rejet qu'il faudra savoir prendre en considération et gérer par un discours politique adapté.

C'est dans ce contexte global, en profitant de la situation créée par la fermeture du Mont-Blanc, et dans un nécessaire souci de complémentarité entre les modes que doit être considérée la réouverture du Mont-Blanc.

 

 

 

RECOMMANDATIONS

 

Le CNT avait déjà émis un premier avis début juillet afin d'attirer l'attention du gouvernement sur le caractère potentiellement dangereux de la situation créée suite à l'accident du Mont-Blanc au Fréjus ; il suggérait un nécessaireassouplissement des mesures de régulation, ainsi que la mobilisation de moyens spécifiques pour pouvoir faire face à tout incident rapidement, compte tenu du caractère exceptionnel de la situation.

Ces préconisations restent pertinentes, plus encore avec la venue des conditions hivernales

Au delà, concernant la problématique des transports de marchandises à travers les Alpes sur le court et moyen-long terme, le CNT souhaite émettre un certain nombre de recommandations.

 

  1. Réouverture du Mont-Blanc :
  2. - nécessité d'un discours qui prenne en considération la montée des préoccupations environnementales

    Dans la vallée de Chamonix, associations, élus et population se sont prononcés très largement pour que les camions en transit ne soient plus autorisés à emprunter le tunnel du Mont-Blanc après sa réouverture, en opposition avec la position du Conseil Général .

    Mais, c'est sans compter sur l'existence de contraintes particulières sur les habitants de la vallée de la Maurienne pour qui, s'ils acceptent par contrainte et solidarité ces flux supplémentaires de poids lourds pour un temps donné, souhaitent un rééquilibrage entre les deux passages dès que possible.

    Si, à terme, des mesures réglementaires ou d'exploitation peuvent limiter de façon sensible le trafic routier de transit dans ces vallées, cela relève d'une politique globale et du moyen-long terme ; par contre, il n'existe pas de solutions alternatives à court terme, au delà de l'offre de transport combiné non accompagné à développer.

    Il faudra donc veiller à ne pas laisser se développer un discours tendant à faire croire aux populations locales que la réouverture du Mont-Blanc, confirmée lors de la rencontre franco-italienne pour le second semestre 2000, pourrait se faire en interdisant l'accès aux poids lourds.

    Un discours " pédagogique ", à l'égard des élus en particulier, au travers desquels la montée de ces préoccupations environnementales se sont traduites lors des dernières élections, devra être tenu, qui s'inscrive sur des données concrètes et pragmatiques.

    En particulier, il est à noter, que dès 2000, avec le bouclage de A 43 , qui doit se terminer au plus tôt, il sera possible de mettre en place des systèmes de régulation mieux adaptés.

    En outre, contrairement aux autres passages alpins qui voient leur trafic augmenter, celui du Fréjus+ Mont-Blanc reste globalement stationnaire, à 1,5 million de poids lourds par an.

    Ainsi, il semble urgent de demander aux autorités locales et à l'administration d'établir un discours affirmé sur la réouverture du Mont-Blanc (pas de réouverture sans engagement fort sur le fer).

    -nécessaire prise en compte des intérêts économiques régionaux, qu'ils soient français ou italiens

    Les incidences de la fermeture du Mont-Blanc sont importantes pour l'économie de nombreuses entreprises locales.

    En effet, le report du trafic sur le tunnel du Fréjus se traduit par une hausse du coût de revient de la plupart des relations, doublées parfois de l'abandon de certains trafics.

    En dépit de la forte réactivité des transporteurs, qui ,très vite ont su adapter leur heure de passage et réorganiser dans la mesure du possible leurs conditions d'exploitation en fonction de l'encombrement du passage, la hausse des temps de parcours habituels est souvent inéluctable.

    Le renchérissement des coûts de revient engendre des difficultés économiques et financières. Il en est de même pour les industriels qui, fabricant des produits à faible valeur ajoutée, verront leur compétitivité réduite si les prix de transport augmentent trop fortement.

    La réouverture du Mont-Blanc est donc indispensable à l'économie locale, que ce soit du côté français ou italien, où dans la vallée d'Aoste, c'est le désarroi face au désert économique qui frappe désormais la région.

    C'est pourquoi le Conseil Général de la Haute Savoie estime que la réouverture du Mont-Blanc et son accessibilité à l'ensemble du trafic constituent un enjeu immédiat comme un enjeu à terme. La région autonome de la vallée d'Aoste s'est ralliée à cette position.

     

  3. Sécurité des tunnels :
  4. Si la réouverture rapide du tunnel du Mont Blanc est nécessaire, elle doit néanmoins se faire dans le respect des conditions de sécurité indispensables.

    L'incendie du tunnel du Mont-Blanc , avec ses conséquences humaines catastrophiques, avait surpris tout le monde par son ampleur et les difficultés rencontrées par les secours.

    Dans le " Rapport Commun " remis par les missions administratives d'enquête technique française et italienne, un certain nombre de mesures sont préconisées, touchant à la fois à l'organisation institutionnelle, aux installations de sécurité et d'exploitation, à l'organisation des moyens de secours et la réglementation sur les véhicules.

    Si certaines de ces mesures, relevant plutôt de la réglementation européenne (comme l'évolution de la classification des matières dangereuses ou les normes techniques des véhicules) peuvent demander un certain délai, par contre, il faudra une volonté politique forte afin que les obstacles juridico-administratifs soient dépassés et permettent une mise en 'uvre effective des réorganisations institutionnelles préconisées dans le rap-port, que ce soit au niveau de la Commission Intergouvernementale de Contrôle , ou au niveau des sociétés concessionnaires.

    Quant aux mesures concernant les installations de sécurité, en particulier pour la ventilation et l'exploitation, l'organisation des moyens de secours, l'information et la formation des usagers, les budgets nécessaires devront être mobilisés sans délai et les investissements nouveaux intégrer les possibilités offertes par la technologie (contrôle radar des interdistances de véhicules, vidéo surveillance des tunnels , information des usagers en amont et dans le tunnel, ').

    Les récentes déclarations concernant la mise en place d'un budget de 2 milliards de francs pour améliorer la sécurité de l'ensemble des tunnels français, en particulier sur les capacités de ventilation et l'organisation des secours , semblent montrer qu'une prise de conscience réelle a eu lieu.

    Aussi, le CNT approuve sans réserves toutes les mesures qui visent à améliorer la sécurité, que ce soit en réduisant les risques dus aux véhicules ou en mettant en 'uvre de nouvelles mesures d'exploitation.

     

  5. Définition d'une stratégie française pour le court terme et le moyen-long terme
  6. - importance des mesures d'exploitation et opportunité d'un transfert modal à court terme

    A court terme, compte tenu des réserves de capacités existantes sur les passages du Fréjus et du Mont-Blanc, le CNT considère que la mise en 'uvre de mesures d'exploi-tation appropriées sur l'ensemble des passages franco-italiens est une priorité qui doit permettre, par une utilisation maximale des infrastructures, un meilleur écoulement des flux de trafic dans cette zone difficile.

    D'autant que la levée des interdictions suisses en 2005 allégera le trafic de transit et facilitera d'autant les conditions d'exploitation.

    Il ne faut pas pour autant perdre l'objectif d'un transfert modal dont la réussite à court terme repose essentiellement sur une amélioration des conditions d'exploitation, au delà même de certains investissements ponctuels en infrastructures aptes à le favoriser.

    La situation crée par la fermeture du Mont-Blanc doit être uneopportunité, de mettre en place des mesures incitatives au transfert des marchandises de la route vers le rail. Il s'agit clairement pour les pouvoirs publics et l'opérateur ferroviaire, d'agir vite, en prenant les mesures appropriées, en terme d'organisation et de qualité de service, aussi bien que de compensation tarifaire, afin de provoquer un changement culturel.

    Ceci sera aussi un gage pour l'avenir en préparant les acteurs à une utilisation des futures infrastructures ferroviaires.

    En tout état de cause, saisir une telle opportunité sera plus pertinente pour susciter un transfert modal que des mesures fiscales non équitables ; il suppose une démarche coordonnée de l'ensemble des acteurs, favorisée par la situation actuelle.

     

  7. Protection de l'environnement
  8. Tout en étant parfaitement conscient et convaincu de la nécessité d'agir pour une meil-leure prise en compte des questions relatives à l'environnement, il semble bien dans ce domaine qu'il est plus utile d'agir à la source et que les mesures réglementaires seront toujours plus pertinentes que les contraintes tarifaires.

    Il faut à cet effet rechercher l'efficacité de la protection de l'environnement par des règles fondées sur des données scientifiques plutôt que de taxer inconsidérément les modes jugés trop polluants au risque de ne supprimer ni la pollution ni d'entraîner un rééquilibrage des modes.

    Si le principe d'une meilleure prise en compte de la sécurité et de l'environnement avec la mise en 'uvre d'une politique volontariste pour rééquilibrer les flux est indéniable, par contre certaines mesures proposées concernant la tarification et les moyens pour développer le fret ferroviaire appellent des réserves.

     

  9. Importance de la stratégie suisse et nécessaire réactivité des décisions
  10. Dès 2005, le vote suisse devrait permettre aux accords de transit , signés entre la Suisse et l'Union européenne, d'entrer en vigueur et aux véhicules de 40 tonnes de passer de nouveau par la Suisse sans contingentement, avant même l'ouverture des tunnels ferroviaires.

    Néanmoins, cela repose sur le pari que la stratégie suisse de transfert de la route sur le rail réussisse.

    Face à cette stratégie, claire et privilégiant l'objectif de long terme du développement durable, les conditions de la réussite dépendent pour une large part du comportement des acteurs, à la fois ferroviaire et routier.

    Face à cet enjeu, et sans retarder les décisions nécessaires, la France doit adopter une politique souple jusqu'à l'échéance de 2001, peut-être même  jusqu'en 2006, date de l'ouverture de Loetschberg, qui permettra d'évaluer plus précisément les effets du premier nouveau passage suisse sur nos trafics et d'optimiser ainsi la date d'ouverture du Lyon-Turin, et d'en préciser la définition, le financement et l'utilisation.

     

  11. recherche de solutions alternatives :

Afin de maîtriser la croissance des flux routiers de marchandises à travers le massif alpin, et répondre aux objectifs de développement durable fixé par la Commission, en même temps qu'aux souhaits des populations locales, il est nécessaire de chercher quelles pourraient être les autres solutions exploitables sur des segments de marchés pertinents.

-le cabotage fluvio-maritime :

 

Il s'agit d'utiliser un navire maritime sur une voie navigable intérieure, qui peut transporter une cargaison de 1500 à 3000 tonnes ; son coût d'exploitation élevé ( 15 à 30 000 F / jour), en limite cependant l'usage ; par contre, manutentionné dans les ports intérieurs, les risques inhérents aux ruptures de charge s'en trouvent ainsi limités.

Actuellement peu de choses existent encore, mais quelques études en soulignent l'intérêt. Il s'agit donc de confirmer les potentialités entrevues et de créer une dyna-mique de l'offre par une campagne de promotion offensive et des soutiens de l'Etat ; une approche méthodologique doit être mise en 'uvre, associant les différents niveaux nécessaires (terrain, recherche,').

Aujourd'hui, 2 axes sont en exploitation :

  • l'axe Seine : 550 000 tonnes, constituées pour 35% de céréales, 45% d'acier et 15% de produits chimiques
  • l'axe Rhône-Saône : 550 000 tonnes, constituées pour 40% de céréales, 40% d'acier et 20% de produits chimiques.

L'accident du Mont-blanc a sensibilisé aux difficultés de transit dans le massif alpin ; leur prise en considération peut favoriser le développement d'une intermodalité avec le Rhône vers l'Italie, que VNF, l'Etat et les Commissionnaires de transport devraient soutenir, compte tenu de la géographie globale du massif alpin et de la sensibilité à cet enjeu créé par l'accident du Mont-Blanc.

-Développement du fret ferroviaire :

Actuellement , le transport combiné par Modane est constitué par 180 trains par semaine, qui transportent 4 à 5 millions de tonnes de marchandises par an ; il ne s'agit donc pas de substitution, mais de complémentarité par rapport aux 26 millions de tonnes qui transitent par le Fréjus et le Mont-Blanc en période normale.

Le transport combiné marie la souplesse du camion à la performance technique du ferroviaire, pour autant que certaines conditions soient réunies : d'une part, un seuil minima de trajet ferroviaire, permettant d'amortir les coûts de rupture de charge au départ et à l'arrivée du tronçon ferroviaire ; d'autre part, un éloignement réduit de l'expéditeur et du destinataire des " chantiers " ; or, ceux-ci sont encore en nombre restreint.

Le transport combiné n'est donc pas une solution pour les trafics locaux, et sur courte et moyenne distance.

C'est bien en terme de solutions complémentaires pertinentes pour un segment de marché qu'il faut le penser, et non en solutions alternatives concurrentes ; seule une complémentarité bien comprise des modes permettra au trafic routier d'échange, indispensable économiquement pour les régions traversées, d'être accepté par les populations locales.

Néanmoins, toute solution alternative doit être retenue qu'après une évaluation de sa pertinence et de ses limites.

Le changement de tendance passe par la nécessité de faire preuve sur le terrain et pour l'ensemble de la chaîne, de qualité, de compétitivité, de performance , de fiabilité dans les acheminements en assurant une garantie de la continuité de service. Toute nouvelle infrastructure sera vaine et toute nouvelle offre vouée à l'échec sans une reconquête par l'opérateur ferroviaire de la confiance des clients et la maîtrise de ses coûts de production.

La volonté de développer quantitativement et qualitativement le transport ferroviaire, dont la pertinence n'est plus à démontrer et parfaitement admise par tous, doit être fondée sur un cadre de certitudes à moyen terme définissant les engagements et les obligations des parties intéressées.

A très court terme, une incitation vigoureuse des pouvoirs publics, par la mise en place de moyens adaptés, pour une offre de transport combiné traditionnel partant du Havre, Paris, Lille sur Modane est nécessaire pour montrer une réelle volonté politique.

Concernant la liaison Lyon-Turin existante, il faut chercher à optimiser le schéma opérationnel existant, en faisant arriver à Lyon les caisses mobiles de divers points et de là les regrouper pour Modane.

Les restrictions de capacité consécutives à la fermeture du Mont-Blanc sont une opportunité à l'adhésion des transporteurs à ces mesures, et à une évolution des pratiques.


 

 

Composition du groupe

 

Président Général Guy QUEROLLE

Rapporteur

Annick HAUDEBOURG

Chargée de mission au C.N.T.

 

 

Membres

 

M. ARRAEZ CGT

M. BABE FNTR

M. BANETTE DDE 73

M. BARBERO Expert CNT

M. BITEAU SNCF Direction du Fret

Mme BODIER VNF

M. BORDET TLF

M. CHION NOVATRANS

M. DURON UNSA Cheminots

M. FATIGA CFDT-FGTE

M. FAUCHER RFF

M. HOUEE Ministère des Transports DAEI ' SES

M. HULOT DE COLLART CFTC-FGT

M. JOSSELIN CNC/COMBI Concept

M. JUNKER CGT

M. LEANDRI AUTF

M. LEBEL Ministère des Transports DTT Mission des Alpes

Mme LEZINEAU AFTRI

M. MACAIRE SNCF Direction du Fret

M. MORA SNCF Direction de la Stratégie

M. ROSE UNOSTRA

M. FUMAT GNTC

M. VOGT Ministère des Transports DTT






      SECTION PERMANENTE

SP 222     
7 Janvier 2000

 

 

 

Projet d'AVIS

du Conseil National des Transports sur les conséquences à moyen et long terme

à tirer de l'incendie dans le tunnel du Mont-Blanc sur le transport professionnel

________

 

Le 24 mars 1999, un incendie survenait dans le tunnel du Mont-Blanc et faisait 39 morts.

La situation ainsi créée a amené le CNT à émettre un avis sur les conséquences à court, moyen et long terme de cet incendie sur les transports de marchandises au travers des Alpes. Cet avis complète celui déjà émis fin juin 1999, compte tenu de l'urgence et de la gravité de la situation à l'approche du trafic estival.

Que ce soit pour le court terme (réouverture Mont-Blanc) comme pour le moyen ou long terme, et compte tenu de la situation géographique du Mont-Blanc, le CNT estime que les recommandations formulées devront se placer dans un cadre européen, prenant en considération l'ensemble de l'arc alpin et des pays concernés ; elles ne pourront en outre ignorer les principaux objectifs de la politique européenne, particulièrement en ce qui concerne le développement durable et la prise en considération des Alpes comme une zone précurseur des dispositions générales au titre d 'une " urgence ".

De manière plus opérationnelle, le CNT insiste sur l'opportunité créée par la situation pour mettre en 'uvre une véritable politique intermodale qui englobe la problématique de l'usage de l'ensemble des infrastructures et l'harmonisation des conditions de concurrence entre les différents modes.

De l'examen de la situation, il ressort que le Transport Routier de Marchandises, qui représentait 75% environ du trafic marchandises entre la France et l'Italie avant l'incendie, ne s'est jusqu'à présent reporté sur le rail que de manière négligeable ; une progression est néanmoins constatée au cours du dernier trimestre.

Après 9 mois, on constate que le trafic s'est reporté massivement ( à hauteur de 90% environ) sur le tunnel du Fréjus, dont le trafic, désormais de l'ordre de 4 200 PL/jour, est constitué de poids lourds en transit pour plus de 31 % d'entre eux.

Ce report se fait actuellement dans des conditions d'exploitation à peu près satisfaisantes, compte tenu de l'ouverture de l'aire d'attente d'Aiton, mais surtout grâce à une régulation naturelle dans l'espace et le temps effectuée par les chargeurs et les transporteurs ;

néanmoins, le CNT rappelle que cette situation est fragile et demande la mobilisation de moyens humains et matériels, sur sites ou en astreinte, prêts à intervenir rapidement lors de tout incident afin que les conditions d'exploitation du tunnel puissent être rétablies sans délai.

Pour les années à venir, et compte tenu des prévisions de trafic réalisées par divers cabinets, il ressort que, à un horizon 2010, c'est à dire sans prise en compte de l'impact d'une nouvelle liaison ferroviaire franco-italienne, le trafic routier de marchandises Fréjus + Mont-Blanc varierait de 21 à 35 millions de tonnes et le trafic ferroviaire de 10 à 25 millions de tonnes.

Quant aux capacités des infrastructures routières et ferroviaires, elles sont estimées respecti-vement à 68 millions de tonnes pour le Fréjus+Mont-Blanc et 16 millions de tonnes pour le ferroviaire, sans investissements lourds nouveaux.

Face à ces données, le CNT estime donc que la France dispose actuellement de réserves de capacités pour satisfaire raisonnablement les besoins jusqu'en 2010, ce qui donne toute son importance aux actions de court et moyen terme pour utiliser au mieux les infrastructures existantes, voire en les améliorant pour le ferroviaire.

Cependant, on ne peut réduire la réflexion à cette simple comparaison de chiffres. A plus long terme, seule la réalisation du tunnel ferroviaire Lyon-Turin permettra d'augmenter la capacité ferroviaire franco-italienne et offrira les conditions nécessaires à un report modal d'une ampleur compatible avec la volonté annoncée d'un quadruplement du trafic fret ferroviaire dans cette zone.

Dans ces conditions, le CNT considère que la France dispose des délais nécessaires pour la réalisation d'une nouvelle infrastructure ferroviaire, dont le projet préalable devra permettre différents scénarios qui se préciseront avec l'évolution des trafics transalpins dans les années à venir , et devra faire l'objet d'une évaluation précise de son coût , des moyens de financement et de son taux de rentabilité socio-économique.

En conséquence, dans le respect de l'alinéa 10 de la résolution CEE du 28 mai 1999 sur le rapport " Sur les progrès de l'exécution des 14 projets des CEN de 1998 " , le CNT demande d'accélérer le rythme de travaux préparatoires et la recherche des solutions en ce qui concerne le tunnel Lyon-Turin.

Concernant la réouverture du Mont-Blanc, et illustrant la montée des préoccupations environnementales, nombre d'associations, d'élus et même la population de la vallée de Chamonix se sont prononcés très largement pour que les camions en transit ne soient plus autorisés à emprunter le tunnel du Mont-Blanc après sa réouverture.

Or, il n'existe pas de solutions alternatives à court terme , au delà de l'offre de transport combiné non accompagné existante.

La réouverture du Mont-Blanc à toute catégorie de trafic est donc nécessaire dès que possible afin de permettre un rééquilibrage des flux entre le Fréjus et le Mont-Blanc.

Elle est de plus indispensable à l'économie locale, française et italienne, pour lesquelles les conséquences de la fermeture ont été catastrophiques pour de nombreuses entreprises locales.

Le CNT encourage donc les autorités locales et l'administration à établir un discours affirmé sur la réouverture du Mont-Blanc et d'en gérer la communication, particulièrement à l'égard des sensibilités environnementales.

Néanmoins, si une réouverture rapide du tunnel est nécessaire, elle doit se faire dans le respect des conditions de sécurité indispensables.

Le CNT approuve sans réserves toutes les mesures qui visent à améliorer la sécurité, que ce soit en réduisant les risques dus aux véhicules ou en mettant en 'uvre de nouvelles mesures afin d'assurer cette sécurité.

En particulier, de nouvelles mesures concernant le contrôle des vitesses, le respect des inter-distances , la détection des anomalies, la baisse de la quantité de carburant transporté, les limites ADR seront à promouvoir. L'ensemble de ces mesures devront faire l'objet de contrôle, en particulier en ayant recours aux nouvelles technologies, et être sanctionnées en cas de non respect.

En outre, et compte tenu de l'importance du trafic de transit dans le trafic total, des réserves de capacités existantes sur les passages du Fréjus et du Mont-Blanc, le CNT considère que la mise en 'uvre de mesures d'exploitation appropriées sur l'ensemble des passages franco-italiens est une priorité à court terme, qui doit permettre, par une utilisation maximale des infrastructures , un meilleur écoulement des flux de trafic dans cette zone difficile.

En particulier, les autorités devront chercher à promouvoir de nouvelles mesures d'exploitation des trafics afin de :

  • favoriser un étalement des trafics dans le temps et l'espace pour écrêter les pointes, en ayant recours à une modulation temporelle des péages
  • optimiser de façon permanente la répartition des flux de trafic entre le Fréjus et le Mont-Blanc, à partir d'une information largement diffusée en amont aux usagers et gérer les pointes de trafic en renvoyant le trafic excédentaire d'un tunnel sur l'autre.

La nécessité de ces mesures d'exploitation ne doit pas pour autant faire perdre l'objectif d'un transfert modal dont la réussite à court terme repose essentiellement sur une amélioration des conditions d'exploitation, au delà même de certains investissements ponctuels en infrastructures aptes à le favoriser.

La situation créée par la fermeture du Mont-Blanc est uneopportunité de mettre en place des mesures incitatives au transfert des marchandises de la route vers le rail, que ce soit du ferroviaire traditionnel ou du transport combiné. Il s'agit clairement pour les pouvoirs publics et l'opérateur ferroviaire, d'agir vite, en prenant les mesures appropriées, en terme d'organisation, de qualité de service, de compensations tarifaires, afin de provoquer un changement culturel.

Ce sera aussi un gage pour l'avenir en préparant les acteurs à une utilisation des futures infrastructures ferroviaires.

En effet, si l'incendie du Mont-Blanc a mis en évidence des disfonctionnements dus au développement des transports dans les Alpes et de la nécessité de procéder à un rééquilibrage modal que personne ne conteste, il apparaît bien que dans l'immédiat, seul le transport combiné constitue la solution alternative, considérant que le combiné est le meilleur substitut au trafic routier longue distance, donc pertinent pour le fret acheminé depuis les régions de France les plus éloignées des Alpes, et surtout pour la plus grande partie du fret en transit.

Le transport combiné possède des atouts indéniables et son développement contribuera à résoudre une partie des problèmes sous réserve de concilier les besoins des utilisateurs et l'intérêt de la collectivité.

Or actuellement, ce n'est que 4 à 5 millions de tonnes par an qui sont acheminées par le transport combiné, comparées aux 26 millions de tonnes transitant par le Fréjus et le Mont-Blanc.

Il serait donc opportun de s'interroger sur les raisons qui conduisent les transporteurs à ne pas plus utiliser le transport combiné.

La réponse des transporteurs à une enquête récente faite par le Predit est sans ambiguïté : le transport combiné souffre de grandes insuffisances sur le plan de l'offre, de la qualité, de la compé-titivité.

En outre, cette enquête met en évidence que l'articulation entre les réseaux ferrés et routiers demeurent très faible.

Si le transport combiné est indéniablement un bon moyen d'offrir aux chargeurs comme aux transporteurs une réelle alternative à la route, il est dans les conditions actuelles cher à produire et ne peut être commercialisé sur la base de son coût réel car les transporteurs et les chargeurs ne sont pas prêts à payer plus cher que le prix du marché, ce qui implique pour assurer son développement, un accompagnement des pouvoirs publics.

C'est pourquoi le CNT considère que dans l'immédiat, des décisions politiques fortes doivent être prises visant à :

  • définir des modalités d'accès techniques, commerciales et financières, compatibles avec la situation économique des entreprises du transport routier
  • arrêter les lignes à desservir en fonction de la demande, demande formulée par des transporteurs équipés pour le transport combiné, en particulier sur des axes pertinents, à des horaires et fréquences adaptés, à partir du Havre, de Lille, de Paris et permettant de capter le trafic de transit à son origine.
  • faciliter la massification des envois en regroupant dans la région lyonnaise les caisses mobiles parvenues de divers points pour les acheminer ensuite sur Modane par des relations ferroviaires régulières et fréquentes.
  • Organiser la coopération avec le réseau italien pour assurer la continuité de la chaîne transport combiné.
  • Organiser les dessertes terminales
  • Favoriser l'amélioration de la qualité , de la régularité sans négliger la compétitivité.

On notera que ces objectifs ont déjà été mentionné dans le rapport Perrod.

Le CNT considère donc que le développement du transport combiné pour la traversée des Alpes , outre l'amélioration des infrastructures existantes et des moyens techniques à mettre en 'uvre, nécessite une volonté politique forte et une action vigoureuse pour changer fondamenta-lement les choses.

Il y a lieu de passer sans tarder du discours incantatoire aux actes. L'enjeu est de taille et conditionne l'avenir.

En tout état de cause, les mesures à prendre doivent associer tous les acteurs impliqués selon une démarche partenariale indispensable.

De la même manière et afin de maîtriser la croissance des flux routiers de marchandises à travers le massif alpin, et répondre aux objectifs de développement durable fixés par la Commission, ainsi qu'aux souhaits des populations locales, il est nécessaire de chercher d'autres solutions, exploitables sur des segments de marchés pertinents .

Le cabotage fluvio-maritime peut être une voie nouvelle propre à développer une intermodalité entre le Rhone et l'Italie.  Compte tenu de la géographie globale du massif alpin et de la sensibilité à cet enjeu créée par l'incendie du Mont-Blanc, l'Etat, VNF et les Commissionnaires de transport doivent tout mettre en 'uvre pour assurer le développement de cette voie et en assurer la promotion marketing auprès des chargeurs.

Déjà le bassin Rhône-Saône à grand gabarit permet, sur 550 km l'accès aux navires fluvio-maritimes, transportant tous types de marchandises, du vrac au conteneur. De nouvelles offres desservant Chalons-sur-Saone , Lyon et divers ports du Rhone pour des échanges de conteneurs ou de vrac avec l'Italie doivent être constituées et soutenues par des politiques publiques.

A moyen-long terme, afin de répondre aux préoccupations environnementales et de sécurité, il faudra chercher à agir à la source pour la réduction des nuisances émises et par l'édiction de nouvelles réglementations européennes, qui pourront concerner aussi bien les dispositifs de détecteurs de chaleur, que les matériaux ininflammables ou de nouvelles normes antipollution.

L'ensemble de ces mesures doit se faire dans une nécessaire approche globale et multimodale compatible avec les principaux objectifs de la politique de développement durable arrêtée par la Commission européenne.

C'est pourquoi le CNT approuve dans ses grandes lignes le memorandum ainsi que le relevé de conclusions de XIX sommet franco-italien, mais émet néanmoins un certain nombre de réserves concernant les propositions touchant à la tarification et au développement du fret ferroviaire.

Concernant la tarification, le principe " utilisateur-payeur " est bon en soi, mais il est indispensable de rechercher une cohérence sur l'ensemble de l'arc alpin et entre les modes. A défaut, il y a distorsion de concurrence préjudiciable aux modes désavantagés mais également à ceux qui en bénéficieraient et ne seraient pas de ce fait incités à réaliser des efforts de productivité.

A cet égard, il serait souhaitable que la France profite de sa Présidence de l'Union Européenne pour proposer une harmonisation des coûts externes.

Il y a donc lieu avant toute décision d'harmoniser les méthodes de calcul de tarification d'usage des infrastructures pour obtenir une réelle complémentarité et une meilleure répartition entre les modes, et la couverture des charges en excluant tout financement inéquitable d'un mode par un autre.

A noter également que toute taxation trop lourde se traduit par une perte d'utilité économique.

Dans ces conditions, il n'est pas du tout évident que par des moyens spécifiques de dissuasion du trafic PL on facilitera le transfert de la route vers le rail. Plus que les taxes, seule la compétitivité des offres ferroviaires conventionnelles et combinées permettra le transfert des flux.

C'est pourquoi, il est nécessaire d'avoir une approche globale des problèmes en prenant en compte tous les modes de transport dans leurs domaines respectifs de pertinence et s'inscrivant dans le cadre d'une recherche de développement durable et d'aménagement du territoire avec une desserte harmonieuse et équilibrée.

Il ne s'agit pas d'opposer les différents modes. Ils ont leurs atouts et limites qui doivent conduire à leur complémentarité.

Concernant le développement du fret ferroviaire, le CNT est parfaitement convaincu de la nécessité d'un rééquilibrage modal pour assurer un développement durable et la protection de l'environnement dont il approuve sans réserves le principe.

Or pour mettre en 'uvre cette politique intermodale, le Memorandum propose en particulier le développement des infrastructures ferroviaires .

Sans nullement contester l'intérêt et l'utilité d'un tel développement , le CNT tient à souligner que pour développer le mode ferroviaire, il n'y a pas que les infrastructures. Les conditions d'exploitation, en particulier la qualité et la fiabilité du service sont aussi sinon plus importantes.

La politique d'infrastructure n'est qu'une des composantes, qu'un élément parmi d'autres .

La meilleure preuve en est que les capacités actuelles de la SNCF sur la ligne Lyon-Turin sont sous utilisées. En particulier, les offres de trains supplémentaires depuis la fermeture du Mont-Blanc n'ont pas entraîné de report significatif des trafics sur le rail.

On peut donc s'interroger sur les causes de cette situation.

A l 'exament, on s'aperçoit qu'elle résulte en grande partie des difficultés des réseaux à proposer des services fiables et de qualité , véritablement adaptés à la demande. Le changement de tendance passe par la reconquête de la confiance des clients et la nécessité de faire preuve sur le terrain et pour l'ensemble de la chaîne, de qualité, de compétitivité, de performance, de fiabilité dans les achemine-ments en assurant une garantie de la continuité de service.

Les principaux griefs formulés par les chargeurs concernent les prix trop élevés des prestations ferroviaires, la qualité du service, et la conflictualité de l'entreprise, réalité qui obère leur confiance.

Pour optimiser les conditions de transfert d'une partie du trafic routier sur le rail, certaines conditions relatives à l'exploitation sont donc impérativement à remplir avant toute autre mesure. On peut citer :

  • la nécessité de s'adapter à la demande du marché à des prix compétitifs
  • améliorer la compétitivité et la productivité
  • remédier à l'insuffisance de fiabilité
  • garantir la continuité de service
  • disposer de sillons performants en dégageant de grands axes pour le fret
  • assurer l'intéropérabilité des réseaux français et italiens.

La volonté de développer quantitativement le transport ferroviaire doit donc être fondée sur un cadre de certitudes , définissant les engagements et obligations des parties.

Enfin, il faut aussi bien garder à l'esprit que le TRM offre des avantages difficilement substituables sur courte et moyenne distance.


Ainsi, si les grandes lignes d'orientation stratégiques des trafics à travers les Alpes se sont précisées ces 2 dernières années, le Mont-Blanc a permis, involontairement, une accélération du passage d'une politique transport comme instrument du marché unique, à une politique transport soucieuse du développement global et durable, avec prise en compte de l'environnement ; les questions liées à la sécurité et à l'environnement , au meilleur équilibre entre les différents modes de transport et à la coordination de la gestion des flux de circulation doivent désormais faire l'objet de dispositions spécifiques à intégrer dans le cadre d'une politique globale des transports..

La grande nouveauté est que désormais, la politique d'infrastructure n'est qu'un élément de la politique transport ; le jeu de tous les acteurs, y compris celui des entreprises ferroviaires désormais, est devenu déterminant dans le succès des orientations prises et des infrastructures décidées.

C'est dans le dosage subtil et complexe des mesures d'exploitation à court terme et de décisions stratégiques de long terme que se feront progressivement des avancées indispensables, en prenant également en considération le rôle économique et social des transports.


 

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El tráfico de mercancías en el puerto de Barcelona se mantendrá estable en 2025
Barcelona
Sólo en el cuarto trimestre se manejaron 16,7 millones de toneladas (+4,5%)
Maersk y Hapag-Lloyd recuperan el servicio India/Oriente Medio-Mediterráneo vía Suez
En 2025, los buques que transitaron por el Canal de Panamá aumentaron un +14,1%
En 2025, los buques que transitaron por el Canal de Panamá aumentaron un +14,1%
Panamá
Los puertos de la nación centroamericana manejaron 9.915.357 contenedores (+3,6%)
El año pasado, el tráfico de contenedores en el puerto de Tánger Med alcanzó un récord de 11,1 millones de TEU (+8,4%)
El año pasado, el tráfico de contenedores en el puerto de Tánger Med alcanzó un récord de 11,1 millones de TEU (+8,4%)
Anjra
Nuevo máximo histórico en bienes totales
En 2025, los puertos turcos manejaron un tráfico récord de 553,3 millones de toneladas de carga (+4,0%)
Ankara
El tráfico de contenedores en Italia alcanzó un nuevo máximo histórico de 678.715 TEU (+9,8%). El tráfico marítimo a través del estrecho del Bósforo disminuyó.
APM Terminals asumirá la gestión interina de los puertos panameños de Cristóbal y Balboa.
Panamá
El Presidente Mulino instó a Panama Ports Company a cooperar plenamente ante esta nueva etapa
Nueva cosecha de récords históricos cosechados por los puertos chinos
Nueva cosecha de récords históricos cosechados por los puertos chinos
Pekín
En 2025, los puertos marítimos manejaron 11.630 millones de toneladas de mercancías (+3,7%)
PPC denuncia el carácter contradictorio de la sentencia de la Corte Suprema de Justicia de Panamá respecto al marco legal vigente
Balboa
La empresa no excluye la posibilidad de recurrir a acciones legales nacionales e internacionales.
Lukoil firma un acuerdo con la estadounidense Carlyle para vender los activos internacionales del grupo ruso
Volar
La transacción deberá ser autorizada por la Oficina de Control de Activos Extranjeros de Estados Unidos.
Corte Suprema de Justicia de Panamá declara inconstitucional la ley que regula el contrato de concesión con la Panama Ports Company.
Panamá
El año pasado, las terminales portuarias de PPC manejaron 3,9 millones de contenedores
Royal Caribbean Cruises ha ordenado dos nuevos cruceros desde Chantiers de l'Atlantique con opciones para cuatro más
Royal Caribbean Cruises ha ordenado dos nuevos cruceros desde Chantiers de l'Atlantique con opciones para cuatro más
Miami
Se prevén nuevos pedidos de diez nuevos buques fluviales. Un ejercicio económico récord.
CMA CGM crea una empresa conjunta con Stonepeak a la que aportará diez terminales de contenedores
Nueva York/Los Ángeles
La empresa estadounidense poseerá el 75% y el 25% de las acciones, respectivamente. Invertirá 2.400 millones de dólares.
Las empresas alemanas de transporte de mercancías por ferrocarril rechazan un aumento del 37% en los precios de los trayectos ferroviarios
Berlina
Die Güterbahnen insta al Ministro de Transportes a presentar la reforma prometida del sistema tarifario
FS Logistix aumenta las rotaciones semanales en la línea ferroviaria Duisburgo-Milán de seis a diez
Milán
Se realizan dos conexiones diarias en cada sentido.
En el cuarto trimestre de 2025, el tráfico de mercancías en el puerto de Amberes-Zeebrugge disminuyó un -4,9%.
Amberes
Durante todo el año el descenso fue del -4,1%.
El puerto de cruceros de La Valleta registra un tráfico de cruceros anual récord
Londres
En 2025, hubo 963 mil pasajeros (+2,3%)
Evergreen invierte hasta casi 1.500 millones de dólares en la construcción de 23 buques portacontenedores
Taipéi
Se han encargado siete buques de 5.900 TEU a Jiangsu New Yangzi Shipbuilding y 16 buques de 3.100 TEU a CSSC Huangpu Wenchong Shipbuilding.
En 2025, los puertos españoles gestionaron un tráfico récord de contenedores de casi 19 millones de TEU
Madrid
Nuevos máximos históricos también para mercancías convencionales y pasajeros
Primera operación de transbordo de contenedores en un puerto argelino
Primera operación de transbordo de contenedores en un puerto argelino
Argel
Ocurrió el domingo en el puerto de Djen Djen.
Camioneros de Serbia, Bosnia y Herzegovina, Montenegro y Macedonia del Norte bloquean las fronteras
Belgrado
Protesta de una semana contra el nuevo sistema de entrada y salida de la UE
Se amenaza con reanudar los ataques contra buques en la región del Mar Rojo
Teherán
Se implementarían en respuesta a una escalada de acciones militares de Estados Unidos y sus aliados en la región.
Nuevo récord anual de tráfico marítimo en los estrechos de Malaca y Singapur
Nuevo récord anual de tráfico marítimo en los estrechos de Malaca y Singapur
Puerto Klang
El año pasado, por primera vez, pasaron por allí más de 100.000 barcos.
Nuevo récord de marineros abandonados por armadores
Londres
En 2025, 6.223 tripulantes de 410 barcos fueron abandonados.
Dos comisionados de la FMC piden al gobierno de EE.UU. tomar medidas contra puertos canadienses y mexicanos
Washington
Se insta a aplicar la disposición destinada a evitar que los transportistas de mercancías evadan la Tarifa de Mantenimiento del Puerto
El tráfico anual de contenedores gestionado por el puerto de Algeciras se mantiene estable.
Algeciras
Se registró una disminución del 6,2% en el peso de las mercancías en contenedores
La Comisión Europea autoriza a Italia a proporcionar apoyo financiero a las operaciones ferroviarias en los puertos.
Roma
Incentivos por un importe máximo total de 30 millones de euros en cinco años
Las compañías navieras piden más incentivos para acelerar la restauración del tránsito por el Canal de Suez
Las compañías navieras piden más incentivos para acelerar la restauración del tránsito por el Canal de Suez
Ismailía
También se destacó la necesidad de reducir las primas de seguros para los buques que transitan por la región del Mar Rojo.
3,1 millones de euros en tasas marítimas regionales impagadas recuperadas en los puertos de Campania
Nápoles
422 avisos de incumplimiento a distribuidores incumplidores
En noviembre de 2025, el tráfico de mercancías en los puertos de Génova y Savona-Vado disminuyó un -5,5%.
Génova
Los dos aeropuertos registraron variaciones porcentuales de -7,5% y +0,6% respectivamente.
RCDE UE: Interferry pide detener el impuesto del 100% sobre las emisiones de los transbordadores en 2026.
Victoria
La gran mayoría de los ingresos procedentes del ETS marítimo -denuncia la asociación- se desvían a los presupuestos nacionales de los Estados miembros.
La nueva configuración de la red de servicios de Ocean Alliance confirma siete escalas en puertos italianos
Hong Kong/Taipéi
Dos en el puerto de Génova, dos en el de La Spezia y una parada en cada uno de los puertos de Vado Ligure, Trieste y Salerno.
El año pasado, el tráfico de mercancías en el puerto de Marsella-Fos aumentó un +5%
El año pasado, el tráfico de mercancías en el puerto de Marsella-Fos aumentó un +5%
Marsella
Los pasajeros de cruceros crecen un +7%
AD Ports ha adquirido el astillero español Astilleros Balenciaga.
Abu Dabi
Transacción por valor de 11,2 millones de euros
CMA CGM informa de tres servicios en la ruta alrededor del Cabo de Buena Esperanza
Marsella
El escenario internacional -explica la empresa francesa- es complejo e incierto.
Las terminales de COSCO Shipping Ports manejaron un tráfico récord de contenedores el año pasado
Hong Kong
Crecimiento del +6,2% respecto a 2024
En el cuarto trimestre de 2025, el tráfico de mercancías en el puerto de Venecia creció un +13,5%
Venecia
Se registró un incremento del +4,9% para todo el año
Áreas de amortiguamiento para descongestionar el sistema logístico del Noroeste
Génova
La propuesta proviene de Connect. Recordemos, advierte Palenzona, que el sistema italiano depende del transporte por carretera.
En 2025, los puertos rusos manejaron 884,5 millones de toneladas de carga (-0,4%)
En 2025, los puertos rusos manejaron 884,5 millones de toneladas de carga (-0,4%)
San Petersburgo
Sólo en el cuarto trimestre, el tráfico fue de 231,1 millones de toneladas (+6%)
El puerto de Civitavecchia establece un nuevo récord anual de tráfico de cruceros
Civitavecchia
Aumento del 5,4% en el número de pasajeros en tránsito. El desembarque y embarque de pasajeros se mantuvo estable.
Un barco procedente de Rusia fue incautado en el puerto de Brindisi
Tostadas
Presunta violación de sanciones contra la Federación de Rusia
FS Logistix se hace cargo de las operaciones ferroviarias en la Zona 6A del Puerto de Amberes.
Amberes
Se utilizarán locomotoras híbridas de nueva generación
La Asociación de Armadores Griegos insta a la UE a tomar medidas para proteger a los buques y sus tripulaciones
El Pireo
Convocatoria de manifestaciones de interés para la remodelación y gestión de la terminal de cruceros del Puerto de Gibraltar
Gibraltar
Los solicitantes deben estar dispuestos a financiar completamente el trabajo.
En 2025, los actos de piratería contra buques aumentaron un +18%
En 2025, los actos de piratería contra buques aumentaron un +18%
Kuala Lumpur
En el último trimestre se registró una disminución del 43% en accidentes
InRail gestionará la terminal intermodal Interporto Pordenone durante un año
Pordenona
Solución temporal en vista de la creación de una empresa público-privada
El astillero turco Kuzey Star construirá un astillero en el puerto sirio de Tartous.
Damasco
Se espera una inversión de al menos 190 millones de dólares en cinco años
En 2025, el tráfico de carga en los puertos ucranianos disminuyó un -15%
Kiev
El tráfico de contenedores crece un 66%
El tráfico de contenedores en el puerto de Hong Kong disminuyó un 5,7% el año pasado.
Hong Kong
Sólo en el cuarto trimestre el descenso fue del -8,0%.
En 2025, las terminales portuarias de PSA manejaron un tráfico récord de contenedores
Singapur
Nuevos picos en los volúmenes gestionados en Singapur y en las terminales del grupo en el extranjero
Las terminales portuarias de CMPort, China, manejaron un tráfico récord de contenedores el año pasado
Hong Kong
El total fue de 151,5 millones de TEU, un incremento del +4,0% respecto a 2024.
COSCO encarga 12 nuevos portacontenedores de 18.000 TEU y seis de 3.000 TEU
Hong Kong
Jiangnan Shipyard, China Shipbuilding Trading y COSCO Shipping Heavy Industry obtienen pedidos por 2.700 millones de dólares.
El puerto de Trieste cerró 2025 con un crecimiento del 0,7% en el tráfico de mercancías gracias al aumento de los precios del crudo.
Trieste
El puerto de Gioia Tauro vuelve a batir su récord de tráfico de contenedores
El puerto de Gioia Tauro vuelve a batir su récord de tráfico de contenedores
Gioia Tauro
En 2025, el pico anterior registrado el año anterior aumentará un +14%.
El puerto de Singapur establece un nuevo récord histórico en el tráfico de contenedores
El puerto de Singapur establece un nuevo récord histórico en el tráfico de contenedores
Singapur
El puerto confirma su posición como el segundo puerto de contenedores más grande del mundo
Meyer Turku completó el diseño de un crucero a cero emisiones netas
Turku
El principal combustible es el biometanol
El año pasado la facturación de Kalmar creció un +1%
Helsinki
Ingresos operativos, ganancias netas y nuevas órdenes en aumento respectivamente de +26%, +28% y +8%
Terminal Investment Limitada pone manos en el puerto peruano de Pisco
Lima
Adquirió la Terminal Portuario de Paracas
Assagenti insta a una información más constante y oportuna sobre el progreso del trabajo de la nueva presa de Génova
Grimaldi ha recibido el Grande Michigan
Nápoles
Es el octavo Pure Car and Truck Carrier amoniaco listo del grupo napolitano
Reunión entre los presidentes de la Federación Marítima y Assoporti
Roma
Mario Mattioli y Roberto Petri abordaron los principales temas del clúster marítimo
Marsa Maroc participa en el desarrollo del puerto de Monrovia
Casablanca
Contrato para la gestión de dos muelles y la construcción de una terminal multipropósito
La surcoreana Pan Ocean compra diez superpetroleros (VLCC) a su compatriota SK Shipping
Seúl
Transacción valorada en aproximadamente 668 millones de dólares
Roberto Mantovanelli ha sido nombrado Secretario General de la Autoridad Portuaria del Adriático Norte.
Venecia
Aprobado el Plan Operativo Trienal 2026-2028 de los Puertos de Venecia y Chioggia.
Stefano Messina ha sido confirmado como presidente de Assarmatori
Roma
También presidirá la asociación de armadores en el cuatrienio 2026-2030.
En 2025, los puertos albaneses gestionaron un tráfico récord de 8,2 millones de toneladas de mercancías (+6,2%)
Tirana
Un nuevo pico de pasajeros también ascendió a 1,7 millones de unidades (+6,4%)
WASS (Fincantieri) ha obtenido un contrato de Arabia Saudita para el suministro de torpedos ligeros.
Trieste
El pedido vale más de 200 millones de euros
Oxin (Somec) recibió un importante pedido para la construcción de áreas de cocina, despensa, catering y bar para dos cruceros.
San Vendemiano
El valor del pedido es de 53 millones de euros.
Sogedim lanza un servicio diario entre Carpi y Campogalliano/Inglaterra
Carpos
Servicio de transporte diario desde los centros logísticos de Campogalliano, Carpi y Prato.
Danaos Corporation informa ingresos trimestrales y anuales récord.
Atenas
Las ganancias están cayendo
CPPIB y OMERS están considerando vender su participación del 67% en Associated British Ports.
Londres
Maersk encarga ocho portacontenedores de doble combustible de 18.600 TEU
Copenhague
Construidos por New Times Shipbuilding Co., serán entregados entre 2029 y 2030.
PaxOcean abre un nuevo astillero en Singapur
Singapur
Ocupa una superficie de 17,3 hectáreas.
El mayor buque portacontenedores jamás llegado al puerto de Trieste
Trieste
Puerto de escala del "MSC Diana" que tiene una capacidad de aproximadamente 19.000 TEUs
Antin Infrastructure Partners adquiere el constructor naval estadounidense Vigor Marine Group
Nueva York
Tiene astilleros en Seattle, Portland, Vancouver, San Diego y Norfolk.
En 2025, los puertos marroquíes gestionaron un tráfico récord de 262,6 millones de toneladas de mercancías (+8,9%)
Rabat
Transbordo equivalente al 50,5% del total
Yang Ming despliega el primero de cinco buques de GNL de doble combustible de 15.500 TEU en la ruta Asia-Mediterráneo
Keelung
Se utilizará en el servicio MD2.
Un estudio destaca los desafíos que enfrentan los buques portacontenedores de GNL para cumplir con los futuros requisitos de conexión de planchado en frío
Berlín/Hamburgo
Fincantieri y Wsense llegan a un acuerdo para ofrecer sistemas submarinos de última generación
Trieste
Se planea el desarrollo conjunto de soluciones de tecnología inalámbrica avanzada
Un estudio encuentra altos niveles de contaminantes orgánicos persistentes causados por las actividades de desguace de buques
Bruselas
Puerto de Livorno: comienza la licitación para la gestión de los residuos generados por los buques
Livorno
El valor esperado del contrato supera los 40 millones de euros
Los ingresos y las ganancias de DSV se ven afectados por la adquisición de Schenker
Copenhague
En 2025, la facturación creció un +48,0%
Wärtsilä reporta un crecimiento significativo en los resultados trimestrales y anuales del segmento Marino
Helsinki
Los nuevos pedidos adquiridos por el grupo finlandés hasta 2025 se mantienen estables.
La empresa holandesa Portwise ha sido comprada por su compatriota Haskoning
Rijswijk
La empresa ofrece soluciones para optimizar las operaciones de las terminales mediante la automatización y la electrificación.
Ha comenzado en China la construcción del primero de seis buques portacontenedores para Italia Marittima.
Trieste
Los buques, que podrán utilizar combustible tradicional y metanol, tendrán una capacidad de 2.400 TEUs.
En el estrecho de Ormuz, buques armados ordenaron a un petrolero estadounidense detenerse
Southampton/Londres
GTS anuncia nuevos servicios ferroviarios entre el puerto de Génova y el centro y sur de Italia.
Bari
Conexiones a través de la terminal Segrate de Milán
Se prevé que el número de buques de doble combustible empleados por las líneas navieras de línea se duplique para 2025
Washington
Actualmente, el 74% de la cartera de pedidos está compuesta por unidades de este tipo.
Kuehne+Nagel amplía CargoCity South en el aeropuerto de Frankfurt
Schindellegi
Las nuevas instalaciones se completarán y se pondrán en funcionamiento a finales de 2028.
AD Ports firma un acuerdo para construir y operar una terminal multipropósito en el puerto de Matadi
Abu Dabi/Kinshasa
Relanzamiento del Proyecto de Construcción del Puerto de Aguas Profundas de Banana
Confitarma: la posición de la Agencia Tributaria corre el riesgo de tener graves repercusiones sobre el empleo de los marinos italianos.
Roma
Bucchioni nombrado presidente pro tempore de la Asociación de Transitarios del Puerto de La Spezia
La Spezia
Se ha iniciado la licitación para el desarrollo del polo de construcción naval en el puerto de Ancona.
Ancona
El Comité de Gestión de AdSP ha aprobado la convocatoria de licitación
El desempeño financiero trimestral de ONE continúa decayendo
Singapur
El volumen de carga contenerizada transportada por la flota se mantiene estable
Se ha firmado la nominación de Laura DiBella para la presidencia de FMC.
Washington
Su mandato expirará el 30 de junio de 2028.
El puerto de Singapur registró un récord de entregas de búnker en 2025
Singapur
La empresa conjunta PSA-MOL gestionará una nueva terminal ro-ro
El puerto de Taranto recibió la visita de una delegación de la empresa japonesa FLOWRA
Taranto
La asociación reúne a 21 de los principales actores energéticos japoneses
Los nuevos pedidos de ABB en un trimestre superan los 10.000 millones de dólares por primera vez.
Zúrich
Creciente demanda en los sectores marítimo, portuario y ferroviario
En Estados Unidos, MSC fue multada con un total de 22,67 millones de dólares.
Washington
La Comisión Federal Marítima ha publicado los resultados de una investigación
CSC Vespucci y Livorno Reefer formarán una única plataforma dedicada a las frutas, verduras y productos exóticos en el puerto de Livorno
Signal Ocean ha adquirido AXSMarine
París/Londres
La empresa ofrece plataformas web para apoyar al sector de alquiler de buques
Stena RoRo ha realizado un pedido de dos buques ro-ro en China con opciones para cuatro más.
Gotemburgo
Fueron diseñados en cooperación con la italiana Naos.
Shanghai Zhonggu Logistics Co. encargará cuatro nuevos portacontenedores de 6.000 TEU
Llevar a la fuerza
El pedido incluirá opciones para dos buques adicionales
Los ingresos de UPS disminuyeron un 2,6% en 2025
Sólo en el último trimestre se registró un descenso del -3,2%.
La ICS ha publicado su análisis periódico del desempeño del Estado del pabellón
Londres
Michail Stahlhut dejará el cargo de director ejecutivo de Hupac en mayo
Ruido
Bertschi: Bajo su liderazgo se ha fortalecido la posición de la empresa como proveedor líder de transporte combinado carretera/ferrocarril en Europa.
Se han nombrado los miembros del Organismo de Asociación de Recursos Marinos de Rávena.
Rávena
Se reunirá por primera vez el 4 de febrero y permanecerá en funciones durante cuatro años.
Messina (Assarmatori): El decreto del MIT sobre el planchado en frío es algo bueno.
Roma
Se trata de un paso fundamental -subrayó- para garantizar que la electrificación de las plataformas sea realmente utilizable.
Contship se ha unido al programa DCSA+ de la Asociación de Envío de Contenedores Digitales.
Melzo
Entre los objetivos se encuentran mejorar la eficiencia de las operaciones de la terminal, la precisión de la planificación y la colaboración con las compañías navieras.
La Federación Obrera Portuaria Argentina amenaza con un paro en los puertos nacionales.
La Plata
Acción en apoyo a los trabajadores del puerto de Concepción del Uruguay
En 2025, el tráfico de mercancías en el puerto de Taranto creció un +0,8%
Taranto
Sólo en el último trimestre se registró un descenso del -22,6%.
El tráfico de contenedores en el puerto de Valencia creció el año pasado un +3,4%
Valencia
Se manejaron 5.662.661 TEU
Fincantieri gana un contrato de la Armada italiana para mejorar la resiliencia cibernética de los buques de guerra
Nueva instalación en Charleston para la producción y prueba de sistemas de propulsión y energía marina
Arlington
Fue inaugurado por Leonardo DRS, filial de la italiana Leonardo
Proyecto para fortalecer la ciberseguridad marítima y portuaria
Brest/Bruselas/Roma
Los socios son France Cyber Maritime, FEPORT y la Federación del Mar
PROXIMAS SALIDAS
Visual Sailing List
Salida
Destinación:
- orden alfabético
- nación
- aréa geogràfica
El tráfico de contenedores en el Puerto de Los Ángeles cayó un 10,6% en el último trimestre de 2025.
Los Ángeles
Se registró una disminución del -0,6% para todo el año.
En los primeros seis meses de funcionamiento, InnoWay Trieste produjo 170 vagones de ferrocarril
Trieste
Está prevista la construcción de 600 unidades en Bagnoli della Rosandra en 2026
Ferretti rechaza la oferta pública de adquisición voluntaria parcial y condicional de KKCG Maritime.
Milán
Se reafirma la fuerte confianza en la estrategia a largo plazo de la empresa
El puerto de Haropa establece un nuevo récord de tráfico de contenedores
El Havre
El año pasado, el tráfico total de mercancías aumentó un +2%
Falleció Decio Lucano, el decano del periodismo marítimo.
Génova
Sus aventuras en papel son innumerables, entre ellas "Vita e Mare" y "TMM", pero también digitales con "DL News".
Marsa Maroc encarga 106 tractores de terminal eléctricos a Terberg
Benschop
Serán empleados en el puerto de Nador West Med
Contargo adquiere el 50% de Cargo-Center-Graz Logistik
Mannheim
La compañía alemana amplía su red intermodal a los puertos adriáticos de Koper y Rijeka.
Una única oferta vinculante de Dubai para la compra del puerto marítimo Ro-Port de Venecia
Venecia
La empresa gestiona la terminal de las autopistas del mar y de los cruceros en Fusina
El puerto de Long Beach manejó un tráfico récord de contenedores en 2025
Playa larga
En el último trimestre se registró un descenso del -8,8%.
HMM introducirá soluciones de navegación autónoma basadas en IA en 40 buques
Seúl
Contrato con Avikus y acuerdo con KSOE
Dos nuevas conexiones ferroviarias con Alemania desde el Interpuerto de Padua
Padua
Son operados por InRail y LTE Italia
Intersea se ha convertido en el agente general en Italia de la portuguesa GS Lines
Génova
La naviera forma parte del Grupo Sousa
MSC y la empresa qatarí Maha desarrollarán y gestionarán el puerto libio de Misurata
París/Misurata
Se espera una inversión de 1.500 millones de dólares
F2i se adjudica la concesión del puerto turístico de Lavagna
Milán
El contrato de concesión tendrá una duración de 50 años
Eni bota el casco del buque Coral North FLNG
Geoje/San Donato Milanese
Se utilizará en las aguas costeras de Cabo Delgado, al norte de Mozambique.
Laghezza ha adquirido un almacén logístico en Sarzana
La Spezia
El objetivo es establecer un centro local para actividades de producción local.
Se ha inaugurado la terminal de contenedores del Mar Rojo en el puerto egipcio de Sokhna.
Sokhna
Es operado por una empresa conjunta de Hutchison Ports, COSCO y CMA Terminals.
El ferry GNV Altair se ha unido a la flota de GNV
Génova
Tiene una capacidad de 2.700 pasajeros y 915 metros lineales de material rodante.
Maersk confirma la reanudación de los tránsitos del MECL por el Canal de Suez
Copenhague
La línea conecta India y Oriente Medio con la costa este de Estados Unidos.
Ignazio Messina & C. ha adquirido el control total de Thermocar
Génova
La empresa genovesa opera en el sector de la logística de contenedores refrigerados a temperatura controlada.
La junta directiva de Genco rechazó la propuesta de adquisición de Diana Shipping.
Nueva York/Atenas
La compañía estadounidense, sin embargo, deja un rayo de esperanza al admitir la validez de la fusión.
MSC incluirá el puerto de Trieste en la ruta Dragon Italia-EE.UU.
Ginebra
Se llegará al puerto juliano a partir de la segunda quincena de febrero
De Wave Group ha adquirido la empresa francesa DL Services.
Génova
La empresa está especializada en el diseño de cocinas industriales y el suministro de componentes técnicos y repuestos a bordo.
El servicio transatlántico TUX de CMA CGM hará escala en el puerto de Salerno
Marsella
La línea conecta Turquía con la costa este de EE.UU.
El tráfico de cruceros en el puerto de El Pireo aumentó un 9% el año pasado
El Pireo
Se movilizaron aproximadamente 1,85 millones de pasajeros
Nuevas conexiones intermodales entre el norte de Italia y Bélgica por GTS Rail y CargoBeamer
Bari/Leipzig
Activado en las líneas Padua-Zeebrugge y Lieja-Domodossola
En 2025, el tráfico de cruceros en el puerto de Génova creció un +6,5%
Génova
Los pasajeros del ferry bajan un 3,6%
Grimaldi recibió el PCTC Grande Manila
Nápoles
El buque tiene una capacidad total de 9.241 CEU.
El crucero de expedición Exploris One será subastado
Nantes
Tiene una capacidad de 144 pasajeros y 102 tripulantes.
SeaCube Container Leasing ha adquirido Martin Container.
Montvale
La empresa se especializa en el segmento de contenedores refrigerados.
Pisano: La Zona Logística Simplificada tiene una gran importancia estratégica para el puerto de La Spezia.
La Spezia
RINA y HPC lanzan un proyecto para promover puertos verdes en la región del Caspio
Génova
Contrato de cinco años con la OSCE
Vard construirá cuatro buques robóticos multipropósito para Ocean Infinity
Trieste
El contrato tiene un valor total de más de 200 millones de euros.
Hanseatic Global Terminals se convertirá en el único propietario de Florida International Terminal
Róterdam
El 19 de enero se celebrará en Génova una conferencia sobre la congestión en el sistema logístico del noroeste.
Génova
Se celebrará en el Salón de la Transparencia de la Región de Liguria.
El sector del transporte entra en un punto de inflexión con la adopción de la inteligencia artificial
Ulm
Sin embargo, la mayoría de las empresas aún se encuentran en las primeras etapas de este proceso.
Finalizadas las obras de ampliación del canal de acceso al puerto de Livorno.
Livorno
El ancho entre ambas orillas se incrementará de 70 a 120 metros.
Nexans establece un récord de profundidad en el tendido de un cable submarino de alta tensión en el Tirreno
París
Instalación a -2.150 metros
Fondos para que los puertos españoles se adapten al uso de la energía eólica y otras energías renovables marinas
Madrid
Programa con un valor total de 212 millones de euros
CMD - Costruzioni Motori Diesel vuelve a ser propiedad totalmente italiana
Atella
Giorgio y Mariano Negri han adquirido el 67% del capital de la china Loncin Motor Co.
Intesa Sanpaolo financia la construcción de tres PCTC para Grimaldi Euromed.
Milán
Los nuevos barcos se entregarán a finales de este año.
Medlog adquiere las operaciones intermodales australianas de Seaway
Fremantle
La transacción se completará dentro del primer trimestre de este año.
El MIT ha actualizado las medidas de ciberseguridad para los buques, puertos e instalaciones portuarias nacionales
Roma
Se ha publicado una circular que, entre otras cosas, introduce la formación del personal
V.Group ha comprado la empresa danesa Njord
Londres
La empresa ofrece a la industria naviera soluciones para la eficiencia energética y la descarbonización.
PUERTOS
Puertos italianos:
Ancona Génova Rávena
Augusta Gioia Tauro Salerno
Bari La Spezia Savona
Brindisi Liorna Taranto
Cagliari Nápoli Trapani
Carrara Palermo Trieste
Civitavecchia Piombino Venecia
Interpuertos Italianos: lista Puertos del mundo: Mapa
BANCO DE DATOS
Armadores Reparadores navales y astilleros
Expedicionarios Abastecedores de bordo
Agencias marítimas Transportistas
MEETINGS
El 19 de enero se celebrará en Génova una conferencia sobre la congestión en el sistema logístico del noroeste.
Génova
Se celebrará en el Salón de la Transparencia de la Región de Liguria.
La conferencia de Spediporto "Aprovecha las oportunidades navegando las tensiones comerciales" se celebrará en Génova el 1 y 2 de diciembre.
Génova
Se celebrará en el Salón de Congresos de Banca Bper
››› Archivo
RESEÑA DE LA PRENSA
Auction of megaterminal in Santos may be postponed due to deadlock within the Federal Government
(A Tribuna)
East Port Said Port faces a new challenge with Europe's carbon rules for shipping
(EnterpriseAM)
››› Reseña de la Prensa Archivo
FORUM de lo shipping y
de la logística
Intervento del presidente Tomaso Cognolato
Roma, 19 giugno 2025
››› Archivo
Incendio a bordo del ferry Majestic en el puerto de Génova
Génova
Las llamas fueron extinguidas por la intervención de los bomberos de a bordo y no provocaron heridos.
COSCO adquirirá el control de la empresa alemana de logística Zippel
Hamburgo
Acuerdo para adquirir el 80% de su capital
El puerto de Colombo establece un nuevo récord anual de tráfico de contenedores
Colón
La Autoridad Portuaria de Sri Lanka firma un acuerdo con el grupo naviero francés CMA CGM
Viasat saldrá del capital de la británica Navarino
Londres
ICG apoyará a los hermanos Tsikopoulos en la reinversión en la empresa
El gobierno de Palau garantiza el pleno funcionamiento del Registro Naval
Koror
Moisés (BMT): Los servicios continúan prestándose de acuerdo con los procedimientos y estándares internacionales
En los primeros nueve meses de 2025, el transporte de mercancías en la red ferroviaria austriaca aumentó un +1,4%.
Viena
Sólo en el tercer trimestre se registró un crecimiento del +4,9%
Saipem gana un contrato offshore de 425 millones de dólares para desarrollar el yacimiento de gas Sakarya.
Se firmó el decreto para la distribución de recursos del PNRR a los interpuertos.
Roma
Se espera un desembolso de 1,9 millones de euros
Messina, empresa genovesa, lanza un nuevo servicio a Argelia.
Génova
La rotación toca los puertos de Fos, Génova, Barcelona, Argel, Fos
FS Logistix es la primera empresa en Europa en certificar su huella de carbono para el transporte de mercancías.
Roma
La empresa del grupo FS ha obtenido la certificación ISO 14067
WASS (Grupo Fincantieri) gana un contrato de suministro de torpedos para la Armada de la India
Trieste
Contrato con un valor total de más de 200 millones de euros
El FHP Intermodal entrará en funcionamiento el 1 de enero
Milán
El Grupo FHP completa el proceso de integración entre sus filiales CFI Intermodal y Lotras
- Via Raffaele Paolucci 17r/19r - 16129 Génova - ITALIA
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