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07 de febrero de 2026 - Año XXX
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LA POLITIQUE PORTUAIRE FRANCAISE

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2' La r'forme de la manutention

a) Le nouveau r'gime de travail de la manutention portuaire

La situation ant'rieure ' 1992

Avant l’entr'e en vigueur de la loi du 9 juin 1992, le r'gime de travail des dockers 'tait r'gi par la loi du 6 septembre 1947, qui faisait suite ' un dispositif l'gal et r'glementaire mis en œuvre en 1939 et 1941. Un arr't' du 13 mai 1939 avait subordonn' l’acc's dans les ports des " ouvriers dockers et tous ouvriers travaillant d’une mani're intermittente ' l’exploitation du port " ' la d'tention " d’une carte d’identit' d'livr'e par le directeur du port ou l’ing'nieur en chef du service maritime ", anc'tre de la carte professionnelle de garantie, dite " carte G ". L’acte dit loi du 21 juin 1941, promulgu' par le gouvernement de Vichy, a ensuite institu' les bureaux centraux de la main d’œuvre (BCMO) : jusqu’alors, " le travail de manutention 'tait demeur' enti'rement libre et l’embauchage s’effectuait dans des conditions les plus pr'caires, le docker se rendant de sa propre initiative ' un endroit d'termin' du port o' il n’'tait pas assur' de trouver du travail, alors que la main d’œuvre pouvait faire d'faut sur un autre point du port " (expos' des motifs de la loi de 1947). La loi de 1947 compl'tera ce dispositif en instituant une garantie de r'mun'ration en p'riode de ch'mage, vers'e dans la limite de cent jours par an par une caisse professionnelle, la Caisse nationale de garantie des ouvriers dockers, la Cainagod.

Ce statut ' l’origine 'conomiquement efficace et socialement innovant connut rapidement des d'rives : sous-emploi des effectifs de dockers, contr'le de l’embauche et de la carri're des dockers par un syndicat unique, accroissement des co'ts du travail. En 1969, le ministre de l’'quipement pr'senta donc une premi're tentative de mensualisation : son projet instituait dans certains ports la garantie d’emploi, permettant ainsi aux ouvriers professionnels de devenir des permanents des entreprises de manutention, de fa'on ' les rapprocher du statut en vigueur dans les ports allemands ou hollandais. Confront' ' une gr've de 77 jours, il fut contraint d’abandonner cette r'forme.

Au cours des ann'es quatre-vingt, de nombreux plans sociaux successifs s’av'r'rent insuffisants ' faire 'voluer le syst'me et red'marrer les trafics, en particulier en raison de la poursuite des attributions de carte G. De 1982 ' 1986, plus de 1 600 cartes G ont 't' distribu'es, malgr' la stagnation des trafics et la poursuite de la conteneurisation. Dans le m'me temps, 2 600 dockers intermittents sont partis en pr'retraite.

Suite ' un contr'le de l'organisation du service de la main d’œuvre portuaire et des comptes et de la gestion de la Cainagod au d'but des ann'es quatre-vingt dix, la Cour avait soulign' l’insuffisance et l’impr'cision des textes relatifs ' la Cainagod et aux BCMO ainsi que le poids du monopole syndical dans la gestion de la carte professionnelle et dans l’organisation du principe d’une priorit' d’embauche pour les ouvriers dockers professionnels. Sur ces diff'rents points, la r'ponse faite ' la Cour indiquait simplement que la r'forme devrait faire 'voluer les choses.

Les principes de la r'forme

La loi du 9 juin 1992 s’articule autour de quatre id'es : mensualisation, d'p'r'quation de la gestion des intermittents (c’est-'-dire les ouvriers non mensualis's), ma'trise du taux d’inemploi, maintien de nombreux particularismes.

La loi visait d’abord ' faire des ouvriers dockers des personnels de droit commun, employ's en contrat ' dur'e ind'termin'e dans les entreprises de manutention. L’objectif principal 'tait de redonner ' ces entreprises le pouvoir disciplinaire qui leur 'chappait, de contraindre les manutentionnaires ' prendre en charge la formation professionnelle et de supprimer le syst'me des halls d’embauche o' la main d’œuvre se pr'sentait en masse deux fois par jour.

La loi a, en outre, mis fin au syst'me de p'r'quation nationale institu' en 1947, o' les employeurs cotisaient pour indemniser l’inactivit' de l’ensemble des ouvriers dockers au niveau national. D'sormais, avec la d'p'r'quation, les cotisations doivent financer les indemnit's de garantie des seuls intermittents de la place et les dockers professionnels intermittents (ouvriers non mensualis's et titulaires d’une carte G) sont g'r's dans le respect de deux limites : le taux de vacations ch'm'es par rapport aux vacations travaill'es ne doit pas d'passer un certain pourcentage (15 ' 30 % selon les ports) ; dans les bureaux centraux de la main d’œuvre (BCMO), l’effectif des dockers professionnels intermittents ne doit pas d'passer un certain pourcentage (de 15 ' 20 % selon les ports) de l’effectif des dockers professionnels de ce bureau.

D's que ces taux maxima sont d'pass's, le directeur du port autonome ou le chef du service maritime, en sa qualit' de pr'sident de BCMO et donc de repr'sentant de l’Etat, doit proc'der aux radiations des dockers en surnombre dans un d'lai de trois mois. Cette obligation lui incombe. Le l'gislateur ne lui a laiss' aucune marge d’appr'ciation sur l’opportunit' d’intervenir. Il lui a ainsi impos' une obligation de faire et de r'sultat. L’indemnisation de ce retrait de carte devait faciliter les radiations afin d’'viter, comme le pr'cise l’expos' des motifs, le r'tablissement chronique, apr's chaque plan social, d’un inemploi inacceptable ".

N'anmoins, les principaux 'l'ments exorbitants du droit commun issus de la loi de 1947 sont maintenus : cartes professionnelles " G " existantes conserv'es tant pour les ouvriers mensualis's que pour les intermittents ; r'gime de travail intermittent g'r' par le BCMO pour les titulaires de la carte G ne souhaitant pas 'tre mensualis's ; instance paritaire locale du BCMO compos'e de repr'sentants du directeur du port ou du chef du service maritime de la DDE, des entreprises de manutention et des ouvriers dockers ; d'finition de " t'ches r'serv'es " aux titulaires d’une carte professionnelle, 'quivalant ' un " monopole d’intervention ". La loi de 1992 appara't clairement comme une loi de transition. Ce n’est donc qu’avec le d'part du dernier ouvrier titulaire d’une carte professionnelle, soit vers 2020 puisque le plus jeune est 'g' de 35 ans, que plus aucun r'gime sp'cifique de travail ne sera applicable.

b) Les limites de la r'forme

L’examen de l’application de la loi du 9 juin 1992 relative au r'gime de travail de la manutention portuaire conduit ' formuler trois observations principales. La manutention portuaire fonctionne selon une organisation encore fort 'loign'e du droit commun du travail. Des dispositions l'gislatives essentielles de la loi de 1992 et du code du travail ne sont pas appliqu'es. Certaines dispositions issues de la loi de 1992 se sont r'v'l'es rapidement inadapt'es, posant d’importants probl'mes pratiques ou de droit ; pourtant, six ans apr's, elles n’ont pas encore 't' modifi'es ou supprim'es. Ces observations concernent directement la responsabilit' de l’Etat en tant que tutelle ou agissant par l’interm'diaire des directeurs de port ou des chefs de service maritime : c’est ' lui qu’incombent la mission de veiller ' faire appliquer la loi sur tout le territoire, et celle d’'dicter des r'gles adapt'es.

Une organisation encore fort 'loign'e du droit commun

La loi du 9 juin 1992 a permis d’introduire des changements importants qui d'coulent de la mensualisation et de la mise en place d’une convention collective, et vont dans le sens d’une banalisation du r'gime de travail de la manutention portuaire. N'anmoins, l’organisation du travail, encore 'loign'e du droit commun, en particulier en mati're de libert' d’embauche et de licenciement, reste marqu'e par le poids d’une gestion collective, illustr'e par les modalit's du recrutement des ouvriers " occasionnels ".

Certes, des 'l'ments empruntent au droit commun

Des 'l'ments de droit commun du travail sont d'sormais introduits dans l’organisation du travail de la manutention portuaire. Les ouvriers sont largement mensualis's dans les entreprises. La mensualisation, qui s’est faite plus rapidement que pr'vu, en particulier dans les petits et moyens ports, n’a eu lieu que tardivement au Havre (ao't 1993) et partiellement ' Marseille (mai 1993), o' subsistent 70 % des 632 dockers professionnels intermittents de France, soit 41 % des 1 093 dockers de la place au 31 d'cembre 1997. Le recours ' l’int'rim pour la main d’œuvre d’appoint ou l’embauche de jeunes est d'sormais utilis' ' Dunkerque, St Malo, Lorient (p'che), Caen, Rouen et Nice. Il est pratiqu' sous la forme de contrats de qualification ' Dunkerque. En outre, fait nouveau, des retraits de carte professionnelle apr's licenciement pour faute ont 't' d'cid's par les pr'sidents des bureaux centraux de la main d’œuvre (BCMO, cf. tableau joint en annexe n' 4).

Une convention collective commune couvre l’ensemble des salari's de la manutention portuaire et l’ensemble des ports fran'ais. Elle pose le principe de la polyvalence possible entre niveau hi'rarchique et entre fili'res. Elle d'finit une classification des emplois pour l’ensemble des fili'res de la manutention portuaire : exploitation, administration et maintenance. La notion d’ouvrier docker y est r'duite aux deux premiers niveaux de qualification de la fili're " exploitation portuaire ".

Le contr'le de l’application de la l'gislation du travail ' la manutention portuaire a 't' transf'r' des ports et services maritimes ' l’inspection du travail de droit commun. L’enqu'te de la Cour a toutefois r'v'l' les difficult's et les carences dont souffrait ce service. La direction des relations du travail du minist're de l’emploi et de la solidarit' a r'pondu qu’elle comptait renforcer la coordination sp'cifique des inspecteurs du travail affect's ' des zones portuaires. Elle envisage pour ce faire une r'union destin'e ' favoriser un 'change des pratiques professionnelles et une analyse des situations, qui donnerait lieu par la suite ' des instructions 'crites aux services, en compl'ment de la seule et unique circulaire du 18 mars 1993 sur le sujet.

Mais le syst'me demeure encore 'loign' du droit commun du travail

Les textes de 1992 traduisent une absence de libert' r'elle d’embauche et de licenciement ' travers le m'canisme des priorit's d’embauche et par le maintien des cartes G, d'finis ' l’article L. 511-2 II. du code des ports maritimes. Le pouvoir de licencier est doublement contraint : par le droit, pour les ouvriers titulaires d’une carte G, de revenir au syst'me de l’intermittence, ce qui conduit ' la r'ouverture obligatoire des BCMO ant'rieurement mis en sommeil, d’une part ; par l’obligation pour les manutentionnaires de recruter en priorit' les titulaires d’une carte G, ce qui 'quivaut ' devoir faire appel aux m'mes ouvriers, apr's les avoir licenci's, d’autre part.

En outre, la main d’œuvre, bien que mensualis'e au sein d’entreprises distinctes, demeure g'r'e au niveau de l’ensemble de la place portuaire : il en va ainsi ' Marseille et ' Bordeaux pour l’'volution des r'mun'rations, tandis qu’au Havre et ' Marseille, la gestion des œuvres sociales est assur'e par des comit's interentreprises. Les causes de cette mutualisation sont multiples : n'cessit' 'conomique d’organiser des pr'ts de main d’œuvre interentreprises pour g'rer les pointes d’activit' ; persistance du monopole syndical, l’organisation syndicale locale contr'lant les embauches et s’imposant comme interlocuteur unique des employeurs au niveau d’une m'me place portuaire ; cr'ation de groupements d’entreprises par les employeurs (' Caen, Saint-Malo, Lorient, Nantes, La Rochelle, Saint-Nazaire). Ces structures, qui ne sont pas contestables en elles-m'me, recr'ent en fait des " BCMO priv's " qui ne favorisent pas le rattachement des ouvriers ' une seule entreprise.

Le recours au pr't de main d’œuvre, largement pratiqu' dans la plupart des ports, att'nue aussi les effets de la mensualisation des dockers dans une entreprise. L’inspection du travail n’a cependant pas constat' jusqu’ici de cas o' le pr't de main d’œuvre serait effectu' dans un but lucratif, par exemple en cas de facturation de la main d’œuvre pr't'e, non seulement ' hauteur du co't de la dur'e du pr't, mais augment'e de l’inemploi mensuel des ouvriers, ce qui pourrait 'tre qualifi' de d'lit de marchandage.

On constate aussi que la gestion des dockers n’est pas int'gr'e avec celle des autres personnels de la manutention portuaire : dans plusieurs ports, les entreprises ont cr'' des structures sp'cifiques pour mensualiser les dockers, les s'parant ainsi de leur personnel administratif et de maintenance. C’est particuli'rement le cas au Havre, mais aussi ' Bordeaux. Le fait que les dockers soient isol's dans une soci't' de main d’œuvre accro't de fait leur diff'renciation des autres salari's et donc leur tendance ' chercher des structures de gestion commune ' l’'chelle de la place.

La conjugaison de restrictions ' l’embauche avec une gestion maintenue au niveau de la place portuaire entra'ne des contraintes importantes pour les entreprises, parfois d’ailleurs souhait'es par celles-ci. Ces contraintes sont bien illustr'es par les r'gles r'gissant l’emploi des intermittents ou le recrutement des dockers occasionnels. Ainsi, dans tous les ports qui conservent un BCMO et des intermittents, les employeurs ont 't' amen's ' accorder une garantie minimale d’emploi aux intermittents. C’est en particulier le cas dans les ports autonomes de Rouen (3,5 jours par semaine), de Nantes (idem) et de Marseille. Ces syst'mes, contraires aux intentions du l'gislateur, r'duisent consid'rablement la souplesse r'siduelle que le maintien de l’intermittence permet d’escompter.

Concernant les occasionnels, d'finis comme " toute personne qui effectue un travail de docker au sens du code des ports maritimes ", (21)  le minist're charg' des ports a d' ' plusieurs reprises pr'ciser les dispositions applicables : absence d’obligation de passer par un lieu d’embauche, recensement a posteriori. N'anmoins, la pratique relev'e ' Bordeaux, Saint Nazaire, Marseille et Brest montre une tendance ' organiser un rep'rage a priori, voire ' fixer une liste ' laquelle les employeurs doivent obligatoirement recourir. Cette pratique va ' l’encontre du principe selon lequel toute personne peut pr'tendre devenir ouvrier docker occasionnel.

Parmi ces diff'rents points, la circulaire interminist'rielle du 22 d'cembre 1998 relative ' la manutention portuaire n’aborde que celui de la mensualisation au sein de groupements d’entreprises : " dans l’avenir, la pr'dominance de la mensualisation doit encore s’accentuer. La mensualisation au sein d’entreprises individualis'es contribue ' am'liorer la formation des personnels nouvellement recrut's ou d'j' embauch's, ainsi que la s'curit' du travail (...). Il serait pr'f'rable [ que les recrutements de jeunes dockers] soient effectu's dans des entreprises de manutention plut't que par des groupements d’entreprises dont le r'le consisterait exclusivement ' faire du pr't de personnel. "

Malgr' les avanc'es de la convention collective, le rapport de forces entre employeurs et salari's de la manutention portuaire conduit ' ce que certaines dispositions essentielles de la loi de 1992 et du code du travail demeurent inappliqu'es.

Le non respect de la d'finition restrictive des " travaux r'serv's "

La d'finition restrictive des t'ches imposant une priorit' d’embauche des cartes G n’est pas toujours respect'e, en particulier au Havre. Une particularit' du r'gime de travail de la manutention portuaire, qui visait, dans le cadre de la loi de 1947, ' garantir l’activit' des dockers intermittents des BCMO, r'side en effet dans l’existence de " travaux r'serv's ", expression inscrite dans la convention collective. Ces travaux sont d'finis par l’article R. 511-2 du code des ports maritimes. La priorit' d’embauche 'quivaut ' organiser un monopole d’intervention des titulaires d’une carte G pour les t'ches suivantes : op'rations de chargement et de d'chargement des navires et bateaux aux postes publics ; op'rations effectu'es dans des lieux ' usage public (terre-pleins, hangars ou entrep'ts) situ's ' l’int'rieur du domaine public maritime, et portant sur des marchandises en provenance ou ' destination de la voie maritime. Par d'rogation ' ces dispositions, d’autres op'rations peuvent 'tre effectu'es sans avoir recours ' la main d’œuvre des ouvriers dockers, notamment la reprise sur terre-pleins ou sous hangars et le chargement sur wagons ou camions par le personnel du propri'taire de la marchandise.

Selon la loi, la priorit' d’embauche r'serv'e aux dockers ne s’applique pas aux postes dits priv's ou ' usage privatif, r'serv's aux titulaires d’une occupation temporaire du domaine public sans obligation de service public. En outre, certaines t'ches ne leur sont plus r'serv'es, comme le pointage ' bord des navires, le tri, le classement et le relevage des bois.

Alors que la loi doit 'tre d’interpr'tation stricte, comme le pr'cise un avis du tribunal administratif de Lille du 4 juin 1991 relatif ' la loi de 1947, proche de celle de 1992 sur ce point, les dockers revendiquent p'riodiquement un monopole d’intervention pour des t'ches ne ressortissant pas de leur comp'tence. C’est le cas en particulier au Havre, o' les employeurs ont la m'me attitude (22), mais aussi ' Nantes-Saint-Nazaire, Marseille, Bayonne, La Rochelle, Concarneau et Boulogne : ils tentent soit d’'tendre leur intervention ' des t'ches du type brouettage/camionnage ; soit d’intervenir hors du domaine public maritime ou dans des lieux ' usage privatif ; soit ils revendiquent toutes les op'rations selon le crit're du domaine public maritime et toutes les op'rations de transbordement.

Au Havre, cette position a conduit ' des conflits s'v'res entre les manutentionnaires et les entreprises de transport routier. En outre, en raison de cette revendication et du co't de la manutention, le port autonome du Havre rencontre des difficult's ' louer les hangars publics, tandis que les travaux sous hangars priv's ou occup's ' titre privatif continuent de se rar'fier. Sur le plan 'conomique, les effets sont donc doublement dommageables pour le d'veloppement du port autonome du Havre. D’une part, le d'veloppement des zones logistiques du port autonome est entrav'. D’autre part, le d'veloppement des activit's de transbordement de conteneurs risque d’'tre frein' par le surco't des op'rations, estim' entre 30 et 60 % du co't des autres op'rateurs priv's. De ce fait, l’organisation de la manutention portuaire et la limitation du champ d’intervention des dockers sont un 'l'ment d'terminant pour la r'ussite du projet d’extension du port, dit " Port 2000 ".

A Marseille, l’accord de mars 1993 inclut parmi les travaux effectu's par les dockers de nombreuses t'ches qui ne leur reviennent pas juridiquement (saisissage, empotage/d'potage, chargement/d'chargement des bateaux fluviaux, pointage ou r'ception/livraison). Les ouvriers font aussi pression pour effectuer le brouettage des conteneurs ' Fos jusqu’' la plate-forme Distriport, situ'e hors du domaine public maritime.

Ces empi'tements multiples et r'p't's et la pression permanente exerc'e par les dockers pour obtenir un monopole d’intervention pour des t'ches ne ressortissant pas de leur comp'tence n’ont aucun fondement juridique et sont dommageables d’un point de vue 'conomique et du point de vue de l’autorit' de l’Etat. Sur cette question, la circulaire minist'rielle du 27 d'cembre 1998 relative au d'veloppement des investissements et des emplois dans les ports fait un bref rappel des textes avant de d'clarer que " pour les op'rations de manutention portuaire, l’objectif de l’emploi dans la fili're portuaire s’appuiera sur la pleine utilisation des ouvriers dockers professionnels ".

L’absence de retrait de la carte professionnelle

En cas de d'passement d’un certain taux d’inemploi des dockers professionnels intermittents ou en cas de proportion trop 'lev'e des intermittents par rapport aux mensualis's, l’Etat a l’obligation de proc'der au retrait de cartes professionnelles. V'ritable " soupape " du syst'me r'siduel de l’intermittence et qualifi'e de " pilier de la r'forme " du 9 juin 1992, cette obligation n’a n'anmoins quasiment jamais 't' mise en œuvre depuis 1992, alors que les taux maxima d'finis par la loi ont 't' d'pass's ' de nombreuses reprises et sur de longues dur'es (cf. tableau r'capitulatif en annexe n'4)

A Marseille, en particulier, alors que l’effectif des dockers professionnels intermittents ne doit pas d'passer 15 % ' Marseille-Est et 20 % ' Marseille-Ouest de l’effectif total des dockers professionnels des bureaux au 1er janvier 1992, cet effectif s’'levait ' 18 % ' Marseille Est et ' 22 % (154 sur 678) ' Marseille Ouest au 31 d'cembre 1997, du fait du retour au BCMO de nombreux intermittents, suite ' la liquidation de l’entreprise Somotrans en juin 1997. Interrog'e par la Cour sur l’absence constat'e de mesure de radiation, la direction du transport maritime, des ports et du littoral a indiqu' qu’elle " [ n’envisageait pas] , en l’'tat actuel des choses, de donner des instructions (...) au pr'sident du BCMO " pour qu’il applique la loi.

Les deux seules d'cisions de retrait de carte en raison du taux d’inemploi sur la p'riode 1992-1997 ont concern' Dieppe en octobre 1993 et Bayonne en septembre 1996. Elles n’ont 't' prises qu’apr's que le service maritime se fut assur' que le docker concern' avait re'u une proposition ferme d’embauche.

Certes, la seule menace de radiation pour cause de d'passement du taux maximal autoris' par la loi a souvent facilit' la n'gociation d’un accord local de plan social et/ou de mensualisation. Ce fut le cas ' St Malo en novembre 1993, ' Dunkerque en janvier 1994 et mars 1996 ou ' Lorient en juillet 1996.

N'anmoins, les pouvoirs publics ne se sont jamais r'solus ' appliquer strictement la loi. Interrog' par la Cour, le minist're de l’emploi et du travail a m'me affirm', en d'cembre 1998, que " l’Etat ne peut toutefois se substituer aux partenaires sociaux pour faire appliquer cette disposition. En outre, le minist're (...) n’a pas de comp'tence sp'cifique pour agir en la mati're, dans la mesure o' il n’y a pas de repr'sentant de ses services au BCMO ". Or le Conseil d’Etat a clairement jug' que le BCMO constituait une " section professionnelle du service d'partemental de la main d’œuvre " et rappel' que les d'cisions d’attribution et de retrait de la carte 'taient prises par le pr'sident du BCMO agissant en tant que repr'sentant de l’Etat (23).

En outre, ' Nantes, Rouen et Marseille, les partenaires locaux ont eux-m'mes mis en place des syst'mes visant pr'cis'ment ' 'viter d’atteindre les seuils au-del' desquels les radiations interviennent.

Etat et partenaires sociaux sont donc co-responsables d’une situation o' les pratiques et les accords organisent une transgression permanente de la loi ou un respect factice des seuils qu’elle fixe, ce qui permet, en r'alit', d’en contourner les objectifs. Une telle d'mission de l’Etat revient non seulement ' ignorer d'lib'r'ment la volont' du l'gislateur, mais encore le prive d’un instrument essentiel de r'gulation 'conomique des ports. A l’avenir, il devrait donc en restaurer l’usage.

Les pratiques discriminatoires ' l’embauche

Les pratiques discriminatoires ' l’embauche, illustr'es par l’attribution pr'f'rentielle de travaux occasionnels aux fils de dockers, sont habituelles. La r'forme de 1992 n’a apport' aucun changement aux pratiques ant'rieures qualifi'es de syst'me de " closed shop ". Or la discrimination ' l’embauche est une infraction r'prim'e par l’article L. 123-1 du code du travail et par l’article 416 du code p'nal.

L’accord sign' au Havre le 16 ao't 1996 avait le m'rite d’'tre explicite : " Les embauches (...) ne pourront se faire que dans le cadre du respect des priorit's d’embauche suivantes : (...) fils de dockers de l’entreprise concern'e, 'g's de 18 ans, n's ' compter du 1.1.78 ; fils de dockers des autres entreprises, 'g's de 18 ans, n's ' compter du 1.1.78 ; fils de dockers 'g's de 19 ' moins de 25 ans, n's ' compter du 1.1.72. (...) ". Cette clause a 't' d'nonc'e par le groupement d’employeurs, le Procureur de la R'publique ayant pr'cis' en septembre 1997 qu’elle pouvait faire l’objet de poursuites p'nales, et le pr'fet de r'gion l’ayant jug'e nulle et non avenue en f'vrier 1997. Dans l’accord local de Bordeaux du 12 juillet 1995 il est indiqu' ' l’article 4, relatif ' la main d’œuvre compl'mentaire, que les entreprises peuvent " favoriser l’emploi de membres de la famille des salari's de la fili're exploitation portuaire ".

L’existence d’un " tropisme familial " dans le choix d’une profession est un fait sociologique qu’il est difficile d’'viter et qui n’est pas n'cessairement n'gatif. Tout autre est, en revanche, la situation qui consiste ' prohiber toute embauche ext'rieure.

Les abus en mati're d’accidents du travail

Le r'gime favorable d’indemnisation des accidents du travail conduit ' ce que les incapacit's temporaires se multiplient lorsque le ch'mage des intermittents s’accro't dans un port. Au cours de plusieurs contr'les de caisses primaires d’assurance maladie, la Cour a relev' des disproportions flagrantes entre le poids des dockers parmi les assur's et le poids relatif des indemnit's journali'res per'ues (rapports de 1 ' 60 ou de 1 ' 80), et des 'carts notoires entre les d'penses moyennes par personne et les d'penses par docker (rapport de 1 ' 28) et par arr't de travail (rapport de 1 ' 3) dans un m'me d'partement. Des statistiques du comit' technique national des industries des transports montrent aussi qu’en 1993, le montant des prestations d’indemnisation des accidents du travail vers'es par arr't s’'levait ' 21 225 F pour le personnel mensualis' des entreprises de manutention, ' 74 760 F pour les ouvriers dockers intermittents, contre 12 955 F pour le personnel de manutention des gares ferroviaires.

Le rapprochement pour chaque ann'e, du nombre de vacations d'clar'es en accidents du travail, et du nombre moyen annuel de dockers professionnels intermittents mesur' par la Cainagod fait appara'tre que les dockers intermittents ont 't' en situation d’accident du travail pendant 30 ' 43 jours par an en moyenne depuis 1992.

La direction de la s'curit' sociale du minist're de l’emploi et de la solidarit' a fait proc'der ' une actualisation de ces donn'es par la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salari's. Elle confirme ces disproportions, qui ne s’expliquent pas seulement par les risques inh'rents ' la profession. Il en ressort qu’en 1997, la proportion des dockers ayant subi un arr't de travail suite ' un accident du travail est de 22,7 %, contre 4,4 % pour l’ensemble de la population des assur's composant les quinze comit's techniques nationaux. Surtout, le co't moyen d’un accident avec arr't est de 51 813 francs dans la population des dockers, contre 13 706 francs pour l’ensemble du r'gime g'n'ral. La diff'rence de d'pense moyenne par assur' est encore plus notable : elle atteint 11 738 francs pour les dockers contre 609 francs pour le r'gime g'n'ral. Au total, le montant des indemnit's journali'res touch'es par les dockers repr'sente 27 fois leur importance dans le r'gime g'n'ral. Au sein m'me de la cat'gorie des dockers, des disparit's importantes sont observ'es. Alors que la d'pense moyenne par docker est de 11 738 francs en 1997, cette somme atteint 9 415 francs pour un docker mensualis', 8 149 francs pour un docker occasionnel contre 30 333 francs pour un docker intermittent, avec des moyennes particuli'rement 'lev'es ' Port-Saint-Louis-du-Rh'ne (69 374 francs contre 13 374 francs ' Marseille), Nantes (50 114 francs) et dans la circonscription de la Caisse r'gionale d’assurance maladie de Rennes (70 921 francs).

De nombreuses dispositions inadapt'es

Certaines dispositions de la loi de 1992 ont rapidement pos' d’importants probl'mes pratiques ou de droit ; sept ans plus tard, elles n’ont pourtant pas encore 't' modifi'es ou supprim'es. La circulaire interminist'rielle du 22 d'cembre 1998 relative ' la manutention portuaire ne traite aucune de ces questions.

Une organisation contraire au droit de la concurrence

Le maintien de BCMO exer'ant les fonctions d’un bureau unique de placement des dockers, et la d'finition de " t'ches r'serv'es " aux dockers contreviennent au droit de la concurrence.

Le r'le et le fonctionnement du BCMO seul charg' de " l’organisation g'n'rale et du contr'le de l’embauchage des ouvriers dockers professionnels intermittents et des ouvriers dockers occasionnels dans le port " devront 'tre r'form's. Il a en effet 't' jug' par la Cour de justice des Communaut's europ'ennes (CJCE, 23 avril 1991, H'fner et Fritz Elser c/ Macreton GmbH) qu’un bureau de placement, m'me g'r' par une personne de droit public, ne peut avoir le monopole de l’embauche d’une cat'gorie de personnel : le fait de conf'rer ' un organisme un tel monopole conduit n'cessairement ' cr'er une situation d’abus de position dominante au sens de l’article 86 du trait' de Rome, en particulier lorsque cet organisme " n’est manifestement pas en mesure de satisfaire la demande que pr'sente le march' ' cet 'gard et qu’il tol're, en fait, une atteinte ' son droit exclusif par d’autres soci't's ". Or tel est bien le cas des BCMO, comme le montrent les insuffisances et d'faillances relev'es dans l’accomplissement des t'ches de suivi des occasionnels confi'es aux BCMO sur les ports o' il n’y a plus d’intermittents et o' le recours aux occasionnels s’effectue par l’int'rim.

De m'me, il appara't n'cessaire de supprimer l’obligation de recourir ' des titulaires d’une carte G pour effectuer certains " travaux r'serv's ". Cette obligation, en faisant peser des co'ts indus aux op'rations d’importations et d’exportations, contrevient, en effet, ' l’article 30 du trait' de Rome, qui interdit les restrictions quantitatives ' l’importation ainsi que toute mesure d’effet 'quivalent. La CJCE a conclu en ce sens, ' propos d’une disposition italienne proche, dans son arr't " Merci Convenzionali Porto di Genova c/ Siderurgica Gabriell " du 10 d'cembre 1991. (24) Une question pr'judicielle soulev'e en 1998 par la Cour d’appel de Gand est en outre en cours d’examen par la CJCE pour savoir si le fait d’accorder des droits exclusifs pour certains travaux ' des ouvriers portuaires reconnus peut conduire ' consid'rer l’entreprise concern'e comme occupant une position dominante.

Les dispositions relatives aux occasionnels

Les obligations l'gislatives et r'glementaires incombant aux entreprises concernant les occasionnels sont inadapt'es.

D’une part, bien que les occasionnels ne per'oivent pas d’indemnit' de garantie de la Cainagod, leurs r'mun'rations sont incluses dans l’assiette des cotisations des entreprises.

D’autre part, les entreprises doivent d'clarer au BCMO les vacations effectu'es par les occasionnels et lui fournir une liste de ces derniers, afin de pouvoir recenser leur activit', qui prend un caract're " r'gulier " d's lors que cent vacations par an sont effectu'es. Cette disposition a pour effet de favoriser la reconstitution d’une r'serve d’ouvriers sp'cialis's occasionnels reconnus a priori, en attente d’une mensualisation, et prot'g's.

De nombreux probl'mes d’interpr'tation

Malgr' de nombreux probl'mes d’interpr'tation, le dispositif r'glementaire relatif ' la manutention portuaire n’a pas 't' pr'cis', alors que des questions avaient 't' soulev'es d's le rapport du gouvernement sur l’application de la loi en 1993. Il convient, en particulier, de relever l’impr'cision des dispositions de la loi relatives au BCMO.

Ainsi, malgr' l’absence d’intermittents et donc de structure paritaire, des budgets de BCMO subsistent dans certains ports, et notamment en 1994, ' Toulon, Nice, Port-la-Nouvelle, Saint-Nazaire et Cherbourg. La notion de BCMO, qui fait, de fa'on confuse, tant't r'f'rence ' l’instance paritaire elle-m'me, tant't ' un service ext'rieur de la Cainagod pouvant fonctionner sans instance paritaire, m'riterait d’'tre clarifi'e.

De m'me, dans des ports o' il ne reste plus d’intermittents, les services de l’Etat ne font pas toujours respecter l’obligation de recenser les ouvriers dockers occasionnels ayant r'guli'rement travaill' pendant les douze derniers mois. Tel est le cas ' Dieppe et ' Nice.

Enfin, la d'finition de ce qu’est un docker professionnel a elle-m'me 't' sujette ' diff'rentes interpr'tations. Ainsi, dans un arr't du 10 juin 1997, la Cour d’appel de Poitiers a consid'r' que des " dockers compl'mentaires " (et donc occasionnels) de La Rochelle 'taient des dockers professionnels. Elle a en effet consid'r' que " l’obligation de se pr'senter r'guli'rement ' l’embauche (...) [ suffisait] ' caract'riser le statut l'gal de docker professionnel ". Or la loi r'serve la qualit' de docker professionnel aux titulaires d’une carte G.

En conclusion, la r'forme du r'gime de travail de la manutention portuaire reste ' mener ' son terme. Cet ach'vement d'pend tant d’une 'volution de l’attitude des entreprises, qui ne paraissent pas avoir encore parfaitement tir' les cons'quences de la mensualisation, que d’une action plus d'termin'e de l’Etat ' qui revient d’'laborer, et surtout d’appliquer et de faire appliquer les textes l'gislatifs et r'glementaires. Cette action est indispensable pour parvenir ' un r'gime de travail de droit commun et pour r'duire les co'ts de gestion, disproportionn's aux besoins, engendr's par l’existence des BCMO et de la Cainagod. La DTMPL elle-m'me estime qu’il est l'gitime de se poser la question du co't de la Cainagod au regard du nombre de personnes concern'es par le versement des indemnit's de garantie.

Au total, en 1996, les employeurs ont cotis' ' hauteur de 8 MF, soit 277 F par vacation ch'm'e, pour que les structures de la Cainagod et des BCMO versent une indemnit' de garantie de 107 F aux dockers intermittents et effectuent les t'ches de tenue des registres, d’organisation de l’embauche, de pointage et de contr'le qui leur incombent. Or le volume de ces t'ches a 't' consid'rablement r'duit ; du fait de la mensualisation, elles ne portent plus que sur un faible nombre de dockers (509 en 1996). Pour la seule structure centrale de la Caisse, les d'penses de fonctionnement courant, hors plans sociaux, hors indemnit's de garantie et hors d'penses des BCMO, s’'levaient ' 5 MF.

Il convient de pr'ciser que, contrairement ' l’analyse de la Cainagod, la Cour consid're que l’ensemble des t'ches exerc'es par la Caisse et les BCMO ne sont pas dissociables de la gestion des indemnit's de garantie. D's lors, le fait de comparer le montant des cotisations patronales encaiss'es, celui des indemnit's vers'es et les autres d'penses de ces structures, que refuse la Cainagod, appara't justifi'.

c) L’accompagnement social a 't' tr's co'teux

La d'marche initiale du plan social

Parall'lement ' la r'forme du statut des dockers, il a 't' d'cid', en 1992, de faire " sortir du statut " une partie des dockers dits " carte G " ou " dockers professionnels " . Cette diminution de l’effectif devait s’obtenir par un accord propre ' chaque port entre l’Etat, les manutentionnaires et les repr'sentants des dockers, accord fond' sur des dispositifs " de base " communs ' tous les ports, am'nag's en fonction des conditions locales. Les pouvoirs publics estimaient initialement le co't de ce plan social ' deux milliards de francs environ, dont 700 MF ' la charge directe de l’Etat.

La d'marche choisie par l’Etat comportait d's l’origine plusieurs inconv'nients qui ont, par la suite, pes' lourdement sur la gestion et le financement du plan social. L’Etat a li' le plan social ' un accord sur la mensualisation. D's lors, les conflits portant sur cet accord ont entrain' une surench're des partenaires sociaux sur le contenu du plan social, ou sa mise en œuvre tardive. En outre, l’Etat a remis aux manutentionnaires le pouvoir de n'gocier un accord de plan social. Or ils n’'taient pas, jusqu’' la mensualisation, les employeurs des dockers, et leur situation financi're rendait illusoire leur participation effective au financement du plan social, autrement que par une simple r'percussion sur les clients. Enfin, l’Etat, une fois fix'es les conditions minimales de d'part en plan social, n’a plus 'dict' de directives pr'cises, y compris pour les ports autonomes.

Les mesures minimales accord'es comportaient des d'parts " volontaires " pour les dockers 'g's de moins de 50 ans. En contrepartie de l’abandon de leur carte professionnelle, ils b'n'ficiaient d’une indemnit' forfaitaire de 200 000 F qui pouvait 'tre augment'e localement et d’un cong' de conversion de 18 mois avec une allocation de 65% du salaire ant'rieur. Des " mesures d’'ge " 'taient pr'vues pour les dockers plus 'g's (entre 50 ans et la retraite). Entre 50 ans et 55 ans et trois mois, ils b'n'ficiaient d’un cong' de conversion, d'rogatoire par sa dur'e, indemnis' ' 65% du salaire ant'rieur. Ensuite, et jusqu’' l’'ge de la retraite, les dockers recevaient des allocations sp'cifiques du fonds national pour l’emploi (ASFNE). D’une mani're d'rogatoire au droit commun, les entreprises de manutention ont 't' dispens'es d’apporter une contribution aux ASFNE vers'es. Au total, alors que 8 500 dockers professionnels 'taient recens's au 1er janvier 1992, 4 175 personnes ont b'n'fici' du plan social, se r'partissant ' parts quasiment 'gales entre les mesures d’'ges et les d'parts volontaires.

Les d'rives

L’entr'e en vigueur de ces dispositifs 'tait subordonn'e ' la signature des accords locaux. La date limite, fix'e initialement au 15 juillet 1992, a 't' ensuite progressivement report'e, pour tenir compte des difficult's d’aboutir, notamment dans les grands ports. La date du 31 d'cembre 1993 a 't' finalement retenue pour la mise en œuvre du plan social. N'anmoins, de 1994 ' 1996, de nombreux plans sociaux ont 't' rouverts au b'n'fice de Bordeaux, La Rochelle, Boulogne, Dunkerque et Lorient.

Surtout, les accords locaux ont d'fini des conditions de d'part propres ' chaque place portuaire. Ils ont conduit ' offrir aux dockers des conditions financi'res plus avantageuses pour les encourager au d'part et ' 'largir le plan social ' des cat'gories pour lesquelles l’Etat n’avait pas d'cid' d‘accorder un financement particulier. Les primes de d'part accord'es ont atteint des montants bien sup'rieurs ' 200 000 F. Ainsi, la prime de d'part moyenne pour les mesures de conversion volontaire s’est 'lev'e ' Nantes ' environ 650 000 F par personne, en sus de l’allocation de cong' de conversion vers'e pendant dix-huit mois.

Le b'n'fice des mesures d’'ge a 't' 'largi ' Marseille et au Havre aux dockers atteignant l’'ge de 50 ans au 31 d'cembre 1996, autorisant ainsi des d'parts ' 47 ans en 1993, avec 65% du salaire ant'rieur. Cette mesure a eu un co't important : l’Etat ayant consid'r' qu’il ne s’agissait pas de r'els d'parts en mesure d’'ge, mais d’une garantie de ressources accord'e par les employeurs, c’est la part locale du plan social qui a int'gralement financ' cette mesure, tandis que les sommes vers'es 'taient soumises aux cotisations sociales et aux taxes frappant les salaires. A Marseille, sur 400 d'parts " en mesures d’'ge ", 200 correspondaient ' cette garantie de ressources suppl'mentaires. Au Havre, le co't des indemnit's ainsi vers'es a atteint 135,2 MF pour 291 d'parts d’ouvriers 'g's de 47 ' 50 ans. Au total, le co't moyen de ces seuls 291 d'parts " hors normes " a atteint 2 MF, soit nettement plus que la moyenne havraise (1,132 MF), d'j' tr's sup'rieure ' la moyenne nationale. En y ajoutant des compl'ments locaux, les montants vers's individuellement aux dockers ' leur d'part (donc hors ASFNE) ont pu atteindre pr's d’un million de francs au Havre.

En outre, plusieurs cat'gories de salari's ont b'n'fici' de mesures identiques ' celles du plan docker et ont donc 't' int'gr'es ' la part locale et ' son financement. Il s’agit, comme ' Marseille et ' Rouen, de salari's des entreprises de manutention qui n’'taient pas des dockers ou, dans les cas de Lorient ou des " apprentis " du Havre, de salari's portuaires non titulaires de la carte G.

Enfin, le montant de la part locale du plan social inclut souvent des d'penses ext'rieures au plan mais rattach'es ' celui-ci par les acteurs locaux. C’est en particulier le cas au Havre pour le reliquat du financement du plan social de 1988 et les d'penses propres au groupement des employeurs de main-d’œuvre, et ' Rouen pour les " frais annexes " concernant des agents de l’union des employeurs, l’indemnisation des d'l'gu's des dockers ' hauteur de 320 000 F, les indemnit's pour pr'judice d' aux gr'ves de 1992 et les d'penses li'es ' un plan social de 1990.

Le tableau de la page suivante retrace le co't effectif des d'parts, dans lequel entrent non seulement les sommes per'ues par les dockers au moment de leur d'part, mais aussi les diverses indemnit's de cong's de conversion, les ASFNE, et le co't de gestion du plan social : les frais financiers, les co'ts administratifs et la charge des cellules de reconversion.

Ports

Co't total
(en MF)

part Etat
(en MF)

part locale
(en MF)

Co't par docker partant
(en KF)

Ports autonomes

       

Marseille

1 219

cong's: 244 ASFNE: 406

569

1 371

Le Havre

1 231,6

cong's: 211,7
ASFNE: 389,9

630

1 132

Dunkerque

361

cong's: 99,5
ASFNE: 113

148,5

778

Rouen

404,4

cong's: 115,6
ASFNE: 86,3

202,5

763

Nantes-Saint-Nazaire

148

cong's: 40,5
ASFNE: 43,5

64

836

Bordeaux

165,7

cong's: 37,5
ASFNE: 53,7

74,5

850

Ports d’int'r't national

       

Calais

22,5

cong's: 5,1 ASFNE: 10,5

6,9

536

Boulogne

78

cong's: 26,5 ASFNE: 33,8

17,7

1 000

Dieppe

68,1

cong's: 21 ASFNE: 26,1

21

747

Caen

13

cong's: 5,4 ASFNE: 3,6

4

1 080

Cherbourg

13,6

cong's et ASFNE: 6,4

7,2

453

Saint-Malo

27,5

cong's: 7,9 MF
ASFNE: 10

9,6

654

Brest

18,6

cong's: 4,4
ASFNE: 8,6

5,6

808

Concarneau

22,3

cong's: 18,5

3,8

530

Lorient

95,3

cong's: 30,7
ASFNE: 23,9

40,7

592

La Rochelle

77

cong's: 19
ASFNE: 18

40

939

Bayonne

25

cong's: 3,6
ASFNE: 5,4

16

1 315

Port La Nouvelle

12

cong's: 4
ASFNE: 5

3

666

S'te

126,3

cong's: 50,4
ASFNE: 27,9

48

1 041

Toulon

4,6

cong's:1
ASFNE: 2

1,6

511

Nice

47,8

cong's: 13,3
ASFNE: 6,5

28

824

Ajaccio (25)

0

0

0

0

Bastia

11,5

cong's: 1,4
ASFNE: 8,1

2

1 150

Total

4 192,8

2 249,2

1 943,6

 

Part Etat : cr'dits des minist'res du travail et de la mer, et allocations du FNE.
Part locale : financements priv's, ports autonomes, collectivit's locales.

Les dockers ont donc b'n'fici' de conditions extr'mement avantageuses, si on les compare aux autres plans sociaux ' caract're d'rogatoire r'cemment mis en œuvre. La Cour a ainsi relev' dans un chapitre de son rapport public pour 1997 consacr' ' " l’accompagnement par l’Etat des plans sociaux des entreprises " que le co't par personne s’'tait 'lev' ' 361 000 F dans l’automobile, dont les trois quarts ' la charge de l’Etat, et ' 170 000 F pour les transitaires en douane.

On peut enfin relever que le co't affich' au moment de la r'forme atteignait deux milliards de francs, alors que le co't final atteint plus du double. Un tel 'cart entre la pr'vision et la r'alisation trouve son explication dans le fait que le financement des allocations sp'ciales du FNE n’avait pas 't' pris en compte au d'part. D's lors, alors que la part de l’Etat devait 'tre de 700 MF selon le gouvernement, ou de deux tiers de deux milliards selon le rapporteur du S'nat, soit environ 1,4 milliard, elle a atteint en fait 2,25 milliards de francs. Il est regrettable que l’ensemble des co'ts n’aient pas 't' plus clairement affich's d's le d'part.

Une participation plus indirecte mais substantielle de l’Etat au plan social dockers a en outre pris la forme, en 1992, d’une r'duction de la r'mun'ration de la dotation en capital qui avait 't' accord'e par l’Etat aux ports par la loi de finances rectificative pour 1988. Cette dotation de 1,4 milliard de francs, pr'lev'e sur les recettes de privatisation, avait 't' initialement calcul'e de fa'on ' permettre aux ports de rembourser le capital restant d' au 1er juillet 1988 sur les pr'ts du fonds de d'veloppement 'conomique et social. Elle devait porter r'mun'ration ' un taux de 1 % en 1989 et 1990, de 3 % de 1991 ' 1993 et de 5 % au-del'. Or, en contrepartie de la participation des ports au financement du plan social dockers, l’Etat a d'cid' en 1992 de r'duire la r'mun'ration ' 1 % de 1992 ' 1996 inclus.

Ce faisant, l’Etat a proc'd' ' une compensation peu transparente entre ces deux mesures de d'penses et de recettes. Un nouveau dispositif transitoire a d’ailleurs 't' adopt' : le taux de r'mun'ration devait 'tre limit' ' 1,5 % en 1997, 2 % en 1998 et 2,5 % en 1999, les ports devant rembourser partiellement leurs dotations. Le tableau suivant r'sume cette participation indirecte de l’Etat pour chaque port autonome, entre 1992 et 1997.

Dunkerque

Le Havre

Rouen

Nantes

Bordeaux

Marseille

57,6 MF

69,6 MF

19,4 MF

24,4 MF

27,4 MF

55,6 MF

Enfin, les 'tablissements portuaires, malgr' l’absence de v'ritables directives de leur tutelle, sont beaucoup intervenus dans le financement des plans sociaux. Cette participation a pris non seulement la forme de versements directs aux caisses de compensation des cong's pay's (CCCP), pr'lev'es sur les fonds propres des 'tablissements - 53 % du plan social soit 304 MF au total pour le port autonome de Marseille et 258 MF au total pour le port autonome du Havre -, mais aussi celle d’une prise en charge du co't de tr'sorerie, avec une avance initiale de 60 MF ' Marseille, ou de garanties accord'es aux CCCP : c’est le cas ' Bordeaux et surtout au Havre, o' le port autonome a accord' des garanties ' hauteur de 350 MF au total.

Cette intervention met en lumi're le manque de coh'rence de l’Etat qui, tout en laissant le champ libre aux partenaires locaux, et notamment aux entreprises de manutention, n’a pas pris en consid'ration leur incapacit' ' assurer le financement des mesures auxquelles la n'gociation entre partenaires sociaux avait abouti.

En fait, l’Etat n’a pas choisi de trancher lui-m'me ou de laisser ' d’autres le soin de le faire. Il a ainsi cumul' les inconv'nients des deux formules.

d) L’impact sur la comp'titivit' des ports est incertain

Un manque de moyens pour mesurer cet impact

Les commissions de suivi

Des commissions portuaires de suivi ont 't' mises en place par circulaire du secr'taire d’Etat ' la mer du 26 octobre 1992 pour examiner la bonne application de la loi du 9 juin 1992, le d'roulement des plans sociaux et l’'volution de l’emploi et des trafics. Elles avaient aussi pour mission de veiller ' ce que les gains de productivit' soient bien r'percut's dans les tarifs et de s’assurer des am'liorations r'sultant de la r'forme et relatives ' la formation professionnelle et aux conditions de travail.

Dans les faits, ces commissions, pr'sid'es par les pr'fets, n’ont pas jou' leur r'le. Leurs r'sultats devaient pourtant alimenter le rapport annuel " sur la r'percussion sur l’ensemble des acteurs de la fili're portuaire et maritime des gains de productivit' tarifaires, des activit's de la manutention et sur l’'volution de l’ensemble de la manutention dans les ports fran'ais ", que le gouvernement devait d'poser chaque ann'e devant le Parlement, en vertu de l’article L. 531-2 du code des ports maritimes.

Ce rapport annuel du gouvernement n’a en fait 't' 'tabli par le minist're des transports qu’en mars 1994 pour l’ann'e 1993 et en juin 1996 pour l’ann'e 1995. En outre, il n’a pas 't' communiqu' au Parlement : le premier rapport a 't' transmis au Premier ministre par le minist're des transports, qui ne l’a pas d'pos' sur le bureau des assembl'es, mais seulement transmis aux parlementaires rapporteurs du projet de loi de finances ; le deuxi'me rapport n’a m'me pas 't' transmis au Premier ministre. En r'ponse ' une question parlementaire 'crite, le ministre charg' des ports s’est engag' en avril 1999 ' respecter ses obligations en la mati're.

La plupart des commissions de suivi n’ont en outre gu're 't' r'unies au-del' de 1994, alors que leur mission allait bien au-del' de la seule mise en place des plans sociaux. Les effets de la r'forme auraient d' en effet 'tre suivis sur une p'riode bien plus longue, compte tenu du caract're tardif de certains des accords locaux, de l’'talement dans le temps du financement du plan social et de l’importance des difficult's financi'res ou d’organisation du travail nouvelles ou persistantes malgr' la r'forme. Dans certains ports tels que Concarneau et Ajaccio, la commission n’a m'me pas 't' r'unie.

L’absence d’indicateurs de suivi

D's son rapport pour 1993, le minist're des transports faisait 'tat des grandes difficult's m'thodologiques rencontr'es pour appr'cier l’impact 'conomique de la r'forme : " des facteurs importants tels que la fiabilit' ou la qualit' des prestations ne sont gu're quantifiables ", " certaines indications chiffr'es concernant les co'ts et les prix sont toujours difficiles ' obtenir, de la part des entreprises de manutention mais aussi des armements ou m'me des chargeurs, en raison des probl'mes de concurrence et du caract're de confidentialit' qui s’attache aux tractations commerciales ". Malgr' ces r'serves, le rapport estimait, pour les ports ayant mis en œuvre la r'forme avant le printemps 1993 (donc non compris Marseille et Le Havre), que les gains de productivit' exprim's en journ'es de docker ' trafic donn' 'taient de l’ordre de 35 %. Ceci correspondait bien ' l’objectif affich' par le gouvernement, qui 'tait d’obtenir 30 % de productivit'. N'anmoins, le caract're apparemment ambitieux de cet objectif doit 'tre relativis' au regard des surco'ts et des dysfonctionnements ant'rieurs du secteur.

La " berth productivity ", mesurant le nombre de mouvements de portique pendant le temps o' le navire est donn' ' l’exploitation, de l’accostage jusqu’' l’appareillage, peut 'tre un indicateur de cette productivit' : elle s’'l've ' plus de 65 mouvements par heure dans les ports du nord de l’Europe, avec un objectif affich' de 100 mouvements par heure. Les niveaux fran'ais sont proches au Havre, mais demeurent de 35 mouvements par heure ' Marseille.

Un autre indicateur int'ressant pourrait 'tre celui de l’'volution des co'ts de passage portuaire. Mais toute 'valuation de ceux-ci se heurte ' l’absence de transparence dans la fixation des prix. Une 'tude r'alis'e en 1988 pour la direction des ports avait chiffr' les composantes du co't de passage portuaire, que la direction des ports a tent' d’actualiser en 1995. Il en ressortait une baisse de 25 % du co't global de manutention navire, incluant donc la location des outillages, pour la p'riode 1985-1995 et une baisse de 30 % en ramenant ce co't ' la tonne. L’impr'cision et l’insuffisance de ces donn'es ont conduit le ministre des transports ' annoncer, d'but 1997, la cr'ation d’un " observatoire des co'ts de passage portuaire ", charg' de suivre l’'volution des tarifs de la manutention et des gains de productivit' sur les quais. Cet observatoire n’a 't' mis en place que le 1er octobre 1998 et n’a jusqu’ici produit aucun r'sultat.

Selon les ports, plusieurs types de donn'es sur les estimations de " gains de productivit' " et de rabais tarifaires ont 't' suivies : les unes portent sur le rapport trafic/nombre de dockers, les autres sur les baisses tarifaires des entreprises de manutention, d’autres encore sur les diminutions de masses salariales globales dans les comptes des entreprises.

Le port autonome de Nantes-St Nazaire est le seul o' une " mission d’expertise " sur les tarifs pratiqu's par six entreprises de manutention, pr'vue dans la convention sign'e en juillet 1992 entre le port et les entreprises, a 't' mise en place par la commission de suivi. Le rapport d’expertise, en date du 18 juillet 1995, montre que les baisses de tarif pr'vues ont 't' largement d'pass'es. N'anmoins, le rapport constate leur faible impact sur le trafic lui-m'me.

L’int'r't de cette mission d’expertise doit 'tre soulign' : elle montre que, lors de la signature des conventions sur 1992-1994, l’Etat aurait pu 'tre bien plus exigeant ' l’'gard des entreprises de manutention sur les moyens ' prendre en commun pour suivre effectivement la r'alisation des gains d'gag's par la r'forme. Il est regrettable que des directives communes minimales sur ces moyens de suivi n’aient pas 't' adress'es par la tutelle aux ports autonomes et aux services maritimes.

A Marseille, la commission portuaire de suivi avait examin' en 1993 une int'ressante " note sur la m'thode d’'valuation des gains de productivit' et des baisses de co't g'n'r's par la r'forme de la manutention ", visant ' pr'ciser les indicateurs ' suivre. La m'thode et les tableaux de bord propos's avaient 't' adopt's quant ' leur principe. Pourtant, aucune suite n’y a 't' donn'e.

Au Havre, l’am'lioration de la productivit' s’est traduite dans l’'volution de la moyenne commerciale des portiques (mouvements par heure de fonctionnement des portiques passant de 21,5 en 1991 ' 18,7 en 1993, 22,4 en 1994 et 22,9 en 1996), de la productivit' par heure de s'jour ' quai (13,9 mouvements par heure ' quai en 1991, 16,4 en 1994 et 18,15 en 1996), et de la proportion des escales anormalement longues (25 % en 1993, 5,7 % en 1994 et moins de 3 % en 1996).

A Bordeaux, aucun suivi n’a 't' effectu'.

En l’absence d’orientations et d’exigences initiales formul'es par l’Etat, les donn'es suivies par les ports sont d’une grande h't'rog'n'it' et leur 'laboration d'pend totalement de la bonne ou mauvaise volont' des entreprises.

Des r'sultats peu satisfaisants

Malgr' la faiblesse des moyens d’'valuation que s’est donn' l’Etat, l’effet de la r'forme sur la comp'titivit' des ports peut 'tre approch' par une analyse de la situation des entreprises de manutention, dont bon nombre se trouvent dans une situation financi're d'licate et demeurent de ce fait tr's d'pendantes des aides de l’Etat, ainsi que par le rapprochement des objectifs de trafic, en particulier de marchandises diverses, avec les r'alisations.

La situation des entreprises de manutention

La situation des 99 entreprises de manutention demeure marqu'e par une grande dispersion : 87 d’entre elles emploient moins de 50 salari's. Cette multiplicit' de moyennes ou petites entreprises n’est qu’apparente lorsqu’elles sont d'tenues en r'alit' par les m'mes actionnaires, comme au Havre et ' Marseille. Nantes donne un exemple de dispersion persistante : trois entreprises y traitent le trafic de conteneurs et plusieurs le trafic agro-alimentaire, avec un pool de mat'riel commun, seuls les magasins en arri're-quai leur appartenant en propre. Manque de professionnalisme et faible industrialisation r'sultent d’un tel 'tat de fait.

N'anmoins, au niveau national, un mouvement de concentration des manutentionnaires se d'veloppe. Le principal groupe actif dans la manutention portuaire fran'aise est le groupe Bollor' technologies, actionnaire majoritaire de la Scac Delmas Vieljeux et de la SAGA depuis 1997. Les filiales de manutention de ces soci't's sont pr'sentes ' Marseille, au Havre, ' Rouen, Nantes-St Nazaire, Lorient, La Rochelle, Bordeaux, Dunkerque, Caen, St Malo, Cherbourg et Toulon. Le groupe de la CGM repr'sentait 20 % du chiffre d’affaires de la profession en 1992. La CGM ayant 't' rachet'e, ses filiales de manutention ont 't' c'd'es s'par'ment. D’autres groupes sont pr'sents, tels que L'on Vincent (Dieppe, Marseille), SGS/Matrama (Bordeaux, Bayonne, Lorient, Nantes-St Nazaire) ou Geodis, filiale de la SNCF (pr'sente ' Dunkerque, ' Marseille, au Havre et ' Rouen).

L’impact des grands groupes dans les n'gociations locales a 't' d'terminant, en particulier - ce qui peut surprendre - dans le sens de concessions importantes faites aux dockers. Cela a 't' le cas des accords de juillet 1994 au Havre et de d'cembre 1994 ' Marseille.

La concentration des entreprises est sensiblement plus pouss'e dans les ports concurrents. A Rotterdam, pr's de 90 % du trafic conteneurs est trait' par une seule entreprise. A Anvers, le regroupement de Hessen Natie et d’E.C.T. (sous le contr'le de la G'n'rale de Belgique) effectue 45 % de la manutention des marchandises diverses du port, soit plus que la totalit' du trafic de marchandises diverses du Havre. La question se pose donc de l’arriv'e de groupes 'trangers sur les ports fran'ais. La r'ussite ou les difficult's de l’implantation de manutentionnaires 'trangers constitueront certainement un crit're important pour juger de l’'tat de la r'forme de la manutention.

Des avanc'es qui demeurent fragiles

Les principaux r'sultats obtenus gr'ce ' la r'forme d'pendent largement des accords locaux. L’objectif de " fiabilit' sociale ", c’est-'-dire l’absence de conflits sociaux, est plut't atteint, mais demeure ' confirmer compte tenu du caract're r'cent d’un certain nombre de plans sociaux et d’accords locaux. Ainsi, des probl'mes sont r'apparus au Havre en 1997, en d'pit de l’accord de " paix sociale " sign' en ao't 1996 : des gr'ves perl'es ont entra'n' un ralentissement important des cadences et des temps d’attente pour les routiers, armateurs et chargeurs.

De mani're g'n'rale, les souplesses obtenues dans les accords locaux d'pendent fortement des solutions apport'es ' des probl'mes non trait's dans la convention collective tels que la modulation du temps de travail, ou l’application locale des grilles de r'mun'rations. A ces derniers se sont ajout's des accords d’int'ressement, valant substitution de r'mun'ration exon'r'e de cotisations sociales.

A Lorient, une nouvelle souplesse r'sulte du temps partiel annualis' ; ' Nantes, de l’annualisation du temps de travail : la dur'e hebdomadaire du travail peut s’'tendre de 20 ' 48 heures et les heures suppl'mentaires sont calcul'es sur l’ann'e. A St Nazaire, une annualisation du temps de travail, un accord d’int'ressement et une modulation des horaires sont entr's en vigueur d's 1992.

A Marseille, les nombreuses lourdeurs qui p'sent sur l’organisation du travail des mensuels expliquent la n'cessit' de recourir aux intermittents. De m'me, l’absence de polyvalence, qui permettrait qu’un ouvrier effectue des travaux de diff'rentes cat'gories le m'me jour, pose probl'me. Enfin, les accords de d'cembre 1994 ont abouti ' une hausse des salaires de 35 %, suivie apr's coup d’une stabilisation.

Au Havre, un accord de juillet 1994 a permis une certaine paix sociale, en contrepartie de l’embauche de 168 apprentis dockers sans carte G (26) au fur et ' mesure des gains de part de march'. Selon la direction d'partementale du travail et de l’emploi, les principales am'liorations ' obtenir portent sur la qualification, la polyvalence et la souplesse dans l’organisation du travail gr'ce aux progr's de l’annualisation et de la r'duction du temps de travail. Un accord d’ao't 1996 organisait les pr'ts interentreprises et le recours au CDD d’usage constant et devait ainsi diminuer le taux d’inemploi de 30 % environ. Aujourd’hui, la modulation et l’annualisation du temps de travail, qui permettraient de r'duire le niveau d’inemploi et de limiter l’intervention de l’Etat au titre du ch'mage partiel, sont loin d’'tre acquises.

La r'forme a donc permis de r'els progr's. Mais des difficult's locales subsistent, qui r'sultent d’accords ou de pratiques trop rigides en mati're de polyvalence ou de pr'ts de main-d’œuvre.

Le co't pour les entreprises de manutention

Malgr' les fragiles avanc'es d'crites ci-dessus, le co't de la r'forme a 't' 'lev' pour les entreprises : les sureffectifs ont en effet entra'n' un fort taux d’inemploi interne et un recours au ch'mage partiel, d’une part ; les co'ts de r'mun'rations ont augment', d’autre part. Les faillites ou mises en redressement judiciaire de plusieurs entreprises en 1996-1997 ' Marseille, Dunkerque, Bordeaux et au Havre sont significatives des difficult's financi'res de la manutention portuaire.

Deux facteurs expliquent l’importance des co'ts pour les entreprises. En premier lieu, le sureffectif (taux d’inemploi interne de 15-20 %) peut r'sulter d’une insuffisance de souplesse dans la gestion des horaires de l’effectif existant, parfois accentu'e par l’organisation d’un recours 'conomiquement injustifi' aux intermittents, comme ' Nantes ou Marseille. Au cours des ann'es 1994-1997, des aides au ch'mage partiel ou de passage au temps partiel ont m'me 't' accord'es ' Marseille, Dunkerque, Bordeaux, Lorient et au Havre. Ce sureffectif provient aussi du niveau initial de la mensualisation. D’un point de vue strictement 'conomique, il aurait d' correspondre au seul besoin d’embauche des employeurs. N'anmoins, en pratique, il a d'pendu des mesures de d'part volontaire li'es au plan social, dans un souci d’'quilibrer les efforts consentis par l’Etat, g'n'reux dans l’application du plan social, et ceux accord's par les entreprises en mati're de mensualisation.

En second lieu, les salaires des dockers, d'j' 'lev's, ont encore augment'. Un tableau r'alis' en 1995 par l’Union nationale des industries de la manutention (UNIM) montre que le salaire moyen annuel pond'r' s’'levait en 1994 ' 187 510 F (soit une moyenne de 15 625 F nets par mois) pour un ouvrier (pour 2843 ouvriers en 1994), ' 183 440 F pour un employ' (au nombre de 172), ' 220 160 F pour un agent de ma'trise (au nombre de 142) et ' 427 460 F pour un cadre (au nombre de 56). Les comparaisons avec les r'mun'rations moyennes ant'rieures ' la r'forme sont rendues difficiles du fait du faible niveau d’activit' de certains dockers avant 1992. Sous cette r'serve, on peut n'anmoins citer un membre du conseil d’administration du port autonome du Havre, non contredit, qui estimait en f'vrier 1995 qu’apr's l’accord de juillet 1994, les dockers gagnaient 30 ' 40 % de plus qu’avant la r'forme.

La mauvaise 'valuation initiale des charges patronales, conjugu'e avec l’engagement de maintenir les salaires nets des ouvriers au niveau de 1992, a constat' un facteur important du surco't salarial pour les entreprises. En 1992, il 'tait pr'vu que la mensualisation all'gerait les charges patronales. Or celles-ci ont 't' sup'rieures aux pr'visions, tant pour la cotisation accidents du travail dont l’importance a 't' sous-estim'e, que pour les cotisations au titre de la retraite : leur assiette portait auparavant sur un " salaire vignette " 'gal ' 80 % du salaire r'el.

L’'tat des cr'ances des ports autonomes et de la Cainagod ' l’encontre des entreprises de manutention est 'galement significatif des difficult's financi'res des entreprises, dont certaines sont " sous perfusion ". Ces cr'ances atteignaient 226,2 MF au 31 d'cembre 1997. Elles comprenaient au moins 37 % de cr'ances ' risque, provisionn'es ou non, et 'taient r'parties ' hauteur de 205,5 MF pour les ports autonomes et de 20,7 MF pour la Cainagod.

Les risques financiers inh'rents ' ces situations sont multiples, tant pour les ports que pour les entreprises. La mansu'tude d’un organisme public dans le recouvrement de ses cr'ances est en effet consid'r'e par la Commission comme une aide d’Etat (cf. d'cision de la Commission n' 91/144/CEE du 2 mai 1990).

Les objectifs d’activit' de marchandises diverses

La r'ussite de la r'forme peut aussi 'tre appr'ci'e au regard des objectifs de trafic de marchandises diverses fix's en 1992. Or, de mani're g'n'rale, ces objectifs n’ont pas 't' atteints dans le d'lai esp'r'. Le cas du Havre est significatif : l’'volution du trafic des marchandises diverses est rest'e nettement en-de'' des pr'visions sur lesquelles le financement du plan social a 't' 'tabli. En particulier, le trafic de conteneurs ne s’est gu're accru. Il s’'levait ' 8,77 Mt en 1991, 8,26 Mt en 1994, et 9,52 Mt en 1996 : soit une augmentation de 750 000 tonnes, repr'sentant + 8,5 % seulement en 5 ans selon une croissance moyenne annuelle de 1,65 %. Or l’objectif recherch' 'tait d’obtenir un accroissement de 6 Mt de marchandises diverses (dont 3,5 Mt de conteneurs), soit une croissance de 50 % ' atteindre en 3 ' 5 ans, et de 70 % d’ici 2002.

Au plan national, les indices d’activit' sont positifs mais pas spectaculaires : du point de vue des trafics, la r'forme a seulement permis de ralentir le d'clin des ports fran'ais, ce qui n’est pas n'gligeable, mais insuffisant.

Sept ans apr's l’entr'e en vigueur de la loi du 9 juin 1992 relative au r'gime de travail de la manutention portuaire, cette r'forme est inachev'e : beaucoup reste ' faire, sur le plan de l’impulsion et de l’action de l’Etat et sur celui de l’'volution des comportements des partenaires sociaux.

Recommandations

- acc'l'rer la transition de la manutention portuaire vers un r'gime de travail de droit commun ; 'laborer les textes d’application n'cessaires, en particulier pour r'duire les co'ts de gestion engendr's par l’existence des BCMO et de la Cainagod ; communiquer au Parlement les rapports annuels sur la r'forme de la manutention ; acc'l'rer la mise en place et les travaux de l’" observatoire des co'ts de passage portuaire " mis en place en octobre 1998

- faire respecter la loi de 1992 (priorit' d’embauche des dockers pour les seules t'ches leur 'tant r'serv'es, retrait de carte professionnelle en cas de d'passement des taux fix's par la loi) et le code du travail (non discrimination ' l’embauche, indemnisation des accidents du travail) ;

- mettre fin ' la compensation peu transparente constat'e (r'duction de la r'mun'ration de la dotation en capital de l’Etat pour participer au financement du plan social dockers) et restreindre tout am'nagement de la r'mun'ration de l’Etat au seul objectif initial de la dotation (remboursement par les ports du capital restant d' sur les pr'ts du FDES).


(21) Lettre du ministre des transports du 7 juillet 1993 rappelant une jurisprudence d'j' ancienne de la Cour de cassation (1967).

(22) Comme le refl'te la position de leur repr'sentant en conseil d’administration du 28 f'vrier 1997, hostile ' une ouverture des activit's de brouettage.

(23) CE, 13 juillet 1967, Sieur Allegretto et CE, 28 juillet 1995, port autonome du Havre.

(24) Elle a consid'r' que " le d'barquement des marchandises aurait pu 'tre effectu' ' moindres frais par l’'quipage du navire, de sorte que le recours obligatoire aux deux entreprises investies de droits exclusifs a entra'n' des co'ts suppl'mentaires et 'tait, d's lors, susceptible, de par son effet sur les prix des marchandises, d’influer sur les importations ". Cette obligation avait " pour effet de rendre plus on'reuses et d's lors, d’entraver les importations de marchandises en provenance d’autres Etats membres " et 'tait donc jug'e incompatible avec l’article 30 du trait' de Rome.

(25) Accord local ant'rieur au plan social financ' par l’Etat.

(26) Mais il convient de souligner que des promesses d’attribution de cartes G aux apprentis avaient 't' bien imprudemment donn'es par lettre du ministre d'l'gu' charg' de la mer en 1989.

 

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DESDE LA PRIMERA PÁGINA
La ley de simplificación, en lugar de facilitar las cosas, complica la vida de los capitanes de barco y les carga con responsabilidades operativas y legales adicionales.
Génova
BYD y Automar llegan a un acuerdo para el tráfico de vehículos a través del puerto de Gioia Tauro.
Schiedam
El objetivo es atender el mercado del centro-sur de Italia.
Maersk Group anuncia recortes de empleo del 15% en tierra
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Copenhague
Los resultados financieros trimestrales y anuales se ven impactados por la reducción en el valor de las tarifas de flete marítimo.
En 2025, el tráfico de contenedores en los puertos de Génova y Savona-Vado Ligure alcanzó un récord histórico de casi tres millones de TEU.
Génova
Los pasajeros de cruceros aumentaron un 6,1% y los de ferry disminuyeron un 4,0%.
El puerto de Busan ha vuelto a establecer su récord histórico en cuanto a tráfico anual de contenedores.
Busán
El año pasado el total fue de 24,88 millones de TEU (+2,0%)
Panama Ports Company ha iniciado un procedimiento de arbitraje contra la República de Panamá
Panamá
Se reportan daños extensos y la renuencia de las autoridades estatales a responder a las reiteradas solicitudes de confrontación.
En 2025, el tráfico de mercancías en los puertos de Cerdeña creció un +3,0%
Cagliari
Ligero descenso de pasajeros de cruceros contenido por la apertura de puertos base en Cagliari y Olbia
El tráfico de mercancías en el puerto de Barcelona se mantendrá estable en 2025
Barcelona
Sólo en el cuarto trimestre se manejaron 16,7 millones de toneladas (+4,5%)
Maersk y Hapag-Lloyd recuperan el servicio India/Oriente Medio-Mediterráneo vía Suez
En 2025, los buques que transitaron por el Canal de Panamá aumentaron un +14,1%
En 2025, los buques que transitaron por el Canal de Panamá aumentaron un +14,1%
Panamá
Los puertos de la nación centroamericana manejaron 9.915.357 contenedores (+3,6%)
El año pasado, el tráfico de contenedores en el puerto de Tánger Med alcanzó un récord de 11,1 millones de TEU (+8,4%)
El año pasado, el tráfico de contenedores en el puerto de Tánger Med alcanzó un récord de 11,1 millones de TEU (+8,4%)
Anjra
Nuevo máximo histórico en bienes totales
En 2025, los puertos turcos manejaron un tráfico récord de 553,3 millones de toneladas de carga (+4,0%)
Ankara
El tráfico de contenedores en Italia alcanzó un nuevo máximo histórico de 678.715 TEU (+9,8%). El tráfico marítimo a través del estrecho del Bósforo disminuyó.
APM Terminals asumirá la gestión interina de los puertos panameños de Cristóbal y Balboa.
Panamá
El Presidente Mulino instó a Panama Ports Company a cooperar plenamente ante esta nueva etapa
Nueva cosecha de récords históricos cosechados por los puertos chinos
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Pekín
En 2025, los puertos marítimos manejaron 11.630 millones de toneladas de mercancías (+3,7%)
PPC denuncia el carácter contradictorio de la sentencia de la Corte Suprema de Justicia de Panamá respecto al marco legal vigente
Balboa
La empresa no excluye la posibilidad de recurrir a acciones legales nacionales e internacionales.
Lukoil firma un acuerdo con la estadounidense Carlyle para vender los activos internacionales del grupo ruso
Volar
La transacción deberá ser autorizada por la Oficina de Control de Activos Extranjeros de Estados Unidos.
Corte Suprema de Justicia de Panamá declara inconstitucional la ley que regula el contrato de concesión con la Panama Ports Company.
Panamá
El año pasado, las terminales portuarias de PPC manejaron 3,9 millones de contenedores
Royal Caribbean Cruises ha ordenado dos nuevos cruceros desde Chantiers de l'Atlantique con opciones para cuatro más
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Miami
Se prevén nuevos pedidos de diez nuevos buques fluviales. Un ejercicio económico récord.
CMA CGM crea una empresa conjunta con Stonepeak a la que aportará diez terminales de contenedores
Nueva York/Los Ángeles
La empresa estadounidense poseerá el 75% y el 25% de las acciones, respectivamente. Invertirá 2.400 millones de dólares.
Las empresas alemanas de transporte de mercancías por ferrocarril rechazan un aumento del 37% en los precios de los trayectos ferroviarios
Berlina
Die Güterbahnen insta al Ministro de Transportes a presentar la reforma prometida del sistema tarifario
FS Logistix aumenta las rotaciones semanales en la línea ferroviaria Duisburgo-Milán de seis a diez
Milán
Se realizan dos conexiones diarias en cada sentido.
En el cuarto trimestre de 2025, el tráfico de mercancías en el puerto de Amberes-Zeebrugge disminuyó un -4,9%.
Amberes
Durante todo el año el descenso fue del -4,1%.
El puerto de cruceros de La Valleta registra un tráfico de cruceros anual récord
Londres
En 2025, hubo 963 mil pasajeros (+2,3%)
Evergreen invierte hasta casi 1.500 millones de dólares en la construcción de 23 buques portacontenedores
Taipéi
Se han encargado siete buques de 5.900 TEU a Jiangsu New Yangzi Shipbuilding y 16 buques de 3.100 TEU a CSSC Huangpu Wenchong Shipbuilding.
En 2025, los puertos españoles gestionaron un tráfico récord de contenedores de casi 19 millones de TEU
Madrid
Nuevos máximos históricos también para mercancías convencionales y pasajeros
Primera operación de transbordo de contenedores en un puerto argelino
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Argel
Ocurrió el domingo en el puerto de Djen Djen.
Camioneros de Serbia, Bosnia y Herzegovina, Montenegro y Macedonia del Norte bloquean las fronteras
Belgrado
Protesta de una semana contra el nuevo sistema de entrada y salida de la UE
Se amenaza con reanudar los ataques contra buques en la región del Mar Rojo
Teherán
Se implementarían en respuesta a una escalada de acciones militares de Estados Unidos y sus aliados en la región.
Nuevo récord anual de tráfico marítimo en los estrechos de Malaca y Singapur
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Puerto Klang
El año pasado, por primera vez, pasaron por allí más de 100.000 barcos.
Nuevo récord de marineros abandonados por armadores
Londres
En 2025, 6.223 tripulantes de 410 barcos fueron abandonados.
Dos comisionados de la FMC piden al gobierno de EE.UU. tomar medidas contra puertos canadienses y mexicanos
Washington
Se insta a aplicar la disposición destinada a evitar que los transportistas de mercancías evadan la Tarifa de Mantenimiento del Puerto
El tráfico anual de contenedores gestionado por el puerto de Algeciras se mantiene estable.
Algeciras
Se registró una disminución del 6,2% en el peso de las mercancías en contenedores
La Comisión Europea autoriza a Italia a proporcionar apoyo financiero a las operaciones ferroviarias en los puertos.
Roma
Incentivos por un importe máximo total de 30 millones de euros en cinco años
Las compañías navieras piden más incentivos para acelerar la restauración del tránsito por el Canal de Suez
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Ismailía
También se destacó la necesidad de reducir las primas de seguros para los buques que transitan por la región del Mar Rojo.
3,1 millones de euros en tasas marítimas regionales impagadas recuperadas en los puertos de Campania
Nápoles
422 avisos de incumplimiento a distribuidores incumplidores
En noviembre de 2025, el tráfico de mercancías en los puertos de Génova y Savona-Vado disminuyó un -5,5%.
Génova
Los dos aeropuertos registraron variaciones porcentuales de -7,5% y +0,6% respectivamente.
RCDE UE: Interferry pide detener el impuesto del 100% sobre las emisiones de los transbordadores en 2026.
Victoria
La gran mayoría de los ingresos procedentes del ETS marítimo -denuncia la asociación- se desvían a los presupuestos nacionales de los Estados miembros.
La nueva configuración de la red de servicios de Ocean Alliance confirma siete escalas en puertos italianos
Hong Kong/Taipéi
Dos en el puerto de Génova, dos en el de La Spezia y una parada en cada uno de los puertos de Vado Ligure, Trieste y Salerno.
El año pasado, el tráfico de mercancías en el puerto de Marsella-Fos aumentó un +5%
El año pasado, el tráfico de mercancías en el puerto de Marsella-Fos aumentó un +5%
Marsella
Los pasajeros de cruceros crecen un +7%
AD Ports ha adquirido el astillero español Astilleros Balenciaga.
Abu Dabi
Transacción por valor de 11,2 millones de euros
CMA CGM informa de tres servicios en la ruta alrededor del Cabo de Buena Esperanza
Marsella
El escenario internacional -explica la empresa francesa- es complejo e incierto.
Las terminales de COSCO Shipping Ports manejaron un tráfico récord de contenedores el año pasado
Hong Kong
Crecimiento del +6,2% respecto a 2024
En el cuarto trimestre de 2025, el tráfico de mercancías en el puerto de Venecia creció un +13,5%
Venecia
Se registró un incremento del +4,9% para todo el año
Áreas de amortiguamiento para descongestionar el sistema logístico del Noroeste
Génova
La propuesta proviene de Connect. Recordemos, advierte Palenzona, que el sistema italiano depende del transporte por carretera.
En 2025, los puertos rusos manejaron 884,5 millones de toneladas de carga (-0,4%)
En 2025, los puertos rusos manejaron 884,5 millones de toneladas de carga (-0,4%)
San Petersburgo
Sólo en el cuarto trimestre, el tráfico fue de 231,1 millones de toneladas (+6%)
El puerto de Civitavecchia establece un nuevo récord anual de tráfico de cruceros
Civitavecchia
Aumento del 5,4% en el número de pasajeros en tránsito. El desembarque y embarque de pasajeros se mantuvo estable.
Un barco procedente de Rusia fue incautado en el puerto de Brindisi
Tostadas
Presunta violación de sanciones contra la Federación de Rusia
FS Logistix se hace cargo de las operaciones ferroviarias en la Zona 6A del Puerto de Amberes.
Amberes
Se utilizarán locomotoras híbridas de nueva generación
La Asociación de Armadores Griegos insta a la UE a tomar medidas para proteger a los buques y sus tripulaciones
El Pireo
Convocatoria de manifestaciones de interés para la remodelación y gestión de la terminal de cruceros del Puerto de Gibraltar
Gibraltar
Los solicitantes deben estar dispuestos a financiar completamente el trabajo.
En 2025, los actos de piratería contra buques aumentaron un +18%
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Kuala Lumpur
En el último trimestre se registró una disminución del 43% en accidentes
InRail gestionará la terminal intermodal Interporto Pordenone durante un año
Pordenona
Solución temporal en vista de la creación de una empresa público-privada
El astillero turco Kuzey Star construirá un astillero en el puerto sirio de Tartous.
Damasco
Se espera una inversión de al menos 190 millones de dólares en cinco años
En 2025, el tráfico de carga en los puertos ucranianos disminuyó un -15%
Kiev
El tráfico de contenedores crece un 66%
El tráfico de contenedores en el puerto de Hong Kong disminuyó un 5,7% el año pasado.
Hong Kong
Sólo en el cuarto trimestre el descenso fue del -8,0%.
En 2025, las terminales portuarias de PSA manejaron un tráfico récord de contenedores
Singapur
Nuevos picos en los volúmenes gestionados en Singapur y en las terminales del grupo en el extranjero
Las terminales portuarias de CMPort, China, manejaron un tráfico récord de contenedores el año pasado
Hong Kong
El total fue de 151,5 millones de TEU, un incremento del +4,0% respecto a 2024.
COSCO encarga 12 nuevos portacontenedores de 18.000 TEU y seis de 3.000 TEU
Hong Kong
Jiangnan Shipyard, China Shipbuilding Trading y COSCO Shipping Heavy Industry obtienen pedidos por 2.700 millones de dólares.
El puerto de Trieste cerró 2025 con un crecimiento del 0,7% en el tráfico de mercancías gracias al aumento de los precios del crudo.
Trieste
El puerto de Gioia Tauro vuelve a batir su récord de tráfico de contenedores
El puerto de Gioia Tauro vuelve a batir su récord de tráfico de contenedores
Gioia Tauro
En 2025, el pico anterior registrado el año anterior aumentará un +14%.
El puerto de Singapur establece un nuevo récord histórico en el tráfico de contenedores
El puerto de Singapur establece un nuevo récord histórico en el tráfico de contenedores
Singapur
El puerto confirma su posición como el segundo puerto de contenedores más grande del mundo
El volumen de tráfico de carga en el puerto de Koper se mantendrá sin cambios en 2025.
Koper
Aumento de contenedores y material rodante. Disminución de otros tipos de carga.
Las taiwanesas Evergreen, Yang Ming y WHL cierran 2025 con caídas de ingresos de dos dígitos
Taipéi/Keelung
En 2025, los ataques de piratería contra buques en Asia aumentaron un +23%
Singapur
La gravedad de los accidentes ha disminuido
El Partido Demócrata acusa al gobierno de bloquear las inversiones en los puertos y de poner a las Autoridades del Sistema Portuario bajo administración especial.
Roma/Génova
Nova Marine Carriers, Bolten y Ership han adquirido el control total de VCK Port Logistics.
Lugano
Ámsterdam ha desarrollado su única terminal cubierta capaz de operar en todas las condiciones climáticas.
En el cuarto trimestre de 2025, los ingresos generados por la flota de portacontenedores de OOCL disminuyeron un -17,2%.
Hong Kong
Los volúmenes transportados aumentaron un +0,8%
TKMS presenta una oferta no vinculante para comprar Astilleros Navales Alemanes
TKMS presenta una oferta no vinculante para comprar Astilleros Navales Alemanes
Kiel
La empresa de Kiel construye buques de guerra y yates de lujo.
Más de dos toneladas de cocaína incautadas en el puerto de Génova
Génova
Una vez comercializada, la droga habría generado a las organizaciones criminales alrededor de 1.500 millones de euros.
Seatrade adquiere una participación estratégica en JR Shipping
Harlingen
La empresa holandesa seguirá operando como una organización independiente y autónoma.
En 2025, Ningbo-Zhoushan confirmó su posición como el puerto líder del mundo en términos de tráfico total de carga.
En 2025, Ningbo-Zhoushan confirmó su posición como el puerto líder del mundo en términos de tráfico total de carga.
Ningbo
Se movilizaron más de 1.400 millones de toneladas de carga. Se transportaron aproximadamente 43 millones de contenedores.
En 2025, el puerto de Rávena registró su nuevo récord histórico de tráfico anual de mercancías.
Rávena
Volumen de carga manejado nunca antes visto solo en el cuarto trimestre
La Autoridad Portuaria de Cerdeña confía en la consultoría basada en inteligencia artificial del Financial Times para comprender qué estrategias, proyectos e infraestructuras implementar.
Cagliari
Adjudicación directa por un valor estimado de 140.000 euros
Aprobada la eliminación de sedimentos procedentes del dragado del puerto de La Spezia en el nuevo dique de abrigo de Génova.
La Spezia
Se ha aprobado la transferencia de 282.000 metros cúbicos que se realizará durante el año 2026.
En noviembre, el tráfico marítimo en el Canal de Suez aumentó un +16,0%
El Cairo
En los primeros once meses de 2025 pasaron 11.620 buques (-4,8%)
ABB construirá sistemas de energía en tierra en tres terminales de contenedores en el puerto de Róterdam
Róterdam/Zúrich
Podrán recargar hasta 32 buques portacontenedores simultáneamente
El tráfico de carga en los puertos marítimos chinos creció un 5,8% el mes pasado.
El tráfico de carga en los puertos marítimos chinos creció un 5,8% el mes pasado.
Pekín
Las cargas extranjeras aumentaron un 8,2%. Los contenedores aumentaron un 8,9%.
El aumento de los peajes en las autopistas certifica el fracaso de las políticas de transporte por carretera del gobierno y del ministro Salvini.
Módena
Franchini: Primero los impuestos especiales, ahora los peajes; un doble golpe que afecta directamente a las pequeñas empresas.
Trasportounito atribuye la responsabilidad del aumento de los peajes de las autopistas al Tribunal Constitucional y a la ART
Génova/Roma
Casu y Simiani (PD): ¿Pero es culpa de los jueces que Salvini no pueda ser ministro?
En 2025, los puertos marroquíes gestionaron un tráfico récord de 262,6 millones de toneladas de mercancías (+8,9%)
Rabat
Transbordo equivalente al 50,5% del total
Yang Ming despliega el primero de cinco buques de GNL de doble combustible de 15.500 TEU en la ruta Asia-Mediterráneo
Keelung
Se utilizará en el servicio MD2.
Un estudio destaca los desafíos que enfrentan los buques portacontenedores de GNL para cumplir con los futuros requisitos de conexión de planchado en frío
Berlín/Hamburgo
Fincantieri y Wsense llegan a un acuerdo para ofrecer sistemas submarinos de última generación
Trieste
Se planea el desarrollo conjunto de soluciones de tecnología inalámbrica avanzada
Un estudio encuentra altos niveles de contaminantes orgánicos persistentes causados por las actividades de desguace de buques
Bruselas
Puerto de Livorno: comienza la licitación para la gestión de los residuos generados por los buques
Livorno
El valor esperado del contrato supera los 40 millones de euros
Los ingresos y las ganancias de DSV se ven afectados por la adquisición de Schenker
Copenhague
En 2025, la facturación creció un +48,0%
Wärtsilä reporta un crecimiento significativo en los resultados trimestrales y anuales del segmento Marino
Helsinki
Los nuevos pedidos adquiridos por el grupo finlandés hasta 2025 se mantienen estables.
La empresa holandesa Portwise ha sido comprada por su compatriota Haskoning
Rijswijk
La empresa ofrece soluciones para optimizar las operaciones de las terminales mediante la automatización y la electrificación.
Ha comenzado en China la construcción del primero de seis buques portacontenedores para Italia Marittima.
Trieste
Los buques, que podrán utilizar combustible tradicional y metanol, tendrán una capacidad de 2.400 TEUs.
En el estrecho de Ormuz, buques armados ordenaron a un petrolero estadounidense detenerse
Southampton/Londres
GTS anuncia nuevos servicios ferroviarios entre el puerto de Génova y el centro y sur de Italia.
Bari
Conexiones a través de la terminal Segrate de Milán
Se prevé que el número de buques de doble combustible empleados por las líneas navieras de línea se duplique para 2025
Washington
Actualmente, el 74% de la cartera de pedidos está compuesta por unidades de este tipo.
Kuehne+Nagel amplía CargoCity South en el aeropuerto de Frankfurt
Schindellegi
Las nuevas instalaciones se completarán y se pondrán en funcionamiento a finales de 2028.
AD Ports firma un acuerdo para construir y operar una terminal multipropósito en el puerto de Matadi
Abu Dabi/Kinshasa
Relanzamiento del Proyecto de Construcción del Puerto de Aguas Profundas de Banana
Confitarma: la posición de la Agencia Tributaria corre el riesgo de tener graves repercusiones sobre el empleo de los marinos italianos.
Roma
Bucchioni nombrado presidente pro tempore de la Asociación de Transitarios del Puerto de La Spezia
La Spezia
Se ha iniciado la licitación para el desarrollo del polo de construcción naval en el puerto de Ancona.
Ancona
El Comité de Gestión de AdSP ha aprobado la convocatoria de licitación
El desempeño financiero trimestral de ONE continúa decayendo
Singapur
El volumen de carga contenerizada transportada por la flota se mantiene estable
Se ha firmado la nominación de Laura DiBella para la presidencia de FMC.
Washington
Su mandato expirará el 30 de junio de 2028.
El puerto de Singapur registró un récord de entregas de búnker en 2025
Singapur
La empresa conjunta PSA-MOL gestionará una nueva terminal ro-ro
El puerto de Taranto recibió la visita de una delegación de la empresa japonesa FLOWRA
Taranto
La asociación reúne a 21 de los principales actores energéticos japoneses
Los nuevos pedidos de ABB en un trimestre superan los 10.000 millones de dólares por primera vez.
Zúrich
Creciente demanda en los sectores marítimo, portuario y ferroviario
En Estados Unidos, MSC fue multada con un total de 22,67 millones de dólares.
Washington
La Comisión Federal Marítima ha publicado los resultados de una investigación
CSC Vespucci y Livorno Reefer formarán una única plataforma dedicada a las frutas, verduras y productos exóticos en el puerto de Livorno
Signal Ocean ha adquirido AXSMarine
París/Londres
La empresa ofrece plataformas web para apoyar al sector de alquiler de buques
Stena RoRo ha realizado un pedido de dos buques ro-ro en China con opciones para cuatro más.
Gotemburgo
Fueron diseñados en cooperación con la italiana Naos.
Shanghai Zhonggu Logistics Co. encargará cuatro nuevos portacontenedores de 6.000 TEU
Llevar a la fuerza
El pedido incluirá opciones para dos buques adicionales
Los ingresos de UPS disminuyeron un 2,6% en 2025
Sólo en el último trimestre se registró un descenso del -3,2%.
La ICS ha publicado su análisis periódico del desempeño del Estado del pabellón
Londres
Michail Stahlhut dejará el cargo de director ejecutivo de Hupac en mayo
Ruido
Bertschi: Bajo su liderazgo se ha fortalecido la posición de la empresa como proveedor líder de transporte combinado carretera/ferrocarril en Europa.
Se han nombrado los miembros del Organismo de Asociación de Recursos Marinos de Rávena.
Rávena
Se reunirá por primera vez el 4 de febrero y permanecerá en funciones durante cuatro años.
Messina (Assarmatori): El decreto del MIT sobre el planchado en frío es algo bueno.
Roma
Se trata de un paso fundamental -subrayó- para garantizar que la electrificación de las plataformas sea realmente utilizable.
Contship se ha unido al programa DCSA+ de la Asociación de Envío de Contenedores Digitales.
Melzo
Entre los objetivos se encuentran mejorar la eficiencia de las operaciones de la terminal, la precisión de la planificación y la colaboración con las compañías navieras.
La Federación Obrera Portuaria Argentina amenaza con un paro en los puertos nacionales.
La Plata
Acción en apoyo a los trabajadores del puerto de Concepción del Uruguay
En 2025, el tráfico de mercancías en el puerto de Taranto creció un +0,8%
Taranto
Sólo en el último trimestre se registró un descenso del -22,6%.
El tráfico de contenedores en el puerto de Valencia creció el año pasado un +3,4%
Valencia
Se manejaron 5.662.661 TEU
Fincantieri gana un contrato de la Armada italiana para mejorar la resiliencia cibernética de los buques de guerra
Nueva instalación en Charleston para la producción y prueba de sistemas de propulsión y energía marina
Arlington
Fue inaugurado por Leonardo DRS, filial de la italiana Leonardo
Proyecto para fortalecer la ciberseguridad marítima y portuaria
Brest/Bruselas/Roma
Los socios son France Cyber Maritime, FEPORT y la Federación del Mar
PROXIMAS SALIDAS
Visual Sailing List
Salida
Destinación:
- orden alfabético
- nación
- aréa geogràfica
El tráfico de contenedores en el Puerto de Los Ángeles cayó un 10,6% en el último trimestre de 2025.
Los Ángeles
Se registró una disminución del -0,6% para todo el año.
En los primeros seis meses de funcionamiento, InnoWay Trieste produjo 170 vagones de ferrocarril
Trieste
Está prevista la construcción de 600 unidades en Bagnoli della Rosandra en 2026
Ferretti rechaza la oferta pública de adquisición voluntaria parcial y condicional de KKCG Maritime.
Milán
Se reafirma la fuerte confianza en la estrategia a largo plazo de la empresa
El puerto de Haropa establece un nuevo récord de tráfico de contenedores
El Havre
El año pasado, el tráfico total de mercancías aumentó un +2%
Falleció Decio Lucano, el decano del periodismo marítimo.
Génova
Sus aventuras en papel son innumerables, entre ellas "Vita e Mare" y "TMM", pero también digitales con "DL News".
Marsa Maroc encarga 106 tractores de terminal eléctricos a Terberg
Benschop
Serán empleados en el puerto de Nador West Med
Contargo adquiere el 50% de Cargo-Center-Graz Logistik
Mannheim
La compañía alemana amplía su red intermodal a los puertos adriáticos de Koper y Rijeka.
Una única oferta vinculante de Dubai para la compra del puerto marítimo Ro-Port de Venecia
Venecia
La empresa gestiona la terminal de las autopistas del mar y de los cruceros en Fusina
El puerto de Long Beach manejó un tráfico récord de contenedores en 2025
Playa larga
En el último trimestre se registró un descenso del -8,8%.
HMM introducirá soluciones de navegación autónoma basadas en IA en 40 buques
Seúl
Contrato con Avikus y acuerdo con KSOE
Dos nuevas conexiones ferroviarias con Alemania desde el Interpuerto de Padua
Padua
Son operados por InRail y LTE Italia
Intersea se ha convertido en el agente general en Italia de la portuguesa GS Lines
Génova
La naviera forma parte del Grupo Sousa
MSC y la empresa qatarí Maha desarrollarán y gestionarán el puerto libio de Misurata
París/Misurata
Se espera una inversión de 1.500 millones de dólares
F2i se adjudica la concesión del puerto turístico de Lavagna
Milán
El contrato de concesión tendrá una duración de 50 años
Eni bota el casco del buque Coral North FLNG
Geoje/San Donato Milanese
Se utilizará en las aguas costeras de Cabo Delgado, al norte de Mozambique.
Laghezza ha adquirido un almacén logístico en Sarzana
La Spezia
El objetivo es establecer un centro local para actividades de producción local.
Se ha inaugurado la terminal de contenedores del Mar Rojo en el puerto egipcio de Sokhna.
Sokhna
Es operado por una empresa conjunta de Hutchison Ports, COSCO y CMA Terminals.
El ferry GNV Altair se ha unido a la flota de GNV
Génova
Tiene una capacidad de 2.700 pasajeros y 915 metros lineales de material rodante.
Maersk confirma la reanudación de los tránsitos del MECL por el Canal de Suez
Copenhague
La línea conecta India y Oriente Medio con la costa este de Estados Unidos.
Ignazio Messina & C. ha adquirido el control total de Thermocar
Génova
La empresa genovesa opera en el sector de la logística de contenedores refrigerados a temperatura controlada.
La junta directiva de Genco rechazó la propuesta de adquisición de Diana Shipping.
Nueva York/Atenas
La compañía estadounidense, sin embargo, deja un rayo de esperanza al admitir la validez de la fusión.
MSC incluirá el puerto de Trieste en la ruta Dragon Italia-EE.UU.
Ginebra
Se llegará al puerto juliano a partir de la segunda quincena de febrero
De Wave Group ha adquirido la empresa francesa DL Services.
Génova
La empresa está especializada en el diseño de cocinas industriales y el suministro de componentes técnicos y repuestos a bordo.
El servicio transatlántico TUX de CMA CGM hará escala en el puerto de Salerno
Marsella
La línea conecta Turquía con la costa este de EE.UU.
Nuevas conexiones intermodales entre el norte de Italia y Bélgica por GTS Rail y CargoBeamer
Bari/Leipzig
Activado en las líneas Padua-Zeebrugge y Lieja-Domodossola
El tráfico de cruceros en el puerto de El Pireo aumentó un 9% el año pasado
El Pireo
Se movilizaron aproximadamente 1,85 millones de pasajeros
En 2025, el tráfico de cruceros en el puerto de Génova creció un +6,5%
Génova
Los pasajeros del ferry bajan un 3,6%
Grimaldi recibió el PCTC Grande Manila
Nápoles
El buque tiene una capacidad total de 9.241 CEU.
El crucero de expedición Exploris One será subastado
Nantes
Tiene una capacidad de 144 pasajeros y 102 tripulantes.
SeaCube Container Leasing ha adquirido Martin Container.
Montvale
La empresa se especializa en el segmento de contenedores refrigerados.
Pisano: La Zona Logística Simplificada tiene una gran importancia estratégica para el puerto de La Spezia.
La Spezia
RINA y HPC lanzan un proyecto para promover puertos verdes en la región del Caspio
Génova
Contrato de cinco años con la OSCE
Vard construirá cuatro buques robóticos multipropósito para Ocean Infinity
Trieste
El contrato tiene un valor total de más de 200 millones de euros.
Hanseatic Global Terminals se convertirá en el único propietario de Florida International Terminal
Róterdam
El 19 de enero se celebrará en Génova una conferencia sobre la congestión en el sistema logístico del noroeste.
Génova
Se celebrará en el Salón de la Transparencia de la Región de Liguria.
El sector del transporte entra en un punto de inflexión con la adopción de la inteligencia artificial
Ulm
Sin embargo, la mayoría de las empresas aún se encuentran en las primeras etapas de este proceso.
Finalizadas las obras de ampliación del canal de acceso al puerto de Livorno.
Livorno
El ancho entre ambas orillas se incrementará de 70 a 120 metros.
Nexans establece un récord de profundidad en el tendido de un cable submarino de alta tensión en el Tirreno
París
Instalación a -2.150 metros
Fondos para que los puertos españoles se adapten al uso de la energía eólica y otras energías renovables marinas
Madrid
Programa con un valor total de 212 millones de euros
CMD - Costruzioni Motori Diesel vuelve a ser propiedad totalmente italiana
Atella
Giorgio y Mariano Negri han adquirido el 67% del capital de la china Loncin Motor Co.
Intesa Sanpaolo financia la construcción de tres PCTC para Grimaldi Euromed.
Milán
Los nuevos barcos se entregarán a finales de este año.
Medlog adquiere las operaciones intermodales australianas de Seaway
Fremantle
La transacción se completará dentro del primer trimestre de este año.
El MIT ha actualizado las medidas de ciberseguridad para los buques, puertos e instalaciones portuarias nacionales
Roma
Se ha publicado una circular que, entre otras cosas, introduce la formación del personal
V.Group ha comprado la empresa danesa Njord
Londres
La empresa ofrece a la industria naviera soluciones para la eficiencia energética y la descarbonización.
PUERTOS
Puertos italianos:
Ancona Génova Rávena
Augusta Gioia Tauro Salerno
Bari La Spezia Savona
Brindisi Liorna Taranto
Cagliari Nápoli Trapani
Carrara Palermo Trieste
Civitavecchia Piombino Venecia
Interpuertos Italianos: lista Puertos del mundo: Mapa
BANCO DE DATOS
Armadores Reparadores navales y astilleros
Expedicionarios Abastecedores de bordo
Agencias marítimas Transportistas
MEETINGS
El 19 de enero se celebrará en Génova una conferencia sobre la congestión en el sistema logístico del noroeste.
Génova
Se celebrará en el Salón de la Transparencia de la Región de Liguria.
La conferencia de Spediporto "Aprovecha las oportunidades navegando las tensiones comerciales" se celebrará en Génova el 1 y 2 de diciembre.
Génova
Se celebrará en el Salón de Congresos de Banca Bper
››› Archivo
RESEÑA DE LA PRENSA
Auction of megaterminal in Santos may be postponed due to deadlock within the Federal Government
(A Tribuna)
East Port Said Port faces a new challenge with Europe's carbon rules for shipping
(EnterpriseAM)
››› Reseña de la Prensa Archivo
FORUM de lo shipping y
de la logística
Intervento del presidente Tomaso Cognolato
Roma, 19 giugno 2025
››› Archivo
Incendio a bordo del ferry Majestic en el puerto de Génova
Génova
Las llamas fueron extinguidas por la intervención de los bomberos de a bordo y no provocaron heridos.
COSCO adquirirá el control de la empresa alemana de logística Zippel
Hamburgo
Acuerdo para adquirir el 80% de su capital
El puerto de Colombo establece un nuevo récord anual de tráfico de contenedores
Colón
La Autoridad Portuaria de Sri Lanka firma un acuerdo con el grupo naviero francés CMA CGM
Viasat saldrá del capital de la británica Navarino
Londres
ICG apoyará a los hermanos Tsikopoulos en la reinversión en la empresa
El gobierno de Palau garantiza el pleno funcionamiento del Registro Naval
Koror
Moisés (BMT): Los servicios continúan prestándose de acuerdo con los procedimientos y estándares internacionales
En los primeros nueve meses de 2025, el transporte de mercancías en la red ferroviaria austriaca aumentó un +1,4%.
Viena
Sólo en el tercer trimestre se registró un crecimiento del +4,9%
Saipem gana un contrato offshore de 425 millones de dólares para desarrollar el yacimiento de gas Sakarya.
Se firmó el decreto para la distribución de recursos del PNRR a los interpuertos.
Roma
Se espera un desembolso de 1,9 millones de euros
Messina, empresa genovesa, lanza un nuevo servicio a Argelia.
Génova
La rotación toca los puertos de Fos, Génova, Barcelona, Argel, Fos
FS Logistix es la primera empresa en Europa en certificar su huella de carbono para el transporte de mercancías.
Roma
La empresa del grupo FS ha obtenido la certificación ISO 14067
WASS (Grupo Fincantieri) gana un contrato de suministro de torpedos para la Armada de la India
Trieste
Contrato con un valor total de más de 200 millones de euros
El FHP Intermodal entrará en funcionamiento el 1 de enero
Milán
El Grupo FHP completa el proceso de integración entre sus filiales CFI Intermodal y Lotras
El crucero Coral Adventurer encalló en Papúa Nueva Guinea.
Puerto Moresby
No hay daños a las personas a bordo
d'Amico International Shipping encarga dos nuevos buques cisterna MR1 a Guangzhou Shipyard International.
Puerto de Gioia Tauro: Se aprueba nuevamente la reducción de la tarifa de fondeo
Gioia Tauro
Se ha asignado un importe total de 1,5 millones de euros
El Consejo de Estado ha confirmado la legitimidad de la licitación para el nuevo muelle de Ravano en La Spezia.
Roma/La Spezia
Se confirma la sentencia del TAR para Liguria.
Hupac pondrá en marcha un nuevo servicio de tren lanzadera entre Duisburg y Novara.
Ruido
Programe seis rotaciones por semana
Se han asignado las franjas horarias de atraque de ferry para Piombino y la isla de Elba en 2026.
Livorno
Proceso de financiación del proyecto para la primera planta de producción de hidrógeno en el puerto de La Spezia
La Spezia
Proyecto para proporcionar suministros "móviles" a vehículos como locomotoras y barcos
La nueva terminal de hidroplanos del puerto de Messina llevará el nombre de una víctima de feminicidio.
Mesina
La iniciativa para recordar a Omayma Benghaloum
Tres nuevas grúas de patio e-RTG han llegado a la terminal PSA Venecia-Vecon
Venecia
Inversión de 8,5 millones de euros
Fincantieri entrega el segundo buque de combate multipropósito a la Armada de Indonesia
Trieste
Ceremonia en el astillero de Muggiano
Se ha firmado la renovación del contrato de trabajo de los directivos de empresas de transporte y logística.
Roma
Firmado hoy por Manageritalia y Confetra
En junio el grupo Grendi se dotará de un quinto buque ro-ro
Génova
Tendrá una capacidad de carga de 3.000 metros lineales.
Bruselas ha aprobado el préstamo para rescatar a la empresa de transporte ferroviario de mercancías Lineas.
Bruselas
Sesenta y un millones de euros concedidos por el gobierno belga
Green Mobility Partners y KKR se asocian para crear una plataforma europea de arrendamiento ferroviario
Fráncfort
Una empresa estadounidense invierte en GMP
Saipem gana contrato EPCI offshore en Qatar
Milán
El contrato tiene un valor aproximado de 3.100 millones de dólares.
Wärtsilä vende su división Gas Solutions a la firma de capital privado alemana Mutares.
Helsinki/Múnich
El Banco de China financia la compra de Grande Melbourne de Grimaldi Euromed
Importe de 57 millones de euros
GeneSYS Informatica (Fratelli Cosulich) ha adquirido el 51% del capital de Navimeteo
KSOE obtiene un pedido de 466 millones de dólares para cuatro buques portacontenedores
Lysaker/Seongnam
NYK y Ocean Yield adjudican un pedido para cuatro nuevos transportadores de GNL
El Servicio Adriático 1 de ONE también hará escala en el puerto de Ancona
Singapur
La línea a Damietta tiene una frecuencia semanal.
- Via Raffaele Paolucci 17r/19r - 16129 Génova - ITALIA
tel.: +39.010.2462122, fax: +39.010.2516768, e-mail
Partita iva: 03532950106
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Director: Bruno Bellio
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